} Heures supplémentaires {Neptun}

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MessageSujet: Heures supplémentaires {Neptun} Jeu 5 Juil - 23:24
dans lequel un gars est dévoué à son job

Bizarrement, j'ai l'impression qu'elle arrivera en retard, rien que pour t'emmerder.

Frédérik haussa les épaules, parfaitement indifférent à la remarque du familier. Il avait le même pressentiment à vrai dire. Mais tant que mademoiselle Leyster n'avait pas terminé sa crise d'adolescence, il n'y pouvait pas grand chose, mise à part la reprendre pour la énième fois sur son comportement, pour la forme, sachant pertinemment qu'elle n'en aurait strictement rien à carrer. Dans la mesure où Frédérik n'aimait pas spécialement perdre son temps et que prêcher dans le désert était une perte de temps sèche, il avait désormais appris à composer avec le tempérament de la demoiselle avec un certain fatalisme. Ou avec compassion. Même si, parfois, elle l'exaspérait. Souvent en fait. Heureusement, depuis que Derrick était entré dans sa vie en défonçant la porte, il avait acquis un power up + 20 dans sa compétence patience. Il comptait donc user de tout ce potentiel dans l'entrevue qui allait suivre.

Évidemment, le rendez-vous ne l'enchantait pas spécialement. Actuellement, la vie de Frédérik s'articulait autour de trois pôles à l'importance décroissante : ses obligations professionnelles, l'étude des Larmes de Sirènes qu'il avait récupérées avec Mme Eriksen quelques temps auparavant, mais qui, au fond, recoupait le premier point, et enfin, les aventures de Geralt de Riv sur sa PS4. L'entretien avec mademoiselle Leyster appartenait à la première catégorie, même si, avouons-le, il aurait préféré passer sa soirée sur la deuxième. Mais, conscience professionnelle oblige, il n'avait pas pu faire autrement que de proposer à Neptun cette séance pour rattraper un TP important qu'elle avait manqué à cause d'une visite à l'infirmerie.

Avec les examens qui approchaient pour les Dragons, Frédérik s'était senti obligé d'agir de la sorte. Au fond, même s'il était dur et qu'il notait comme un chien - bien que laisser Derrick noter des copies aurait démenti ce constat -, il souhaitait la réussite de tout le monde. Alors, s'il fallait prendre sur son temps personnel pour améliorer les chances de certains, eh bien, il n'avait pas d'autre choix que de se plier à l'exercice. Parce que Frédérik aimait plus ses élèves qu'il ne le laissait paraître. Et peut-être parce que sa sympathie à l'égard de Neptun dépassait légèrement celle qu'il accordait aux autres, pour une raison obscure clameraient certains devant l'opposition évidente de leur caractère respectif. D'un côté, l'incarnation de l'ordre, du sérieux, de l'autorité. De l'autre ... Bah. Neptun quoi.

Derrick faisait les cent pas tandis que le magicien, imperturbable, relisait ses notes attentivement, barrant parfois proprement quelques remarques qui lui semblaient maintenant absurdes. Tout était prêt, bien entendu : le matériel était soigneusement disposé dans un ordonnancement complet. En attendant, Frédérik inspectait paisiblement ses écrits au sujet des larmes de sirène, à la recherche des protocoles les plus pertinents pour ne pas bêtement sacrifier les trois malheureuses gouttes qu'il avait obtenu en se jetant en calbute dans le lac du bahut en compagnie de Sofia. Ou en sacrifiant sa dignité, formulez-le comme vous préférez.

Il patientait, terré dans la classe des Dragons changée en laboratoire, endroit qu'il fréquentait en ce moment plus que son propre appartement. Derrick en avait un peu marre de rester enfermé toute la soirée jusqu'à pas d'heure. Après une journée passée à pioncer durant les cours, il avait envie de se défouler un peu. Mais Frédérik n'était ni disposé à lui offrir une petite promenade, ni à bavarder. Et, pire que tout, plus le professeur passait du temps dans cette fichue salle, moins Derrick avait la possibilité de le faire rencontrer fortuitement Sofia pour mettre en œuvre leur plan diabolique avec son familier.

Ennuyé, le basset entama une séance de roulis boulis sur le sol pour Dieu seul sait quelle raison. Tant que Frédérik ne manipulait pas, il avait le droit de se mouvoir dans la pièce comme il le voulait. Comme d'habitude, le magicien lui avait proposé de sortir prendre l'air tout seul, ce que le chien avait décliné ; il était curieux de voir un tête-à-tête entre Neptun et Frédérik. La demoiselle semblait incarner tout ce que Frédérik détestait, il n'arrivait pas à comprendre malgré tout pourquoi le théoricien lui témoignait de la sympathie. Bon, c'était un bien grand mot dans la mesure où l'expression de l'affection de son glaçon de maître s'apparentait aux yeux du commun des mortels comme à un mur en béton de dix centimètres de moins qu'avec les autres. Mais toujours un mur. Il ne comprenait pas la nature de leur relation. Pour une fois, la buse en relation était plus doué que le grand maître autoproclamé ; Frédérik savait parfaitement l'origine de sa compassion pour Leyster en dépit de son comportement.

Depuis qu'il avait assisté une fois au déclenchement de sa Malédiction, particulièrement spectaculaire, et qu'il avait tenté à sa manière d'intervenir il se sentait vraiment ... Concerné par le cas Leyster. Un incident qui avait fait passer Neptun de la catégorie 'nécessite la patience d'un moine bouddhiste' à 'omglapauvrefille'. De la pitié ? Peut-être un peu. Mais plus encore, cette crise l'avait replongé dans des souvenirs peu joyeux qu'il aurait préféré oublier. Il avait la fausse impression de comprendre la Malédiction de Neptun et surtout, d'en saisir toute l'horreur. Comme il se sentait désolé pour tous ces Sorciers. Il voulait l'aider. Il ne restait cependant que son professeur et un professeur peu doué pour nouer des liens de surcroît.

Peut-être que cet incident l'avait motivé à s'investir davantage auprès de Neptun, par pure compassion, parce qu'il avait cet espoir fou de pouvoir l'épauler. Pour ne pas qu'elle finisse comme Elléonore.

