Hey, I just met you ★ Line
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 :: Le Domaine de Sainte Catherine :: Le Ventre de l'Hydre :: L'Infirmerie
MessageSujet: Hey, I just met you ★ Line Lun 21 Mai - 15:33
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- avec Line Loisel

Elle s'était créée un petit cocon chaleureux comme espace de travail. Une banquette confortable, un bureau avec quelques chaises, des plantes vertes et les photos de ses enfants pour la soutenir. Maintenant qu'elle était bien installée et que son bureau était opérationnel pour recevoir les étudiants ayant besoin de se confier, il était temps que Charlie commence son travail de psychologue scolaire.

Retrouver Hortensia -non, Sainte Catherine! - lui avait fait remonter toutes sortes de souvenirs du temps où elle était étudiante. Près de vingt ans plus tard, c'était comme si rien n'avait changé. Les couloirs étaient les mêmes, le Jardin était toujours aussi magnifique. Seule la Grande Salle avait l'air un peu différente : maintenant qu'elle était du côté des professeurs, Charlie trouvait que l'immense pièce l'était encore plus : tous ces élèves qui avaient le regard fixé sur les adultes, c'était terrifiant.

Allait-elle réussir à faire correctement son travail ? Allait-elle réussir à aider les élèves en difficulté ? Les enfants Sorciers allaient-ils trouver en elle, la personne idéale pour se confier ? Elle avait étudié, travaillé dur et avait fait la connaissance personnes ayant une vie impossible avec leur Malédiction à l'époque où elle dirigeait son propre service. Mais les adolescents, c'était différent : leur humeur était changeante, ils faisaient face à de nombreux problèmes, étaient instables sentimentalement, faisaient de leur mieux pour leurs examens et ainsi de suite.

Non, elle allait réussir ! Charlie avait laissé son époux, ses enfants et son jumeau aux Etats-Unis, elle ne pouvait pas échouer. Quand son regard se porta sur les cadres photos, elle eut un sourire tendre : l'appel vidéo d'hier soir avait réchauffé son cœur. Les voir tous les quatre lui avait insufflé un nouvel élan de courage même si la séparation était encore difficile. C'était la première fois qu'elle se retrouvait si loin de sa famille.

Elle repoussa sa chaise de bureau, les roues glissant doucement sur le parquet. Il y avait un tapis moelleux un peu plus loin, au niveau de la banquette mais il était si épais que sa chaise n'aurait jamais pu bouger correctement dessus. Se remettant debout, Charlie tira sur son chemisier rose pâle pour le réarranger et arrangea le col de sa veste de tailleur noire. Les manches remontées découvraient la doublure aux motifs de pois. Elle glissa son portable dans la poche arrière de son jean et se dirigea vers la porte.

Un bruit d'ailes se fit entendre et Spark apparut dans son champ de vision. A peine plus gros qu'une mésange, ses quatre ailes semblaient avoir du mal à supporter son poids. Quand il se posa sur son épaule, sa couleur dorée se fondit dans la masse de cheveux de l'adulte, le rendant presque invisible.  Ses petites serres étaient très puissantes et malgré l'épaisseur de sa veste et de son chemisier, Charlie sentit la petite décharge électrique qu'il envoyait. Il avait toujours fait ça, c'était comme un geste d'affection. Ce n'était clairement pas douloureux mais ça avait été très surprenant les premières fois qu'il avait fait ça. Surtout les jours suivants leur rencontre, quand ils se découvraient mutuellement.

Son familier bien calé contre son cou, Charlie quitta son bureau, veillant bien à fermer à clé derrière elle. Au cas où, elle avait de nombreux effets personnels entreposés ici. Et histoire de dissuader les quelques téméraires à la recherche de sensations fortes, la psychologue rajouta un petit sortilège sur la poignée. Elle avait été jeune, elle aussi. Un bureau fermé à clé était terriblement tentateur. Oh, elle, elle ne se serait jamais permise de forcer un verrou mais elle avait eu vent de quelques … éléments dans cette école qui se fichaient bien des règles.

Charlie remonta le couloir tranquillement, en direction de l'infirmerie. Elle avait vaguement aperçu sa collège mais n'avait pas eu réellement la chance de discuter avec elle. Pourtant, elles allaient devoir travailler en étroite collaboration : l'infirmière était celle qui voyait défiler un nombre incroyable d'étudiants, capable également de diagnostiquer une situation nécessitant l'intervention de Charlie. Et inversement. Alors autant bien s'entendre avec elle, surtout que la jeune fille -en tout cas, elle avait l'air bien plus jeune qu'elle- semblait tout à fait adorable.

