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 :: Le Domaine de Sainte Catherine :: Le Ventre de l'Hydre
MessageSujet: “ Déjà vu (Libre) Mar 16 Oct - 21:44
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DEJA VU

Elle ne savait pas trop quelle heure il était quand elle atteignit enfin le Ventre de l'hydre et qu'elle lâcha tout. La valise, le sac de voyage et le derrière de Skylar par-dessus virent s'écraser au sol dans un bruit mat qui résonna dans le hall vide. Pas grave, c'était pas comme si elle avait l'intention de rentrer par la petite porte et de se faire discrète jusqu'à la reprise des cours le lendemain matin... Quand tu débarques en milieu d'année et même pas en début de semaine, tu dis rien. Skylar posa les coudes sur ses genoux et soupira. Elle pensait bien convaincre ses parents de la renvoyer à Sainte-Catherine un jour, mais elle n'aurait jamais imaginé qu'ils réagiraient si vite. Aussitôt dit, aussitôt fait, elle avait à peine eu le temps d'emballer correctement ses affaires qu'elle montait dans un taxi pour Paris. Et honnêtement, elle n'avait pas trop réfléchi non plus. Des fois que ses parents changent aussi subitement d'avis… Skylar avait empaqueté le plus de fringues possibles dans le sac de sport, balancé tous ses livres de magie dans la valise et traîné la moitié de sa maison de gare en gare jusqu'à débarquer, à la fin de la journée, au pensionnat. Seul Jet avait été témoin des grognements d'effort et de fatigue de la magicienne qui, bien qu'elle ait laissé derrière elle son confort personnel pendant de longs mois, était tout de même un peu matérialiste. C'était février, y'avait pas moyen qu'elle débarque comme ça sans un minimum de fringues pour survivre à l'hiver dans les Alpes.
Et toutes ces conneries, bah ça prenait de la place.

Skylar enleva sa veste, son écharpe et son bonnet, passa une main dans ses cheveux et prit le temps de retrouver une respiration normale avant de se lever pour constater la situation. Elle était plantée en plein milieu du hall, probablement pendant l'heure du repas vu qu'il n'y avait personne. Elle avait donc raté le repas, ce qui ne l'enchantait guère. Heureusement son instinct de survie avait aussi pensé à fourrer des boîtes de biscuits dans son sac avant de partir. Là tout de suite, elle était trop fatiguée pour débarquer comme une touriste dans la grande salle. Elle voulait juste trouver sa chambre et… Sky s'étira et regarda autour d'elle. Tout était très calme. Très familier et en même temps très étrange.

"C'est où déjà ?"

Elle savait qu'elle devait trouver la tour des Dryades, la question était juste : comment l'attendre le plus rapidement possible sans détour et de préférence sans croiser personne car elle était trop fatiguée pour expliquer les raisons de son retour impromptu ?

"Urgh, j'espère que maman a bien prévenu la direction."

Manquerait plus que ses profs ignorent totalement sa présence demain. Remarque, ça pourrait peut-être lui permettre de faire la grasse matinée ? Mais d'ici là il fallait que Sky retrouve sa chambre. Elle passa la sangle de son sac autour de ses épaules, attrapa la hanse de sa valise, tira et… clac !

"Putain t'es sérieux."

La poignée venait de lui rester en main, la valise bien ancrée au sol avec l'intention de rester un poids mort et inutile en plein milieu du hall. Jet voleta entre eux deux, amusé :

"♪♫♬♪♪ !"
"C'est ça, paye-toi ma tête aussi !"
"♪♪..."
"J'te déteste."

Pourquoi son familier n'était pas un gorille, ou même un hippopotame ? Il aurait pu l'aider à trimballer toutes ses affaires au lieu de "l'encourager" à sa façon ! Skylar donna un coup de pied dans sa valise, dégoûtée... et retint avec peine un cri de douleur. Même pas mal. Elle serrait les dents. Elle regrettait soudain d'avoir pris tous ces bouquins. Et trois paires de bottes. Et sa trousse à maquillage. Et de la bouffe à planquer sous le lit. Et une bouteille de rhum et... bon sang, elle allait presque regretter d'être revenue alors qu'elle ne rêvait que de ça depuis un an et demi… Inspire, expire, ça va bien se passer.

