Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia}
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MessageSujet: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Ven 30 Mar - 14:49
dans lequel un gars combat vaillamment des copies

De la corne de licorne. Mais oui, tiens. Cent balles et un mars aussi. Utilisée en prime pour un sérum de vérité, n'importe quoi. Et la marmotte, elle mettait le chocolat dans le papier alu. Par ailleurs, il se devait de soulever qu'on n'écrivait pas « sérhum » mais bel et bien « sérum », la faute étant inquiétante à deux points de vue. Soit elle démontrait un penchant étonnant pour l'alcool pour un si jeune âge, soit elle établissait un sérieux problème de vision qui nécessitait une consultation chez un ophtalmo de toute urgence. S'il n'était même plus capable de recopier bêtement un mot de la consigne, on frisait l'exploit. Remarquez, le premier problème soulevé causait en général le second, ce qui devenait de plus en plus préoccupant.

D'un trait rageur, Frédérik barra le paragraphe dans son entièreté. Il ne l'avait même pas lu en entier pour tout avouer. Si le reste était du même acabit que cette mise en bouche, ses neurones menaçaient de faire la grève. De fait, il leur préférait leur épargner la poursuite de cette séance de torture. Il tourna la page, découvrant trois nouveaux paragraphes. Avec un peu de chance, seule la première question avait posé problème. Oui, peut-être n'avait-il pas révisé cette partie-ci du cours. Tout le monde, sauf Frédérik, avait déjà fait une impasse à l'occasion. Justement, comme il avait malencontreusement zappé ce chapitre, il avait dû consacrer son apprentissage au reste, ce qui, bien entendu, présageait d'excellentes réponses. Évidemment. Le professeur sentit l'espoir monter en lui. Enfin, il allait lire des explications de qualité. Enfin, il allait profiter d'un raisonnement clair, bien argumenté, d'un style fluide et concis. Enfin, il allait ...

Ah bah non. Trois traits rouges, une appréciation assassine d'une dizaine de lignes, un joli six. Frédérik referma la copie qu'il écarta presque avec dédain. Il retira ses lunettes en se frottant les tempes. Derrick, fidèle au poste, releva la tête.

C'est mauvais pour ta tension.
Je sais. Parfois, j'ai l'impression qu'ils essayent de m'assassiner avec leurs copies. Est-ce que je m'exprime en chinois pendant les cours ?
Pas que je sache.


A chaque séance de correction, Frédérik finissait fatalement par se demander si c'était lui qui expliquait mal, ou si c'était ses élèves qui ne comprenaient rien. Pourtant, il essayait d'être clair. Il leur faisait des schémas, il prenait son temps pour développer en détail les éléments, il répondait à toutes les questions, aussi fantaisistes soient-elles. D'accord, ses interros n'étaient pas des plus faciles. D'accord, il aimait bien les contrôles qui nécessitaient davantage que de l'apprentissage par cœur pour les faire raisonner plutôt que réciter. Mais il ne leur demandait pas la lune. Juste d'éviter les imprécisions et les approximations.

T'aimes bien te faire du mal.
C'est surtout que je préfère m'en débarrasser maintenant plutôt que de les ramener ce soir.


Ce tas de feuilles avait un potentiel pour lui ruiner sa soirée presque divin. Et puis, s'il pliait tout maintenant, il aurait le temps de jouer un peu. Il venait d'investir dans The Witcher 3 et depuis le début de la semaine, il avait du mal à décrocher. Le mois dernier, il s'était dégotté les deux précédents volets qu'il avait fini récemment. Il ne lui restait plus que le troisième maintenant pour boucler la série. Et quel dernier. Bon, il sentait qu'il allait lui falloir une plombe pour le finir, mais il avait l'air tellement géant que ça ne le dérangeait pas. Par conséquent, il cherchait à se débarrasser de ses corvées le plus rapidement, raison pour laquelle il se trouvait actuellement dans la salle des profs, armé d'un crayon rouge et de sa patience.

Là, quelque chose vient de vous faire tiquer. Pourquoi diable avoir choisi la salle des profs, lieu de passage aussi fréquenté que le hall d'une gare, pour un travail qui nécessitait un minimum de concentration ? Une question tout à fait pertinente, jeune padawan. Il convient de noter néanmoins que Frédérik n'avait pas besoin de se retrouver dans un calme complet pour faire preuve d'une concentration digne d'un moine bouddhiste. Il appartenait à cette catégorie de la population capable de se couper du monde extérieur pour se plonger corps et âme dans une tâche sans subir l'environnement alentour. Pour autant, s'il avait eu le choix, l'amoureux du calme aurait préféré l'exil plutôt qu'à devoir balancer des bonjours à la volée toutes les deux minutes. S'il était ici, il avait une raison et cette dernière n'était toujours pas arrivée.

Il attendait Mme Eriksen. Son œil averti avait remarqué un détail dans l'attirail de la magicienne qui lui avait envoyé du rêve. Après quelques renseignements, il semblerait que sa première hypothèse s'avèrait juste. Il ne lui restait plus qu'à aborder le sujet avec la concernée pour en avoir le cœur net. Si ses conjectures se vérifiaient, les perspectives scientifiques qui s'ouvriraient devant lui seraient phénoménales. Digne d'un sujet de publication après étude. Mais Frédérik préférait ne pas s'enflammer avant d'avoir discuté avec sa collègue. En outre, il n'avait strictement aucune idée de comment aborder le sujet sans lui rentrer dans le lard, problème récurrent lorsqu'il se lançait dans la dangereuse aventure des relations sociales. Rajoutons par dessus le marché qu'Eriksen ne figurait parmi ses fréquentations et l'aventure devenait une séance d'exploration pure et dure. Il débarquait en pleine terra incognita sans fringue sur le dos. Oh, et zut. Que risquait-il ? Qu'elle l'envoie paître ? Grand bien lui fasse, qu'est-ce que ça pouvait lui faire au fond.

Peut-être que lire les copies des Phénix ne le mettait vraiment pas dans de bonnes dispositions.

Derrick bailla et se roula en boule, prêt à poursuivre sa sieste. Un bruit lui fit toutefois relever la tête comme un suricate. Frédérik, pour sa part, demeura imperturbable. Dédié à sa tâche, il écrivait dans la marge d'une feuille de nouvelles annotations.

C'est elle. Go, Fredo, attaque !

Le concerné leva les yeux et constata qu'Eriksen venait effectivement d'entrer en scène. Frédérik reboucha son stylo qu'il remit soigneusement dans son cartable. Il rassembla ses feuilles qu'il plaça en un tas ordonné où rien ne dépassait. Ceci fait, il se leva, poussa sans un bruit sa chaise pour la ranger et, enfin, se dirigea vers la magicienne. Derrick se frappa le front au sol devant la maniaquerie de son partenaire.

« Mme Eriksen ? Bonjour, je peux vous toucher un mot ? »

Soit un peu plus avenant, bordel. On dirait un prof qui va engueuler une élève.

Frédérik ignora le chien qui l'observait avec attention. L'étape des formalités passée, il lui fallait maintenant entrer dans le vif du sujet. Ou alors, peut-être faire connaissance avant toute chose, histoire de briser la glace. En voilà une approche intéressante, progressive, qui ne pouvait que déboucher sur une relation positive. Derrick aurait approuvé.

« Vous allez probablement trouver ma demande étrange mais, pourrais-je voir de plus près votre sceptre s'il vous plaît ? Le liquide à l'intérieur du globe m'intrigue énormément. »

La subtilité, elle est morte. Avec Frédérik, c'est droit au but. Derrick n'approuva pas.

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Mar 3 Avr - 23:44

Curiosité scientifique. Ou déplacée.Salle des professeurs
Sofia
Eriksen
Fréderik
Bartosz
S'il y a une chose que Sofia ne peut nier, c'est qu'elle aime son travail. Sincèrement. Transmettre l'art subtil de la métamorphose aux nouvelles générations lui procure un réel plaisir, d'autant plus lorsque les élèves sont réceptifs et curieux. Ses méthodes éducatives ne se contentant pas de copier bêtement ce qu'il y a d'écrit au tableau, ses cours vivants et interactifs plaisent à la grande majorité des étudiants de Sainte Catherine. Cependant, son travail ne s'arrête pas à ses heures de classe. Outre les copies qu'elle doit corriger, Sofia a également le devoir de s'assurer que la cohabitation entre les élèves fonctionne et, surtout, qu'ils respectent le règlement intérieur. Ce dernier n'a d'ailleurs que très peu changé depuis l'époque où elle déambulait entre ces murs, la danoise le connaît donc sur le bout des doigts. Certes, elle n'est pas vraiment un modèle puisqu'elle le respectait que très peu autrefois mais ça, les adolescents ne sont pas censés le savoir. Des entorses, le Créateur sait combien elle en a fait mais Sofia est une adulte désormais et jamais il ne lui viendrait à l'esprit de réitérer ses bêtises d'adolescente … quoi que, elle continue de piquer régulièrement des têtes dans le Lac des Sirènes. Mais aucune règle n'empêche les professeurs de le faire, alors pourquoi s'en priver ? Le privilège d'être un adulte, c'est bien que certaines règles ne nous concerne plus.

Tout cela pour dire que Sofia espérait pouvoir rejoindre tranquillement la salle des professeurs afin de se pencher sur le prochain cours des Faunes avant que Eyla, son familier, ne déboule devant elle, les yeux exorbités. D'après elle, des Phénix avaient rapporté des cigarettes de la ville et fumaient à la laverie, pensant que le brouhaha des machines et la forte odeur de la lessive masquent leur méfait. Mais c'est sans compter sur l'esprit dragon, constamment à l'affût de la moindre bêtise. Ce qui est assez comique lorsque l'on sait qu'elle a participé à la plupart des élaborations de plan de Sofia lorsqu'elle avait le même âge. Bref, depuis la rentrée scolaire, Eyla s'est donnée la mission de chasser le moindre petit fauteur de trouble et de faire des rapports express à Sofia dès qu'elle était témoin d'un acte désapprouvé par le règlement. La plupart du temps, la magicienne se contente d'en avertir ses collègues – la plupart sont bien plus qualifiés qu'elle pour rabrouer les étudiants comme il se doit. Mais cette fois-ci, impossible de déléguer cette responsabilité à qui que ce soit : Sofia a quitté sa salle un peu plus tard que d'habitude, les autres cours ont donc déjà commencé. Elle n'a donc aucun professeur sous la main pour faire la police. Tant pis, elle va devoir s'y coller.

D'un soupir à fendre l'âme, Sofia emboîte donc le pas à Eyla. Le familier l'emmène donc jusqu'à la laverie et la cacophonie des machines qui tournent en concert lui donne aussitôt mal à la tête. Elle a passé bien trop de temps dans cette pièce pendant son adolescence pour pouvoir en supporter le bruit incessant désormais. La magicienne se hâte donc jusqu'au petit renfoncement où quatre élèves fument allégrement des cigarettes à l'odeur nauséabonde. Ils se pensent discret mais déchantent dès que Sofia apparaît dans leur champ de vision. Ils tentent bien vainement de faire disparaître le tabac mais c'est trop tard, la magicienne agite son sceptre et fait venir à elle le paquet ainsi que les mégots. Refusant de poser ses doigts sur ces cancers en tube, Sofia les fait léviter prêt d'elle en les gardant à bonne distance des élèves. Sait-on jamais, si l'envie de les reprendre leur prend, autant ne pas les tenter. Cependant, ainsi prit sur le fait, ils n'ont pas la moindre excuse à fournir. Ils ne peuvent qu'écouter le monologue sur les dangers du tabac que la magicienne se fait presque une joie de répéter à tous les consommateurs – un peu comme cet ami un peu lourd qui se permet de faire la moral pour tout et n'importe quoi.

Les quatre Phénix sortent ainsi de la laverie en ayant troqué leur paquet de cigarettes avec des heures de colle bien méritées. Sofia n'est pas le genre de professeur à distribuer des punitions à tout va mais dans certains cas, elle ne peut pas faire autrement. Acheter du tabac et le consommer entre les murs de l'école, ce sont des faits suffisamment graves pour qu'elle punisse en conséquence. Évidemment, elle va également devoir en parler avec le directeur mais avant tout, ce dont Sofia a besoin, c'est de calme et d'un bon café. Eyla perchée sur l'épaule, elle rejoint donc la salle des professeurs en espérant qu'il reste du café à la vanille dans le distributeur. Tout à ses pensées, la magicienne ne remarque même pas son collègue attablé, en plein travail de correction. Elle se dirige tel un automate vers la machine à café en fouillant dans sa poche à la recherche d'une pièce de monnaie. Elle n'en sorti cependant que cinq pauvres centimes et s'apprêtait à rouspéter quand une voix résonne soudain dans son dos. Faisant aussitôt volte-face, Sofia se retrouve nez à nez avec Frédérik Bartosz, un professeur de potion. Elle ne l'avait même pas remarqué et pour cause, il est justement connu pour la discrétion à toute épreuve. Un vrai ninja des temps modernes.

Mme Eriksen ? Bonjour, je peux vous toucher un mot ? Sofia grimace au peu au madame, mais hoche tout de même la tête, toujours sous l'effet de la surprise. Vous allez probablement trouver ma demande étrange mais, pourrais-je voir de plus près votre sceptre s'il vous plaît ? Le liquide à l'intérieur du globe m'intrigue énormément.

Sincère et direct, du monsieur Bartosz tout craché. Certes, Sofia ne peut pas se vanter de lui avoir souvent tailler la bavette mais depuis la rentrée, elle a eu l'occasion de dresser un portrait assez précis du professeur de potion. Son sérieux est évidemment la notion la plus évidente mais la magicienne relève également une maniaquerie de haut niveau et une tendance à rester concentré en toute situation. Un point que Sofia lui jalouse d'ailleurs – elle est bien incapable de travailler avec des bruits parasites. Enfin, l'heure n'est pas à faire une analyse complète de son collègue. Comme beaucoup avant lui, il est intéressé par le globe décorant le sceptre de Sofia. Cette dernière abaisse doucement l'objet à hauteur d'yeux, admirant le liquide nacré qui se balade dans la prison sphérique. Il a toujours attisé la curiosité des autres, d'aussi loin que remonte ses souvenirs. Et pour cause, le globe ne contient pas un liquide commun. D'après ses parents, il est rempli de nombreuses Premières Larmes de Sirènes. Les créateurs aquatiques vivants dans leur domaine à Copenhague lui auraient offert ce présent inestimable lors de son baptême, il y a de très nombreuses années. Or, il n'y a pas plus précieux pour les Sirènes que les premières larmes de leurs enfants. Sofia ignore pourquoi elle a hérité d'un tel cadeau, mais elle en a toujours prit le plus grand soin.

J'imagine qu'un maître des potions tel que vous ne peut qu'être interpellé par le contenu de ce globe, monsieur Bartosz. N'avez-vous pas une petite idée ?

Elle le taquine, évidemment. Sofia ne va pas lui donner la réponse tout de suite, ce ne serait pas marrant sinon. C'est tellement rare que son collègue vienne lui adresser la parole qu'elle compte bien en profiter un petit peu, histoire d'apprendre à plus le connaître. En tout cas, elle peut d'ores et déjà ajouté « direct » à sa liste d'adjectifs le qualifiant. Sofia ne saurait dire si c'est une qualité ou un défaut, mais elle aura très certainement l'occasion de le vérifier par elle-même très bientôt. Pour l'heure elle préfère tester ses connaissances en la matière. Elle ne doute pas un seul instant de ses compétences mais elle est bien curieuse de savoir s'il sait reconnaître des Larmes de Sirène ou pas. Étant donné que ce n'est pas très commun, peu de gens y parviennent et Sofia se voit toujours obligée d'expliquer en quoi une telle chose est si rare et précieuse. Alors si elle peut s'épargner cette peine, elle ne dira pas non ! De sa main libre, la magicienne fouille de nouveau dans ses poches à la recherche de quelques pièces supplémentaires, en vain. Elle peut dire adieu à son café vanille. A moins que …

Vous n'auriez pas un euro à me dépanner s'il vous plaît ? Mes poches sont aussi vides que la tête d'un gnome.