La porte de l'infirmerie était devant elle. Charlie avait dû parfois se rendre ici, par ses propres moyens ou pour un élève de son club, blessé lors d'une chute. La pièce avait-elle changé ? Probablement oui. Elle avait hâte de le découvrir en tout cas. Elle leva la main et toqua gentiment, patientant quelques secondes avant de l'ouvrir doucement pour ne passer que la tête. Elle vérifia que sa collègue était libre et s'annonça :

« Bonjour, je suis Charlie, la nouvelle psychologue scolaire. Nous n'avons pas eu vraiment l'occasion de nous présenter l'une à l'autre depuis la rentrée et comme nous allons devoir travailler ensemble, je me suis dis que c'était enfin l'occasion. »

Elle rejeta l'un de ses longues mèches dorés en arrière, sans pour autant déranger Spark et ouvrit davantage la porte. Calant la porte avec ses baskets blanches, elle offrit un sourire d'excuses :

« J'espère que je ne vous dérange pas. Je peux repasser sinon ! »



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MessageSujet: Re: Hey, I just met you ★ Line Ven 25 Mai - 18:18
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Ft. Charlie Gleeful

Quels sont les rôles d’une infirmière scolaire ?

Soigner. Facile, me direz-vous. Mais pas tant que ça, finalement. Nous devons prodiguer les premiers soins, tout en restant dans la zone des médicaments sans prescription, tout en prenant en compte les particularités de chaque élève, tout en sachant qu’une infirmière scolaire est souvent seule dans son établissement et doit s’occuper des plusieurs centaines d’élèves à la fois, en plus du corps enseignant. Pour les plus gros établissements, ce nombre peut monter à un millier. Mais pour les plus gros établissements, il y a souvent plusieurs infirmières, accompagnées parfois par un médecin. Une infirmière scolaire doit savoir gérer les urgences sans se laisser déborder. Ses journées peuvent parfois se passer à 88 miles à l’heure, ou peuvent parfois être totalement calmes.
Vérifier. C’est à nous de vérifier l’hygiène des dortoirs, des sanitaires, des cuisines. C’est à nous de vérifier si le menu de la cantine est correct et sain. C’est à nous de faire la liste de toutes les ordonnances des élèves et du corps enseignant, ainsi que de vérifier leur validité.
Informer. Tant à un niveau individuel que global. Faire des interventions dans les classes sur les thèmes du sexe, des drogues, de l’alcool, du stress, de l’alimentation, de l’hygiène et j’en passe fait clairement partie de notre quotidien. Mais il faut également savoir informer les élèves au cas par cas, si jamais ils viennent nous demander des informations particulières sur un problème qui les concerne directement.
Ecouter. Dans la même veine, il faut savoir prêter une oreille attentive aux élèves dans le besoin. Parfois, ceux-ci viennent demander conseil, parfois il s’agit de problèmes plus graves. Comme des cas de maltraitance physique ou mentale, d’isolement ou de pensées suicidaires. Dans ces cas-là, nous devons les rediriger vers des services plus appropriés. C’est à ce moment que les psychologues scolaires interviennent. Ce sont eux qui sont le plus à même d’aider ces élèves. Bien sûr, tout ceci doit se faire dans le secret médical le plus total. Souvent, même le directeur de l’établissement n’est pas au courant de la situation de l’élève s’il n’a pas à l’être.

Et bien sûr, ici, à Sainte Catherine, on en voit passer des élèves dans le besoin.
Entre la moitié des élèves qui sont des Sorciers et qui ne savent pas gérer leur malédiction. Entre ces histoires des mariages forcés que certaines familles venues d’un autre âge pratiquent encore sur leurs propres enfants. Entre les fait que Ste Catherine soit un lycée, que les élèves sont par conséquent presque des adultes, et qu’ils se posent des tas de questions sur des tas de choses différentes, avec en tête, le sexe, le mariage – évidemment – et l’avenir. Autant dire que j’ai du travail et que rares sont les journées où je ne fais rien.
Les moments de la journée les plus actifs sont bien évidemment les temps de pause entre deux cours, les soirs après les cours et le temps de midi. D’ailleurs, je ne mange que lorsque les cours reprennent, afin de laisser mon infirmerie ouverte.