"♪♫ !" confirma Jet en voletant joyeusement autour de sa tête.

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MessageSujet: Re: “ Déjà vu (Libre) Lun 22 Oct - 1:35

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Rien à faire, même après presque vingt années, elle ne supporte toujours pas les repas collectifs.
Trop de bruit, trop d'odeurs, trop de nourriture qui vole, et accessoirement, impossible d'avoir la tête vide alors que le repas constitue pour elle un moment clé dans une séance de repos bien nécessaire. Durant son enfance, elle avait toujours pris goût au fait de rester dans un coin à l'heure des repas, et cette habitude s'était copiée jusqu'à son adolescence. Après quelques midis plutôt rudes, autant par son intolérance catégorique à ces rassemblements collectifs, qu'aux remarques qu'elle se prenait par autant par le fait de son comportement discutable que de son apparence peu soignée, elle avait fini par se contenter d'embarquer quelques aliments pour aller grignoter dans un coin. Et non, elle ne se rendait absolument pas compte que c'était assez morne, comme programme.
Engloutir rapidement quelques trucs et retourner aussi vite au travail lui convenait pourtant plutôt bien, et, en tant que professeur jardinière, elle pouvait même se permettre de cuisiner rapidement quelque chose pour le terminer avec tout autant de rapidité. Un vrai bonheur, donc, que d'enfin pouvoir avoir une excuse tenable et qui ne susciterait pas la moindre question. Enfin, en théorie...

Tu n'as rien prévu pour moi, en plus.
Pour la millième fois, tu ne manges pas, alors pourquoi est-ce que ça t'importe ?
J'appelle ça faire un effort, au moins.

Dans un grognement, Natsume termina la dernière bouchée de son sandwich mal fait (beurre de cacahuètes-roquette, d'ailleurs, elle ne comprenait pas pourquoi Kaden avait eu l'air si dégoûté), et, perchée sur un des escaliers menant aux étages supérieurs, s'apprêtait à retourner à ses occupations. Enfin, ça, c'était le plan initial, tout du moins. Le plan initial allait toutefois être légèrement bousculé, et même si cela ne lui faisait pas plaisir, le monde se fiche plus ou moins de ses petits intérêts.
Un bruit soudain la fit sursauter soudainement. Kaede, de son côté, ouvrit à peine un œil, et, paresseusement, s'étire longuement pour redresser ensuite son corps et découvrir ce qui venait d'arriver dans ce hall somme toute bien vide, normalement. Natsume, embêtée et quelque peu vexée d'avoir été apeurée toute seule, se releva telle une taupe confuse, et, prenant bien garde à ne pas être trop visible, essaya de voir ce qui se passait.
… Ah, c'est juste une étudiante. Rien de grave, donc. Mais qu'est-ce qu'elle trafique... ?

Oubliant temporairement le fait que c'était particulièrement ridicule d'être flippée à ce point pour un simple bruit, la botaniste fit donc comme si de rien n'était et se releva pour descendre les escaliers. Elle n'avait pas vraiment l'intention de faire la fouine, ou soi. Mais une élève qui traînait dans le hall à une heure pareille, eh bien... Elle supposait qu'elle devait vérifier que tout se passait bien, en somme, ou du moins c'était sûrement ce qu'exigeait son job. En un sens, Natsume n'était pas vraiment sûre non plus ; cela faisait à peine une dizaine de jours qu'elle avait pris sa place, après tout. Donc elle ne faisait qu'improviser en permanence, mais si l'on était mauvaise langue, on aurait pu dire que c'était le résumé de sa vie de toute façon.