Pour faire preuve de bonne foi, Sofia lui montre sa ferraille inutile. Ce n'est pas avec cinq malheureux centimes qu'elle va hydrater son gosier. Mais avec un peu de chance, Frédérik viendra à son secours~

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Lun 9 Avr - 22:14
dans lequel un gars est aussi excité qu'une loli
au salon du chaton

Lamentable. Peut mieux faire. Voilà ce que Derrick aurait écrit sur la copie de Frédérik dans la matière qu'il croyait maîtriser comme un chef : les relations humaines. D'où on agresse les gens ? Franchement, il mourait d'envie de mettre un coup de boule dans les jambes de son ours de maître. Il s'abstint de sanctionner cette erreur en constatant que Sofia ne prit pas ombrage de cette entrée en matière un peu brusque. Pour cette fois, il laissait passer. Qu'il ne recommence pas, hein, ou il ne manquerait pas de sévir. Et puis, il fallait avouer que lui aussi cette sphère l'intriguait. Elle était fort jolie, un bel ouvrage presque hypnotique et--

Oh, un chat ! Derrick laissa tomber la conversation d'adulte, fixant le familier de Sofia avec insistance. Il s'était toujours demandé quelle était cette espèce bizarroïde avec ses airs félins et dragon en même temps. A son sens, il ne s'agissait que d'un vulgaire chat. Parce que. Il n'aimait pas vraiment les chats. Une fois, quand Frédérik l'avait sorti pour faire le tour du quartier, un chat lui avait griffé la truffe. C'était vachement douloureux. Enfin, il supposait vu qu'il ne ressentait pas la douleur. Les chats n'étaient qu'un ramassis de créatures sournoises et perfides. Pourtant, sa curiosité fut plus forte que sa mauvaise expérience. Il approcha son gros nez du drôle de familier de la magicienne pour le renifler. Entre celui qui était brut de décoffrage et l'autre qui envahissait l'espace personnel des autres avec sa truffe, on assistait à un véritable concours d'inconvenance.

Ravi de voir sa demande satisfaite, Frédérik se pencha pour détailler l'objet de plus près. Évidemment, il garda les mains loin du sceptre, bien décidé à ne toucher qu'avec les yeux. Sous le léger mouvement, le liquide s'agita dans l'orbe face au praticien qui réfléchissait intensément. Effectivement, un maître des potions ne pouvait rester indifférent devant ce genre de composé peu commun. Il avait vu beaucoup de magiciens avec des sceptres, mais, généralement, ils étaient ornés de pierres précieuses. Le globe l'intriguait puisqu'il dérogeait à cette coutume. Forcément, ce fluide devait être tout aussi rare. On avait rarement vu un instrument de magicien conçu avec un morceau de bois trouvé le matin même, une bouteille de Coca vide et un trombone, MacGyver ne s'étant pas encore lancé dans la confection d'objet magique.

« Bien entendu.»

Piqué dans son orgueil avec cette petite devinette, Frédérik acheva son analyse avec les éléments récoltés par son observation. En vérité, cet examen n'avait fait que confirmer son pressentiment. Un liquide fluide, nacré, rare. Au départ, il avait songé à de l'eau sacrée provenant d'une source protégée par une nymphe ou une naïade. Pour en obtenir, il fallait se lever tôt ; elles ne laissaient que leurs personnes de confiance en prélever une quantité minime et chassaient impitoyablement tous les autres. Par ailleurs, pour avoir un flacon dans sa réserve personnelle, il savait que le composant était complètement transparent et non nacré. La couleur lui avait mis la puce à l'oreille.

Dès qu'il avait aperçu le sceptre d'Eriksen, il avait passé quelques heures dans sa bibliothèque pour formuler ses conjectures, éliminer les hypothèses superflues, et enfin, parvenir à une conclusion plausible. Quand Derrick avait déboulé en fin de soirée dans son bureau pour déclarer qu'il allait dormir, il l'avait traité de nerd, à le voir parmi tous ses livres. Difficile de déterminer quand Frédérik était enthousiaste. Mais quand le basset avait vu sa bouille enfouie dans ses bouquins, il avait eu le sentiment que son Fredo était tout émoustillé.

« Je pencherai pour des larmes de sirènes. Si c'est le cas, vous avez en votre possession un matériau inestimable, ce serait incroyable. Je n'en avais jamais vu en vrai. »

Il faisait plus que pencher, il était absolument sûr de qu'il avait devant lui. Aucun autre composant n'était susceptible de posséder les mêmes caractéristiques. Bien entendu, il restait une marge d'erreur dans la mesure où le matériau restait hors de portée d'études plus poussées. Mais bon. Il était un pro, hein, il n'avait pas obtenu son doctorat dans une pochette surprise le jour des soldes.

Un peu dans la lune face aux éventualités qu'une telle découverte impliquaient, Frédérik sembla un poil perdu quand on le sollicita pour de l'argent. Ah, euh, oui, le monde réel, la machine à café, tout ça. Personnellement, il n'approchait jamais cet engin qui ne produisait que des boissons médiocres. Le thé là-dedans avait le même goût que de l'eau chaude, une couleur jaunâtre fadasse en prime.

Le professeur se dirigea machinalement vers son cartable d'où il extirpa son classique portefeuille en cuir. Il en sortit un euro qu'il tendit à sa collègue avant de le ranger à sa place. Un type aussi prévoyant que lui avait toujours de la monnaie sur lui. Pourquoi ? Pour dépanner les gens à la machine à café, déjà, pour acheter son pain à la boulangerie aussi, etc ... Tant qu'elle ne lui demandait pas cinquante boules, il n'allait pas la jouer rapiat.

Et puis, si ça pouvait la mettre dans de bonnes dispositions pour lui parler en détail de son sceptre, il ne cracherait pas dessus. Frédérik voulait tout savoir. Tout. Du pourquoi au comment en passant par le qui, que, quoi. Pour le coup, le rugueux praticien peinait à dissimuler son intérêt grandissant. On pouvait presque discerner l'ombre d'une émotion sur son visage de marbre. Son froncement de sourcil coutumier s'était effacé, ses lèvres tiraient un peu moins vers le bas que d'habitude. Bref, son expression semblait tendre vers un neutre positif. Il se languissait d'en savoir plus, comme un gamin qui attendait avec impatience l'ouverture des cadeaux le soir de Noël.

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Mer 18 Avr - 11:30

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Malgré ses trente sept ans, Sofia demeure une grande enfant. Un adulte de son âge se serait contenté de répondre aux interrogations de monsieur Bartosz sans faire de chichi. Mais il est bien trop dommage de lui offrir la réponse sur un plateau d'argent. D'autant plus que Sofia est un professeur : solliciter les connaissances des autres est presque devenu un automatisme pour elle. Et soyons francs, Frédérik sait très bien ce que contient le globe. Sa question, ce n'était qu'un prétexte pour entamer la discussion. Sinon, jamais il ne serait venu lui adresser la parole, la magicienne en est presque persuadée. Le professeur de potion ne fait pas parti de ses collègues les plus loquaces – Ramiro Marcat fait le travail pour deux. Sofia ne lui en veut pas pour autant : son frère Lukas est fait du même argile. Il ne parle jamais pour ne rien dire et n'est pas des plus burlesques. A chacun sa personnalité. D'autant plus que la discrétion et le sérieux de Bartosz est ce qui fait tout son charme. Étrangement, Sofia a bien du mal à imaginer un professeur de potion misant tout sur la théâtralité comme le fait Marcat lors de ses cours d'histoire. Il faut croire que le sérieux est la qualité requise pour enseigner cette matière dans laquelle Sofia n'a jamais excellé lors de ses propres études.

Finalement, la seule ombre sur ce tableau parfait qu'est Bartosz est belle et bien son familier. Pataud, court sur pattes et long comme une saucisse, le basset est l'opposé de son propriétaire. Ses petits yeux aux paupières fripées donnent l'impression qu'il porte toute la misère du monde sur ses ridicules épaules dissimulée sous les plis de sa peau. Néanmoins, il fixe Eyla avec la même curiosité que Frédérik envers le sceptre de Sofia. Ils ne sont peut-être pas si opposés, finalement. L'esprit dragon semble hésiter un instant à quitter son perchoir mais ne désirant pas gêner les mouvements de sa propriétaire lors de la manipulation de son objet magique – et parce qu'elle s'est déjà prit bien trop de coup de globe dans la figure – elle finit par sauter par terre avec une grâce toute féline. Face à cette truffe curieuse qui vient la renifler comme une friandise, Eyla a un léger mouvement de recul et lève une patte avant, prête à donner un crochet du droit à ce chien trop envahissant. Elle est tolérante mais il ne faut pas non plus trop envahir son espace vital. Et surtout pas avec une grosse truffe humide.

Tout en surveillant son familier du coin de l'oeil – Eyla n'est pas toujours la plus diplomate des créatures – Sofia s'amuse de constater le sérieux avec lequel Bartosz observe le globe. N'importe qui d'autre aurait tenté de le toucher mais ce n'est pas son cas : il se contente de le toucher des yeux et la magicienne lui en est reconnaissant. Certes, le globe est solidement accroché au sceptre mais Sofia sait mieux que quiconque qu'un accident est bien vite arrivé. Surtout avec un artéfact aussi fragile. C'est d'ailleurs un miracle que la magicienne ne l'ait jamais brisé elle-même. Bon, disons-le honnêtement, elle l'a souvent échappé mais elle a toujours pu compter sur ses réflexes magiques pour le rattraper in extremis. Si elle maîtrise parfaitement les sortilèges de lévitation, ce n'est pas par hasard. Par ailleurs, ses parents ne lui pardonneraient jamais si elle brisait le globe et le vidait de son contenu. Il n'y a pas liquide plus rare dans le monde et en recevoir une telle quantité relève du miracle. Sofia n'a jamais su pourquoi les Sirènes de Copenhague lui avait fait un tel présent, mais elle compte bien en prendre soin toute sa vie.

Je pencherai pour des larmes de sirènes. Si c'est le cas, vous avez en votre possession un matériau inestimable, ce serait incroyable. Je n'en avais jamais vu en vrai.

Sofia étire un petit sourire satisfait. Elle était certaine qu'il le savait. Cette petite observation de plus près lui a seulement servi à valider son hypothèse. Pour peu, il semblait tout émoustillé par ce liquide rare juste sous ses yeux. Et c'est avec un malin plaisir que la magicienne coupe court à la discussion pour lui réclamer une petite pièce. S'il veut en savoir davantage, il va falloir se montrer clément. Pas qu'elle veuille lui faire payer son temps, mais s'il veut qu'elle soit en pleine possession de ses capacités, il lui faut un café dans le gosier au plus vite. Sofia n'est donc pas si surprise de le voir s'exécuter sur le champ, tirant de son cartable un porte-feuille en cuir très classique pour en sortir l'euro salvateur. Sofia le remercie d'un grand sourire avant de glisser la pièce dans la fente de la machine et de sélectionner le café vanille sur l'écran. Après un fracas désagréable et un « biiiip » à en percer les tympans, la boisson est prête à déguster. Évidemment, Sofia ne s'attend pas à être transportée par un quelconque arôme délicieux. Les breuvages servit par cette machine ont tous cet arrière-goût d'eau chaude qui n'a rien de plaisant au palais. Néanmoins, la magicienne n'a pas d'autre moyen pour se remettre les idées en place, alors elle fait avec.

Après une bonne gorgée de supposé café à la vanille, le professeur de métamorphose se sent déjà un petit peu mieux. Eyla vient alors se frotter contre ses jambes, ses yeux jaunes rivés sur Bartosz. Sofia ne l'a peut-être pas remarqué, mais l'esprit dragon, lui, a l’œil pour ça. L'expression du professeur de potion a changé. Il semble … impatient ? Sûrement attend-t-il d'en savoir davantage sur ces Larmes si rares. Eyla s'empresse de communiquer son analyse à sa propriétaire. Et en observant davantage le visage normalement si fermé de son collège, elle remarque qu'en effet, il semble un peu moins tendu. Elle en est certaine, il attend d'elle qu'elle lui en dise un peu plus sur ce globe et son contenu. Déposant le gobelet déjà vide sur la table à côté d'elle, Sofia ramène son sceptre vers elle pour admirer, à son tour, le liquide nacré glissant contre la surface bleuté de la sphère. D'après certains grands scientifiques, les Larmes de Sirènes sont à l'origine du mythe de la Fontaine de Jouvence. Ils leur accordent des propriétés rajeunissantes qu'ils n'ont cependant jamais vraiment été en mesure de confirmer. Rares sont les heureux élus autorisés à mettre la main sur ce liquide sacré.

Ce sont bel et bien des Larmes de Sirènes. J'étais certaine que vous le saviez déjà.

Sofia n'en a pas douté un seul instant. Cependant, elle se doute que Bartosz n'attend pas d'elle qu'elle se contente de confirmer son hypothèse. Il veut en savoir plus – pourquoi en a-t-elle en sa possession, par exemple. Et ce serait une question légitime, ce n'est pas tout le monde qui se balade avec un matériau si rare dans son sceptre. Consciente qu'ils avaient s'embarquer dans une longue discussion, Sofia tire une chaise afin de s'y asseoir, invitant son collègue à en faire de même. A peine a-t-elle prit place que Eyla saute sur ses genoux, dardant son regard ambre sur le professeur de potion. Elle le sonde avec une telle intensité qu'elle serait capable de le mettre mal à l'aise, lui monsieur-que-rien-n'ébranle. Alors pour la calmer un peu, Sofia fait glisser ses doigts dans son pelage vert tacheté. L'esprit dragon semble comprendre le message, car elle baisse finalement la tête, la déposant sur ses pattes afin de s'offrir une petite sieste bien mérité. C'est que ça fatigue de garder un œil constant sur les petits voyous de cette école !

J'imagine que vous souhaitez savoir comment je m'en suis procurée. Sachez tout d'abord que ma famille est très proche des Sirènes de Copenhague. Ils nous rendent souvent visite dans le lac de notre domaine.

La magicienne l'a longtemps ignoré, mais le lac de leur propriété communique avec la Mer Baltique, permettant aux Sirènes de leur rendre visite quand bon leur semble. Sofia n'a jamais piqué une tête pour voir ce passage de ses propres yeux mais cela l'a toujours fasciné. Certes, la propriété familiale n'est pas si loin des côtes, mais cela représente tout de même quelques kilomètres. Elle se demande d'ailleurs si d'autres lacs du monde sont aussi connectés avec les mers et les océans de la Terre …

J'ai hérité de ce globe lorsque je n'étais encore qu'un bébé. Une pratique familiale veut que les femmes de ma famille soient baptisées par les Sirènes. Ces Larmes sont le présent qu'elles m'ont offert.

Un cadeau loin d'être banal, même pour les Eriksen. D'ailleurs, Sofia est la première et la seule à ce jour à avoir reçu une offrande pareille. De quoi attiser la curiosité de qui que ce soit, cela va s'en dire.

