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 :: Le Domaine de Sainte Catherine :: Le Jardin des Nymphes :: La Forêt des Elfes
MessageSujet: L'échappée (pas très) sauvage {PV Billie Jeu 30 Aoû - 18:56

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L'échappée (pas très) sauvage

ft. Billie Barrett

Meeeeeeeeeeeh. Oui, j'insiste sur la partie 'eh' de ma complainte, car sérieusement, j'estime être un peu en droit de le faire. Un herbier, sérieux ! Le truc que je faisais quand j'étais petit pour impressionner les gens quand ils venaient, ou me faire croire que je comprenais quelque chose aux plantes alors que je me contentais bêtement de recopier ce que je trouvais dans les livres de maman, en enlevant les mots compliqués. Groumph. Oui, je suis un peu de mauvais poil, j'exagère et j'en fais des caisses, ignorant complètement tout l'intérêt académique de ce petit travail qui n'est franchement pas la mer à boire, au fond, et qui, si j'étais honnête cinq secondes, va peut-être même m'apprendre des trucs. Sauf quand je n'ai pas ce que je veux, je suis d'une extrême mauvaise foi, et je me comporte comme un gamin en pleine crise (et oui j'en ai fait des tonnes des crises, étant petit, je sais c'est pas fameux). Mais vous reconnaîtrez qu'un gamin en pleine crise, déjà, c'est pathétique, et encore plus quand ledit gamin se met à fouler des feuilles mortes en gonflant ses joues arrondies à la manière d'un bébé. Et oui, je ne me rends même pas compte de mon air idiot.

M'enfin. Je sais que je ne suis pas le seul à avoir reçu ce travail, d'ailleurs, car quelques faunes ont eu l'immense grâce d'être conviés à ce petit manège, vu que j'en croise quelques uns sur le chemin. Enfin, je veux dire, je crois que ce sont des faunes pour la plupart, puisque je ne les ai jamais vu dans ma classe, et qu'ils semblent plus jeunes. J'aurais bien tapé la conversation avec la première personne croisée si je n'étais pas occupée à rager comme un gamin qui perdrait aux petits chevaux (oui, je l'ai déjà fait, c'est bon, ça va).
En parlant de ça, d'ailleurs, je sens que mon énervement s'apaise relativement vite, tellement vite, d'ailleurs, que c'est bientôt oublié. Bon, je râlerais de nouveau en faisant cet herbier, ceeertes. Mais là, ça va mieux. Tellement mieux que j'en viens à perdre mon expression renfrognée, retrouvant celle où je suis plus souriant, avec mon air un peu niais et cucul la praline. Le lunatisme a ses raisons, oui.

En fait, je viens juste de penser au fait qu'il y a moyen de s'amuser un peu, au fur et à mesure que mes pas me portent dans la forêt ; il y a forcément des chemins inconnus, et des trucs à voir que je n'avais jamais vu avant ! Puis, si ça se trouve, je pourrais rencontrer des gens, alors pourquoi s'inquiéter ? Oui, vraiment, ça va peut-être bien se passer, et noooon, je n'avais pas tort de râler avant !
Je remarque d'ailleurs une tête bleutée, d'une jeune fille que je ne connais pas, mais qui est la personne la plus proche qu'il y ait en ce moment. Bon, j'espère que ça ne va pas faire creeper ou gros stalker, mais je  me décide à l'approcher pour essayer d'entamer la conversation, même si elle finit par m'envoyer bouler car je suis un peu chiant à approcher les gens comme ça. J'essaie toutefois d'afficher mon air le plus poli et avenant possible en prenant la parole.

