Hell is round the corner where I shelter.
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MessageSujet: Hell is round the corner where I shelter. Lun 28 Mai - 10:32
Clara Ragnarsdóttir
ft. Hana de ctchrysler

• Âge : 19 ans

• Espèce : Magicienne

• Nationalité : Islandaise

• Situation familiale : Enfant unique, orpheline selon ses dires

• Groupe : Dragon

• Familier : Gomorrhe, un dragon du Komodo de près de trois mètres de long

• Objet Magique : Aucun

Caractère

250 mots min.

Physique

250 mots min.

Description

– Décris-moi ce que tu vois...
– Si les émotions étaient des couleurs, je serais une grande peinture faite de centaines de celles-ci. Pas les stries rectilignes d'un arc-en-ciel, mais le chaos d'une toile tâchée. Souillée par chaque nouvelle nuance venant y faire sa place. La complexité d'un caractère aux milles facettes, d'un esprit trop vieux dans un corps trop jeune, d'un débordement de trop-vu dans un vase de rien-connu. Une peinture si saturée de couleurs qu'on ne peut plus en distinguer aucune. Et dans le reflet de ce miroir, je n'observe plus qu'une toile blanche. Je la vois vide parce qu'elle est trop pleine. Mais je la vois vide. Pas vierge, vide. Comme on y aurait étalé tant de mauvais goût, j'en aurais brossé la surface et raclé chaque trace, pour être vide. Usée et grattée, laide, inutilisable. Des lambeaux de passé arrachés. Mais préférable à cet amas de couleurs indéchiffrables.
– Ok... On va essayer de s'intéresser à ce reflet de manière moins... abstraite. Voilà comment on va procéder : tu vas me dire ce que tu vois, ce qu'on va appeler le dessus, puis ce que tu en interprètes, le dessous.
– Chaque trait est une nuance, chaque couleur se démultiplie. Chaque union donne naissance à une nouvelle tâche. Chaque tâche s'unissant à une autre. Si bien qu'elles en deviennent infinies. Comme une tumeur, elles envahissent l'esprit torturé d'une jeune fille désemparée. Si nombreuses et si denses, que la question reste toujours en suspens : est-ce une toile très vide ou une toile trop pleine ?
– Ouais... Et si on attendait que tu sois un peu moins défoncée ? Qu'est-ce que tu as pris ?
– Aucune idée, des mélanges. Désolée, faisons-le je me concentre. Je commence par quoi, mes cheveux ?
– Ce qui te semble important.
– Ils sont importants... je crois. Semblables à un champ de blé, illuminé par les premières aurores. Qui ne désirerait pas cette crinière ? Longue et épaisse. Au premier regard, on s'imagine déjà y glisser les doigts, l'empoigner pour simuler une illusion de domination, me tirer la tête en arrière, me demander de gémir comme une chienne. Pardon. Langage. Elle est récente, cette coiffure. J'ai voulu changer. J'ai voulu prendre un pinceau et retravailler la peinture.
– Y es-tu parvenue ?
– Je change une couleur et j'oublie dix-huit années aux enfers ? Si c'était si simple, j'aurais pris un pot de peinture entier pour le jeter sur la toile. Mais ce qui est ancré est ancré. On peut vainement le masquer, les couches précédentes restent toujours présentes. Tout ce qu'on peut essayer de faire c'est... gratter.
– Tu as déjà gratté et il n'en reste que des cicatrices. Non, ne cache pas tes poignets. Rien ne mérite d'être caché ici. Continue. Concentre-toi sur ce que tu vois.
– Ces putains de marques, je les vois. Bon... mes sourcils alors ? Qui a pris le plus gros marqueur pour les dessiner ? Ils en imposent tellement qu'ils effraient ! Ils rendent mon visage agressif, disent-ils. Je dirais seulement plus expressif. La notion d'agression reste subjective. Ils donnent une force de caractère. Ils sont la seule force de caractère que j'ai. Ce ne sont pas mes yeux qui...
– Continue. Tes yeux ?
– Mais je suis en face de vous, il vous suffit de me regarder !
– C'est un exercice que je te propose. Ne t'enferme pas dans ta colère ou ton sarcasme habituels.
– Ouais, je sais. Ils sont marrons ou verts... verdâtres. Sous deux paupières trop lourdes, qui posent un regard las sur le monde qui les entoure. J'ai... Ils...
– Respire doucement, tu peux y arriver. C'est douloureux je sais. Tu préférerais sans doute que je te marque au fer rouge, Clara. Mais honnêtement, il n'est pas une seule parcelle de ton corps que tu n’aies pas déjà marqué d'une quelconque façon. Je te demande de faire face à des souffrances que tu ne peux pas ressentir en te blessant physiquement, ou en faisant de ton corps l'objet des autres. Sous ces yeux, qu'est-ce qu'il y a ?