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Sam 21 Avr - 17:59
dans lequel un gars envisage de balancer
son familier par la fenêtre

Derrick s'aplatit puis recula face à cette parodie féline menaçante. Il braqua sur la créature un regard de chien battu sur lequel il n'avait même pas besoin de se forcer avec son air désabusé naturel. Définitivement, les chats étaient tous des êtres maléfiques, il venait une fois de plus d'en recevoir la confirmation. Plus jamais il ne se ferait avoir par ces bestioles du diable, il en faisait le serment. Défait, le basset se colla à la jambe de Frédérik, assis, la tête basse. Ce dernier ne supportait aucun contact physique avec son familier ; en temps normal, il expédiait le chien lorsqu'il se plaquait contre sa personne. Toutefois, absorbé par sa contemplation, le professeur ne le sentit même pas.

Derrick cligna des yeux, un peu perplexe de ne pas avoir entendu l'autre maniaque pester contre leur proximité. C'était probablement la première et la dernière fois qu'il aurait l'occasion de frôler son maître. En tout cas, il devait vraiment être plongé corps et âme dans son observation pour ne rien remarquer. Le familier commençait même à se demander s'il ne pouvait pas tenter le diable, d'une manière ou d'une autre. Avec sa concentration digne d'une petite cuillère, l'incident du chat venait miraculeusement de disparaître de son cerveau à taille de cacahuète.

Bien sûr, il fallait qu'Eriksen s'amuse en laissant les minutes couler, plongeant ce pauvre praticien dans l'expectative. Ce petit jeu de suspense lui paraissait un brin puéril ; il n'avait jamais aimé les cliffanger aguicheur à la fin des films, surtout quand il fallait attendre des mois voire des années pour avoir la suite si suite il y avait. Dieu merci, sa carrière dans l'enseignement lui avait permis de développer une certaine patience dont il démontrait toute l'étendue.

En tout cas, il n'aurait pas imaginé qu'Eriksen soit friande de ce genre de jeu. Il l'imaginait plus mature. En fait, il imaginait tous ces collègues moins enfantins d'une manière générale. Inutile de préciser que Marcat, maître dans l'art de l'immaturité, n'avait pas la sympathie de Frédérik qui, soit l'évitait, soit, s'il était obligé de s'infliger sa présence, ne parvenait qu'à lui témoigner que mépris. Réunir ces deux-là, c'était comme forcer l'eau à cohabiter avec le feu. Du moment que sa collègue n'atteignait pas le même niveau d'absurdité, il devait pouvoir faire preuve de tolérance.

De fait, il resta parfaitement silencieux tandis qu'Eriksen prenait tranquillement son café. Son attention restait braquée sur le globe et ses promesses fabuleuses. Chaque seconde s'étirait à l'infini dans son esprit qui fut toutefois dérangé par le tintamarre de la machine. En plus de produire des préparations de qualité médiocre, il fallait en prime qu'elle soit bruyante et lente. Exactement comme ses élèves. Ne le remerciez pas pour la gratuité de cette attaque, elle lui faisait plaisir après ce qu'il venait de lire. Lorsque le gobelet quitta la cavité, Frédérik s'attendait à enfin avoir sa réponse. Mais non.

Un ange passe. Ne savait-elle pas que les blagues les plus courtes étaient les meilleures ? De son avis, l'absence de blague était même l'alternative la plus plaisante. Il prit son mal en patience, la regardant tranquillement descendre son café avec un sourcil levé. Soudain, alléluia, elle se décida enfin à confirmer son hypothèse. Pour le coup, Frédérik était presque en passe de lui pardonner sa lenteur tant la nouvelle le ravit au plus haut point. Il s'assit sur le siège qu'on lui présenta, avide d'en apprendre davantage.

Je déteste vraiment les chats.  
D'une part, ce n'est pas un chat. D'autre part, je me fiche de tes états âme.
Il faut appeler un chat un chat et ça, c'est un chat. Regarde cette lueur perfide dans son regard.


Que voulez-vous répondre à ça ? Honnêtement, il s'en tamponnait l'occiput du familier d'Eriksen. Lui, ce qu'il voulait, c'était l'histoire sur ces précieuses larmes. Tout le reste ne méritait que son désintérêt, surtout les commentaires intempestifs du basset. Derrick comprit qu'il était de trop. Il se traina piteusement à côté du siège avant de se laisser tomber sur le sol. Ses petits yeux se levèrent en direction de ce chat qui le passionnait tellement. Il n'aimait pas la manière dont cette infâme créature fixait son Frédérik. Elle cherchait quoi ? A le jauger ? Tch, de toute façon, son Frédérik était le meilleur. Il n'allait pas se laisser intimider par ce ridicule animal. Le concerné par cette attention haussa un sourcil face au regard inquisiteur de l'étrange familier. Il avait quelque chose de coller sur son visage ... ? On arriverait presque à lui mettre le doute.

Mais revenons à nos sirènes. Frédérik semblait analyser chaque parole de son homologue afin de décortiquer son histoire. Il n'était pas un homme de terrain, il laissait aux plus téméraire le soin de récolter les précieux ingrédients dont il se servait dans ses préparations. Conséquemment, son expérience avec les créatures magiques demeurait basique ; il admirait les liens que certains parvenaient à tisser avec elles. Pour récupérer un tel composant rare, il fallait nécessairement une relation privilégiée avec ces êtres de toute façon.

« C'est donc un présent, conclut-t-il un brin pensif. Vous confère-t-il une particularité quelconque ? Ou affecte-t-il votre magie, d'une manière ou d'une autre ? »

Peut-être que le liquide était mobilisé lorsqu'elle utilisait la magie. Mis à part la longévité accrue qui était de notoriété commune, les effets des larmes de sirènes restaient nébuleux dans les études. Il irait dix fois plus vite s'il parvenait à mettre la main sur une parcelle des larmes. Néanmoins, il doutait qu'Eriksen consente à lui offrir une quantité même minime. Pas maintenant en tout cas. Pour l'heure, il devait se contenter de simples observations. Derrick remua.

Je suis sûr, il fait semblant de dormir pour mieux nous la mettre à l'envers.


Par tous les Dieux, il était encore focalisé sur ce fichu familier ? Frédérik se frotta les tempes, exaspéré.

« Serait-il possible par ailleurs que vous éclairiez Derrick sur la nature de votre familier ? Il commence à développer une fixette dessus et son bavardage incessant m'empêche de me concentrer. »

Le chien continuait de dévisager le prétendu chat avec les yeux plissés par la suspicion.

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Mer 2 Mai - 10:55

Curiosité scientifique. Ou déplacée.Salle des professeurs
Sofia
Eriksen
Fréderik
Bartosz
Si la mémoire de Sofia ne lui fait pas défaut, l'amitié des Eriksen et des Sirènes remontent au début du vingtième siècle. En effet, l'un de ses ancêtres n'est qu'autre que le célèbre sculpteur Edvard Eriksen, connu à Copenhague pour avoir sculpté la Petite Sirène, la magnifique statue de bronze que l'on retrouve aujourd'hui encore au port de la capitale danoise. Inspiré par le conte éponyme de Andersen mais également par les créatures magiques, c'est en leur honneur qu'il a réalisé cette statue mondialement connue. Lorsque Sofia était petite fille, elle se rendait très souvent au parc Churchill afin d'admirer l'oeuvre de son ancêtre. Sa tante lui disait d'ailleurs très souvent qu'elle lui ressemblait, avec ses petites joues rondes et son regard innocent. Ce que la magicienne prenait assez mal, car de son avis la sirène de bronze avait le regard le plus triste du monde. Après tout, le prince de ses rêves en a préféré une autre ! D'ailleurs, cela lui rappelle douloureusement sa propre histoire d'amour. C'est peut-être bien pour cela que depuis son retour du Québec, elle n'a jamais remit les pieds près de la statue …

Enfin bref, cette amitié pure et sincère dure depuis plus d'une centaine d'année et Sofia considère cela comme le plus beau des héritages. C'est pourquoi elle prend grand soin du globe et de son contenu. Pour le peuple des eaux, les premières larmes de leurs enfants sont un trésor inestimable. Aujourd'hui encore, la magicienne doute mériter un tel cadeau et il lui est arrivé plus d'une foi de le dire aux Sirènes, qui ce sont toujours contentées de lui sourire sans lui fournir la moindre explication. Il s'agit visiblement d'un secret qui n'appartient qu'à elles. Sofia espère seulement qu'elles ne regrettent pas leur décision. De toute façon, si un jour elles venaient à lui réclamer, la danoise les leur rendrait sans faire d'histoire. La magicienne n'est pas matérialiste et même si elle l'était, elle comprendrait tout à fait leur envie de récupérer un tel trésor. La bénédiction d'une Sirène est déjà quelque chose de magnifique et bien que Sofia n'en garde pas le moindre souvenir, elle ressent encore leur amour dans toutes les fibres de son corps.

Cependant, Bartosz ne semble pas vraiment sensible à la beauté de cette histoire. Étrangement, cela ne surprend guère Sofia. C'est un homme de sciences après tout. Ce qu'il veut savoir, ce sont les particularités magiques de ce liquide nacré. Sofia comprend cependant sa curiosité – peu de magiciens ont eu la chance de pouvoir étudier des Larmes de Sirènes, et encore moins les premières versées. Il espère sûrement qu'elle puisse lui fournir quelques réponses à ses interrogations mais malheureusement pour lui, la magicienne n'en sait sûrement pas plus que le commun des mortels. Certes, elle en possède une quantité assez impressionnante mais elle ne les a jamais étudié. D'ailleurs, elles n'ont jamais quitté le globe dans lequel elles sont prisonnières. Cela fait donc trente sept ans qu'elles sont enfermées et jamais personne n'a tenté de les extraire. Et Sofia ne laisserait quiconque essayer. Jamais elle n'accepterait que l'on souille un trésor si rare et si précieux.

Vous confère-t-il une particularité quelconque ? Ou affecte-t-il votre magie, d'une manière ou d'une autre ?

Sofia se prend le menton entre les doigts, pensive. Pour être tout à fait honnête, elle ne s'est jamais réellement posée la question. Étant donné qu'elle le possède depuis sa plus tendre enfance, elle ne saurait dire si sa magie est plus puissante avec ou sans. Cela dit, elle en doute vraiment. Son frère lui a déjà volé son sceptre pour l'enquiquiner et il ne semblait pas exécuter des sorts magistraux. Quant à une particularité quelconque … Certains s'accordent à dire que c'est grâce aux Larmes qu'elle a encore une apparence si jeune mais cela s'étend à l'ensemble des femmes Eriksen : elles paraissent toutes plus jeunes qu'elles ne le sont vraiment. Ainsi, Sofia n'accorde pas ce pouvoir aux Larmes. De son humble avis, elles n'ont pas le moindre impact sur elle. Par contre, elle est certaine qu'elles ont un pouvoir sur les Sirènes. Pour qu'elles soient si précieuses, ce n'est pas sans raison. Cependant, impossible de valider son hypothèse auprès des concernées : il n'y a pas plus muet sur leurs pouvoirs que les créatures de l'eau.

La magicienne n'a cependant pas le temps de lui répondre parce que le professeur de potion, visiblement agacé, reprend la parole :

Serait-il possible par ailleurs que vous éclairiez Derrick sur la nature de votre familier ? Il commence à développer une fixette dessus et son bavardage incessant m'empêche de me concentrer.

Les yeux turquoise de Sofia glissent sur Eyla, qui relève la tête. Ce n'est pas rare que son espèce attise les curiosités mais c'est bien la première fois que cela vient d'un autre familier. D'ailleurs, Eyla dépose sur Derrick son immense regard vert, presque vexée qu'il ne lui ait pas demandé de lui-même. Elle ne se lève cependant pas pour autant, se contentant de remuer sa longue queue touffue. Sofia laisse alors sa main glisser entre les deux cornes de la créature, passant des écailles aux poils sans que cela ne la perturbe outre mesure. Cela fait tellement longtemps qu'elle connaît Eyla que son apparence singulière ne la dérange plus du tout. Elle comprend cependant la curiosité des autres. Ce n'est pas un familier très commun. D'ailleurs, elle n'en a croisé qu'un seul autre comme Eyla, lorsqu'elle étudiait au Québec. Un élève de sa promotion possédait un esprit dragon à l'allure bien plus robuste et menaçante, dans les tons noirs et rouges. Il inspirait bien moins la sympathie de Eyla, et c'était peu dire. Pourtant, il était d'une douceur incomparable. Comme quoi, il ne faut jamais juger à l'apparence.

Etant donné que la question vient davantage de Derrick que de Frédérik, c'est vers lui que Sofia baisse les yeux, lui offrant même un petit sourire au passage :

Sachez Derrick que Eyla est un esprit dragon. Une créature à cheval entre le chat et le dragon. Mais n'ayez crainte, elle fait sa grande dame mais elle est très gentille. Enfin, du moment que l'on ne l'embête pas trop.

Sofia préfère passer sous silence le jour où, entre les murs de ce même château, Eyla s'est battue avec le familier d'un camarade de classe. C'était un iguane caractériel qui fouettait de sa grande queue quiconque s'approchait un peu trop de lui. Et le jour où Sofia lui a marché dessus, il n'a vraiment pas apprécié. Il s'apprêtait à la mordre lorsque Eyla s'est jetée sur lui. Bien sûr, un combat entre familiers ne rime à rien puisqu'ils ne ressentent pas la douleur, mais l'esprit dragon ne pouvait accepter que l'on s'attaque à sa petite magicienne. D'autant plus que c'était totalement gratuit : même si Sofia lui a marché dessus, il n'a strictement rien ressenti. Ainsi donc, Eyla peut bien montrer les griffes à Derrick, il ne souffrira pas d'un coup sur le museau. Du moins, pas physiquement. C'est peut-être plus l'ego qui risque de prendre un sacré coup. Enfin, Sofia n'est pas là pour faire un cours de zoologie à un basset. Alors elle reporte rapidement son attention sur Frédérik, que l'on applaudit pour sa patience à toute épreuve. A moins qu'il ne bouillonne intérieurement et prévoit de faire un football avec son basset en guise de ballon un peu plus tard …

Pour répondre à vos questions, elles ne semblent pas avoir d'effet sur moi ou mes pouvoirs magiques. Je doute d'ailleurs qu'elles servent à quoi que ce soit, étant donné qu'elles sont enfermées. Mais sachez d'avance que je ne compte pas les sortir du globe.

Autant le mettre au courant tout de suite. Sofia doute qu'il puisse formuler une telle demande mais sait-on jamais, au moins il est fixé. Cela dit, il y a peut-être un moyen pour qu'il en obtienne. S'il se montre suffisamment charmant avec les Sirènes du domaine, peut-être seront-elles généreuses. Sofia en doute, certes, mais il est toujours permis d'essayer. A moins que ce ne soit elle qui en demande. Elle a toujours entretenu un bon rapport avec elles. Lorsqu'elle étudiait ici, la magicienne les fréquentait vraiment souvent. Il ne se passait pas un jour sans qu'elle ne vienne leur rendre visite dans leur lac. Sofia pense pouvoir dire sans se vanter qu'elle est amie avec elles. Est-ce vraiment suffisant pour se faire offrir quelques larmes, elle n'en est pas sûr. Mais qui ne tente rien n'a rien, comme on dit.

Je me doute bien que votre curiosité professionnelle vous pousse à vouloir en apprendre davantage. Malheureusement, je n'en sais pas plus que le commun des mortels. Cependant, avez-vous déjà songé à en demander aux Sirènes du domaine ?