Tu n'as pas l'air de beaucoup l'apprécier, osa Frédérik, à la grande surprise de son interlocuteur qui n'attendait pas une réponse.
Non, non, pas du tout. Je ne la connais pas assez pour juger, je dors pendant tes cours. Mais deux filles aux cheveux bleus qui s'attirent ta sympathie, je commence à sentir le running gag se profiler.

Ne sachant pas vraiment ce qu'était un running gag et, surtout, n'ayant aucune envie de poursuivre la conversation qu'il pressentait comme potentiellement casse gueule, d'une manière ou d'une autre, le magicien se contenta d'un bruit approbatif avant de consulter son téléphone. Le rendez-vous était à dix-sept heures, précisément, durant le temps libre des élèves.
Avant de parler d'un éventuel retard, espérons avant tout qu'elle n'ait pas le culot de lui poser un lapin.

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MessageSujet: Re: Heures supplémentaires {Neptun} Mer 11 Juil - 16:21
LEYSTER Neptun
&
BARTOSZ Frédérik
Heures supplémentaires
Un téléphone qui vibrait. Une alarme qui s’enclenchait. Shiiro qui tournait, et tirait par moment sur la manche de l’uniforme scolaire de sa maitresse. Elle avait décidé de faire une sieste, après avoir obtenue une autorisation de louper ses cours de l’après-midi. Elle était épuisée après son malaise de la matinée, un énième qui l’avait forcé à quitter la classe prématurément. Malédiction de merde, pensa-t-elle pour elle-même. Bien sûr qu’elle voulait s’investir en cours par moment, mais elle avait toujours l’impression que ça lui arrivait juste avant de devoir courir aux toilettes. A croire que sa Malédiction ne voulait pas qu’elle réussisse ses examens de fin d’année.

Il était dix-sept heures. Mr Bartosz devait déjà l’attendre dans la salle de classe des Dragons. Mais Neptun ne se sentait pas pressée. Au contraire, elle qui avait la tête écrasée contre son oreiller se retourna pour fixer le plafond, passant ses bras sous sa tête comme si elle profitait du soleil à la plage. Shiiro s’activait devant elle, piaillant toujours gaiement, et racontant tout ce que lui passait par la tête. Neptun l’écoutait d’une oreille distraite, elle pensait surtout à ce cours particulier qui lui avait été proposé.

Nouvelle évocation du malaise ; Neptun avait été obligée de quitter la classe en urgence, quelques jours auparavant, pour aller rendre son petit-déjeuner aux toilettes. Encore et toujours… Tellement répétitif… Sauf que Mr Bartosz lui avait proposé de rattraper ce qu’elle avait manqué. Elle n’avait pas trop eu le choix, elle avait surtout reçu sa convocation pour ce jour-ci, devant se rendre en classe pour une heure déjà dépassée désormais de dix minutes. Bien sûr, elle aurait pu s’arranger autrement. Un jour où elle aurait eu la motivation de s’y mettre, elle aurait demandé les leçons de Désirée, probablement bien écrites, et mieux rédigées que celles du professeur vu ses capacités. Et au pire, elle aurait bien découvert de quoi il en retournait lors des futurs contrôles de connaissance…

Mr Bartosz n’était pas le premier à lui proposer ce genre de leçons. Au Canada, certains professeurs avaient déjà tenté de la remettre sur le droit chemin. Mais à l’époque, tout était encore plus compliqué. C’était lors des années les plus sombres de sa vie, pendant la pleine découverte de sa Malédiction, et ses diverses tentatives peu scrupuleuses d’y échapper. Désormais, Neptun pouvait reconsidérer ce genre d’aides. Elle était passée à une autre étape de sa vie, où elle ne souhaitait plus s’enfuir mais affronter son problème, et avoir de meilleures notes était une bataille qu’elle avait bien du mal à mener parfois.

Quinze minutes de retard. Il fallait se décider. S’y rendre ? Ou faire la sourde oreille ? Elle ferma les yeux et se questionna quelques secondes. Elle allait abandonner lorsque plusieurs faits lui vinrent en mémoire. Premièrement, elle avait promis à son grand-père de s’en sortir. Par respect pour la seule personne qui l’avait un jour considéré comme autre chose qu’une erreur, elle pouvait bien faire cet effort. Puis peut-être que sa mère serait fière d’elle en l’apprenant ? … Non, aux dernières vacances, Margaret était dans un état tel qu’elle avait accusé Merkuro, l’ainé de la famille, d’essayer de la tuer, alors qu’il était bien le seul à se sentir investi par son état. Raison donc non recevable, bien qu’il aurait été puissant. Neptun avait envie de l’amour de sa mère, par moment. Alors elle chercha la dernière petite chose qui la ferait se lever.

Pourquoi Mr Bartosz voulait proposer ce genre de cours particuliers à Neptun ? Ca, c’était une question qui commençait à plaire à la Dragon. La réponse la plus simple serait par pur altruisme, mais la vie serait tellement ennuyante si on ne s’imaginait pas de sombres raisons aux envies. Elle commença à chercher pleins d’aspects possibles, comme par exemple, parce qu’elle serait capable en réalité de soigner des gens avec son sang et qu’il voulait l’étudier… Neptun grimaça un instant. C’était débile de faire ça. Néanmoins, elle était motivée. Elle se leva, enfila ses chaussures et attrapa son sac en saluant sa colocataire d’une main. Elle claqua la porte, et regarda l’heure dans le couloir. Vingt minutes de retard… Ça craint.

Neptun s’élança jusqu’au bâtiment des cours, suivi de près par Shiiro qui semblait tout heureux de devoir la suivre à une telle vitesse.

-On fait la course dit ? Hein dit on fait ça ?
-On va surtout se dépêcher, on avait rendez-vous je te rappelle…

Vingt-cinq minutes de retard. Mais enfin, Neptun était devant la porte, essoufflée. Elle se laissa glisser sur le mur en face de l’entrée de la salle, le temps de se reposer, juste une minute. Puis elle se leva. Elle était motivée pour travailler, fait rare. Des jours comme cela, il en faudrait plus. Neptun vivait tellement selon ses humeurs… Puis pour travailler, enlever toute la pression sociale qu’était une classe à ses yeux se trouvait être une excellente idée. Devant les autres, Neptun aimait se faire remarquer. Là, il n’y aurait personne pour lui proposer un sale coup. Néanmoins, cela restait un rendez-vous avec quelqu’un qui lui mettrait des barrières de par sa nature de professeur, et Neptun n’aimait pas trop se voir donner des ordres. Tout dépendra de l’approche de Mr Bartosz. En attendant, si jamais le rendez-vous s'avérait si chiant que cela, elle aura été en retard et elle en aura tiré un malin plaisir.