Ainsi, m’affaler le soir sur la chaise de mon bureau, lorsque tout se calme enfin, est devenu l’un de mes petits rituels. En plus de la balade près de la forêt après avoir fermé l’infirmerie jusqu’au lendemain. Epsilon vient se percher sur mon crâne tandis que je m’allonge sur mon bureau.
- Tu peux aller me chercher un truc à grignoter ? J’ai faim.
- Tu peux pas avoir faim, je te rappelle. Et tu peux pas y aller tout seul, comme un grand ?
- Ben, comment veux-tu que j’ouvre les portes ou que je mette la pièce dans le distributeur ?

Je grogne.
Parfois, il me saoule, je dois bien avouer.

On toque à la porte.
Je me redresse en sursaut, histoire de garder ma crédibilité intacte.
La porte de mon infirmerie s’ouvre – qui l’avait fermée ? – puis j’aperçois Charlie Gleeful, la psychologue scolaire. Justement, je pensais à elle il y a quelques minutes… Charlie. Pour moi, c’est un nom de mec. C’est même le nom du mec paumé par excellence. D’ailleurs, j’avais oublié que le nom était mixte jusqu’à que cette personne me le rappelle par sa simple présence.
- Je maintiens qu’elle a une tronche à aller chanter dans la forêt avec les oiseaux.
- T’en as pas marre d’être insupportable ?
- Je vais aller me poser sur son doigt en piaillant voir ce qu’elle fait.

Mais je sais parfaitement qu’il ne le fera jamais. Déjà parce qu’il est trop bien installé dans mes cheveux, et ensuite parce qu’il ne parle presque pas aux étrangers.

- Bonjour, je suis Charlie, la nouvelle psychologue scolaire. Nous n'avons pas eu vraiment l'occasion de nous présenter l'une à l'autre depuis la rentrée et comme nous allons devoir travailler ensemble, je me suis dit que c'était enfin l'occasion.

Elle rejette ses cheveux en arrière dans un geste impeccable.
Je pense à mes propres cheveux qui frôleraient presque la catastrophe diplomatique. Même attachés en queue de cheval, quelques mèches ont décidé de faire leurs rebelles et de sortir de l’élastique, si bien que mon oiseau en a profité pour les regrouper en boule et s’installer dessus. Je vais encore devoir chialer pour les démêler ce soir…

- J'espère que je ne vous dérange pas. Je peux repasser sinon !
- Non, non ! Entrez, entrez !

Je me lève enfin de mon bureau pour lui serrer la main, et pour l’inviter à rentrer en bonne-et-du-forme. Je lui présente l’une des deux chaises devant mon bureau, avant d’aller fouiller dans mon armoire, à la recherche de tasses et d’une bouilloire.

- Je dois avoir du thé ou du café quelque part… Vous voulez quelque chose ?

J’ai même du chocolat qui traine dans le fond des tiroirs, mais il est censé être pour les élèves.

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MessageSujet: Re: Hey, I just met you ★ Line Mar 29 Mai - 22:23
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L'infirmière avait l'air épuisée. Elle semblait à bout et si elle n'était pas déjà assise, Charlie lui aurait proposé de le faire immédiatement. Cet endroit devait accueillir tellement d'élèves pour des bobos de rien du tout, pompant ainsi l'énergie de cette pauvre jeune femme. Elle avait le teint pâle, des cernes et ses jambes semblaient être faite de pâte à modeler … trop de magie utilisée ? C'était possible si elle devait soigner beaucoup d'élève en une seule journée. La blonde était bien contente d'avoir juste à écouter les gosses parler pendant le temps d'une consultation. Même si elle était une Magicienne, et que la Sécheresse était toujours mieux qu'une Malédiction, ce n'était pas agréable non plus.

« Non, non ! Entrez, entrez ! »

Elle était toute petite, cette infirmière ! Elle aurait fait une bonne joueuse de Balai Volant, les petits gabarits étant toujours plus avantagés une fois dans les airs. En tout cas, Charlie serra chaleureusement la main tendue , un grand sourire sur ses lèvres recouvertes d'un rouge à lèvres rosée. Probablement le seul maquillage qu'elle acceptait de porter tous les jours. Et pour le travail, il valait mieux que cela reste naturel.

Invitée à entrer dans l'infirmerie, Charlie laissa son regard se porter sur les lits et les armoires. C'était bien différent de l'époque d'Hortensia. Mais ce n'était pas mal puisque maintenant, ce lieu était presque accueillant. Probablement que Line devait y être pour beaucoup puisqu'elle devait passer ses journées ici. Bon, si l'endroit était effrayant, il y aura probablement moins d'élèves qui viendraient pour pas grand chose. Les adolescents pouvaient se plaindre des heures pour un simple mal de tête et les deux enfants de la psychologue semblait se diriger vers cette tangente.