Sofia ne compte évidemment pas lui proposer si tôt son concours. Dans un premier temps, elle aimerait savoir si son intérêt est noble. Pas qu'elle doute des bonnes intentions du praticien mais elle sait d'expérience que la plupart des scientifiques sont capables de faire une croix sur la bienséance dans l'unique but de satisfaire leur curiosité. Or, elle refuse de lui rendre service si c'est pour de mauvaises actions. C'est à Frédérik de lui prouver qu'il n'est pas de ce genre-là.

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Sofia te rassure en #f497b7 mais Eyla te rabroue en #6600FF
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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Jeu 3 Mai - 22:08
dans lequel un gars pourrait provoquer l'apocalyspe

Un festival de patience. Si cette journée avait pour ambition de le faire travailler cette grande qualité dont il manquait parfois, elle réussissait avec brio à lui imposer un entraînement d'enfer. A croire que chacun des protagonistes avait pour objectif de l'exercer. Sauf le chat. Qui n'était pas un chat. Scientifiquement parlant, à titre principal, et pour ne pas donner raison à Derrick à titre subsidiaire. Ce dernier, ancré dans sa méfiance passagère jusqu'à ce qu'une mouche n'ait le malheur de le perturber, était en train d'analyser tous les potentiels coups foireux que cette créature du diable concoctait dans son esprit tordu. Un brin déstabilisé à l'évocation de son prénom, peu habitué à ce qu'on adresse directement à lui en lui témoignant un tel respect vu ce qu'il se prenait dans les dents avec son maître, il braqua son attention sur la magicienne. Peine perdu songeait Frédérik. Malgré la pédagogie évidente dont fit preuve la jeune femme, il doutait sincèrement que Derrick accepterait cette réponse. Peut-être la première partie parviendrait à s'imposer, la deuxième, en revanche, concernant la gentillesse supposée du familier le laisserait perplexe. On prenait les paris quand vous voulez.

Merci beaucoup, répondit poliment le chien à l'explication, baissant la tête pour faire une petite révérence.

Faites qu'il ne renchérisse pas. Faites qu'il passe à autre chose.

Mouais. Dans mi-chat, mi-dragon, y'a quand même mi-chat. Donc, c'est un chat. Et pourquoi elle me parle de cheval ? Alors il a du cheval, du chat et du dragon ? Cet animal n'a aucun sens.

Oh bordel. A ce niveau-là, c'était structurel, on ne pouvait plus rien y faire.

Ta logique est tellement lacunaire que ... Non, en fait, elle n'est même pas lacunaire, elle est inexistante. Un centaure est mi-homme, mi-cheval, il n'est pas homme, il n'est pas cheval non plus. Il forme un être à part entière distinct, comme cet esprit dragon. Par ailleurs, l'expression à cheval signifie--
Je plaisante Frédérik. Juste pour t'emmerder. Tu ne marches pas, tu cours.


De temps en temps, Frédérik avait envie de se frapper la tête si fort contre un mur qu'il n'aurait plus jamais à entendre ce genre d'inepties. Derrick avait l'air fier de sa plaisanterie. Frédérik était une proie si facile, le basset ne se lassait pas de jouer les imbéciles pour se heurter à la logique implacable du professeur. Oh, là, ce n'était qu'un échauffement. Parfois, il ne se lançait dans de longs dialogues le soir où il se plaisait à détourner les démonstrations cartésiennes du polonais. Il ne désespérait pas de voir un jour Frédérik comprendre qu'il se payait sa tête. Cette victoire serait une de ses plus belles : parvenir à ce que Frédérik cesse de tout prendre au pied de la lettre. Autant dire que quand il l'entendait s'offusquer à l'instant, il se disait qu'il avait encore du chemin à parcourir.

De son côté, le principal intéressé ne comprenait pas ce qu'il y avait d'amusant. De la patience. Encore et toujours. Décidément, ce mot allait devenir le leitmotiv de cette journée. Les épreuves devenaient de plus en plus ardues, du niveau d'un moine bouddhiste. Ce n'était pas des applaudissements que Frédérik méritait, mais un trophée. Si Derrick se joignait au complot, on n'allait pas s'en sortir. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour la science ... Voilà, discutons plutôt d'un sujet intéressant entre personnes civilisées. Et quelle déception sur ce point-ci également. Rien. Pas de particularités notables. RAS.

Bon. Il s'en doutait un peu pour tout avouer. Si elle n'y avait jamais prêté attention, elle avait très pu ne rien remarquer. Après tout, difficile de trouver ce qu'on ne cherchait pas, surtout quand on en ignorait l'existence. A croire que ce présent sacré n'avait qu'une visée purement esthétique. Absurde. Quel intérêt à offrir un bien si rare aux pouvoirs mystérieux juste pour sa beauté. Insensé même. Pour la symbolique peut-être ? L'hypothèse ne convainquait pas le pragmatique Frédérik pour qui un tel acte relevait de l'inutile. En tout cas, elle lui confirmait ce dont il se doutait depuis le départ : elle n'ouvrirait pas le globe. Il le savait. Il l'avait toujours su à vrai dire. Vu la valeur sentimentale qu'elle lui conférait, elle n'allait pas gracieusement risquer d'altérer la précieuse offrande juste pour lui faire plaisir.

« Il n'est pas question d'ouvrir le globe, vous y tenez trop. »

Un attachement embarrassant qui se mettait en travers de sa route, mais, malheureusement, même lui qui peinait à trouver de l'utilité à ce genre de concept se mettait un point d'honneur à les respecter. Par civilité, probablement. Toutefois, puisque la possibilité de récupérer les larmes en présence était exclue et puisqu'Eriksen n'était pas en mesure de lui fournir des informations par elle-même, son investigation se trouvait actuellement dans une impasse. Quel dommage qu'un composé si rare soit relégué à un simple bijou enfermé dans une sphère comme un oiseau en cage.

Le maître des potions s'en chagrinait. L'humain l'admettait même s'il ne pouvait l'approuver. A vrai dire, il ne savait pas vraiment comment il aurait réagi si on lui avait demandé de démanteler la canne ancestrale des Bartosz. D'un côté, n'y étant pas personnellement attaché et l'accessoire s'avérant parfaitement surabondant dans sa pratique de la magie, peut-être aurait-il accepté pour une bonne raison. Mais de l'autre, sachant que ses parents se seraient retournés dans leur tombe à cette simple éventualité, même s'il s'était juré de faire désormais comme il l'entendait sans se laisser empoisonner par ce qu'ils auraient pu penser ... Compliqué. Admettons que le refus du sacrifice sur l'autel de la science de ce pauvre globe se justifiait.  

Restait la solution que la magicienne lui proposait. A l'évocation d'une potentielle visite de Frédérik aux sirènes, Derrick explosa dans un concert d'aboiements qui laissaient penser à un rire franc.

Hé ! D'accord, le chien avait raison sur ce point, et sur celui-là seulement. Mais il n'empêche que sa manière de le formuler était on ne peut plus vexante. Propulser le théoricien sur le terrain n'aboutirait qu'à un fiasco retentissant, surtout vu la personnalité dudit théoricien. Derrick imaginait déjà parfaitement le scénario de cette rencontre du troisième type : Frédérik déboulerait, les interpellerait, irait droit au but, essuierait un refus net, insisterait en se lançant dans une grande démonstration, se heurterait à un second refus plus sec encore. Il ne parvenait pas à déterminer si c'était à cet instant que les sirènes le jetteraient à l'eau vu le manque de tact qu'il allait déployer ou si elles attendraient un peu.

« Je ne suis pas vraiment un homme de terrain ... »

Comme son physique de bibliothécaire coincé peut subtilement le suggérer.

« ... Et je crains de ne pas être capable de faire preuve de suffisamment de tact pour obtenir leur concours ... »

Un euphémisme. Imaginez mettre des créatures empruntes de mysticisme, un poil joueuses, face à un parangon de matérialisme qui prend tout au pied de la lettre. Ce ne sera pas très beau à voir. Drôle, mais pas beau.


« ... De plus, d'autres ont déjà dû tenter l'expérience et, vu l'absence de résultat à ma connaissance, je doute qu'il suffise de les consulter. Peut-être seriez-vous plus à même d'essayer ? Vu le lien privilégié que vous avez construit avec les sirènes de Copenhague. »

S'il vous plait, ne le laissez pas gérer tout seul, on court à la catastrophe.

Le dialogue parallèle s'acheva sur la requête désespérée de Derrick qui braquait sur Sofia ses paupières lourdes suppliantes. Puisque Sofia s'était directement adressée à lui, il supposait qu'elle le pardonnerait pour cette invasion mentale. Il œuvrait pour le bien de Frédérik. Non, pour le bien de tous en fait, tel un héros de l'ombre incompris. Ce serait dommage qu'on retienne le nom de Bartosz dans l'histoire de l'école comme l'élément déclencheur de l'exode des sirènes en colère de Sainte-Catherine. Et il n'exagérait rien.

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Dim 13 Mai - 14:29

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Si Eyla ne fait pas parti de ces familiers qui se font remarquer, c'est uniquement parce qu'elle communique avec personne d'autre que Sofia. Les rares fois où elle s'est adressée à d'autres, ce fut pour sa magicienne seulement. L'esprit dragon n'est pas la plus sociable des créatures, ce qui lui donne ces petits airs de diva. Elle est experte en snobbage et les airs supérieurs qu'elle aime prendre vis-à-vis des autres ne lui confèrent pas une excellente réputation. Cela dit, elle n'en a cure : elle vit uniquement pour accompagner Sofia, pas pour faire ami-ami avec d'autre. Bien sûr, Eyla témoigne énormément d'affection pour Milla et son familier, mais ils sont des cas bien à part. D'ailleurs, c'est bien cette indifférence des autres qui la pousse à rapporter le moindre écart d'élève dans le château. A la manière de Miss Teigne dans Harry Potter, elle est à l'affût de toute bêtise qu'elle rapporte aussitôt à sa magicienne. Elle n'a donc pas une très bonne réputation dans l'école, mais ce n'est absolument pas un souci pour elle. Au moins, elle a le sentiment d'être un peu utile, ce qui n'est pas le cas de nombreux familiers dans ce château. A commencer par ce basset ou, pire encore, le pingouin idiot du garde-chasse.

Ainsi, c'est avec un air presque pimbêche que Eyla dévisage Derrick. Il a beau baisser la tête pour faire une sorte de révérence, il n'en reste pas moins ridicule. Il a tellement de plis sur son front que Eyla se demande comment il peut garder ses paupières ouvertes. Cet animal, c'est la définition même de la tristesse. L'esprit dragon se demande bien comment Sofia peut le trouver mignon … Elle, elle a plutôt envie de tirer sa peau pour voir comment serait sa tronche après un bon lifting. Pas franchement mieux, si vous voulez son avis. En tout cas, les explications de la magicienne ne semble pas vraiment le rassurer. Après tout, familier ou pas, un chien reste un chien. Et la partie féline de Eyla ne peut que le trouver franchement ridicule. Est-ce lui aussi se lèche les fesses sur le tapis pour ensuite venir lécher le visage de son maître ? Les chiens n'ont vraiment aucune pudeur. Enfin, Frédérik n'a pas franchement l'air d'être le type à se laisser léchouiller le visage par son familier. Il a un minimum d'amour propre, au moins.

Si Sofia entend toutes les pensées de Eyla, elle préfère les ignorer. Elle se contente de la pincer légèrement au niveau des épaules pour lui intimer de rester calme. Bien sûr, l'esprit dragon ne ressent pas le moindre mal mais elle comprend aussitôt le message. Alors elle tourne le dos à Derrick, laissant sa longue queue touffue se balancer dans le vide. Qu'il ne lui vienne surtout pas à l'idée de jouer avec où il passera un sale quart d'heure. Débarrassée des pensées parasites de son familier, Sofia peut enfin se reconcentrer sur le sujet principal de cette conversation. A savoir les larmes prisonnières du globe de son sceptre. Evidemment, Bartosz comprend qu'elle n'a aucunement l'intention de détruire le contenant – même si elle se doute que cela le frustre un peu. L'unique solution pour lui est donc de mettre la main sur d'autres Larmes. Et la magicienne se rend bien compte qu'à l'énonciation de cette proposition, son collègue n'est pas serein.

D'ailleurs, la réaction de Derrick ne se fait pas attendre. Il part dans un concert d'aboiements qui fait sursauter Eyla tellement haut qu'elle manque même de glisser des genoux de Sofia. Cette dernière se demande d'ailleurs par quel miracle son familier ne s'est pas jeté sur lui pour le faire taire. Cela dit, tous ses poils se sont dressés sur son dos, ce qui lui donne une allure presque effrayante. La magicienne se hâte de la calmer en faisant glisser ses doigts le long de sa colonne vertébrale et, après un sifflement accusateur, Eyla reprend sa position initiale … non sans battre frénétiquement de la queue. Sofia, cependant, ne peut s'empêcher d'esquisser un petit sourire amusé. Ces aboiements ne sont rien qu'autre qu'un fou rire canin que Derrick n'a pas pu retenir. Comment si la simple idée de voir son maître au bord du lac le plongeait dans une hilarité indescriptible. Evidemment, Sofia aurait du s'en douter : Bartosz n'est vraiment pas un homme de terrain. D'ailleurs, il le lui avoue aussitôt.

S'en suit alors un enchaînement de répliques entre le magicien et son familier. Si Sofia trouve cela très comique, elle se retient cependant d'en rire. Elle ne voudrait pas que Frédérik pense qu'elle se moque de lui. Seulement, les précisions de Derrick sont vraiment hilarantes. Et elle le croit sur parole. Certes, elle n'a pas eu l'occasion de discuter énormément avec lui depuis la rentrée mais elle a très vite comprit que la subtilité et lui, ça ne fait pas bon ménage. Ce qui pourrait presque s'avérer dangereux auprès des Sirènes. Elles ont beau être des créatures pacifiques, elles n'en demeurent pas moins capable de noyer les plus impertinents. Et Sofia ne voudrait pas qu'elles débarrassent Sainte Catherine de son cher professeur de potion. D'autant plus lorsque l'on connaît l'amitié qui le lit au directeur. En tout cas, Frédérik n'est pas passé par quatre chemins pour lui demander son aide. Ce qui est bien digne de lui. Cependant, plus que sa demande polie, c'est l'air suppliant de Derrick qui a finalement raison de Sofia. Le basset connaît son propriétaire sur le bout des pattes, donc s'il dit que l'on court à la catastrophe, la magicienne le croit à trois cent pourcent. Ce serait bien dommage que les Sirènes du domaine prennent la poudre d'escampette pour une affaire si minime.

Très bien, j'accepte de vous aider. C'est bien parce que vous m'avez dépanné d'une pièce. Et parce que votre familier est très convaincant.

Sofia lance un petit clin d'oeil à Derrick avant de prendre Eyla dans ses bras pour se lever. L'esprit dragon se hisse aussitôt sur les épaules de sa magicienne, souhaitant garder une distance raisonnable avec le basset. Et dire que ce chien stupide essaie de faire du charme à sa maîtresse. Quelle créature ridicule.

Néanmoins, je ne vous promets pas d'obtenir quoi que ce soit. Bien que je connaisse bien les Sirènes du domaine, je n'entretiens pas le même rapport avec elles qu'avec celles de Copenhague. Ne placez donc pas trop d'espoir sur moi.