Elle ne pouvait pas dire, toutefois, qu'elle s'attendait à ça. Enfin, elle avait bien cru entrevoir une valise, mais... Peut-être que c'était juste sa myopie qui continuait de lui jouer des misères, malgré son déni évident de sa perte de vision avec les années qui s'écoulaient. Mais non, rien, ce n'était qu'une valise, tombée au sol, et... Et vu qu'elle refusait de bouger, malgré le violent de coup de pied que venait de lui donner une élève dans un état de douleur plutôt intense, Natsume supposa qu'elle devait être relativement lourde.
Difficile, toutefois, de donner du sens à tout ça. Car, dans la logique de la botaniste, une valise n'était pas supposée être là aujourd'hui. Et non, elle était bien incapable de supposer qu'il pouvait tout simplement s'agir d'une retardataire, car cela supposerait théoriser l'existence d'une exception à une généralité, et tout le monde sait, évidemment, que ça n'arrive jamais. Perturbée, la Shimomura plissa les yeux, et, après avoir rapidement dévisagé la nouvelle arrivante ainsi que ce qui devait être son familier, crut bon d'enfin prendre la parole.

« … Qu'est-ce que vous faites-là ? »

Pas forcément poli, oui. Et pas comme si elle pouvait se douter que regarder quelqu'un avec toute l'émotivité d'un poisson mort et de mauvaise humeur était une mauvaise idée, d'un autre côté. Sa voix, toutefois, largement désintéressée, dénote une pointe de curiosité. Bah, oui, en soi... Ce n'était pas comme si elle était franchement passionnée, mais cela l'enquiquinerait de ne comprendre.
En regardant la valise, elle se rendit compte que la poignée était cassée, ce qui n'expliquait pas nécessairement la présence de la jeune femme en soi, mais qui lui donnait plus d'indices quant à ce qui l'obligeait à rester plantée ici, au moins. Après avoir passé quelques secondes à hésiter, elle tourna le regard vers la dragonne, qui, malgré le fait qu'elle ne se gêna pas pour pousser un petit grognement de fatigue, hocha la tête avec dépit. Satisfaite, Natsume descendit enfin les derniers escaliers, se retrouvant à hauteur de la nouvelle arrivante.

« Je suppose qu'il va falloir monter ça … ? Mettez ça sur le dos de ma dragonne, elle pourra s'en charger. »

Et elle va râler tout le long, mais peu importe.
Oh, crois-moi, je ne vais pas me gêner.

Elle aurait pu lui demander pourquoi elle n'était pas en cours, ou pourquoi elle n'avait pas encore son uniforme sur elle, mais bon, eh, cela demanderait de s'impliquer personnellement, et non, ce n'était pas son souhait du tout. Mais bon, c'était son job, d'être à peu près attentive auprès des élèves, non... ? Enfin, en théorie.


Lalala:
 

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MessageSujet: Re: “ Déjà vu (Libre) Mar 23 Oct - 17:21
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Les bras croisés, Skylar fusillait sa valise du regard. S'il y avait un sort pour lancer des flammes avec ses yeux, il y aurait déjà un petit tas de cendres au centre du hall. Mais Skylar n'avait pas ce genre de pouvoir. Elle était trop fatiguée pour lancer un sort, de toute manière, ou simplement réfléchir à la meilleure façon de transporter son bagage sans se péter le dos. Elle manqua de sursauter quand une voix s'éleva dans son dos. En fait, elle aurait probablement sursauté si elle n'avait pas perdu le peu d'énergie qu'il lui restait dans ce dernier coup de pied vengeur (et douloureux). L'adolescente se retourna donc dans un mouvement lent et qui rappelait sans peine toute la vivacité de la limace à l'agonie. C'était une adulte, probablement une enseignante, que Skylar ne connaissait pas. Pas très grande, mais elle lui trouvait l'air sévère. Elle répondit honnêtement :

"Je viens d'arriver et j'suis en galère avec mes affaires", expliqua-t-elle en désignant le bordel à ses pieds.

Jet émit un petit sifflement en guise de salutation, ou de moquerie, dans ce contexte Sky ne savait pas très bien :

"♪♫ !"
"Faites pas attention à lui." Elle scruta la prof et son familier, qui contrairement à Jet ne passait pas vraiment inaperçu. "C'est gentil de proposer mais c'est vraiment lourd… j'veux pas vous embêter."