« Je dois avoir du thé ou du café quelque part… Vous voulez quelque chose ? »

Charlie prit place sur l'une des deux chaises près du bureau tout en regardant Line. Elle sautillait maintenant dans tous les sens, hâtive d'être une bonne hôtesse dans cet endroit qui n'appartenait qu'à elle. La blonde pencha la tête en tendant de comprendre l'étrange coiffure que la plus jeune s'était faite. Il lui fallu quelques secondes pour comprendre qu'il y a avait carrément un oiseau posé dans ses cheveux. Quand il découvrit son homologue oiseau, Spark émit un petit piaillement accompagné d'un petit coup de jus qui fit tressauter Charlie. Elle caressa sa tête minuscule pour le rassurer : malgré son apparence d'animal fantastique, Spark était bien plus petit que ses autres congénères Familiers et pas forcément très rassuré par les individus plus gros que lui.

« Du café, ce serait pas de refus. Merci ! »

Pendant que Line s'affairait à préparer les boissons, Charlie regardait partout autour d'elle. La pièce semblait pourtant avoir les mêmes dimension mais ce nouvel agencement agrandissait vraiment le lieu. Contre son cou, elle pouvait sentit son Thunderbird faire son petit curieux, fixant le Familier de Line. Il fallait dire que l'oiseau de foudre n'avait pas beaucoup d'amis. En même temps, qui apprécierait de recevoir un petit coup de jus en guise de salutations ? Même si les Familiers ne ressentaient pas la douleur, l'intention y était. Même accidentelle.

« Cet endroit a tellement changé … quand j'étais étudiante, il m'arrivait de chuter lors de mes premiers jours dans mon club. L'infirmière avant vous était tellement austère ! »

Elle leva les yeux au ciel comme pour appuyer ses propos. Froide, sévère et un peu brutale par moment, Charlie avait appris à moins chuter par la suite, juste pour éviter de se retrouver face à l'ancienne infirmière. Elle aurait eut Line à cette époque-ci, Charlie n'aurait pas eut à apprendre à serrer les dents. Le nombre de fois où elle avait réceptionné le ballon avec sa tête et pas avec ses mains …

Elle attendit que Line termine sa préparation et vienne également s'asseoir avant de croiser les jambes, signifiant qu'elle était prête pour entamer son travail. Elle avait lu ça une fois : adapter sa position à une activité permettait, une fois revenue à une position plus normale, de faire le vide dans sa tête. Pour Charlie, cette idée se manifestait par placer sa jambe droite sur son genou gauche. Elle avait pris l'habitude faire ainsi quand elle débutait dans son service à l'hôpital alors maintenant, c'était surtout une habitude.

« Alors, dites-moi tout : est-ce que je dois m'attendre à des cas spéciaux ? Des élèves à problèmes ? Dépressions, tentatives de suicides … ? Grossesses … ? Je m'attend à tout. »  



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MessageSujet: Re: Hey, I just met you ★ Line Sam 2 Juin - 19:19
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Ft. Charlie Gleeful

On dit souvent de moi que je suis bordélique.
Je dois avouer que ce n’est pas totalement faux. Il est vrai que j’ai parfois la flemme de plier mon linge ou que mon bureau est, la plupart du temps, en merde. Mais je vis dans un bordel organisé. Je me souviens toujours de l’endroit où je pose mes affaires, et je n’ai jamais perdu une seule fois un objet de ma vie. L’avantage d’avoir une bonne mémoire. En revanche, dans les placards de l’infirmerie, c’est une autre histoire. Tout est parfaitement bien rangé, je ne mélange jamais les médicaments, les bandages, le matériel de soin, les dossiers de élèves ou du personnel. Le seul problème avec ces dossiers, c’est qu’ils sont en hauteur. Le sortilège de lévitation est devenu l’un de mes meilleurs amis depuis mon arrivée à Sainte-Catherine. Moi qui m’étais promise de limiter son utilisation, monter sur les chaises à longueur de temps m’a rapidement ennuyée.
Tout ça pour dire que je vois la bouilloire, le café et le thé depuis tout à l’heure, mais que je n’ai pas le bras assez long pour les chercher. Moi qui voulais garder ma crédibilité intacte, tant pis. Je me vois obligée de saisi ma baguette pour faire venir tout ça à moi. Du café, hein ? Ben je n’ai pas mieux que du café soluble en poudre, désolée d’avance.