Elle toqua donc d’un geste sûr et fort, et attendit qu’on lui donne l’autorisation pour ouvrir, tout en disant poliment :

-Excusez-moi, je me reposais, je n’ai pas entendu mon réveil.

________________________________

Neptun pète un plomb en #008cc1 et Shiiro fait la chose mignonne en #ff7ed2
...
Et Kuro sème la terreur en #757575

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MessageSujet: Re: Heures supplémentaires {Neptun} Lun 16 Juil - 22:03
dans lequel un gars commençait un peu à désespérer

Il y avait cette légende unanime qui circulait dans tous les couloirs de tous les établissements scolaires, magiques ou non, de tous niveaux confondus : le retard d'un prof de quinze minutes équivalait à son absence, et, ce faisant, les élèves pouvaient se casser sans risque de représailles, règle tacite transmise de génération en génération. Frédérik commençait à se demander si la coutume ne s'appliquait pas également dans le sens inverse ; est-ce que le prof pouvait considérer que la carence de plus de quinze minutes d'un élève signifiait de facto qu'il ne viendrait pas ?

Pas qu'il voulait rentrer chez lui. Comme indiqué précédemment, même s'il n'avait pas eu Neptun greffée à son emploi du temps, il aurait tout de même passé son temps libre dans cette pièce. Disons simplement qu'il se serait organisé autrement plutôt que poireauter en consultant régulièrement l'horaire sur son téléphone, sentant un léger agacement monter en lui derrière sa résignation concernant la sorcière. Déjà un quart d'heure. Derrick laissa aller un dixième soupir plus bruyant encore que les précédents. Finalement, le basset n'avait pas tord lorsqu'il avait affirmé qu'elle aurait du retard, quoique Frédérik se refusât à envisager qu'elle puisse se comporter ainsi rien que pour le faire chier. Elle n'oserait tout de même pas. En vérité, le respectueux magicien ne parvenait pas à concevoir deux secondes qu'on puisse délibérément agir de la sorte pour emmerder  quelqu'un.

Pour être parfaitement franc cependant, Frédérik commençait à penser qu'elle ne viendrait pas, tout simplement. L'invitation qu'il lui avait présentée sonnait davantage comme une injonction et pourtant, il devait se rendre à l'évidence qu'une fois de plus, elle n'allait en faire qu'à sa tête et contester son autorité. Pourtant, c'était sa manière de lui tendre la main. Maladroitement. Faute de savoir comment s'y prendre autrement. Et malgré ce constat, le professeur continuait à jeter des coups d'œil successifs sur son écran, reculant une nouvelle fois l'échéance. Bon, si elle n'était toujours pas présente à 17h30, là, il considérerait son absence comme définitive. C'était sa dernière offre, à prendre ou à laisser. Il ferma son calepin d'un geste brusque avant de se laisser aller en arrière contre le dossier de sa chaise. Cette perturbation dans son programme bien établi l'empêchait de se concentrer efficacement sur sa problématique aux enjeux cruciaux.

Je sais que ça t'embête mais ... Certaines personnes ne veulent pas être aidées, tenta doucement Derrick, ce qui sonnait autant comme une remarque sur l'espèce qu'un sous-entendu à l'attention de son maître.

Ce fut au tour de Frédérik de laisser échapper un soupir de lassitude en retirant ses lunettes. 17h24. Il fallait se rendre à l'évidence. Presque résigné, Frédérik allait se lever pour ranger le matériel lorsque qu'un bruit à la porte le stoppa en plein mouvement. Après avoir échangé un regard circonspect avec Derrick, il invita la personne à entrer. Neptun se présenta dans l'embrasure pendant que Frédérik achevait son mouvement, désormais debout derrière son bureau. Il s'avança, conservant l'allure rigide qu'on lui connaissait si bien. Des excuses en guise de salutations, comme il fallait s'y attendre. Le professeur replaça ses lunettes à leur place sur son visage puis se contenta d'un geste de la main pour balayer l'explication de la jeune fille.

« Bonjour Mlle Leyster. »

Qu'importe les raisons, il en avait suffisamment entendues dans sa longue carrière, des grands classiques aux plus bigarrées, pour ne plus leur témoigner de l'importance. Un retard restait un retard. Par ailleurs, il avait compris qu'il fallait se satisfaire de petits progrès avec Neptun ; le fait qu'elle se soit présentée et qu'elle ait frappé avant d'entrer constituait d'ores-et-déjà une amélioration. Pas de quoi crier à la fête du slip, certes, mais suffisamment pour convaincre le polonais qu'elle n'était pas une cause perdue.

Frédérik adressa un nouveau regard appuyé à Derrick qui comprit le message ; le pauvre chien traîna sa carcasse matelassée jusqu'au panier derrière le bureau, à gauche. Il s'y affala lourdement, comme un parpaing qu'on aurait balancé d'un quatrième étage. Étant une catastrophe à quatre pattes, Frédérik ne souhaitait pas qu'il importune Neptun, d'une manière ou d'une autre. Maintenant, on pouvait commencer.

« Nous n'allons pas perdre davantage de temps en formalités. Le TP concerne l'élaboration d'une potion de sommeil. Je vous laisse le soin de rattraper la théorie, nous allons nous concentrer sur la pratique. Le polycopié détaillant le procédé se trouve sur votre paillasse, avec le matériel nécessaire. »

Avec Frédo, c'était comme à l'OM : droit au but. Normalement, il lui aurait laissé le soin de sélectionner le matériel adéquat et de prendre les bons ingrédients, mais il avait jugé que laisser Neptun fouiner ne ferait que les ralentir. Il avait été bien inspiré, en considérant qu'ils commençaient avec vingt-cinq minutes dans les dents. Oui, elles continuaient à lui rester en travers de la gorge. Parce qu'il restait un vieux con rigide malgré tout. Et que commencer plus tard signifiait fatalement finir plus tard, ce qui décalait tout son programme.