« Dis, euh... T'es là pour l'herbier, aussi, non ? »

Bon, si elle me répond non, j'aurais certes l'air très neuneu, mais ce serait drôle, au pire des cas, alors je ne chignerais même pas, je pense. Je suis juste un peu incertain quant à ce que je peux dire, car oui, c'était tout ce que j'avais prévu, à la base, et pas forcément plus. Être sociable ne me donne pas de pouvoirs magiques pour faire la conversation, malheureusement, et je le paie par la manière dont je me gratte la nuque avant de forcer un sourire, exposant ma légère gêne. Et comme j'ai trois pieds gauches à la place de la bouche, je reprends la parole avec une décontraction apparente, qui n'est qu'une construction, en revanche.

« Ils auraient pu nous donner un truc plus fun, tiens ! Genre trouver une tanière de dragon, ou ramener des poils d'animaux, enfin, dessiner des empreintes, chais pas ! »

Je hausse les épaules. J'dois avoir l'air bizarre, là... Mais, euh, le silence, c'est toujours pire, n-non... ? Maman me dira bien que non, absolument pas, mais j'ai toujours peur de passer pour un idiot quand je me tais, alors je surcompense, quand bien même je n'ai pas forcément envie de faire la causette. Et en parlant de causette, quand j'y pense, il y a peut-être quelque chose qui m'intéresse plus que de dire que les devoirs puent ; j'espère juste obtenir une réponse. Bah, sinon... Tant pis, hein !

« Tu aurais vu un chemin hors-piste ? 'Fin, j'aimerais bien voir des trucs un peu différents, quitte à faire leur truc... »

Je me justifie un peu trop, je crois. Mais en vrai, je suis pas mal enthousiaste à l'idée de partir à l'exploration. Un peu trop, je crois, car je ne tiens pas en place, gigotant quasiment naturellement. Ouais, j'ai définitivement besoin de me défouler.

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MessageSujet: Re: L'échappée (pas très) sauvage {PV Billie Jeu 6 Sep - 10:16
J'étais allongée dans l'herbe, comme à mon habitude. Ce ciel parfaitement bleu dont je connaissais chaque coin et recoin, je ne me lassais pourtant jamais de l'admirer. Quelques nuages venaient s'y perdre. D'où venaient-ils ? Étaient-ils naturels ou magiques ? S'échappaient-ils du monde extérieur ou étaient-ils une création de l'école pour ajouter un peu de normalité dans un lieu où tout n'était qu'étrangeté ? En parlant d'étrangeté, un rugissement puissant se fit entendre au-dessus de la forêt. Je me redressai au moment où un dragon à l'envergure démesurée volait si près des arbres que le souffle de son passage en arracha les cimes. Il arrivait au parc où il atterrit avec force et violence, créant un cratère dans lequel périrent quelques dizaines d'élèves. Il avait un cou en accordéon, qui faisait un bruit de kazoo quand il pliait. Le garde-chasse en peignoir agitait une carotte pour jeter des sorts au monstre, jusqu'à se faire dévorer par la queue du dragon qui possédait à son bout une tête de Crash Bandicoot aux dents pointues. Il tourna finalement son regard vers moi et ouvrit la gueule, probablement pour me carboniser par son souffle enflammé. Ce qu'il fit. Mais à la place du feu, il cracha une énorme bourrasque de confettis colorés, qui fit sortir de l'eau une troupe de danseurs et de jongleurs, et je me retrouvai au milieu d'un carnaval brésilien endiablé.

Je me réveillai en sursaut. J'étais dans le parc, allongée dans l'herbe. Un coup d'œil paniqué vers la forêt me fit comprendre que tout ceci n'était qu'un cauchemar. Pourtant, tout m'avait paru si réaliste et cohérent. Mais les arbres tenaient debout et le garde-chasse glandait dans son hamac comme à son habitude. Arthur s'étira en baillant de sa petite frimousse adorable, avec un petit cri qui ne correspondait pas du tout à sa personnalité.

Encore un draccordéon ?
Pire. Un carnaval.
Dur. Sympa ce cours, en tout cas.
Quel cours ?
Bah celui pendant lequel tu t'es endormie.
Meeerde !