- Cet endroit a tellement changé … quand j'étais étudiante, il m'arrivait de chuter lors de mes premiers jours dans mon club. L'infirmière avant vous était tellement austère !
- J’imagine bien… Quand je suis arrivée et que j’ai vidé les placards, j’ai eu la surprise de découvrir un thermomètre au mercure à moitié fendu. J’espère qu’elle ne vous a jamais mis ça dans la bouche ou ailleurs…

Quand j’avais vu ça, ça avait été une sacrée surprise. Ce genre de thermomètre a été interdit à la vente vers la fin des années 90, et les hôpitaux ont dû s’en débarrasser peu de temps après. Alors les infirmeries des écoles… Quant aux dossiers des élèves, j’avais dû m’arracher les cheveux pour les ranger. Et j’avais refait entièrement la décoration de la salle, optant pour du blanc et gris aseptiques et neutres, agrémentés de quelques plantes vertes en plastique. Disons que ça change de l’ancienne décoration, qui aurait sûrement fait pâlir de jalousie ma grand-mère.
Je finis de préparer les boissons, un café pour mon invitée et un thé pour moi. Je m’assois sur la deuxième chaise, à côté de celle de Charlie. Hors de question que j’aille m’assoir derrière mon bureau en compagnie d’une collègue. Tout simplement parce que c’est une collègue, pas une élève. Même si ma chaise tournante sur laquelle je ne touche pas le sol me manque déjà. Je tends sa tasse à Charlie. J’espère qu’elle ne voudra pas de sucre ou de lait, parce que je n’en ai pas.

- Alors, dites-moi tout : est-ce que je dois m'attendre à des cas spéciaux ? Des élèves à problèmes ? Dépressions, tentatives de suicides … ? Grossesses … ? Je m'attends à tout.

Eh bien, on peut dire qu’elle va droit au but.
Des élèves à problèmes ? A-t-elle vraiment besoin de moi pour en entendre parler ? Si par “élèves à problèmes“, elle entend “élèves qui causent tellement de problèmes que la totalité ou presque du corps enseignant voudrait les étriper“, elle ne devrait pas avoir besoin de moi.
Pour le reste… Commençons par le moins pire.

- Je ne m’attends pas vraiment à des grossesses. Quelques élèves, des jeunes filles, sont déjà venues me parler sexualité ou moyens de contraception. Comme elles avaient atteint la majorité sexuelle, j’ai donné quelques conseils. Mais non, je ne m’attends pas vraiment à des grossesses.

Quant aux dépressions et tentatives de suicide.
Bien sûr que je m’y attends. Non seulement, la moitié des élèves du lycée sont des sorciers, une bonne partie est contraint au mariage forcé, et il y aura toujours des cas de harcèlements physiques ou moraux.

- En revanche, les dépressions risquent d’être courantes. On a le droit à des mariages forcés presque tous les mois, j’ai l’impression. Certains élèves s’y font ou s’y attendaient. D’autres beaucoup moins. L’attente peut même être une source de stress chez certains. En parlant de stress, les examens de fin d’année en font paniquer plus d’un, surtout chez les Dragons. J’ai déjà eu des cas de malaises dus au stress ou à la pression chez les plus âgés.

Parfois, les familles mettent tout simplement trop de pression sur leurs enfants, ou les enfants s’en chargent tout seuls. Au bout d’un moment, certains explosent, tout simplement.

- Et enfin, il y a les sorciers. Je suis désolée de vous dire que certains ne viendront jamais vous voir, que ce soit par peur ou par haine.

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MessageSujet: Re: Hey, I just met you ★ Line Ven 6 Juil - 18:25
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Charlie continuait de regarder à droite et à gauche, tous les vieux souvenirs remontant à la surface. Nostalgique ? Oui, évidemment. Hortensia avait été une étape importante dans sa vie, le lieu où elle avait rencontré ses amies - même si elles n'étaient plus aussi proches qu'auparavant, la vie faisant son chemin -, son mari également ! Un jeune et motivé Peter, la blonde avait encore en tête son visage d'adolescent. Celui d'adulte, elle l'avouait, lui faisait encore énormément battre le cœur. Totalement accroc. Et Hortensia était également l'endroit où elle avait découvert le formidable sport qu'était le Balai Volant.