De telles paroles ressemblaient franchement à des politesses banales, hypocrites, mais dans la bouche de Skylar, elles ne sortaient jamais pour remplir le vide malaisant d'une conversation ou de prétendues conventions sociales. Elle avait sincèrement de la peine pour le dos du familier qui allait se coltiner le poids-lourd que représente sa valise. Sauf si c'était Jet, mais Jet il le méritait.
D'un autre côté, elle était réellement coincée en plein milieu du hall et c'était un peu ridicule. Elle ne souhaitait pas se retrouver ici lorsque la salle à manger se viderait. C'était douloureux à reconnaître pour sa petite fierté personnelle, mais Skylar avait besoin d'aide. Elle se racla la gorge, mal à l'aise, avant de lâcher sans regarder ni le dragon ni l'enseignante dans les yeux :

"Mais je vous avoue que je sais pas trop où aller, alors si vous pouvez m'aider je dis pas non."

Elle souleva son sac pour le remettre sur son dos, prit son écharpe et son bonnet, et essaya de faire bouger la valise. Une de ses vertèbres craqua. Yep. Comme prévu, ça allait être difficile de la déplacer, même pour la mettre sur le dos d'un familier enclin à coopérer. Pour ne rien arranger, Jet voletait autour de sa tête. Probablement pour lui exprimer son soutien, mais dans les faits il brouillait surtout sa vision et sa capacité de concentration. Skylar chassa le colibri d'un mouvement de la main, agacée.

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MessageSujet: Re: “ Déjà vu (Libre) Jeu 25 Oct - 1:31

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Ce n'est pas franchement compliqué, d'essayer d'être serviable de temps à autre. Ou du moins, d'au moins faire un peu semblant de l'être, quand on ne l'est pas forcément naturellement car il manque un ou deux boulons à votre cerveau dans la partie supposée vous apprendre à sociabiliser avec vos semblables. Et Natsume tente de faire un effort, pour une fois. Elle ne s'attend pas à des applaudissements, loin de là, mais elle est stupidement satisfaite quand la jeune fille lui répondit plutôt sincèrement ; elle n'a au moins pas l'impression d'avoir complètement foiré le peu qu'elle avait tenté, ce qu'elle considérait comme une réussite, de son point de vue franchement complaisant avec elle-même.
Bon, cela n'expliquerait pas nécessairement pourquoi elle venait à peine d'arriver, mais Natsume se contenterait de cette explication. Elle hocha distraitement de la tête, caressant distraitement le crâne de Kaede pour essayer de l'amadouer quant à la tâche pénible qu'elle allait bientôt lui confier. Pas que cela fonctionne vraiment, en soi, puisque la dragonne ne cessait pas de lui lâcher un coup d’œil agacé : ce n'était rien d'autre qu'un moyen de se déculpabiliser, voilà tout.

La botaniste manqua toutefois de sursauter en entendant l'oiseau lui piailler dessus, pour une raison qu'elle ignorait entièrement, même si sa maîtresse lui dit de l'ignorer. Quelque peu mal à l'aise, car elle avait toujours plus ou moins peur des oiseaux du haut de ses trente-huit ans, elle hocha piteusement de la tête, surveillant toutefois le colibri bleuté d'un œil, pas franchement rassurée avec la présence d'une pareille bestiole à côté.
Non mais, ça a pas de bras, déjà !
Et inutile de dire qu'elle était bien occupée à se justifier auprès d'elle-même au fond de sa tête.

Mais en somme, l'étudiante, car Natsume supposa qu'elle devait être étudiante, était dans une galère suffisante pour que l'adulte se montre intéressée par la situation. Ou du moins, autant que possible, avec son expression de raie manta en voie de décomposition. Malgré tout, elle tentait tout de même de diminuer l'aide dont elle allait nécessairement avoir besoin, ce qui fit cligner des yeux à la jardinière.
... Oui, enfin, si je la laisse comme ça, pas sûre qu'elle s'en sortira seule non plus.
Elle choisit donc non d'ignorer plus ou moins sciemment ses propos. Kaede laissa échapper un long grognement exaspéré en entendant dire que la valise était particulièrement lourde, et Natsume retint un rictus un poil sadique sur les bords.