Les sciences ! L'herbier ! Tout me revenait ! Je n'étais pas du tout venue ici me prélasser au soleil, j'étais en plein devoir. Je devais constituer un herbier. Le même exercice qu'en école primaire. Celui que les professeurs nous font faire quand ils n'ont pas envie d'en bouger une. Je cherchais, toute seule dans mon coin plutôt qu'avec mes camarades bruyants et un peu stupides, jusqu'à décider de faire une pause là. Mon spot habituel. Celui pour lequel je tuerais s'il le fallait. L'emplacement idéal. Bien que je n'aurais jamais dit non à un hamac moi aussi. En bref, une très mauvaise idée. Je m'étais endormie en quelques secondes et réveillée plusieurs minutes après. Je me sentais fatiguée et ronchonne.

Finalement debout, j'époussetais ma robe d'un jaune moutarde et mes collants bleus pour reprendre mes recherches. En espérant qu'aucun idiot ne vienne me déranger.

Dis, euh... T'es là pour l'herbier, aussi, non ?

Je me tournai vers lui, le visage fermé, avec dans les mains ce qui s'apparentait effectivement à un herbier. Je me contentai de l'agiter pour le féliciter de sa perspicacité.

Bon bah moi j'vais aller piquer une tête.
Tu veux pas le faire partir ?
Non, aujourd'hui c'est toi que j'ai décidé de faire chier. Démerde-toi.
Espèce de petite merd...
Ils auraient pu nous donner un truc plus fun, tiens !
Ouais ouais. Pourquoi il se grattait la nuque comme un personnage de manga ?
Genre trouver une tanière de dragon, ou ramener des poils d'animaux, enfin, dessiner des empreintes, chais pas !
C'est clair. J'avais appris les réponses basiques nécessaires à la conversation. Mais peut-être manquait-il un peu de conviction dans ma voix lasse. Et dans mon attention, plus concentrée sur cette satanée loutre qui glissait tranquillement jusqu'au bord du lac.
Tu aurais vu un chemin hors-piste ? J'en avais bien un à lui proposer mais ça commençait à être trop grossier. 'Fin, j'aimerais bien voir des trucs un peu différents, quitte à faire leur truc...

Ce type parlait beaucoup trop. Ça en avait quelque chose d'épuisant. Bon, peut-être que j'exagérais. La mauvaise humeur allait finir par passer. Mais ces personnes trop enthousiastes et trop sociales avaient le don de m'exaspérer. Je n'avais rien contre les rencontres et les échanges... mais seulement quand j'en avais décidé ainsi.

Oh... On croirait entendre parler ma loutre.

Mec... intervint la voix d'Arthur qui avait l'air de s'être téléporté à côté de moi en l'espace d'une seconde, est-ce que t'es en train de proposer à une jeune fille de t'accompagner dans un endroit isolé et perdu où personne ne vous verra ni ne vous entendra ?

Je lançai un regard un peu gêné au jeune homme, puis haussai les épaules. Même si c'était tiré par les cheveux, et que ce type avait une tête bien trop sympathique pour ça, Arthur avait le don de rendre vicieux les choses les plus innocentes. Et généralement, on était porté à suivre son raisonnement. Il n'avait pas complètement tort, dit comme ça, c'était super bizarre.
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MessageSujet: Re: L'échappée (pas très) sauvage {PV Billie Jeu 13 Sep - 17:40