Mais tout de même, Sainte Catherine avait tiré son épingle du jeu pour ne pas rester dans l'ombre de la vieille institution qu'elle venait de remplacer. Plus jeune, plus dynamique, plus ouverte, Benjamin Leroy avait sortit un véritable lapin de son chapeau avec l'arrivée des Sorciers. La Charlie de Hortensia aurait-elle eut la même réaction que la Charlie qu'elle était aujourd'hui ? Bien sûr que non. Elle était désormais une adulte passionnée par son métier et une maman de surcroît. Prendre soin de la santé mentale des gens de cette école était une vocation. L'adolescente qu'elle avait été vingt ans auparavant n'avait que son frère et son club en tête. Rien n'importait plus que de rester près de Neal et de montrer son talent sur son balai.

Revenant au présent, elle accepta de bon cœur la tasse de café préparée par la jeune et jolie Line. « Aussi noir que mon âme » s'en amusait toujours son jumeau. A cela, la plus âgée de quelques secondes se contentait de rétorquer qu'il devrait plutôt se préparer un chocolat chaud. D'ailleurs, était-elle réellement la plus âgée ? Elle avait su parler en premier … oui mais Neal avait marché en premier … Lorina et Jack n'avaient jamais confirmé lequel des deux était venu au monde en premier. Et si on se fiait aux relevés scientifiques, le premier jumeau à naître était le jumeau qui avait été conçu en dernier. Bref, pas de sucre, pas de lait, non merci. La caféine pure.

« J’imagine bien… Quand je suis arrivée et que j’ai vidé les placards, j’ai eu la surprise de découvrir un thermomètre au mercure à moitié fendu. J’espère qu’elle ne vous a jamais mis ça dans la bouche ou ailleurs… »

La psychologue se contenta de grimacer après avoir avalé une première gorgée de café. La rumeur courrait que l'ancienne infirmière avait … une légère tendance à la menace anale. Merlin merci, elle n'avait jamais eut besoin de la consulter pour quelque chose de trop important. Un poignet foulé ne réclamait pas la prise de température. De toute façon, elle ne se serait pas laissée faire. Un minimum d'hygiène était nécessaire avant de la toucher et cette femme n'en avait pas spécialement. Un violent frisson remonta le long de son dos et elle préféra poser la tasse sur le bureau près d'elle afin d'éviter un accident.

Au vu de l'expression figeant temporairement le visage de sa collègue, Charlie se douta qu'elle avait peut-être été un peu trop droit au but. Déformation professionnelle. Tourner autour du pot n'avait jamais été sa spécialité de toute évidence. Et puis, vu le nombre d'élèves dans l'école, la blonde se doutait bien que la brune devait souvent être submergée de travail. Autant leur faire gagner du temps à toutes les deux.

« Je ne m’attends pas vraiment à des grossesses. Quelques élèves, des jeunes filles, sont déjà venues me parler sexualité ou moyens de contraception. Comme elles avaient atteint la majorité sexuelle, j’ai donné quelques conseils. Mais non, je ne m’attends pas vraiment à des grossesses. »

Charlie hocha de la tête, totalement à l'écoute. Elle avait préféré être honnête : dans une école mélangeant garçons et filles et un Jardin immense -elle avait été jeune elle aussi-, tous les risques étaient possibles. Mais Line semblait bien gérer ce début d'intéressement féminin pour le sexe opposé. Après, elle devait s'avouer rassurée : ne pas avoir de jeunes filles enceintes à l'école était un véritable soulagement. C'était toujours tellement difficile : pour la fille en question, pour les professeurs, pour les autres élèves et surtout pour les parents. Enfin, une surprise était toujours susceptible d'arriver.

« En revanche, les dépressions risquent d’être courantes. On a le droit à des mariages forcés presque tous les mois, j’ai l’impression. Certains élèves s’y font ou s’y attendaient. D’autres beaucoup moins. L’attente peut même être une source de stress chez certains. En parlant de stress, les examens de fin d’année en font paniquer plus d’un, surtout chez les Dragons. J’ai déjà eu des cas de malaises dus au stress ou à la pression chez les plus âgés. »

Nouvelle gorgée de café pour masquer sa grimace en entendant parler des mariages forcés. Elle se devait de rester totalement impartiale et à ses yeux, obliger des gens à se marier à cette époque, c'était du n'importe quoi. Nul doute que sa propre mère aurait tenté de planter l'idée dans l'esprit de ses enfants s'ils n'avaient pas pris les devants en partant dans un tour du monde en bateau. Au moins, leur père avait été le gentil marshmallow incapable de leur imposer quoi que ce soit.