– Ils ont vu trop de choses. Putain ! Un fer rouge, doc ? Ce n'est qu'une douleur passagère. Mille fois désirable. Là, j'ai une pointe chauffée à blanc qui grave les mêmes images encore et encore sous mes paupières. On lacère ma toile et on recolle les morceaux, pour mieux recommencer. Ils regardent les gens avec dégoût, ces yeux, parce qu'ils sont jaloux. Les autres ont des yeux innocents. Ils se torturent pour des conneries, car ça leur permet de se sentir vivants, intéressants. Ils ne connaissent pas la torture.
– Tu juges les autres, mais les connais-tu ? Sais-tu ce qu'ils ont vécu ?
– Et moi, est-ce qu'ils savent ce que j'ai vécu, ce que je vis encore ?! Ils me regardent comme des animaux apeurés car ils reconnaissent le diable en le croisant, ça je ne peux le leur reprocher. J'ai les yeux de mon père, m'a-t-on souvent dit. Ils connaissent mon père. Mais ils ne me connaissent pas... moi. J'aimerais m'ouvrir, mais je ne peux pas. Vous savez pourquoi. Je suis libre de me déplacer dans une prison gigantesque, entourée de mes milliards de geôliers. Je voudrais cracher au visage de mes amis et ouvrir les bras à mes ennemis, mais je n'ai pas le droit d'être moi. Ce tableau dont je vous parle depuis tout à l'heure, ce n'est pas moi qui le peints. Ce n'est pas le résultat des expériences de ma vie, ce n'est pas ce que j'ai construit, c'est ce qu'on a peint de moi.
– Si c'était le cas, si tu n'étais pas toi, serais-tu réellement en colère pour en avoir tant conscience ? Tu crois détester ce que tu vois dans le reflet du miroir, mais est-ce vraiment le cas ?
– Je peux apprécier le dessus, mais à quoi bon ? C'est le dessous qui me répugne. De jolies lèvres charnues... quand on ignore ce pour quoi je les utilise. J'aimerais dire que j'apprécie mon sourire, mais je ne le connais pas suffisamment. J'aimerais vous parler de ma ligne parfaite et de ma peau de pêche, mais ce ne sont que des façades que je vends à qui les veulent. Je voudrais même me vanter de ma mémoire photographique – celle qui me permet de revoir la torture et le sang avec précision – ou de mon oreille absolue – qui me permet de savoir sur quelle note ils ont agonisé. Mais une intelligence développée, quand bien même elle me laisse mépriser la stupidité qui m'entoure au quotidien, tient plus de la malédiction chez quelqu'un comme moi. Alors j'essaie de la faire pourrir, à grands dosages. J'attends toujours le résultat.
– Et tes mains ? Je te vois serrer et desserrer tes poings depuis tout à l'heure.
– Belle manucure, hein ? Vous devriez me voir jouer du violon. Petite, on disait contepler la grâce incarnée, une danseuse de l'eau. Sur les percussions, une bête enragée. Aujourd'hui, qu'est-ce que j'en fais ? Savez-vous combien de nez ces mains ont cassé ? Ceux qui l'avaient mérité... et les autres.
– Attend, je ne comprends pas... Tu parlais des tortures que tu vivais encore aujourd'hui et... Les autres, c'est-à-dire ? Tu ne te bagarres pas que par plaisir ? On t'y contraint ?
– Si je n'y prenais pas plaisir, peut-être refuserais-je simplement. Peut-être que je suis vraiment le monstre. J'accuse de piètres artistes de toucher à mon tableau, sans ne jamais rien faire pour les en empêcher. Si je ne suis pas un monstre, je ne suis qu'un jouet. Vous êtes la seule qui ait réussi à dénicher de la douceur – ou je ne sais plus quelle connerie vous aviez sorti – en moi. Dommage que... enfin, j'en ai trop dit. Je suis désolée, vraiment. Je suis vraiment désolée. Je dois filer.
– Tout cela ne relève plus de mes compétences. Si l'on te contraint à faire des choses contre ton gré, ce sont les autorités qu'il faut prévenir. Je vais...
– Vous ne ferez rien du tout. Ce n'est pas contre mon gré. Je fais ce que je fais, car j'aime le faire. C'est du moins ce que le monde doit voir. Un putain de tableau, doc ! Vous ne pigez donc pas. La peinture ne restera toujours qu'une représentation. Rien n'est vrai sur une toile. Ce qu'on en tire cependant, voilà qui est vrai. Vous en savez déjà beaucoup trop et quand ils l'apprendront... Je suis désolée... il me suit partout, désormais. Et les gêneurs il les dénonce, et... Je n'aurais pas du venir, docteur. Mais merci. Merci.
Juste derrière la porte que j'ouvrais pour fuir, les deux yeux de Gomorrhe toisaient la psychologue avec suspicion. Il lécha l'air de sa langue fourchue et s'en retourna de son pas pesant pour suivre les miens.

Histoire

600 mots min.

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• Depuis combien de temps faites-vous du RP ? : Blablabla

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MessageSujet: Re: Hell is round the corner where I shelter. Lun 28 Mai - 19:41


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MessageSujet: Re: Hell is round the corner where I shelter. Lun 28 Mai - 20:33
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Parce que.

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