Quoi qu'il en soit, la potion restait peu compliquée et peu puissante. Quand on voyait celles qu'il se confectionnait en cas d'insomnie, le programme lui imposait une version bien moins efficace, tout juste bonne à servir de tisane pour glisser facilement dans les bras de Morphée. Pour lui tout du moins. Mais bon. Pour des néophytes, c'était déjà pas mal. Et pour les examens, cet apprentissage était indispensable. Peu dangereux, aussi, en considérant la banalité des composants utilisés, à moins d'une erreur de manipulation. De la valériane, de la lavande, de la corne de licorne en poudre, de l'eau, et, plus étonnant du lait. Enfin, ça, c'était la Frédérik's touch, tout à la fin du processus, raison pour laquelle il préférait user d'un polycopié arrangé à sa sauce au lieu de lui demander de sortir le bouquin. En suivant la recette du manuel à la lettre, on aboutissait surtout à un truc pâteux où il fallait mobiliser toute sa volonté pour l'ingurgiter, sauf à l'introduire dans sa nourriture. Autant apprendre à ses élèves des recettes opérationnelles plutôt  que de se cantonner à des bases grossières. Oh, et puis, il n'aimait pas les recettes avec des « mesures ». Lui, il aimait les nombres précis.

N'ayant pas l'intention de rester derrière Neptun à scruter le moindre de ses faits et gestes, histoire de lui laisser les rênes pour qu'elle s'entraine en conditions, Frédérik retourna à son bureau.

« Je reste à votre disposition pour toute question et ... J'espère que vous allez mieux. »

Ferme au début de sa phrase, on sentit une légère inflexion à la fin trahissant sa sollicitude. Directif, comme d'habitude. Il aurait voulu débuter une conversation pour s'enquérir de la situation de Neptun. Mais, ne voulant pas déranger la jeune fille qui avait du travail, et, surtout, ne sachant pas vraiment comment s'y prendre sans faire preuve d'une gaucherie presque divine, il se contenta de ce seul commentaire. Il trouverait bien un angle d'approche un jour ou l'autre.


La recette sur le polycopié:
 
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MessageSujet: Re: Heures supplémentaires {Neptun} Jeu 16 Aoû - 21:55
LEYSTER Neptun
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BARTOSZ Frédérik
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Autant être au clair sur le sujet, si ça n’était pas déjà évident : Neptun était une brêle en classe. Une information loin d’être transcendante mais utile pour la compréhension entière de la situation face à laquelle elle se trouvait. C’était bien la première fois que Neptun allait réellement étudier sérieusement, dans un cadre adéquat. Et sa présence, désormais remarquable sur la chaise qui lui avait été indiquée, relevait d’un pur fantasme… Ne crions pas trop vite victoire sur tous les toits, la voilà déjà le regard ailleurs avant même que le cours de rattrapage n’ait commencé. En effet, elle suivait des yeux de la Familier de Mr Bartosz, qu’elle trouvait très drôle. En principe, tout le monde à un animal soit mythique, soit tout de même avec une certaine classe et une certaine prestance : un membre de sa classe avait un dragon, elle avait déjà vu des renards, des oiseaux, même une fois au loin une petite licorne adorable. Mais ce chien-là, c’était une perle rare. Etonnant, d’ailleurs, qu’elle ne l’ait jamais remarqué avant. Sûrement car trop occupée avec les autres membres de sa classe un peu dissidents comme elle…

Neptun écouta silencieusement les explications du professeur, et s’attarda rapidement sur le polycopié. Dans le fond, le cours de potion n’était qu’un simple mélange entre de la cuisine et de la chimie, avec une pincée de magie. Et dans les trois, Neptun avait un niveau assez peu acceptable. Elle imagina quelques instants une sorte de poudre magique à mettre au fond d’un verre, avec un peu d’eau, pour passer le tout au micro-onde et obtenir la potion désirée. Ça serait une chouette invention. Peut-être pourrait-elle déposer le brevet, arrêter les études et vadrouiller le reste de sa vie grâce à l’argent qu’elle aurait touché… Retourne sur Terre débile, essaie déjà de faire fonctionner ce truc !

-Je reste à votre disposition pour toute question et ... J'espère que vous allez mieux.

Neptun releva la tête alors qu’elle était occupée à lire le polycopié et repousser Shiiro en même temps. Son Familier n’était pas non plus une aide pour les cours, il voulait participer à tout, et trop en faire. Sauf que s’il se mettait entre elle et la recette, elle n’allait clairement pas pouvoir rattraper ce cours.

En attendant, les derniers mots du professeur se révélaient plus intéressants qu’au premier abord. Déjà, elle était touchée même si elle se refusait à l’admettre. Quelqu’un qui s’inquiète pour soi est toujours gratifiant. Puis cela l’aidait un peu dans sa quête inespérée afin de deviner pourquoi lui, et pas un autre, lui avait proposé ce cours. L’information d’ailleurs était un peu décevante, confirmant la thèse de l’altruisme. Mais bon, en même temps, tellement probable… Inutile de s’y attarder. Neptun détourna juste simplement le regard en répondant, après tout elle était surprise avant tout par cette marque d’attention :

-Merci m’sieur. Et ouais, ça va comme ça vient.

Résignée à se mettre au travail, la Dragon attrapa un petit bol et un pilon tendit que Shiiro y déposa les brins de lavande, fier de participer. Neptun commença à piler tranquillement d’une main, l’autre servant à tenir sa tête au-dessus de la table. Mouais, plus passionnant. M’enfin, plus attractif que d’écrire bêtement un cours… Neptun grimaça légèrement en relisant la recette. Ajouter de l’eau ? Mais l’ajouter quand ? Combien de temps doit-elle piler comme une débile trois pauvres branches violettes ? Putain faut un instinct de fou pour comprendre comment ça marche ce truc ! A défaut, elle décida d’y aller au talent, demandant à Shiiro de verser l’eau pendant qu’elle continuait de piler. Elle avait déjà vu sa sœur faire un truc similaire en cuisine, c’est que ça devait marcher.