L'objet était toutefois assez lourd. Tellement qu'une nouvelle lanière se mit à craquer, et la Shimomura ne put s'empêcher de grimacer. La dragonne expira de nouveau des narines.
... Tu veux que je meure, c'est ça ?
Si ça pouvait te faire taire...
Tu t'ennuierais, sans moi !
Je ferais des siestes complètes, surtout.


Dans tous les cas, la galère semblait suffisante pour que même Natsume se dise que cela allait peut-être se révéler plus compliqué que ce qui était prévu à la base. Dans un signe de la main, elle invita la cadette à l'aider à soulever très légèrement le bas de la valise pour la poser sur le dos de la dragonne qui s'était accroupie, leur laissant le loisir d'installer l'énorme colis. Cette dernière ne retint pas une expression excessivement dramatique.

Allez-y, tuez-moi, je sais que tu en rêvais!
Natsume crut bon de se taire, car tout de même, elle en avait un peu les fesses. D'autant plus que plus la valise était positionnée sur le dos du familier, plus il était claire qu'elle ressentait pleinement le poids de cette dernière. Se relevant tout juste, ses genoux semblaient soumis à une forte pression, la faisant dangereusement pencher vers le sol. Malgré tout, des mouvements lents pouvaient être amorcés, ce qui constituait en soi une progression, dans les faits. Oui, pour Natsume, passer de zéro virgule un à zéro virgule deux est quelque chose qui est toujours cent fois plus désirable qu'un arrêt net, même si c'est juste pour l'apparence. Au moins, cela la rassurait un peu. Suffisamment pour qu'elle se sente légitime pour reprendre la parole, et poser quelques questions supplémentaires.

« Vous êtes en quelle année, déjà ? Ce sera utile pour savoir où se rendre, surtout. »

Enfin, pas qu'elle connaisse le plan des chambres des étudiant.e.s (ce serait franchement louche), mais ce serait déjà une information utile. Il faut dire que sans son uniforme, elle ne pouvait pas le savoir à vue d’œil, et sachant qu'elle avait toujours été spectaculairement mauvaise pour deviner les âges et qu'elle était très mauvaise physionomiste (suffisamment pour confondre des élèves avec des surveillants, et inversement, des fois), elle ne préférait pas se risquer à une supposition.
Toutefois, très clairement, il allait falloir élaborer ne serait-ce qu'une sorte de « plan » de parcours, qu'elle qu'il soit. Car là, sauf si l'aide miraculeuse d'un.e nouvel.le arrivant.e se faisait sentir, ce serait pénible, très pénible. Oh, elles survivraient, certes, mais leurs mains, peut-être pas. Natsume crut donc bon de préciser sa pensée.

« La tour des dryades est en hauteur, et plutôt loin, alors nous allons devoir trouver un moyen de passer les escaliers... Au pire, il faudra faire des allers-retours avec vos affaires. Vous avez une préférence ? »

Entrer se ruiner les jambes ou les mains, il fallait choisir. De toute façon, tant qu'un miracle ne se produise pas, elles allaient être limitées à ces cas de figure.

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MessageSujet: Re: “ Déjà vu (Libre) Jeu 1 Nov - 14:00
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Souris. Tu es heureuse.

Une maxime qu'elle répétait inlassablement, une journée supplémentaire dans cet enfer. Comme à son habitude, elle était attablée autour de ce que Gomorrhe aimait à appeler « ses disciples » : une bande de risibles Magiciens. Les êtres les plus infâmes de cette école. Ceux qui, après six mois à Sainte-Catherine, continuaient de traiter les Sorciers comme la vermine qu'ils étaient eux-mêmes. Ses tristes amis. La morne cour d'une reine tourmentée. Une place due à sa famille, mais qu'elle avait également acquise par la force. Son pouvoir, elle l'avait mérité. Clara elle, n'en voulait pas. On lui avait imposé de le mériter. On l'avait forcée à l'acquérir. Elle aurait sans hésiter offert sur l'autel du sacrifice la vie de chacun de ces monstres qui l'entouraient, en échange de cette âme qu'elle avait vendue à celui qui, chez les humains s'appelait « le diable », chez elle « papa ».