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Si j'étais à peu près malin, j'aurais sans doute remarqué que je suis actuellement prodigieusement soulant. Genre, encore plus que d'ordinaire, ce qui est en soi un remarquable miracle dont personne ne serait surpris, en réalité. Mais non, je suis tellement surexcité et intenable que je ne remarque rien, pas même le fait que j'ennuie la jeune fille à qui j'ai parlé, et que j'ai choisi un peu au hasard parmi tous les gens que j'ai croisé. Cela aurait pu être n'importe qui, et dans les faits, c'est n'importe qui. N'importe qui dont je ne comprends pas les signes de lassitude, d'ailleurs, et en vrai, si j'en étais capable, je me serais sûrement excusé après m'être excusé piteusement comme un chien pathétique qu'on aurait chopé en train de voler dans le frigo. En parlant de chien pathétique, Yuna est occupée à renifler des arbres plus loin, et je n'ai pas trop envie de savoir pourquoi, je le crois. Je me demande si elle a un odorat aussi développé qu'un chien, en vrai ; après tous, les familiers ne fonctionnent pas vraiment comme des animaux, alors... Enfin. Je dérive je crois.

Faut dire que face au silence auquel j'ai le droit, il n'est pas surprend que mes pensées dérivent ailleurs même si j'avouerais, si je n'étais pas d'une mauvaise foi incroyable, que c'est un peu le cas tout le temps. C'est la... La loutre, oui, je crois que c'est une loutre, j'en ai déjà vu une fois dans une cabane de chasseur très glauque (en taxidermie, c'est moche, sérieux). Cette loutre là me demande d'un air un peu circonspect si je suis en train de proposer à l'autre de venir, ce que je ne comprends pas trop, sur le coup. Je le fixe d'un air un peu benêt, ne comprenant absolument où il veut en venir avec la fin de sa phrase. Bah, euh, non... ? En clignant des yeux, ce qui me donne une expression très niaise, je mets quelques secondes à percuter. Et je ne percute pas, en vrai, je réponds juste d'une voix interrogée, les sourcils et les yeux plissés dans une expression curieuse.

« … Bah, je lui ai pas demandé de venir ? Puis y'a des gens partout, là, et on s'entend dans la forêt, avec l'écho. Mais pourquoi tu dis ça ?»

Non mais, vraiment, je ne comprends pas. Je veux dire, j'ai toujours vécu en forêt, littéralement, alors c'est pour moi l'endroit le plus rassurant qui soit ; je me méfie beaucoup plus des villes ! Enfin, je dis ça, mais en vrai, je n'ai même pas percuté que ce pourrait être vu comme dangereux pour beaucoup. 'Fin, maman m'a bien expliqué de ne pas suivre d'inconnus quand j'en voyais, mais il y en avait tellement peu, et j'ai toujours été tellement naïf et extrêmement sociable, que je n'ai jamais pensé à m'inquiéter. Je suis tout bonnement incapable de voir ce que sous-entend la loutre, et en vrai, je ne demande qu'à saisir ! J'ai peut-être dit un truc inapproprié sans le savoir, en fait, ça m'arrive souvent.
Enfin. Maintenant, je crois que je sens un peu le besoin de me justifier, et de m'expliquer. En vrai, je devrais peut-être décamper, si je gêne. J'ai du mal à reconnaître ce genre de choses, mais... Mais voilà, je suis capable de voir quand le malaise est suffisamment épais pour qu'on puisse presque le toucher et le pétrir pour en faire une pâte à pizza de l'embarras. Je reprends donc la parole, un peu embêté, me forçant à un sourire crispé qui ne trompe que moi.

« J'voulais juste savoir si y'avait des coins à explorer. J'demande à personne de me suivre ! C'est juste que l'herbier, là, je me dis que ce serait l'occasion de faire deux pierres d'un coup. »

… Je cache le fait que je vais sans doute faire l'herbier à là-va-vite, au final, car ce projet me motive autant que celui d'aller nettoyer le purin dans les docks de la pension de maman. Et encore, dans ce cas de figure, ça nourrit le compost pour avoir d'excellentes fraises, m'enfin, voilà, je vous fais pas de dessin. Je jette un coup d'oeil autour de moi ; la variété d'arbres ne me paraît pas bien grande, en plus, ce qui n'est pas anormal, je crois, il va falloir que je bouge un peu pour trouver d'autres espèces. Enfin, je pourrais m'bouger maintenant, et je m'apprêtais presque à le faire, quand un petit éclair blanc vint me surprendre.
Un éclair blanc que je reconnais sans mal, en outre. Et même si elle est adorable, je vous avoue qu'une expression très embêtée ainsi qu'une grimace particulièrement gênée se sont alors dessinés sur mon visage. Oh non...