En attendant, la salle était bien silencieuse. Hormis le bruit de son pilon contre le bol, rien de bien intéressant à écouter. Et aussi bête que cela pouvait paraître, Neptun aimait être entourée de bruit. Surtout lorsqu’elle n’était pas sujette aux maux de tête. Elle leva légèrement le regard vers Mr Bartosz. Après tout, ils étaient « coincés » tous les deux dans cette salle de classe ; autant rendre ça un peu plus attreyant. Puis s’imaginer avoir une relation privilégiée avec un professeur, Neptun trouva ça cool quelques secondes avant de se dire qu’il y en avait des plus populaires. Ses pensées la remirent d’ailleurs rapidement en place : Depuis quand est-ce que je réfléchis mes relations de manière intéressée ? Neptun put presque deviner sa Malédiction lever son ombre au-dessus de sa tête. Ajuster ses relations en fonction des autres est un moyen de blesser quelqu’un, après tout…

Neptun regardait sa lavande se mélanger avec l’eau pendant tout ce fil de réflexion. Elle finit finalement par se lancer en regardant le professeur, pour briser ce silence qui devenait à son goût vraiment gênant :

-Vous faites souvent rattraper les cours aux élèves ?

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MessageSujet: Re: Heures supplémentaires {Neptun} Mer 19 Sep - 22:24
dans lequel un gars déchiffre des hiéroglyphes

Retour à un calme bien mérité. Il n'allait probablement pas durer, Frédérik ne se faisait pas d'illusion à ce sujet. Mais en tout cas, le temps que Neptun se familiarise avec l'exercice présenté, il avait tout le loisir de se plonger véritablement dans ses travaux sans que son esprit carré ne soit tourmenté par des imprévus et chambardements dans son saincro-saint programme. Toutefois, puisque s'enfermer dans sa bulle sur un sujet passionnant risquait tout bonnement de lui faire snober la présence dans la salle, il préféra s'adonner à une activité qui mobilisait moins son attention : la correction de copies. Un bon exercice bien sexy comme il les aimait. Il sortit de son cartable une pile de copies des Dragons probablement gribouillées d'inepties en tout genre. Heureusement, il n'avait pas l'attention de les noter. Juste de jeter un coup d'œil rapide à ce devoir, histoire de s'assurer que tout le monde l'avait effectué correctement et vérifier que la notion avait été comprise dans l'ensemble. Ce qui ne l'empêchait pas de parsemer sa correction d'annotations sèches, mais, fort heureusement, illisibles les trois quarts du temps pour leurs destinataires.

S'armant de son stylo plume à encre noir favori, il hocha légèrement la tête lorsque Neptun lui dressa un bilan de son état de sa santé, peu désireux de renchérir sur un sujet aussi casse-gueule, puis se plongea dans la lecture de la première feuille. Derrick laissa tomber lourdement sa tête sur son coussin, profondément déçu. Alors c'était ça, un témoignage d'affection de Frédérik ? Bah putain, y'avait pas de quoi sortir le champagne. A ce niveau de nullité dans le démarrage d'une conversation, on avait à faire à un athlète olympique. Franchement, il avait envie de lui mettre un coup de boule dans les mollets, là, maintenant, tout de suite, s'il ne respectait pas autant cet homme. Espérons que lors de son repas avec Sofia, il avait été plus loquace parce qu'on courait clairement à la catastrophe pour LIA autrement. Résigné face à cette démonstration, il s'intéressa au familier de Neptun, le dévisageant derrière ses lourdes paupières mi-closes. Depuis le début de l'année, cette créature étrange ne cessait de l'intriguer, comme tout familier bizarre qu'il ne parvenait pas à identifier d'emblée.

La plume de Bartosz s'agita sur le papier dans un concert de frottements contrariés. Le nombre de fautes d'orthographe au centimètre carré sur cette copie commençait à nuire à sa compréhension. Frustrant, d'autant que le fond n'avait pas l'air mauvais - ce qui se traduisait par très passable dans son jargon. Hé, lui non plus le français n'était pas sa langue maternelle. Cette stupide langue sans queue ni tête lui avait donné pas mal de fil à retordre dans sa prime jeunesse, mais, à force de persévérance, il parlait et écrivait sans peine aujourd'hui. Alors aucune excuse pour les élèves étrangers. S'il avait dû mettre une note, il aurait retiré des points pour la peine. Plissant les yeux, sourcils froncés à l'extrême, il se mit tant bien que mal à chercher un sens à cette syntaxe boiteuse tandis que le martèlement du pilon accompagnait sa lecture poussive. Ce seul bruit, agaçant par sa répétition pour certains, ne le dérangeait absolument pas ; il ne l'entendait même plus tant il était absorbé dans sa tâche et tant il lui était familier.

Au bout de deux paragraphes de déchiffrage attentif, sa concentration fléchit. Il leva les yeux fugacement vers Neptun pour vérifier que tout allait bien. Visiblement, elle en était toujours au début à piler. Rien de très compliqué en somme, et rien qui nécessitait qu'il intervienne pour lui donner un conseil. Ce constat fait, il se replongea à contrecœur dans son décodage. Sa conscience professionnelle lui interdisait d'ignorer la copie sous prétexte de sa complexité, aussi rébarbatif soit-elle. Bon, il avait joué de malchance en commençant par celle-ci ... Mais il n'était pas sûr que terminer sa session là-dessus eut été plus agréable.

Elle t'a parlé, insista Derrick dans son esprit pour la troisième fois.

Frédérik leva les yeux de son casse-tête, un peu perdu, tiré de force de son exercice.

Elle t'a demandé si tu faisais souvent rattraper des cours aux élèves ...

« Désolé, je ne vous écoutais pas. Parfois. Les Dragons en priorité, et quand mon emploi du temps s'y prête. » finit par trancher l'intéressé pour répondre à Neptun.