Lorsque Sofia étudiait dans le château, elle rendait toujours visite aux Sirènes du lac. Mais si elle s'est toujours bien entendue avec, elle ignore si elle est assez importante à leurs yeux pour qu'elles acceptent de lui céder un trésor pareil. D'autant plus que cela fait très longtemps qu'elle ne leur a pas rendu visite. Elle n'a guère eu le temps d'aller les voir depuis la rentrée : son travail l'occupe bien trop pour se permettre des baignades au beau milieu du parc. D'autant plus qu'en tant que professeur, elle se doit d'avoir un minimum de tenue. Il était facile autrefois de s'enfuir du château pour plonger tête la première dans le lac, mais voilà un comportement que l'on pardonne à une adolescente. Pas à une mère de famille proche de la quarantaine et à un professeur de surcroît.

Avez-vous du temps maintenant ou préféreriez-vous que l'on voit cela un autre jour ?

Étrangement, quelque chose lui dit que monsieur Bartosz n'est pas du genre à repousser les choses au lendemain. Mais Sofia est curieuse de tester les limites de sa patience ...

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Mer 16 Mai - 17:20
dans lequel un gars regrette ses choix de vie

Le familier avait deux fois plus envie de rire lorsque l'esprit dragon fit un bond, manquant de se casser la binette. Et vlan, dans les dents. Comme l'avait présagé Frédérik, si Derrick n'avait plus aucune raison de détester structurellement son homologue, son comportement lui rappelait beaucoup trop celui des chats pour qu'il puisse se défaire de son a priori. Méprisant. Hautain. Condescendant. Comme si le monde devait se jeter à ses pattes et le louer. On lui tourne le dos pour marquer son dédain. On exprime son mécontentement en dressant ses poils de manière intimidante.

Le basset n'aimait pas cette attitude insolente. Il signait l'arrêt de mort du respect s'il s'aplatissait devant cette créature. C'est pourquoi il s'écrasa vaillamment, réprimant son envie de se marrer après le sursaut de la parodie féline. Cherchez l'erreur. Oh, vous savez, Derrick ne se prenait pas la tête. A quoi bon chercher le conflit ? Provoquer le familier de Sofia ne lui apporterait rien, sauf peut-être placer Frédérik dans une position difficile si la magicienne accordait un poids prépondérant à l'avis de l'esprit dragon. Puisque Derrick ne voulait pas compromettre de quelque manière que ce soit la mission de son partenaire et qu'une querelle stérile lui aurait demandé une dépense d'énergie inutile, il préférait rogner sur son ego et s'auto-humilier, quitte à donner le dernier mot à Eyla. Quand on vivait H24 avec l'hurluberlu à ses côtés ... On apprenait rapidement à devenir conciliant.

Il préférait discuter avec Sofia. Elle avait l'air gentille, Sofia. Du style susceptible de lui gratter derrière les oreilles. En tout cas, Frédérik n'avait strictement aucune idée du dialogue parallèle que menait le basset. Heureusement d'ailleurs. Il n'aurait pas spécialement apprécié qu'on le qualifie de bibliothécaire coincé, ni qu'on supplie pour lui obtenir de l'assistance. D'accord, il n'avait pas spécialement confiance en ses capacités à communiquer avec les créatures magiques. Pour autant, en grand garçon, il aurait très bien pu se dépatouiller tout seul, même si la probabilité de revenir victorieux de son intervention, vu sa capacité à interagir et ses futures interlocutrices, restait infime. Avec Eriksen cependant, il améliorait ses chances un tant soit peu. Elle lui faciliterait la tâche en somme. La supplique de Derrick quant à une potentielle catastrophe si on le laissait gérer lui aurait paru parfaitement exagérée, pour ne pas dire infondée.

Merci beaucoup !

Il aurait pu continuer à ignorer l'intervention salutaire de son familier si la magicienne ne lui avait pas la puce à l'oreille. Comment ça, son familier convaincant ? Suspicieux, il jeta un regard vers le bas. L'animal lèva sur lui ses yeux fatigués d'un air innocent. C'est cet air-là qui était censé être convaincant ... ? On dirait Droopy qui portait le poids du monde sur ses frêles épaules. Mis à part servir de visage pour une marque d'anti-dépresseurs, avec un slogan arguant que les cachets vous empêchaient à coup sûr de ressembler à ça, Frédérik ne parvenait pas à saisir ce qu'il y avait d'irrésistible là-dedans. A la rigueur, il pouvait attirer de la pitié.

Tu lui as dit quelque chose ?
se hasarda le magicien.
Moi ? Pas le moins du monde. C'est sûrement mon charme naturel. Je les fais toutes craquer.

Urgh. Parfois, Frédérik se demandait pourquoi il insistait à tenter de communiquer avec cet animal. Des relents de masochisme, probablement. Derrick rendit discrètement son clin d'œil à Sofia. Lorsque celle-ci se leva, Frédérik crut l'espace d'un instant que leur entretien touchait à sa fin. Comme il avait fait chou blanc de toute façon, autant passer à autre chose, il n'allait pas s'appesantir sur cet échec. Il lui fallait passer à autre chose, à un nouveau sujet d'étude tout aussi intéressant. Certes, Sofia venait de lui promettre de lui donner un coup de main, mais il n'en attendait pas grand chose. Visiblement, elle partageait le même réalisme : la risques d'échec était beaucoup trop hauts. Il n'allait pas réussir là où tous les autres avaient échoué, ce serait beaucoup trop simple. Les probabilités de réussite chutaient encore significativement vu le lien distant qu'entretenait son principal espoir avec les cibles. Bon. Au pire, elle essuierait un refus et il lui demanderait si elle ne pouvait pas interroger les sirènes de Copenhague lorsqu'elle rentrerait chez elle. L'attente serait longue, mais faute de grives, on mange des merles.

« Merci pour votre aide. » se contenta-t-il de répondre un peu lapidairement. Pas la peine de s'appesantir sur leur probable échec.

La suite le surprit quelque peu. Il s'attendait à ce que Sofia remette la chose pour plus tard, voire, se décide à gérer seule sa requête. Elle l'invita cependant directement à se joindre à elle dans cette folle quête. Et merde. Avec tout ça, Frédérik espérait presque éviter le passage par la case terrain. Maintenant, il allait devoir mouiller la chemise, littéralement parlant peut-être. Et re-merde. Il allait se retrouver en pleine nature, par définition, un endroit à la propension au désordre exacerbée. Et re-re-merde. Tout ça pour confronter des créatures mystiques qui, soyons fous, au mieux allaient les envoyer paître, au pire, accéderaient à leur demande avec une contrepartie démentielle. Putain de merde. Dans quoi venait-il de s'embringuer ?
Bien entendu, il n'allait pas se débiner. Pour la science, youhou ! Il se leva. Quand il fallait mettre les mains dans le cambouis ...

« Je n'ai rien de prévu, nous pouvons y aller maintenant. »

Autant régler cette histoire tout de suite. Avant qu'il change d'avis. Avant qu'il regrette amèrement sa décision aussi. Derrick semblait ravi de la promenade improvisée à laquelle il allait avoir le droit. Justement, pour Frédérik, tout le problème résidait dans le constat précédent : leur équipée était improvisée. Des imprévus à la pelle l'attendaient à la sortie.

Prends-le comme une quête dans un RPG ! Nouvel objectif : rencontrer les sirènes du lac pour looter un item ultra-rare.
Sauf que je ne peux pas sauvegarder avant de me lancer et qu'on n'a aucune idée de la teneur de la quête.
Bwouaf, on y va, on leur demande et on repart.
Je ne pense que ce soit si simple, Derrick.


Rien n'était jamais simple. Il rangea son cartable dans son casier, ne conservant sur lui que son téléphone, son porte-monnaie et son nécessaire du parfait maître des potions - qui contenait également du gel hydroalcoolique, élément indispensable à sa survie en milieu hostile - qu'il disposa dans la poche intérieure de sa longue veste rouge. Il emboîta ensuite le pas à Sofia, pour le meilleur, et surtout pour le pire.  
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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Sam 19 Mai - 14:57

Curiosité scientifique. Ou déplacée.Salle des professeurs
Sofia
Eriksen
Fréderik
Bartosz
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Frédérik et Derrick forment un duo des plus comiques – à l'insu du magicien, certes, mais c'est justement ce qui rend la chose si amusante. Le basset est la représentation même des sentiments que refoulent le magicien. Ou plutôt, de la personnalité qu'il ne possède pas. Bartosz peut bien dire ce qu'il veut concernant son familier, mais il le complète à merveille. Du moins, c'est ainsi que Sofia voit les choses. Si le magicien seul s'était adressé à elle, la jeune femme ne pense sincèrement pas qu'elle lui aurait proposé son aide. Pas parce qu'elle ne l'apprécie pas, mais son attitude brut de pomme ne l'aurait pas convaincu concernant ses intentions. Grâce à Derrick, Sofia comprend que le professeur est simplement pas fait pour dialoguer comme le commun des mortels. Ce qu'elle ne peut pas lui reprocher : c'est rarement une histoire de choix. D'autant plus que ce tempérament peut-être la conséquences de divers événements de son passé – or, Sofia ne le connaît pas et, ainsi, refuse de le juger. Chacun sa vie et ses emmerdes, comme on dit.

Bref, tout cela pour dire que Sofia n'a aucune raison valable pour l'envoyer paître. Disons même sincèrement que l'étude des Larmes l'intéresse également. Sa famille considère cela comme le plus beau des trésors mais personne ne lui a jamais expliqué pourquoi. Or donc, si Frédérik parvient à comprendre en quoi elles sont si précieuses, ce sera tout aussi bénéfique pour sa propre culture. Sofia considère donc que toute ses affaires a un bon potentiel de donnant-donnant. Elle lui rapporte des larmes, il les étudie et la conclusion leur sera bénéfique à l'un comme à l'autre. Le savoir pour monsieur, la culture pour madame. Que demandez de mieux ? Certes, Sofia n'aurait jamais pensé recevoir des réponses de la part d'un collègue de travail, mais pourquoi pas après tout ? Frédérik Bartosz n'est pas n'importe quel professeur de potion. La magicienne ne connaît pas son CV sur le bout des ongles, mais elle sait qu'il est plutôt réputé dans son domaine. Elle ne pouvait pas demander mieux.

Néanmoins, encore faut-il qu'elle puisse lui rapporter quoi que ce soit. Comme elle a bien prit la peine de le dire au praticien, rien ne lui promet que les Sirènes se montrent généreuses. Cependant, Sofia est le genre de femme à toujours se dire « qui ne tente rien n'a rien ». Or donc, inutile de partir si défaitiste. De toute façon, ils seront rapidement fixés. Ainsi, Sofia décide de tenter sa chance dès maintenant. Elle n'a aucun cours à assurer avant deux bonnes heures, ce qui leur laisse largement le temps de se rendre au Lac et de questionner les Sirènes. Mais encore faut-il que son collègue soit disponible également. Parce qu'il est hors de question qu'elle y aille seule : si Frédérik veut ne serait-ce qu'une Larme, la moindre des choses est qu'il l'accompagne dans sa tentative. Certes, Derrick lui a dit qu'il n'était pas un homme de terrain mais il devrait pouvoir rester debout sur la rive du lac sans souci, tout de même. A moins qu'il ne soit allergique au monde extérieur, ce qui serait à peine étonnant étant donné le personnage.

Contre toute attente, Frédérik n'émet aucune objection. Sofia s'attendait à ce qu'il tente de s'esquiver, mais il l'a surprise une fois de plus. Tant mieux, voilà qui évite un débat sur l'utilité de sa présence. Imitant son collègue, la magicienne dépose ses affaires dans son casier, ne gardant sur elle que son sceptre. Elle ne va tout de même pas prendre le risque de mouiller ses affaires. Un coup d'oeil à la pendule accrochée au mur lui assure qu'aucun élève ne risque de leur traîner dans les pattes pendant leur petite aventure. Ce serait tout de même fâcheux qu'elle pique une tête sous les yeux de centaine d'étudiants bien trop curieux. Ces derniers petits détails réglés, Sofia se dirige vers la sortie, suivie de près par son collègue. Eyla reste d'ailleurs bien perchée sur son épaule afin de ne pas avoir à déambuler aux côtés de Derrick – ce dernier semble d'ailleurs bien heureux d'aller se dégourdir les pattes dans le parc du domaine.

Les professeurs traversent ainsi l'aile du personnel pour finalement déboucher sur le hall, désert à cette heure-ci de la journée. Profitant du silence des lieux, Sofia pousse la lourde porte menant vers l'extérieur et descend la volée de marches atterrissant aussitôt sur la pelouse grasse et moelleuse du domaine. Comme d'habitude, c'est un ciel d'un bleu magique qui les accueille et la magicienne a bien du mal à croire qu'au delà de la barrière magique qui protège l'école, l'hiver bat encore de son plein. Si elle ignore pourquoi l'administration se complait de ce beau temps artificiel, elle doit bien avouer qu'il est agréable de pouvoir se balader dans le domaine en toute saison. Sofia regrette seulement d'être privée de la vue de l'école sous la neige – elle a toujours trouvé les paysages enneigés reposants et poétiques. Cela lui rappelle systématiquement son manoir à Copenhague et ses magnifiques jardins couverts de poudreuse. Heureusement, les Eriksen n'érigent pas la même barrière autour de leur domaine. Ce serait tellement du gâchis. Après tout, le vent, la neige et la pluie sont des phénomènes tout à fait naturels. Il est bien triste de leur préférer le soleil et la chaleur continuelle.

Après quelques minutes de marche dans un silence religieux, la fine équipe arrive finalement sur la rive nord du lac. Là, une petite plage de sable fin sépare la pelouse de l'eau claire. Sofia s'approche cependant de la digue naturelle formée par de lourds rochers. Puisqu'elle ne tient pas à avoir du sable plein les pieds, c'est le meilleur endroit pour se glisser dans l'eau sans se salir. Elle grimpe ainsi sans mal sur les grosses pierres claires et lisses, s'approchant de l'eau d'un pas calme et détendu. L'espace d'un instant, elle se revoit adolescente, prête à plonger sans en avoir demander la permission. L'avantage d'être une adulte, c'est qu'elle peut désormais rejoindre les Sirènes sans avoir à demander l'accord de qui que ce soit. Doucement, Sofia vient retirer ses chaussures qu'elle dépose tout près d'elle, avant de s'asseoir au bord des rochers, les pieds effleurant l'eau froide. Et alors, elle brandit son sceptre au dessus de ses jambes. L'instant d'après, ces dernières ont prit l'apparence d'une gracieuse queue de sirène bleue turquoise. Elle passe alors sa robe au dessus de sa tête, la déposant juste à côté de ses chaussures. Évidemment, Sofia a transformé son propre soutien-gorge en coquillage – elle ne veut pas faire du seins nus devant ce pauvre Frédérik.

Ainsi transformée, elle se tourne vers son collègue pour lui adresser ces quelques mots :

J'imagine qu'il est inutile de vous proposer la même transformation ?

Pourtant, Sofia doit bien avouer qu'elle ne dirait pas non. Frédérik serait un très beau triton. Mais ça, elle se garde bien de le lui dire. La magicienne se tourne plutôt vers son familier qui a quitté ses épaules pour prendre un bain de soleil sur les rochers brûlants. Cela dit, la jeune femme a d'autres projets pour Eyla. Elle agite de nouveau son sceptre afin de transformer les pattes arrières de l'esprit dragon en queue de poisson. Il n'y a pas de raison qu'elle rende visite aux Sirènes toute seule, Eyla doit aussi être de la partie. C'est non sans un soupire à fendre l'âme que l'esprit dragon-sirène se glisse dans l'eau, prête à éclabousser Derrick s'il lui venait à l'esprit de faire la moindre remarque.