« Yuna, qu'est-ce que tu... ? »

Je l'aime, ma cerbère, hein, mais quand elle se met à approcher des inconnus que j'ai déjà passivement soulé, je crois que j'aimerais bien l'éloigner juste un peu. Car elle s'est planté devant la jeune fille et sa loutre, des expressions stupidement heureuses sur ses trois têtes dont les langues pendouillent bêtement alors qu'elle les fixe avec la joie béate d'une enfant qui vient de découvrir un trésor. Je ne sais pas si la présence de quelqu'un qui la rend joyeuse (bizarrement elle est toujours comme ça), ou si c'est d'avoir vu une loutre qui la met dans cet état ; faut dire qu'elle aime bien toutes les petites bêtes qu'elle croise, même si d'ordinaire, elle tend à en manger par accident, héhé, ahaha. Sauf que là, je la vois commencer à faire la fête à la nouvelle venue, et, très embêté, je la retiens à bout de bras. Roh mais sérieux, je passe sans doute déjà pour un crétin et... ! Aidez-moi, là, je vous en prie.

« Ah, euh... Désolé, héhé. »

Mon rire est forcé. Je crois que ça y est, je suis aussi mal à l'aise que mon interlocutrice.

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MessageSujet: Re: L'échappée (pas très) sauvage {PV Billie Mar 6 Nov - 10:20
Je n'aimais pas les gens. Bon, c'est un résumé grossier de ma personnalité. Difficile pourtant de faire autrement lorsque l'on veut être concise. Je n'arrivais pas à me mêler aux autres, à être rassurée en étant entourée ou à me sentir morose lorsque je me retrouvais seule. J'éprouvais une pointe de mépris pour la plupart des élèves sur lesquels mes yeux se posaient, parce que les leurs posés sur moi ne montraient qu'une forme bien plus acerbe de mépris. J'étais la fille aux cheveux bleus et aux vêtements bariolés. Une bizarre. Bien sûr, j'avais quelques proches, même si. Sûrement pour la première fois de ma vie d'ailleurs. Daniel, Siriel ou Lexa incarnaient ce petit truc auquel me raccrocher, pour ne pas désespérer face à la bêtise humaine. Et si l'on me trouve trop extrême dans mes propos, je tiens à rappeler que je passe toutes mes journées en compagnie de la créature la plus misanthrope, méprisante, prétentieuse et imbue d'elle-même qui puisse exister, du moins dans cette école. Évidemment que son caractère finissait par m'influencer !

Mais pourquoi tu dis ça ?
Au secours, BB. Il est complètement con.
J'voulais juste savoir si y'avait des coins à explorer. J'demande à personne de me suivre ! C'est juste que l'herbier, là, je me dis que ce serait l'occasion de faire deux pierres d'un coup.
Il a pas tort, tu sais. Il faut dire qu'on se fait quand même bien chier.
Mais mate sa dégaine ! C'est un pignouf ! Ou un prédateur sexuel.

Je soupirai en m'efforçant de sourire encore un peu. Je ne devais pas laisser entrevoir qu'une conversation à son propos était en train de se dérouler dans ma tête, et ce bien malgré moi. Après une série d'insultes visant à discréditer le garçon, sa famille, ses cheveux et l'odeur de ses pieds, Arthur s'arrêta alors que le familier de l'étrange garçon s'installa devant moi. Un cerbère aux yeux un peu idiots et aux langues pendantes, qui attendait visiblement des grattouilles derrières les oreilles. Lorsqu'il s'élance dans ma direction, son propriétaire la retint en s'excusant, comme le faisaient beaucoup les personnes qui promenaient des chiens sur lesquels ils n'avaient pourtant aucun contrôle.