On ne dirait pas mais il avait du taff à côté des cours, notamment parce qu'il se refusait à abandonner complètement la recherche qui avait fait son bonheur lors de ses années universitaires. En tout cas, lui mettre un vent aurait été trop discourtois même s'il ne voyait pas spécialement l'intérêt de la question. Par ailleurs, une conversation était susceptible de rompre la concentration de la demoiselle, ce qui aurait été contre-productif. Il faillit laisser le dialogue en suspens sans renchérir davantage puis, finalement, après avoir rapidement pesé le pour et le contre et jeté un dernier coup d'œil à cet ignoble papelard, rangea soigneusement son stylo plume.

Il se leva ensuite de sa chaise pour se placer en face de l'équipe à la paillasse. Il jeta ensuite un regard critique dans le mortier. Bon, d'accord, il avait dit qu'il ne voulait pas être sur son dos pendant tout le temps de la manipulation ... Mais il ne pouvait pas non plus la laisser patauger dans la semoule et rester de marbre. Et puis, autant en profiter pour lui donner quelques conseils personnalisés. Particulièrement bon pour jauger les élèves, il avait remarqué le potentiel de Neptun. Difficile de le faire ressortir cependant en la laissant noyée dans la masse qui, visiblement, n'avait pas une bonne influence sur elle. Par contre, lors de cette séance privilégiée, elle n'allait pas se laisser distraire par les autres.

« Il vaut mieux éviter de verser en continue ou vous aurez du mal à obtenir une pâte homogène. Par ailleurs, verser par à-coups vous permettra de contrôler régulièrement la texture. Concernant le pilon, il faut l'utiliser avec un petit mouvement circulaire du poignet pour écraser la matière. »

Après quelques secondes de réflexion rapide, quelques instruments volèrent au travers de la pièce pour se poser pile devant Frédérik qui retirait sa veste. Un chaudron se posa devant lui, suivi de près par un mortier, un pilon, bref, une réplique exacte du matériel que Neptun utilisait. Il posa sa veste soigneusement sur le dossier d'une chaise puis remonta ses manches. Il n'aimait pas gaspiller sa magie de la sorte, à faire venir les objets jusqu'à lui au lieu de se déplacer, mais ils avaient suffisamment perdu de temps.

« Nous allons changer de stratégie. Un exemple concret vaudra mieux qu'un long discours, surtout pour les gestes de base qui ont l'air de vous poser problème. »

Ce qui bouleversait tout son programme une nouvelle fois au passage, toutefois, il n'avait pas d'autre choix ; il fallait qu'il s'occupe de Neptun de manière constante on dirait. Rattraper la jeune fille ne lui demanda que quelques secondes. Il plaça les quatre brins de lavandes, les pila jusqu'à ce que la consistance lui plaise, puis ajouta l'eau petit à petit tout en continuant à écraser les brins. Il s'arrêtait de verser à intervalles réguliers le temps que l'eau s'incorpore à son mélange en quelques tours de poignets.

« Vous voyez, il ne faut pas se contenter d'abattre le pilon. On descend, on exerce une pression puis on tourne en accentuant la pression. Le résultat est beaucoup plus homogène. Et plus rapide quand on a le coup de main. »

La démonstration terminée concernant l'étape une, il invita Neptun à reprendre son travail avec le bon geste d'un mouvement de la main.


[HRP = Désolé pour le gros retard, petit problème qui est désormais réglé xwx].
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MessageSujet: Re: Heures supplémentaires {Neptun} Sam 22 Sep - 15:14
LEYSTER Neptun
&
BARTOSZ Frédérik
Heures supplémentaires
Neptun avait arrêté de piler machinalement alors qu’elle posait cette question particulièrement banale au professeur. Shiiro aussi avait arrêté de verser de l’eau en chantonnant presque, toujours bien trop attentif à tout ce qui pouvait susciter son intérêt. Il posa le bol d’eau, ce qui fit un petit bruit contre la table, seul son retentissant alors. Neptun haussa un sourcil, plutôt vexée sur le moment. Je rêve, ou il m’ignore là… ? C’était ce qu’on pouvait appeler dans le jargon, un vent. Une petite tempête à ce niveau-là, même. Seules les petites bêtises de Shiiro meublaient l’instant, alors qu’il soulevait des bols, s’amusait à relire la recette pour tout préparer à l’avance et aider sa maitresse…

Puis finalement, le professeur releva la tête, et répondit tout à fait normalement, ce qui dérouta un peu la jeune femme :

-Désolé, je ne vous écoutais pas. Parfois. Les Dragons en priorité, et quand mon emploi du temps s'y prête.

Hm, parfait… Pas très pratique pour relancer une conversation. Le silence se réinstalla, et Neptun soupira. Elle allait reprendre machinalement l’exercice, faute d’autre stimulation, lorsqu’elle vit du coin de l’œil le professeur de potion se lever pour venir observer son travail, qu’elle savait d’avance plus que bancal. Elle n’avait pas cet « instinct des potions » comme elle décida de le renommer sur l’instant, pour savoir combien de temps écrabouiller ces pauvres brins, savoir comment rajouter l’eau, le mouvement exact… Elle avait bien vu des camarades exécuter ce genre de manipulations à des cours où elle était présente, mais elle observait souvent d’un œil circonspect… avant de finalement trouver le moyen de semer la pagaille pendant le cours en faisant n’importe quoi. Neptun était sûre qu’un jour elle réussirait à faire exploser quelque chose en faisant une fausse manipulation. Et cette probabilité l’enchantait autant qu’elle la dérangeait.

-Il vaut mieux éviter de verser en continue ou vous aurez du mal à obtenir une pâte homogène. Par ailleurs, verser par à-coups vous permettra de contrôler régulièrement la texture. Concernant le pilon, il faut l'utiliser avec un petit mouvement circulaire du poignet pour écraser la matière.

Il était marrant, lui. Pourquoi il ne le lui avait pas expliqué depuis le début ? Ça aurait évité à Neptun de faire cette espèce de bouillasse étrange menaçant de prendre vie à tout instant au fond de son bol. Shiiro s’approcha et récupéra le pilon pour le tendre à sa maitresse et l’inciter à essayer ce que venait de lui conseiller le professeur, se préparant déjà à reprendre l’exercice comme s’il s’agissait du sien. Mais à peine la jeune femme saisit le petit objet qu’elle vit, surprise, des bols quitter seuls leur placard pour venir se poser face à Mr Bartosz, qui semblait se préparer pour effectuer la manipulation avec la Dragon.