Les examens, ça, c'était presque un basique, dirait-elle. Un point sur lequel elle s'était intensément préparée depuis qu'elle avait reçu la confirmation de l'obtention de son poste actuel. Evidemment, maintenant, il fallait traiter les élèves cas par cas. Mais rien de bien difficile. Voyant que Line n'en avait pas terminé, Charlie but une autre gorgée de café, totalement à l'écoute.

« Et enfin, il y a les sorciers. Je suis désolée de vous dire que certains ne viendront jamais vous voir, que ce soit par peur ou par haine. »

Oui, c'était également à prévoir. Cela dit, les choses n'auraient pas été mieux si elle n'avait pas été une Magicienne, mais une Sorcière. Dans un cas comme dans l'autre, une partie de l'école aurait été mal à l'aise face à elle. Tout comme il y avait des Magiciens haineux des Sorciers, l'inverse était bien présent aussi. Heureusement qu'il y en avait pour dépasser ces préjugés. Mais cette école n'était que la première marche vers l’amélioration de la condition sorcière. On ne pouvait pas passer au delà des préjugés vieux de plusieurs siècles simplement en claquant des doigts. Les élèves de Sainte Catherine seraient les premiers à aider la cause qu'elle désirait ardemment défendre.

« Je me doutait bien que ce ne serait pas aussi simple. Mais personne n'a l'obligation de venir me rencontrer. Peut-être que cela changera dans les mois qui vont suivre. Ou même, les années à suivre, il faut rester réalistes. Ce sera très long, de toute évidence. »

Plutôt bon, ce café ! Parfaitement dosé en tout cas. Le genre à vous saisir la gorge et à disperser son arôme puissant même une fois dans l'estomac. Celui qui réveillait l'esprit, idéal le matin ou pour tenir la cadence de l'après-midi. Elle laissa même échapper un petit soupir de contentement. Avant de reprendre son air sérieux et professionnel.

« Est-ce qu'il y a des élèves dont les cas vous alarme particulièrement ? Ou juste quelques inquiétudes ? J'aimerai me concentrer sur ceux qui pourraient réellement avoir besoin d'aide. Même si vous pensez qu'ils ne pourraient pas venir se confier à moi, histoire de les avoir à l'oeil. »

Elle ne pouvait pas forcer les gens, d'accord. Mais prévénir valait mieux que guérir et si le cas en question était réellement alarmant, il était du devoir de Charlie d'intervenir. Un enfant -même les Dragons pourtant aux portes du monde adulte comptaient- devait avoir tous les soins nécessaires pour mieux appréhender la vie une fois diplômés. En particulier les élèves de Sainte Catherine.

« Au fait, Line, je pense qu'on ferait mieux de se tutoyer. On va se voir souvent alors autant briser les barrières dès maintenant. Je peux t'appeler Line, au fait ? »  



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MessageSujet: Re: Hey, I just met you ★ Line Jeu 12 Juil - 12:28
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- Je me doutait bien que ce ne serait pas aussi simple. Mais personne n'a l'obligation de venir me rencontrer. Peut-être que cela changera dans les mois qui vont suivre. Ou même, les années à suivre, il faut rester réalistes. Ce sera très long, de toute évidence.

Je hausse les épaules, en plongeant mon nez dans mon thé.
Ma foi, elle n’a pas tort. On peut espérer que les mentalités vont finir par changer avec le temps, que d’autres écoles vont finir par ouvrir leurs portes aux Sorciers ou aux Magiciens, et enfin que les générations futures n’auront plus à se soucier de la stigmatisation. Mais bon, de toute évidence, ce ne sera pas pour tout de suite. Ce genre de chose ne se fait pas en un jour, loin de là. Il n’y a qu’à voir l’attitude de certains, à l’intérieur même de l’école. Dans la même idée, personne n’a l’obligation de venir me parler, si bien que certains m’évitent. Je ne m’en formalise pas. Si je le faisais, je serais loin d’être sortie de l’auberge. De toute façon, les gens font bien ce qu’ils veulent.

- Est-ce qu'il y a des élèves dont les cas vous alarment particulièrement ? Ou juste quelques inquiétudes ? J'aimerai me concentrer sur ceux qui pourraient réellement avoir besoin d'aide. Même si vous pensez qu'ils ne pourraient pas venir se confier à moi, histoire de les avoir à l'œil.

Je réfléchis deux secondes, tout en remuant mon thé.
Six élèves me viennent immédiatement à l’esprit.