Souhaitez-nous bonne chance !

Lance finalement le professeur de métamorphose avant de plonger à son tour. Si Frédérik a quelque chose à lui dire, c'est maintenant ou jamais – une fois sous la surface de l'eau, elle n'entendra plus rien que le silence propre au monde aquatique.

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Jeu 24 Mai - 22:28
dans lequel un gars bugue

Pourquoi il avait accepté ? Pourquoi il se faisait du mal, volontairement ? Pourquoi tant de haine ? Pourquoi sa conscience professionnelle l'empêchait de se trouver une excuse ? Pourquoi son perfectionnisme lui soufflait insidieusement que laisser les rênes entièrement à un tiers était intolérable ? Juste ... Pourquoi ? Voilà en résumé ce qui se passa dans la tête de Frédérik lorsqu'il quitta l'intérieur si familier. Derrick marchait en tête : il avait hâte de pouvoir se dégourdir les pattes dans l'herbe. Et aussi d'assister au grand spectacle de son maître balancé dans une situation où il n'avait qu'un contrôle minimal.

Plus le quatuor de choc s'approchait de la sortie, plus Frédérik commençait à regretter amèrement sa décision, incapable de prédire avec certitude ce qui allait lui tomber sur le coin du museau. Sa présence était pourtant nécessaire, pour s'assurer de ce qu'Eriksen allait faire. Léger relent de perfectionnisme, surtout quand il savait qu'il allait assister à quelque chose dont la réussite ne relevait pas de son pouvoir. Au fond, peut-être qu'il n'avait pas tenté de négocier parce que l'idée de laisser entièrement les rênes à Sofia le dérangeait. Plus il y songeait, plus sa première envie de confier la mission puis de s'en désintéresser ne lui paraissait plus une bonne idée. Bon. En fait, il ne savait pas ce qu'il voulait vraiment, ni ce qui était le mieux. Pour le mec aux pensées cohérentes et logiques, on repassera tout à l'heure.

Arrivés dans le hall, le professeur jeta un coup d'œil aux alentours pour s'assurer qu'aucun élève n'assistait à leur drôle de convoi. En vérité, il était si discret qu'on ne prêtait pas attention à lui quand il y passait, mais il craignait toujours d'attirer l'attention sur sa personne. Mais peut-être que la présence de Sofia annulait son bonus de discrétion, qui sait. En tout cas, il était rassuré de constater qu'aucun témoin n'ait été présent. Ils devaient tous avoir cours à cette heure-là. Tant mieux. A l'extérieur, il fut tout aussi heureux de constater l'absence d'élément perturbateur potentiel. On passera sous silence le fait que le ciel bleu, l'ambiance agréable, tout ça, tout ça ... Bah, Frédérik, ça lui passait par-dessus la tête. Il marchait, profitant du silence. Derrick avait l'air trop occupé pour jacasser ; il profitait pleinement de son escapade, courant dans l'herbe, se roulant dedans parfois. Il dévala le chemin vers le lac avec un enthousiasme débordant. L'exact opposé de Frédérik.

Hors de question de s'approcher du sable, déjà. Les petits grains risquaient de niquer ses pompes vernies, voire, de le salir tout court. Il ne comptait pas davantage s'aventurer vers la digue. Il y ferait quoi ? Il n'allait pas grimper dessus, c'était un coup à se briser la nuque suite à un pas mal placé. Visiblement, Eriksen ne craignait pas la chute. Peu rassuré de la voir grimper là-dessus, Frédérik se préparait par avance à user de sa magie pour la retenir lorsqu'elle glisserait. Heureusement, la jeune femme semblait à l'aise sur les rochers, même s'il se demandait bien ce qu'elle cherchait à faire. Pour sa part, il se tenait au pied de la digue, à une distance respectable. Son compagnon quadrupède ne manifestait pas la même réserve. Il grimpa sur quelques pierres, sans trop s'aventurer vers le sommet conscient de ses lacunes physiques, histoire de bénéficier d'une meilleure vue.

Et quelle vue. Derrick adorait voir la magie à l’œuvre ; la transformation de Sofia l'amusa beaucoup. Pas vraiment Frédérik. Ce dernier sentit une vague de chaleur s'écraser violemment contre lui. Sa poitrine. Juste. Sa poitrine. D'accord, elle avait des coquillages pour dissimuler l'essentiel. Mais cette paire incroyable ... Malaise. Gros malaise. Plus gros encore qu'un éléphant monté sur un tractopelle. Il ne savait même plus où regarder en fait. Il détourna la tête, brusquement, avant de se découvrir une soudaine passion pour ses chaussures. Ne lui dites pas qu'il rougissait.

Héééé ! Tu rougis ? Je commençais à croire que tu étais un robot asexué, tu me rassures.

Chut, le chien.  Il n'y avait que lui et ses chaussures, point.  Et sinon, quoi de beau ? Lui ? Oh, rien d'intéressant, la routine. Tout ça, tout ça.

Allo ? Le balai dans ton derrière vient de remonter jusqu'à ton cerveau ? Je transmets ce qu'elle vient de te dire : elle imagine que tu ne veux pas la même transformation.

Plait-il ? On lui parlait ? Lol, nop. Même pas la peine d'y penser. Sans façon, il passait son tour. N'aggravons pas le ridicule de la situation en l'affublant d'une queue de poisson, de grâce. Et piquer une tête ne le tentait pas spécialement. La dernière fois qu'il avait été dans de la flotte, autre que celle de sa douche, remontait à ses années de doctorat ou un truc du style. Sauf peut-être une fois. Il fallait qu'il lui réponde ce qui impliquait de la regarder, simple question de politesse. Il n'était pas sûr d'y parvenir. Il toussota pour se racler la gorge.

« V-Vous imaginez bien. » finit-t-il par lâcher, trouvant un intérêt nouveau dans le ciel.

Si elle pouvait plonger dans l'eau, que le malaise se dissolve. Bien sûr, il avait déjà vu des sirènes sans éprouver la moindre honte. Sauf qu'en l'espèce, c'était sa collègue qui était à moitié à poil devant lui. Comment il allait pouvoir la croiser dans les couloirs ? Comment elle allait pouvoir le croiser dans les couloirs ?  Visiblement, la situation n'avait pas l'air de l'inquiéter outre mesure. Reconcentrons-nous sur ce qui avait véritablement de l'intérêt : leur quête. Son professionnalisme criait à cors et à cris de cesser ces frivolités avant de faire foirer l'expédition. Il choisit de l'écouter ; ce refuge bienvenu lui permettrait d'éclipser tout incident désagréable d'ordre humain qui se profilait. Pendant ce temps, Derrick était descendu de son perchoir pour voir de plus près son grand gaillard ; peut-être qu'il fallait reboot Frédérik pour qu'il cesse de buguer.

« Souhaitez-vous qu'on vous rejoigne au centre du lac ? Il doit y avoir une barque dans le coin. Bon courage en tout cas. »
Bonne chance !

Et avec un sort bien senti, il y avait sûrement moyen de faire avancer la barque sans qu'il ait à ramer. En outre, la chance ne conditionnait aucunement leur réussite ; c'était la maîtrise dans la négociation de Sofia qui déterminerait l'issue de l'entrevue, rien d'autre. Ces bonnes paroles permirent à Derrick de constater avec plaisir que son partenaire semblait de retour, même s'il persistait à ne pas regarder Sofia. Rassuré de ne pas avoir à chercher le bouton reset, il trottina tranquillement jusqu'à la plage. Il se pencha pour contempler son reflet sur la surface de l'eau. La gravité fit son œuvre ; ses longues oreilles basculèrent et trempèrent dans le lac, ce qui le fit sursauter puis s'éloigner de l'étendue traitresse. Misère. On n'était pas sorti de l'auberge.
 
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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Mer 30 Mai - 13:35

Curiosité scientifique. Ou déplacée.Lac des Sirènes
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Le moins que l'on puisse dire concernant Sofia, c'est qu'elle n'a jamais été quelqu'un de pudique. A ses yeux, il n'y a rien de honteux à dévoiler son corps – après tout, n'y a-t-il pas des schémas de personnes nues dans le manuels scolaires ? Ce n'est pas comme si le monde entier ignorait l'apparence des hommes et des femmes. Si Sofia comprend les réserves concernant les appareils reproducteurs, elle ne saisit toujours pas pourquoi le sujet de la poitrine est si controversé. Elle, elle est d'avis que la poitrine ne devrait pas être catégorisée comme quelque chose de sexuel. Après tout, le sein sert avant tout à nourrir les enfants. D'autant plus que la poitrine de ces messieurs, elle, ne semble déranger personne. La magicienne a toujours trouvé cela très triste que l'on apprenne aux petites filles que leur poitrine est quelque chose à cacher, un simple objet de désir qui doit rester bien à l'abris d'un soutien-gorge. Bien sûr, elle n'encourage pas l'exhibition, n'exagérons rien. Mais la poitrine est une partie du corps comme une autre, que tous – et surtout toutes – devraient assumer sans avoir à en rougir.

Bien évidemment, elle s'attendait à ce que sa transformation ne laisse pas son collègue de marbre. Frédérik a beau être ce qu'il est, il a ses limites comme tout le monde. Sofia ne se froisse donc pas de le voir détourner le regard – cela l'amuse, même. Oui, elle aurait très bien pu transformer son soutien-gorge en simple tunique, pas en coquillage. Mais elle doit avouer trouver un malin plaisir à le taquiner un peu. A tester ses limite, en somme. Rien de bien méchant, évidemment, mais disons qu'elle est curieuse, elle aussi. Tant pis pour un probable Frédérik-triton, ce sera peut-être pour une prochaine fois. De toute façon, Sofia s'en doutait bien. Les choses auraient pu être tout autre si elle ne l'avait pas mit mal à l'aise mais ça, elle ne le saura jamais. Rejetons plutôt la faute sur sa poitrine. Ce n'est de la faute de Sofia si la nature l'a autant gâté. Et encore, Frédérik ne l'a pas connu lorsqu'elle était enceinte de Milla. La pauvre danoise ne voyait même plus ses pieds entre ses seins énormes et son ventre bien trop rond. Heureusement, tout a plutôt rapidement reprit taille « normale » à son accouchement.

Enfin, trêve de blabla, il est temps d'aller rendre visite aux Sirènes. Mais avant que Sofia ne plonge, Frédérik s'adresse une dernière fois à elle :

Souhaitez-vous qu'on vous rejoigne au centre du lac ? Il doit y avoir une barque dans le coin. Bon courage en tout cas.
Avec plaisir, crie-t-elle pour se faire entendre. Vous trouverez une barque un peu plus loin vers l'est. A tout à l'heure !

Et tandis que le « bonne chance » de Derrik résonne dans sa tête, Sofia disparaît dans les eaux claires du lac. Eyla nage à ses côtés, aussi vive qu'un poisson. Le chemin menant jusqu'aux habitations des Sirènes, la magicienne le connaît par cœur. Rien ne semble avoir changé ici bas depuis qu'elle a quitté le domaine, il y a presque vingt ans maintenant. Pour peu, Sofia se reverrait adolescente, désobéissant au règlement intérieur pour rendre visite aux créatures aquatiques. Si ses cheveux sont de cette couleur, c'est grâce à elles. Les Sirènes lui avait coloré l'intégralité de sa chevelure par le bias d'algues, de coquillages et de magie dont elles seules possèdent le secret. Ses parents ont d'abord cru que ce n'était que passager, que ses racines blondes finiraient pas réapparaître et que Sofia retrouverait rapidement sa couleur naturelle. Mais c'était sous-estimé la magie des Sirènes, parce que sa blondeur n'est jamais réapparue. Ses couleurs poussent turquoise, comme si cela avait toujours été sa couleur naturelle. Bien évidemment, Sofia ne s'en est jamais lassée. Cette couleur, elle l'aime sincèrement et ne compte pas en changer.

Je ne suis pas sûre que lui montrer tes seins est une bonne technique de drague, commente Eyla alor qu'elles nagent vers les profondeurs.
Je ne cherche pas à le draguer, voyons ! C'est seulement un collègue de travail.
Bien sûr, bien sûr.

Les premières maisons de Sirènes apparurent rapidement dans le champ de vision de Sofia. Elles sont loin de la surface mais cela ne l'étonne guère, les Sirènes préférant bâtir leurs demeures le plus profondément possible. D'ailleurs, quelques créatures apparurent devant elle. Elles semblent toutes jeunes, des adolescentes sûrement. Puisqu'elles ne connaissent pas Sofia, la curiosité mêlée à l'angoisse se dessinent sur leur visage. Elles ont l'habitude de voir des inconnus, évidemment, mais pas d'avoir des visiteurs pile devant chez elles. Et tandis que l'une d'elle disparaît entre les maisons, sûrement partie à la recherche d'adulte, les autres nagent autour de Sofia en la détaillant sous tous les angles. La magicienne, très calme, les laisse faire sans s'en sentir gênée. Elle connaît suffisamment le peuple aquatique pour savoir que les plus jeunes sont très curieuses et parfois envahissantes. D'ailleurs, elles dévient rapidement leur attention sur Eyla, qui les intrigue déjà bien plus. Si le familier ne dit rien, il n'en passe pas moins et Sofia entend dans son esprit toutes les réactions de l'esprit-dragon. Il aurait peut-être été mieux de la laisser sur la rive avec Frédérik et Derrick, tout compte fait.

Soudain, toutes les petites Sirènes s'écartent pour laisser passer une adulte toute parée de coquillages. Ses cheveux roses fuschia flottent tout autour de sa tête, sertis de perles brillantes. Ses yeux verts, profonds, transpercent Sofia avec une telle intensité que, pendant l'espace d'un instant, elle manque de fuir son regard. Cependant, elle reconnaîtrait ce visage entre mille. Devant elle, se tient Antarrha, sa meilleure amie ici bas. Jamais Sofia n'aurait pensé la revoir ainsi décorée : ces coquillages qui décorent sa queue et ses épaules, ce sont ceux que portent les Matriarches. Ainsi donc, la jeune sirène avec qui elle a fait les quatre cent coups il y a vingt ans est devenue la tête dirigeante du domaine ? Quelle belle surprise. Incapable de cacher sa joie, Sofia lui présente son plus beau sourire, auquel Antarrha répond avec une sincérité touchante. Il ne fallut pas plus longtemps pour que les deux femmes se jettent dans les bras l'une de l'autre, se retrouvant avec un plaisir incommensurable. Les jeunes Sirènes, ébahies, les regardèrent sans faire le moindre commentaire. C'est bien la première fois qu'elles voient leur Matriarche agir de la sorte. Et cela les ravie plus que ça ne les dérange.

Malgré ces retrouvailles inattendues, Sofia ne perd pas son objectif de vue. Elle n'hésite d'ailleurs pas à mettre les deux pieds dans le plat. Et bien évidemment, sa demande étonné Antarrha. Rares sont les personnes qui viennent sciemment réclamer un tel trésor directement auprès des Sirènes. Bien évidemment, la Matriarche sait que le sceptre de la danoise renferme des Larmes des Sirènes de Copenhague, ainsi sa demande lui semble bien stupide. Sofia n'a ainsi pas d'autres choix que lui communiquer ses véritables intentions. Elle ne compte pas mentir à son amie – et de toute façon, les Sirènes ne sont pas stupides, elles savent reconnaître le mensonge de la vérité. Ainsi, la magicienne joue la carte de l'honnêteté, lui avouant que l'un de ses collègues cherche à en savoir plus sur les propriétés des premières Larmes de Sirène. Les créatures semblent d'abord sceptique – elles doutent des véritables intentions du praticien, ce que Sofia comprend tout à fait. Après tout, elles n'ont jamais avoué à qui que ce soit le véritable pouvoir de ce trésor inestimable. Et alors que la magicienne s'attendait à recevoir un refus catégorique, Antarrha lui réclama seulement un entretien avec le concerné. La danoise ne saurait cependant dire si c'était une bonne ou une mauvaise chose.