Neptun ne pu que regarder avec un certain intérêt ce tour de passe-passe, les yeux brillants d’admiration. Elle savait se servir de sa magie, mais la craint de sa Malédiction la poussait à limiter le plus possible son utilisation Elle ne savait faire que banalement ce que les cours lui avait appris (lorsqu’elle y allait et se donnait la peine d’écouter), et deux ou trois effets cosmétiques lui évitant de se colorer les cheveux toutes les semaines, et l’inconfort de lentilles afin de garder ses iris d’un joli rose voyant.

-Nous allons changer de stratégie. Un exemple concret vaudra mieux qu'un long discours, surtout pour les gestes de base qui ont l'air de vous poser problème.

Neptun ne pu que hocher la tête, l’aura du professeur prenant pour elle une toute autre tournure. Elle le trouvait sur l’instant particulièrement classe et stylé, et elle l’observa reproduire en une rapide minute ce qu’elle avait déjà effectuée en plusieurs et avec la dextérité d’un manche à balai. Coudes sur la table, tête sur ses mains, elle avait un regard vif observant les moindres mouvements, soudainement bien plus concentrée qu’avant. Elle savait pourtant bien que c’était idiot de bloqué sur une telle démonstration, surtout qu’elle devrait être capable de quelque chose de similaire…

-Vous voyez, il ne faut pas se contenter d'abattre le pilon. On descend, on exerce une pression puis on tourne en accentuant la pression. Le résultat est beaucoup plus homogène. Et plus rapide quand on a le coup de main.

Neptun se contenta de hocher la tête, comme si plein de pièces de puzzle s’imbriquaient ensemble. Elle resserra sa poigne sur le pilon, le regardant quelques secondes le temps de se figurer le geste, un peu comme une enfant qui apprend par mimétisme. Puis elle prit des pattes de son Familier le petit récipient d’eau pour finir cette première étape du mieux qu’elle pouvait. Elle recommença à écraser le bout de bois contre la bouillie de lavande, bien plus contentieusement qu’avant. Elle fit en premier lieu le mouvement assez lentement, prenant le temps de le décomposer, avant de doucement accélérer pour commencer à verser l’eau. Voici une autre manipulation un peu difficile, car il faut bien doser chaque basculement du poignet pour n’en mettre ni trop, ni pas assez. Exercice compliqué, et Neptun le vit assez rapidement dans sa manière de faire, c’était n’importe quoi. Elle tenta un trait d’humour, un peu gênée de galérer autant :

-Ouais, ça doit se voir que je ne fais pas la cuisine souvent à la maison…

Elle secoua légèrement la tête. Elle eut un flash soudainement d’un de ses frères s’amusant à faire des crêpes pour toute la fratrie – il en avait eu pour un moment ! – lorsqu’elle était petite, à un moment où leur mère était déjà certes dans un mauvais état, mais pas autant qu’aujourd’hui. C’était une image douce-amère, qu’elle chassa d’un dernier coup de pilon, qu’elle tourna un peu brusquement. Néanmoins, le résultat était là : avec les explications du professeur, ça ressemblait déjà bien plus à quelque chose de « normal ». Neptun se redressa d’ailleurs de son siège pour voir ce que Mr Bartosz avait fait, et laissa passer une exclamation de joie en voyant que ça avait une tête similaire.

-Wow ! Eh, franchement, avouez, je m’en sors super bien. Je suis partie pour un 20 au prochain contrôle !

Nouveau trait d’humour, la Dragon se sentait de bonne humeur, et surtout, fière de sa petite tambouille comme un gamin serait fier de son cookie fait en patte à modeler. Shiiro aussi applaudissait de ses petites pattes, s’amusant à tourner autour de la tête des deux protagonistes. Le Familier attrapa d’ailleurs la liste des ingrédients pour la tendre à sa maitresse, qui se pencha dessus pour reprendre et continuer. Maintenant, il lui fallait de la poudre de corne de licorne, à mettre dans un chaudron, avec de l’eau… Neptun se tourna vers les ingrédients, et en conclu que la poudre était le seul ingrédient de la recette qu’on lui avait fourni dans un petit pot. Elle le saisit, le regarda comme si elle savait ce qu’elle faisait, puis leva la tête en se grattant l’arrière du crâne, avouant sa faiblesse :

-Et là, j’y mets comment ? Tout d’un coup ou comme du sel ?

Finalement, Neptun est contente d’être venue à ce cours. Malgré le côté un peu strict et coincé du professeur, il dégageait une certaine classe qui plaisait beaucoup à la Dragon. Puis elle avait eu le droit à cette petite dose de plaisir procuré par le sentiment de réussite, et elle était prête à faire toute la recette pour ressentir de nouveau cette petite pique revigorante.


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MessageSujet: Re: Heures supplémentaires {Neptun} Mer 26 Sep - 21:51
dans lequel un gars est au niveau 0 de l'humour

Dire que Frédérik passa à côté de la plaisanterie aurait été un euphémisme : elle passa à des kilomètres au dessus de sa tête sans qu'il ne daigne lui adresser un seul regard. Pire, elle se fracassa contre un dur mur d'indifférence. Notre bonhomme n'avait déjà pas l'humour facile en considérant qu'il existait dans son être un neurone réceptif aux boutades enfoui dans les tréfonds de son cerveau. Alors, en plus, comparer potions et cuisine ... L'analogie se voulait tentante. Dans les deux domaines, on utilisait des recettes, des méthodes similaires, du jargon parfois emprunté à l'un ou l'autre. Pour autant, malgré l'intimité qu'entretenait les deux matières, cette comparaison avait le don de lui taper sur le système.

Sur la forme, il pouvait admettre que des néophytes empruntent un raccourci par abus de langage. En revanche, la cuisine n'avait rien à voir avec la confection de potions sur le fond. Absolument rien à voir. Ce serait comme comparer le sucre et le sel : ils avaient l'air similaire de prime abord, mais si on confondait les deux ... Eh bien, le résultat risquait de devenir indigeste. Idem pour potions et cuisine. Autant on pouvait prendre le second à la légère, avec pour résultat en cas d'erreur un goût déplaisant sauf cas très particuliers, autant les effets d'une maladresse dans le premier entrainait des conséquences désastreuses. Et puis, s'il était permis de prendre des libertés en matière de cuisine et d'y aller au pifomètre, il valait mieux éviter toute improvisation dans les potions quand on n'était pas sûr de soi.