Elle riait lorsqu'il fallait rire, grinçait des dents lorsqu'il fallait s'offusquer, et dédaigner lorsqu'elle voulait s'enfuir. Son rôle, elle commençait à s'en effrayer. Son costume lui seyait parfaitement. Il prenait possession d'elle. Et Clara craignait qu'il ne finisse par la dévorer. Elle en oublierait alors qui, au fond d'elle, elle était. Celle que personne ne connaissait. Cette fille à l'agonie, qui dans l'ombre se vidait de son sang.

Lorsqu'elle quitta la table, prise d'un haut-le-cœur écœuré, on la suivit. Jamais elle n'avait la moindre tranquillité. Elle soupira, puis explosa.

Foutez-moi la paix, bande de mouches à merde ! Je vais juste me reposer.

Si c'était elle qui parlait, cela convenait néanmoins tout à fait à son rôle. Hautaine et méprisante, elle n'accordait d'estime qu'envers elle-même. En réalité, elle accordait de l'estime à tous ceux qui, sur son passage, baissaient les yeux. La craignant pour qui elle était, et pour la brutalité à laquelle ses poings étaient habitués. Ceux qu'elle aimerait rejoindre, et tout oublier. Ceux avec qui elle pourrait sourire et parler, apprécier et savourer.

De sa démarche féline et supérieure, elle fila à travers le hall et explosa au milieu de celui-ci. Elle abattit son poing sur le mur de pierre et la douleur l'aveugla quelques secondes, avant que ses yeux ne s'emplissent des larmes d'une rage quotidienne. Partie s'asseoir dans un coin, elle enfouit son visage derrière ses genoux et pleura tout son saoul. Rien ne pouvait l'en extirper. Ni l'arrivée d'une nouvelle élève, ni la discussion qui en découla de sa rencontre avec un professeur. Un seul bruit avait l'étrange pouvoir de l'extirper de n'importe quelle situation : son malheur, son sommeil, sa défonce. Un frisson, comme un sixième sens, qui parcourait sa peau. Le bruit feutré de pas lents et lourds. Le glissement d'une lourde queue sur la pierre froide. Le sifflement d'une langue gloutonne et fourchue. Même la salive qui lui coulait des babines, elle pouvait se la représenter.

Gomorrhe sortait du foyer de la Tour des Dryades, passa près du triste spectacle d'un dragon utilisé comme un âne, et fila droit vers Clara. Pourtant cachée derrière les escaliers des salles de classe, elle savait qu'il était la seule chose au monde qu'elle ne pouvait pas fuir. Son familier était une ombre. Il était ce frémissement à l'arrière de la nuque, lorsque l'on se croit seul. Il est ce mouvement furtif que l'on croit apercevoir au coin de l'œil, mais qui disparaît lorsqu'on y tourne les yeux. Il est ce monstre sous le lit, que l'on entend respirer la nuit. Malheureusement lié à elle, il incarne tous les cauchemars de Clara.

Laisse-moi, souffla-t-elle dans un murmure.
Une nouvelle Magicienne. Tu vas aller à sa rencontre. Il serait tant d'agrandir le cercle de tes fidèles.
Mes fidèles ? Tu cherches quoi, à recréer le Culte ?

Sa réponse, par son silence, fut des plus clairs.

Un peu de répit... s'il te plaît...
Il... ne me plaît pas. Va, maintenant.

Entre ses dents, Clara vociféra quelques paroles de langue ancienne. Une vieille malédiction de magie noire, qui n'avait aucun pouvoir sur les familiers mais qui, si elle était prononcée sur le bon ton, restait une insulte tout à fait appropriée.

Elle se leva, prit sur elle de masquer la mélancolie de son visage et alla à la rencontre de la nouvelle venue. Le sketch qu'incarnait le dragon affublé d'une valise et les deux femmes autour laissa l'islandaise pantoise plusieurs secondes. Plantée là, au milieu du hall, elle les regardait d'un air ahuri. Une seule question lui vint à l'esprit.

Dites... Vous savez que vous êtes dans une école de Magie ? Et vous avez pas trouvé plus simple ?

Souris. Tu es heureuse.

Elle s'approcha de sa démarche assurée, le visage marqué d'un sourire gentiment moqueur. Alors qu'à l'intérieur tout son être hurlait.

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