Ni une ni deux, Sofia fait volte-face pour regagner la surface. Antarrha n'a pas refusé, mais n'a pas accepté non plus. Il faut voir cela comme une demi-victoire. Cependant, cette histoire d'entretien avec Frédérik ne lui dit rien qui vaille. Si, comme lui a dit Derrick, le polonais ne possède pas le moindre tact, cela risque d'être plutôt risqué. Les Sirènes sont des créatures susceptibles, leur humeur peut changer d'une seconde à l'autre. Bien sûr, Sofia compte sur l'amitié qui la lie à Antarrha pour écarter tout danger, mais cela demeure risquer. Cependant, ce sera à Frédérik de déterminer si, oui ou non, il accepte de presque ce risque. Lui qui ne semblait même pas ravi à l'idée de quitter le château, Sofia l'imagine très mal se mouiller pour sa simple conscience professionnelle …

Sofia émerge finalement à la surface et nage jusqu'à son collègue. Si elle prend soin de sortir seulement la tête de l'eau, cette dernière est tellement claire que n'importe qui verrait encore sa poitrine.

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La nouvelle Matriarche est une amie à moi, mais elle veut s'entretenir avec vous avant de nous céder quoi que ce soit. Le mieux serait que vous veniez avec moi mais si vous ne tenez vraiment pas à vous mouiller, j'essaierai de la faire venir … mais pour cela, je ne vous garantie rien.

Aux yeux des Sirènes, il est bien plus respectueux pour un invité de les rejoindre dans leur élément que le contraire. Ainsi, si Frédérik tient vraiment à obtenir des Larmes, il va devoir mettre toutes les chances de son côté. Et pour cela, il va falloir accepter de faire trempette ...

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Jeu 31 Mai - 21:38
dans lequel un gars veut mourir

Un pied après l'autre. Doucement. Le rebord, puis -- Oh, merde, merde, merde. Cette chose tanguait beaucoup trop. Presque à quatre pattes, les fesses en l'air, dans une position tout sauf respirant la maîtrise, Frédérik se figea lorsqu'il sentit un soubresaut suspect de l'embarcation de fortune. Derrick se tenait à l'avant ; en un bond, il avait réussi à grimper dans la fameuse barque. Il contenait maintenant tant bien que mal le fou-rire qui lui montait face au spectacle dantesque de son théoricien préféré livré à une activité physique inhabituelle. Franchement, il avait tellement envie de se marrer.

Frédérik avait l'air si mal à l'aise, ses mouvements, rigides, comme ceux d'un automate, traduisaient sa peur de s'offrir un bain surprise. Mais plus il craignait le plongeon, plus la conclusion semblait inéluctable, ses gestes emplis d'appréhension n'œuvrant en rien pour sa stabilité. Son attitude était parfaitement risible, mais Derrick se gardait de tout commentaire. Il savait que la situation était terrible pour Frédérik, il ne voulait pas en rajouter une couche en se foutant de sa tronche. Il resta donc de marbre, assis, jusqu'à ce que Frédérik parvienne enfin à se hisser au bout d'une petite éternité. Le magicien semblait exténué après cette terrible épreuve, déjà en nage alors qu'il n'avait pas encore attaqué le vif du sujet. Il s'assit au milieu avec mille précautions.

Étape numéro deux, on mettait le tout en mouvement. Comme il l'avait prédit, le polonais se contenta de mobiliser sa magie pour faire avancer l'embarcation. D'ordinaire, il n'aimait pas gaspiller sa magie pour des actions qu'il pouvait faire lui-même avec ses deux mains. Dans la mesure où il ne s'imaginait pas deux secondes ramer, il considéra que la situation relevait des exceptions qu'il s'autorisait. La barque remua légèrement puis avança, mue par une force invisible. Frédérik croisa les bras, tentant tant bien que mal de retrouver sa tranquillité d'esprit. Comme l'avait annoncé Sofia, il avait dégotté son bateau à l'emplacement prévu. Le professeur n'avait aucune idée de l'identité de son propriétaire, et, à vrai dire, cette question était très éloignée de ses préoccupations actuelles. Il ne lui faudrait pas longtemps pour atteindre le centre du lac et ensuite ... Eh bien, il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre.

Elle est quand même gentille Sofia.
Oui.
Et vachement bonne.


Frédérik fusilla le chien du regard.

Je suis obligé de dire ce genre de choses pour te faire réagir, sinon, tu vas te contenter de me balancer des réponses au lance-pierre.
Certes.
AH ! Tu vois !


En fait, Frédérik n'avait pas spécialement envie que Derrick lui remémore la vision de sa collègue dénudée. Pas que ce soit une image déplaisante, il n'oserait pas. Mais pour une personne aussi pudique et réservée que lui, ce genre d'incident gênant se devait de rester à jamais enterrer dans les tréfonds de sa mémoire, insusceptible un jour de remonter à la surface de quelque manière que ce soit. Comprenant que son partenaire n'était pas d'humeur à faire la conversation, comme d'habitude en fait, le basset se retourna pour sonder les eaux du lac. Dressé triomphalement, ses oreilles au vent, on eut dit une figure de proue ornant leur coquille de noix. Sûrement la pire figure de proue de toute l'histoire par contre ; elle n'avait rien d'épique celle-là, ni de très élégante, tendant davantage vers le graisseux que le gracieux. Frédérik n'osait pas bouger d'un pouce de son côté, de peur de provoquer une rupture de leur équilibre précaire.

Tu pourrais au moins me dire combien t'as eu de copines ... Ou de copains. Je sais même pas.
Et renoncer à te voir vainement chercher les informations ? Non. Te voir galérer est bien trop divertissant.
Un jour, je demanderais à Benjamin qu'il me raconte tout, même les anecdotes honteuses, grommela le chien.
Tu peux toujours essayer, il ne dira rien, même sous la torture.

Bon, il fallait avouer que Frédérik trouvait amusant la persévérance de son cabot à vouloir à tout prix  tout savoir de sa vie privée. Il tentait des attaques frontales, parfois prenait des chemins détournés, interrogeait discrètement Benjamin à l'occasion, sans jamais réussir à extraire la moindre parcelle d'information. L'homme savait par avance que Derrick allait subrepticement glisser dans une conversation une question sur ce qu'il avait pensé de Sofia, rien que par curiosité, et aussi, pour le pousser à aller vers elle si le courant pouvait passer, d'un point de vue amical bien évidemment. Parce qu'il voulait voir son petit Fredo se faire des potos à la pelle, comme une maman larguant son gamin en pleine cour de récréation. Voire plus si affinité. A défaut d'apprendre la vie privée de Frédérik, il souhaitait lui en bâtir une, plus fournie. Il n'avait pas l'air de comprendre que le concerné était amplement satisfait de sa condition ; il ne demandait rien de plus. Ah, si, sauf peut-être des larmes de Sirènes. Tant qu'à faire.

Après quelques minutes, ils arrivèrent au centre du lac. Frédérik stoppa leur barque. La surface ondulait à peine sous leur embarcation. Derrick s'allongea, profitant du soleil. Le calme complet, la tranquillité bien méritée. Un cadre plutôt agréable si notre machine avait été sensible à ce genre de détail. Si l'eau se voulait cristalline, le maître ne parvenait pas à distinguer ce qui se tramait dans les profondeurs. Il ne restait plus qu'à attendre, nouvelle épreuve de patience moins hardcore que les précédentes, même si le bosseur en lui se plaignait de la perte de temps. Il aurait dû prendre un livre ou quelque chose pour s'occuper. Puisqu'il n'avait rien, il ne bougea pas d'un iota, bras croisés, regardant distraitement la surface tandis que ses pensées vagabondaient sur les propriétés des algues d'eau douce. Un sujet tout à fait passionnant.

Au bout d'un moment - il ne saurait dire combien de temps -, il vit un point bleu émerger. Le point se rapprocha jusqu'à ce qu'il puisse discerner le visage de Sofia. Instant de vérité.

Une bonne et une mauvaise nouvelle ...

Ah. Une phrase qui commençait de la sorte finissait rarement bien. Son instinct ne le trompa pas ; on voulait s'entretenir avec lui. D'accord. La précaution lui paraissait superfétatoire dans la mesure où il ne ferait que répéter ce que Sofia aurait probablement raconté à la Matriarche, à savoir qu'il désirait acquérir quelques Larmes pour en découvrir les propriétés, mais soit. Admettons que sa voix grave change la donne. Donc, ce rendez-vous ? En bas, dans l'eau ... ? Frédérik se crispa. Comme il l'avait annoncé à Derrick, cette quête se voulait plus difficile que son apparence le laissait entendre. Pour autant, le magicien ne réagit pas outre mesure à cette terrible nouvelle, au contraire, il la prit avec un certain fatalisme. Envoyer Sofia dans un premier temps avait été une tentative pour échapper à ce passage. Au mieux, elle aurait apporté une réponse tranchée, qui aurait conduit à un échec ou une réussite, point. Au pire, elle ouvrait la négociation. Le scénario pire venait de se déclencher et le pire négociateur de toute l'histoire devait maintenant entrer en scène.  

Au départ, il faillit décliner l'invitation de but en blanc ; l'inclure lui ne faisait que décroître leurs chances. Mais il ne serait pas dit que Frédérik Bartosz, professeur de potions, se dégonflera et ne mettra pas tout en œuvre pour atteindre un objectif. L'alternative présentée n'en était pas vraiment une. Il était le demandeur, il n'était donc pas en position de force, au contraire, c'était à lui de se plier aux exigences de l'autre partie s'il désirait entrer dans ses petites papiers. Le contraire aurait envoyé un message fort discourtois. Autant se donner les moyens de réussir ; s'il commençait à jouer les précieux, il se tirait une balle dans le pied. Au terme de cette analyse objective de la situation, il en déduisit qu'il n'avait pas le choix. L'avait-il déjà eu une fois dans sa vie à vrai dire ? Il se mit à retirer sa veste qu'il plia avec soin.

« Je n'ai pas vraiment le choix. »

Il enleva son veston qui, une fois soigneusement plié, rejoignit sa veste suivi de près par son jabot et ses lunettes. Derrick avait sa bouche grande ouverte.

OUAAAAH ! Trop COOL ! Fredou passe à l'action ! OMG !

Le futur aventurier se retourna pour ne pas faire face à Sofia avant de déboutonner sa chemise. Il se dépêchait pour ne pas changer d'avis et regretter amèrement sa décision. Son empressement presque frénétique lui offrit cependant une petite frayeur quand un mouvement un brin trop vif fit osciller la barque. Il plaça sa chemise sur sa pile ordonnée, un peu inquiet à l'idée d'y faire un faux plis. Ses chaussures et chaussettes suivirent de près et il arriva à l'instant fatidique. Hésitation. Retirer son pantalon ne le tentait pas des masses. Mais d'un autre côté, il n'avait pas envie de risquer de le salir. Il déboucla sa ceinture. Si on le voyait ainsi ... Il avait l'impression d'être un adolescent sur le point de prendre un bain de minuit. Au summum de l'embarras, il retira son pantalon puis plongea dans le lac avant que Sofia n'ait le temps d'admirer son boxer noir. La bouche de Derrick trainait presque par terre désormais. Frédérik s'interrogeait sur ses choix de vie. Au moins, maintenant, il y avait un partout : il l'avait vue à moitié à poil, elle aussi. Splendide. Maintenant, il ne voulait même plus du tout la croiser dans les couloirs.

D'un sort, il captura une bulle d'air qu'il plaça sur le bas de son visage pour pouvoir respirer et parler. La réserve se voulait limitée, mais il échappait à la queue de poisson. Pas la peine de le rendre plus ridicule qu'il ne l'était actuellement. S'il avait su, il aurait préparé une potion bien plus efficace, mais il n'avait pas ce type d'ingrédient dans son nécessaire. Il ne désirait pas non plus faire trainer les choses en longueur en balançant une liste d'ingrédients à Sofia à cueillir dans le lac ; il valait mieux mener cette opération comme on arrachait un pansement : rapidement, pour souffrir un coup.

« On peut y aller. Avant que je regrette mes choix de vie. »
« Quelque chose me dit que c'est trop tard pour ça. »

Pour une fois, Derrick n'avait pas tord.

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Jeu 7 Juin - 14:55

Curiosité scientifique. Ou déplacée.Lac des Sirènes
Sofia
Eriksen
Fréderik
Bartosz
Soyons honnêtes : en plongeant, Sofia était certaine que les Sirènes demanderaient à voir Frédérik. C’est logique dans un sens, ça se saurait si elles distribuaient des Premières Larmes à tous ceux en faisant la demande. Car si c’était le cas, le professeur de potion n’aurait jamais eu besoin de Sofia pour s’en procurer. Certes, la magicienne a entrevu l’espoir de passer outre cet entretien en retrouvant Antarrah, mais amie ou pas la Sirène est la Matriarche, elle se doit donc de faire les choses dans les règles sans se laisser influencer par ses sentiments. D’autant plus que l’arrivée de Sofia a poussé plein de curieuse à sortir de chez elles pour assister à l’entrevue. Devant son peuple, Antarrah se doit d’être magnanime. Ce que Sofia comprend sincèrement, c’est pourquoi elle n’a pas essayé de la dissuader. Le mieux pour mettre toutes les chances de leur côté est de respecter le protocole à la lettre. Reste à savoir comment Frédérik allait accueillir cette nouvelle - et surtout, qu’est-ce qu’il comptait bien faire à présent.

En tout cas, Sofia a bien du mal à imaginer qu’il accepte. Lui qui n’a même pas voulu prendre le risque de grimper sur la digue ne risque pas de de jeter à l’eau. C’est même déjà un miracle qu’il soit monté dans la barque et qu’il soit parvenu à rejoindre le centre du lac - bien que Sofia se doute qu’il a usé de sa magie plus que des rames. Dans tous les cas, elle ne compte pas lui.cacher la vérité. S’il veut vraiment ces Larmes, il va devoir faire quelques efforts supplémentaires. Sofia a d’abord pensé à prendre son apparence et négocier à sa place mais une transformation complète lui aurait demandé bien trop de magie - or, en se métamorphosant en Sirène, elle a déjà bien pioché dans ses réserves. Et loin d’elle l’envie de subir les effets de la Sécheresse. Privée de force magique, elle risquerait de se noyer dans le lac.

Mais contre toute attente, Frédérik prend une décision inconcevable. Le professeur commence à se déshabiller. Avec minutie, il plie chaque vêtement comme une mère de famille bien trop maniaque. Surprise, Sofia le regarde faire sans parvenir à prononcer le moindre mot. Lorsque vient le moment pour lui de retirer sa chemise, il tourne le dos - réaction stupide, ne s’apprête-t-il pas à la rejoindre dans l’eau ? Fatalement, elle finira par le voir, qu’il le veuille ou non. Cependant, cette scène la ramène brutalement plusieurs années en arrière, lorsqu’elle étudiait ici. Elle se revoit, toute adolescente qu’elle était, attendant impatiemment que son petit-ami la rejoigne dans l’eau. Ils s’étaient enfuis de leur chambre après le couvre-feu pour se rejoindre ici, dans le lac, pour profiter d’un bain de minuit tout à fait illégal. Si Sofia ne se souvient pas de tous les détails, le fait de voir son collègue se déshabiller dans la barque fait remonter en elle des souvenirs de sa folle jeunesse. Rouge comme une tomate, elle tourne la tête en repoussant au plus profond de son esprit le souvenir des nuits torrides qu’elle a déjà vécu aux abords du lac.