Il aurait pu continuer la comparaison pendant des heures sans tarir, juste parce que cet amalgame lui courait sur le haricot. Heureusement, Frédérik n'était pas du genre à se lancer dans un cours magistral ; il savait pour le coup qu'il aurait été parfaitement cassant, condescendant et imbuvable comme l'avait spécifié Derrick à l'occasion quand il avait eu le malheur de faire la blague. Il avait même ajouté que Frédérik ressemblait à un vieux con quand il se lançait dans cette démonstration ...

Il jeta un coup d'œil dans le récipient de Mlle Leyster avant de ruminer trop longtemps. Elle s'en sortait déjà mieux visiblement, ses mouvements plaisaient davantage au praticien. Il lui manquait encore un peu de fluidité dans le geste, mais normalement, à force de pratique, elle finirait par prendre le pli. Frédérik commençait à comprendre les raisons des désastres en travaux pratiques de la dragonne. Il passait vite sur les gestes de base en début d'année en les considérant pour acquis. Il faudrait peut-être qu'il organise une heure de rattrapage en début d'année pour les nouveaux arrivants, histoire d'assurer à tout le monde une base de travail homogène. En petit groupe, il serait plus facile de corriger les attitudes. Il faudrait qu'il en parle à Benjamin. A moins que ce manquement ne provienne de l'inattention de Neptun lors de la démonstration en début d'année. Aussi. Allez savoir.

Nouvelle boutade qui se heurta avec violence au sérieux imperméable du Magicien. Par contre, Derrick explosa d'un rire incontrôlé à l'arrière qu'il camoufla tant bien que mal en une quinte de toux. Le bruit ressemblait vaguement à des bwouf sonores qui résonnèrent dans la salle. Pour le chien, la demoiselle venait de sortir la vanne de l'année. De mémoire canine, il n'avait jamais vu son partenaire mettre 20 à qui que ce soit. Non pas qu'il ait une limite infranchissable comme un professeur aigri, mais disons simplement qu'en bon perfectionniste, il n'avait jamais trouvé un devoir remplissant pleinement ses exigences. Connaissant ce fait, le chien trouvait la plaisanterie vraiment hilarante. Il se tut malgré tout quand Frédérik coula vers lui un regard de la mort. Du style de ceux qui donnait des frissons. Derrick replaça sa tête contre son panier, l'air de rien. Bah quoi, on pouvait même plus tousser maintenant ?

« De toute façon, vous ne pouvez que faire mieux par rapport au dernier contrôle que vous m'avez rendu, lâcha le professeur, peu enclin à renchérir sur la vanne. Veillez à bien racler les bords du mortier quand vous mélangez, afin de ne pas perdre de la matière. Pour vérifier la consistance, surtout, ne jamais mettre son doigt. On agite le récipient, voire, on prend une baguette d'agitation en verre pour tester la texture. »

Bon, elle risquait pas grand chose à mettre son doigt dans de la lavande, à part une vilaine allergie surprise, mais il fallait prendre les bons automatismes directement. Alliant geste et parole, il se saisit de la baguette en verre qu'il plongea dans sa propre mixture.

« Onctueux et uniforme. Les quelques hésitations de votre poignet ont dû nuire à l'homogénéité de votre mélange. Il semble correct cependant. »

Il devait admettre qu'il y avait une légère amélioration malgré les maladresses et hésitations. Il en retira d'ailleurs une petite fierté personnelle. S'il voulait être un parfait connard, il ajouterait qu'on ne pouvait que remonter quand on avait atteint le fond de toute façon. Il garda toutefois cette remarque pour lui, la trouvant fort peu pédagogique. Évidemment, la préparation n'avait pas l'air parfaite pour lui si attaché à ce concept. Il avait encore quelques petites corrections à apporter comme il venait de le spécifier. Par contre, elle avait super motivée désormais, ce qui faisait plaisir. Elle se saisit du petit pot un peu dubitative.

« Avant de l'ajouter, on vérifie qu'on a la bonne quantité. Normalement, votre pot contient 100 grammes précisemment. »

Lui par contre, il n'avait pas la quantité nécessaire puisqu'il n'avait pas prévu de se livrer à l'exercice. Il ne fallut toutefois que quelques secondes afin de s'aligner sur Neptun. A l'aide d'une balance électronique à la précision extrême, il plaça un petit pot similaire à celui de l'élève, remit la balance à 0 pour ne pas qu'elle prenne en compte le poids de ce même pot, puis ajouta quelques cuillères de la corne broyée jusqu'à atteindre les 100 grammes. Un étudiant lui avait fait remarqué une fois qu'on aurait dit de la coke. Il ne voulait pas savoir comment cet étudiant savait à quoi ressemblait la coke.

Ce faisant, il était enfin temps de répondre à la question de la demoiselle.

« D'un seul bloc, en douceur, pour éviter de perdre la moitié du produit dans un nuage de fumée. »

Le problème des poudres volatiles. Avec précaution, Frédérik glissa sa main dans son petit chaudron puis renversa le contenu lentement, sa main la plus proche possible du fond pour éviter que la poudre ne fasse une chute vertigineuse susceptible de créer un nuage de fumée digne de la disparition d'un ninja. Le récipient vide, il le déposa sur le côté. Il restait quelques grains au fond, mais on s'occuperait de ce détail après. Maintenant, l'eau. Avant que Neptun ne puisse se saisir de l'éprouvette graduée, il l'interchangea d'un soupçon de magie avec la sienne, vide. Tant qu'à faire, autant vérifier sa précision et sa rigueur en matière de mesures.

« Voyons si vous êtes plus familière avec la physique-chimie qu’avec la cuisine. »

Une comparaison qu'il appréciait davantage. Et parce que réussir à ce que les élèves lisent enfin un volumes en prenant en compte le creux du ménisque était le combat de sa vie.
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