T'en fais pas ! répondis-je avec enthousiasme. Laisse-le donc faire, il a l'air mignon, dis-je en m'accroupissant pour lui caresser la tête (au familier, pas au garçon).
Dites-moi que je rêve... soupira une voix dans ma tête, tandis qu'Arthur s'écrasait les coussinets de sa patte sur le museau par exaspération. Tu vas pas rentrer dans le jeu de ces débiles !
Arthur... Dans ma tête seulement, pas dans celles des autres...
Rien à battre.

Le malaise, qui avait très lentement commencé à se dissiper, venait de revenir à la charge, comme un éléphant serait revenu dans un magasin de porcelaine après avoir oublié le sachet de cacahuètes offert sur le comptoir. Arthur venait de les insulter ouvertement. Ce n'était pourtant pas fini, puisque l'horrible créature qui partageait désormais l'entièreté de ma vie, de mes secrets et de toute mon existence, se raidit sur ses pattes arrière, droit comme un tronc, pour faire face à mon interlocuteur. Occupée que j'étais par le cerbère, je ne pus l'empêcher d'agir. Et même sans cela, je n'aurais pas pu. Aucune force au monde n'aurait pu l'en empêcher.

Excuse-moi, monsieur ! Oui, toi là. Alors voilà : TU-ES-UN-GROS-DÉBILE. Ok ? Voilà. Il avait détaché chaque mot bien distinctement pour être certain de s'être fait comprendre. Ma pote là, elle va aller avec toi. Parce que bon, vous êtes deux connards, et apparemment vous vous complétez bien. Et ton abruti de chien aussi. Moi j'vous suivrais bien mais... non. Honnêtement tu me donnes la gerbe. Du coup je vais partir, m'éclater loin de ton regard de poisson, oui celui que tu fais là. Et si tu touches la demoiselle là, je reviens, je te pisse dans la bouche, je t'arrache les yeux, je t'arrache les noix, je les mets à la place de tes yeux, je t'enfonce les yeux dans le rectum et je te repisse dans la bouche. Allez, bisous les loustics !

Il s'éloigna en nous laissant là, pantois face à ce qui aurait pu être un magnifique discours sur sa volonté de me protéger et de me savoir en sécurité... mais qui n'avait pas rendu si bien que cela, une fois prononcé. La bouche bée, je le regardais s'éloigner vers le lac jusqu'à ce qu'il y plonge sans se retourner une seule fois. Puis de reporter le regard vers cette nouvelle connaissance qui n'avait pas de nom. Le silence causé par une gêne intersidérale était angoissant. Je ne caressais plus le chien et le laissais me mordiller les doigts sans m'en rendre compte. Il fallait que je dise quelque chose.

Non mais euh... il exagère, je crois.

Je me redressai pour m'approcher de lui, ne pas lui donner l'impression qu'il m'effrayait ou que je partageais la moindre pensée de cet animal maléfique. Alors je souris. Parce que je ne savais faire que cela, sourire. Je le faisais bien. J'avais un joli sourire, c'est vrai. J'étais plutôt jolie, après tout. Et mon sourire, encore plus. Même quand il est crispé. Même quand il est gêné. Même quand j'ai envie de hurler, de décapiter une loutre avec mes dents. Même quand je flippe, parce que l'inquiétude exacerbée d'Arthur m'avait faite flipper concernant ce garçon avec lequel je m'apprêtais à partir en exploration.

Billie, au fait. Enfin, mon nom. Et je connais deux ou trois coins sympas en forêt, si tu veux que je te montre.

Au fond, n'était-ce pas moi, la plus inquiétante des deux ?
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MessageSujet: Re: L'échappée (pas très) sauvage {PV Billie
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