Ressaisis-toi, Sofia. Bartosz est un collègue. Vous ne comptez pas vous ébattre sur la digue ou mélanger vos salives au beau milieu du lac. La magicienne se gifle mentalement pour se remettre les idées en place. Au même moment, Frédérik plonge, envoyant des gerbes d’eau sur le museau de Eyla qui disparaît aussitôt sous la surface. Un petit tour de magie plus tard, voilà que le professeur de potion est affublé d’une bulle d’oxygène sur le visage. Vraiment pas de triton alors ? Dommage. Cela aurait évité à Sofia de voir son caleçon mais soit. C’était bien utile de faire le timide sur la barque, va. La magicienne retient cependant tout commentaire et prend aussitôt la tête du duo pour mener Frédérik jusqu’à Antarrah. Sur le chemin, elle ne pipe pas le moindre mot et ne se retourne que pour vérifier qu’il la suit toujours. Arrivés aux abords du village, Sofia considère nécessaire de lui faire quelques petites mises en garde.

La Matriarche a beau être une amie, elle ne demeure pas moins une Sirène et vous savez autant que moi qu’elles peuvent se montrer sans pitié si nous leur manquons de respect. Soyez toujours franc, mais contrôlez votre tact : si vous les vexez, vous pouvez dire adieu aux Larmes. D’ailleurs, ne mentez pas sur vos intentions … les Sirènes sont très douées pour détecter les mensonges.

Ceci dit, Sofia le guide jusqu’au village où attendent de nombreuses Sirènes et quelques Tritons. Il y a bien plus de monde qu’à son départ mais ce n’est pas étonnant : les nouvelles vont vite dans le monde aquatique. Antarrah s’approche alors du duo, étudiant longuement Frédérik du regard. Finalement, elle s’adresse à lui en ces termes :

Bonjour à vous. Mon amie ici présente m’a dit que vous souhaitiez mettre la main sur des Premières Larmes. Puis-je savoir pourquoi ?

Antarrah est polie et sa voix ne véhicule ni haine ni froideur. Seulement une curiosité sincère et le désir de protéger son peuple. Qui pourrait lui en vouloir ? Muette comme une carpe, Sofia glisse un regard vers Bartosz. C’est à lui de jouer désormais. En espérant qu’il ne saute pas à pied joint sur une mine. Un peu angoissée, la magicienne s’apprête à s’adresser mentalement à Eyla lorsqu’elle réalise que cette dernière a disparu. Où est-ce que l’esprit dragon Sirène a bien pu aller ?!

Et bien, madame est tout simplement restée à la surface, tout comme son congénère chien. Cependant, c’est pour une raison bien précise. D’un bond, Eyla grimpe sur la barque, perdant aussitôt sa queue de poisson. Évitant de mouiller les vêtements que Frédérik a prit la peine de si bien plier, le familier s’approche de Derrick. C’est à lui qu’elle veut parler, et ça tombe bien qu’il n’ait pas suivi son magicien dans le lac. Ainsi, ils peuvent discuter sans être dérangés.

Je sais que tu ne me portes pas dans ton coeur mais j’ai cru comprendre que, toi aussi, tu te soucis du bien-être de ton magicien. Ce qui est tout à ton honneur. C’est pourquoi je te propose de coopérer. Je pense sincèrement que nous avons toutes les chances de faire éclore la fleur de l’amour entre Sofia et Frédérik. M’aiderais-tu dans ce but ?

Si Sofia l’attendait, elle lui tordrait le cou. C’est pourquoi la communication entre familier est si géniale. Ils peuvent se parler entre eux sans que personne ne puisse savoir la nature de leurs échanges.

Tu sais, ma Sofia est une maman célibataire de trente-sept ans et je crois qu’elle a oublié qu’elle a le droit d’aimer de nouveau. Or, le sérieux et le pragmatisme de Frédérik sont exactement ce qu’il lui faut. À moins que, de son côté, quelqu’un comme Sofia ne lui conviendrait pas du tout ?

Frédérik est un homme compliqué après tout. Mais il n’y a pas mieux que son familier pour obtenir toutes les informations essentiels à la petite quête d’Eyla.


HRP:
 

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MessageSujet: Re: Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia} Ven 8 Juin - 16:25
dans lequel un gars est sous l'océan

Parfois, mieux valait ne pas réfléchir à ses gestes. Dans cet état d'esprit, Frédérik évitait ainsi de ruminer sur ce qu'il aurait pu faire et ce qu'il aurait dû faire. Cette situation risquait d'entrer en conflit avec  sa raison au point de le faire douter de chacune de ses décisions. Du coup, il préféra agir plutôt que cogiter, chose assez rare venant de lui. L'impulsivité n'appartenait pas à son vocabulaire en temps normal. Néanmoins, les évènements lui démontraient qu'il n'était plus en temps normal depuis qu'il avait démarché Eriksen. De toute façon, la perfection ne s'atteignait qu'au prix de certaines offrandes ; en l'occurrence, sa dignité venait d'être sauvagement sacrifié sur l'autel de son professionnalisme.

Il suivait Sofia, s'efforçant de garder la tête vide avant que la gêne provoquée par l'incongruité de la situation ne lui revienne en pleine face avec la force d'un troupeau de bisons enragés. Bien sûr, il appréhendait l'entrevue. Se percevant comme inapte à ce type d'échange, il sentait lentement mais sûrement que la Bérézina approchait. Juste au cas où, M. Précautions avait tout de même donné quelques instructions à Derrick dans la folle hypothèse où il reviendrait triomphant. Quand il raconterait à Benjamin qu'il avait fini en calbute dans le lac du bahut ... Jamais son ami ne le croirait. Lui même parvenait à peine à l'admettre.

L'homme le moins à l'aise du monde se frayait un chemin, constatant au passage qu'il n'avait rien perdu de ses cours de natation. Ses mouvements devinrent plus fluides au fur et à mesure. Le village se dessinait petit à petit devant ses yeux. Même s'il n'avait pas pris ses lunettes avec lui, il parvenait à distinguer les formes avec aisance. Pour tout avouer, c'était la première fois qu'il voyait un véritable village de ce genre autre que croqué dans un livre. La curiosité lui fit brièvement admirer le panorama sans réussir à en tirer quoi que ce soit, trop concentré sur sa mission.

« D'accord. Merci beaucoup. » lâcha-t-il à l'ultime recommandation de sa partenaire.

Mentir ne figurait pas dans ses habitudes. Par contre, maîtriser son tact allait se montrer plus ardu. Il allait marcher sur des œufs. Et, en général, Frédérik finissait fatalement par sauter à pieds joints dedans, surtout quand il tentait d'y faire attention.

Sur ces bonnes paroles, ils s'avancèrent dans la fosse aux lions. Frédérik sentit des dizaines de pairs d'yeux se braquer immédiatement sur sa personne. Ce brave professeur, grand amateur de discrétion, se tendit. Il n'aimait pas vraiment être un objet de curiosité. Sur l'échelle du malaise, on grimpait de nouveau quelques barreaux. Il avait encore de la marge avant de d'atteindre le sommet, mais on s'en rapprochait doucement. Peu assuré, il s'avança jusqu'à faire face à la personne qu'il devina être la fameuse Matriarche. Frédérik aurait souhaité lui paraître agréable pour marquer des points. Sauf qu'il ne savait pas comment faire. Et que son apparence physique actuelle, avec ses cheveux plaqués en arrière par l'eau, ne participait pas vraiment à le rendre cool. Facile de paraître professionnel en costar. Beaucoup moins dans le cas présent. Il conserva son air neutre et impénétrable, abscons pour certains, tandis que la sirène l'étudiait de haut en bas.

Vous entendez ce jingle au loin ? Mais oui ! On montait encore un échelon sur la fameuse échelle du malaise. Vers l'infini, et au-delà !

Elle parla enfin. Tant mieux ; être inspecté sous toutes les coutures commençaient vraiment à accroître son niveau de gêne. Lorsqu'elle le salua, il lui répondit machinalement avec un bonjour poli. Il remarqua cependant qu'elle ne s'embarrassa pas de tours et détours pour aborder le fameux sujet, heureusement. Désormais, il avait les cartes en main. Il comptait appliquer scrupuleusement les conseils qu'Eriksen lui avait prodigués, ce qui, au fond, ne changeait pas fondamentalement sa manière de se comporter habituelle. A son tour, son ton se veut impassible.

« Effectivement, je souhaiterai acquérir un échantillon de ces larmes, simplement pour les examiner. A ce jour, ce composant rare reste emprunt de mystère. On ne connaît que partiellement son effet, les documents en faisant état n'étant que de vieux récits de rencontre avec certains membres de votre peuple. Rien de très concret en somme. Ce sujet m'intéresse particulièrement parce qu'il pourrait constituer une avancée majeure dans mon domaine et, surtout, satisferait ma curiosité personnelle. Je voudrais leur consacrer un chapitre dans mon prochain ouvrage à vrai dire. »

Ce qui était on ne peut plus véridique. On vit d'ailleurs son regard brièvement pétiller à l'évocation de son sujet de prédilection, faisait état de toute sa passion. Toutefois, Frédérik connaissait parfaitement la faille majeure dans son exposé, l'argument qui, depuis le départ, lui faisait redouter l'échec. Soyons fous : il obtenait ce qu'il désirait et débutait son étude. Découverte incroyable : toutes ses conjectures se vérifiaient les unes après les autres, les larmes remplissaient toutes les promesses et plus encore. Les lecteurs de son bouquin, émerveillés par cette découverte, souhaiteraient à leur tour faire l'acquisition de ce composé fabuleux. Rien ne les empêcherait de démarcher les sirènes. Plus le matériau se voudrait incroyable, plus leur volonté d'en acquérir exploserait. Quitte à user de la force si le jeu en valait la chandelle, déjà. Et, quitte à mettre en danger la tranquillité des sirènes dans leur ensemble, comme certaines espèces magiques avant elles avaient subi de plein fouet l'avidité humaine. Et ça, il n'y pouvait rien. Ses motivations étaient pures, alimentées par sa passion pour sa matière ; il ne pouvait pas, matériellement, s'assurer que son geste n'aurait aucune répercussion, étant dans l'incapacité de se porter garant pour la race humaine dans son entièreté. Puisque Sofia lui a demandé de faire preuve d'honnêteté ...

« Je suis parfaitement conscient des dangers pour vous. Si les résultats s'avèrent concluants, je ne peux pas vous assurer de votre tranquillité. »

A moins de mener une étude strictement privée, dans le plus grand secret, sans jamais communiquer les résultats à personne. Certes, il comblerait ainsi sa propre curiosité. Sauf qu'il s'en voudrait d'être l'égoïste détenteur d'informations susceptibles de faire avancer le monde magique sans être capable de les partager.

Pendant ce temps, Derrick veillait jalousement sur les affaires de Frédérik. Connaissant l'autre marsouin, s'il leur arrivait quelque chose, sa maladresse serait tenue pour responsable même si elle n'y était pour rien. De fait, il montait la garde, allongé de tout son long. La conduite du magicien l'avait agréablement surpris ; pour être honnête, jamais il n'aurait pensé que Frédérik ait été capable de plonger dans le lac de l'école de la sorte. Bien sûr, il reconnaissait tout la maladresse du théoricien au travers de ses choix : il aurait été plus avisé de choisir l'option queue de poisson plutôt que se dessaper, mais, comble de l'ironie, Frédérik avait des raisons que la raison ignorait parfois. Le basset soupçonnait surtout une décision prise sur le qui-vive afin de ne pas reculer sans mettre ses pattes à couper.

A son étonnement, son homologue félin le rejoignit à bord. Ce rapprochement soudain ne ravit pas le chien qui y percevait un piège sous-jacent. Méfiance de rigueur, il observa la créature s'introduire sur son territoire. Loin de se douter de ce qu'il allait suivre, les premiers mots de l'esprit dragon lui firent arquer ses sourcils dans une expression de pure stupéfaction. Sa bouche s'ouvrit derechef, lui conférant un air parfaitement imbécile qui lui seyait merveilleusement bien. Plus les paroles d'Eyla s'enchaînèrent, plus son arcade de sourcilière montait au point qu'une phrase de plus de l'esprit dragon aurait risqué de la faire sortir de son visage. Keuwah ? Elle était planquée où, la caméra ? Derrick se tourna à la recherche d'un outil d'enregistrement quelconque. Pourquoi ? Comment ? Dans quel but ? Par quel miracle ? Il fallut quelques minutes au basset pour réaliser qu'il ne rêvait pas et qu'il allait vraiment avoir cette conversation avec un familier qui ne lui inspirait aucune confiance. Franchement pris au dépourvu, il balbutia quelques réponses avant de parvenir à former une phrase cohérente.

« Euh ... Tu peux m'expliquer à quel comment, en voyant Frédérik, tu te dis que ce mec est parfait pour une vie de couple ... ? »

Le raisonnement du familier le laissait pantois. Quand on apercevait Frédérik, on se disait TOUT sauf cet homme est l'homme de ma vie.

« Il est chiant, tu sais. Ennuyeux. Sa vie est réglée comme du papier à musique. Son perfectionnisme agace, il est souvent cassant voire parfaitement froid, il ne sourit que rarement, sauf peut-être quand on le colle devant sa PS4, et encore. Et il est maniaaaaque. C'est horrible. Les choses qui disparaissent dans la salle des profs ? C'est lui. Elles ne disparaissent pas en fait, elles sont juste rangées. Et il a vraiment un balai dans le cul. VRAIMENT. J'ai même cru qu'il était gay pendant un an. C'est un hérisson arctique qui, en prime, ne souhaite pas se marier, et encore moins fonder une famille.  Sofia mérite peut-être quelqu'un de moins ... Rigide. »

Le jugement de Derrick fut sans appel. Il adorait Frédérik, clairement, il ne souhaitait que son bonheur comme l'avait très justement soulevé Eyla. Mais il ne se voilait pas la face quant au potentiel amoureux de son frigo bipède et si, intérieurement, la proposition l'enthousiasmait d'une manière presque indécente, la prudence était de mise. Il préférait d'emblée dépeindre son partenaire brutalement, au vitriol, pour éviter les faux espoirs de son congénère. Bien entendu, Frédérik avait pleins de bons côtés, Derrick l'adulait, il le trouvait incroyable. Mais il avait également conscience que le polonais se voulait complexe et que, peut-être, une femme aussi dynamique que Sofia méritait une personne plus funky. Ces paroles sonnaient comme une mise en garde. L'opportunité l'attirait, il n'y était pas fermé, mais il voulait s'assurer avant toute chose que Eyla n'avait pas mal jugé la situation. Si tous ces éléments ne la rebutaient pas définitivement, alors, peut-être était-il possible de tenter de bâtir quelque chose. Peut-être. Parce que Derrick n'avait strictement aucune idée des goûts de l'homme en matière de femmes, ni de l'état de sa vie sentimentale qu'il pressentait malgré tout inexistante, et encore moins de son comportement. Il supposait qu'en couple, Frédérik se comportait un brin différemment, sans parvenir à déterminer comment. Bref, le flou artistique le plus complet.

Et si Frédérik apprenait qu'il avait ce genre de conversation, il était mort, cela va de soi.
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Curiosité scientifique. Ou déplacée. {Sofia}
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