- Oh si, il y en a bien quelques-uns…
Neptun Leyster, une Sorcière chez les Dragons qui a énormément de mal à gérer sa malédiction et que je vois souvent ici. Elle est sujette aux malaises et aux évanouissements à cause ça, justement. Elle a également quelques crises de démence et des sautes d’humeur plutôt incroyables.
Blake Roussel, chez les Faunes. Il venait très souvent ici en début d’année, mais il s’est calmé depuis. Je connais sa famille, il a vécu entouré de beaucoup de frères. Il a un très gros manque de confiance en lui et un complexe d’infériorité.
Aelgyth Gilread, encore chez les Dragons. Son cas est un peu particulier : il est transgenre. Il a loupé deux mois de cours en début d’année pour se faire opérer et je l’aide à prendre son traitement aux hormones. Il a souvent besoin d’en parler, mais je ne sais pas si je suis la plus à même de l’écouter et de le conseiller…
Mélodie Templier et Daniel Chandelière. Comme les nouvelles vont vites, j’ai appris qu’ils avaient tous deux reçu une lettre leur annonçant qu’ils étaient désormais fiancés. Sans leur accord, bien évidemment. Pour eux, c’est plutôt une petite inquiétude, je ne sais pas vraiment comment ils encaissent la nouvelle.
Et Gabriel Strogoi. Vous le connaissez sûrement, c’est le seul élève qui a le droit de balader dans les couloirs et dans le parc en pleine nuit. Encore un Sorcier. Je suppose que ça a à voir avec sa malédiction, mais comme je ne la connais pas, je ne préfère pas m’avancer.


Et voilà.
J’ai fait ma liste des élèves qui m’inquiètent plus ou moins, sans hésiter à évoquer leurs problèmes. Entre collègue faisant partie du corps médical, le secret professionnel n’a pas lieux d’être. Si l’une d’entre nous est plus à même d’aider ces élèves, on se doit de se renseigner l’une l’autre.
Je continue de réfléchir quelques secondes, au cas où certains cas me reviendraient soudainement. Mais non. Le nez dans ma tasse de thé, je ne vois pas d’élèves en plus qui pourraient m’alarmer. A moins que je loupe certains d’entre eux, tout simplement parce que je ne les connais pas. Ils peuvent n’être jamais venus me voir pour x ou y raisons. Peut-être n’en ont-t-ils jamais ressenti le besoin, que sais-je.

- Au fait, Line, je pense qu'on ferait mieux de se tutoyer. On va se voir souvent alors autant briser les barrières dès maintenant. Je peux t'appeler Line, au fait ?
- Ouais.

Je hausse les épaules.
Les élèves qui me tutoient m’horripilent mais entre collègues, je ne vois aucun problème. Surtout si, comme elle le dit, on est amené à travailler souvent ensemble. Mais en fait, c’est plus compliqué. Qu’elle me tutoie ne me gène pas le moins du monde. Mais moi, en revanche, je risque d’avoir un mal fou à la tutoyer ou à l’appeler par son prénom. Elle a beau être ma collègue, elle reste tout de même plus âgée que moi, facilement d’une bonne dizaine d’année. Et ça, je vais avoir du mal à faire une croix dessus.
- Oh mon Dieu !
Je sursaute toute seule. Apparemment, Epsilon, qui était parti de mon crâne depuis maintenant un certain temps pour aller se poser sur mon bureau, vient tout juste de remarquer quelque chose.
- C’est quoi ça ?
- Quoi ?
- Sur son épaule ?

Je dévie les yeux deux secondes pour regarder l’une des épaules de la psychologue, puis l’autre. Ah, effectivement, il y a un oiseau posé dessus, caché sous une masse impressionnante de cheveux. Pas étonnant que je ne l’aie pas vu plus tôt. Mais bon, je me doute déjà de la réaction d’Epsilon. Le seul oiseau qui, à ses yeux, est parfait, c’est lui-même. Il n’y a qu’à voir comment il traite le canard – euh le manchot pardon – de Sangha. Il a toujours fait preuve d’une incroyable modestie, je sais…
- Toi qui t’y connais en piaf, c’est quoi ?
- Un thunderbird.

J’entends un vague “Ooooh…!“ admiratif résonner dans ma tête.

- Epsilon apprécie votre oiseau. Je pense que c’est assez rare pour vous le faire remarquer.

Epsilon me réplique que “non, c’est pas vrai“ puis commence à râler.
Je soupire en ignorant son début de tirade.

- Je suppose que vous avez-vous aussi des élèves qui vous inquiètent et que je n’ai pas cités.

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