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Quatre verres, pas plus - Ft Sangha
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Dim 4 Mar - 11:14
Nozémie ? Nozomi ?

C'était ça ! Nozomi l'Infamie !

Cette petite peste n’est pas foutue de ressentir la moindre once de reconnaissance ! J’ai été bien gentille de lui permettre de remonter quasi-immédiatement quand elle est tombée de sa bourrique mais non !

Je ne lui faisais pas dire ! Ce qui était particulièrement étrange comme expression, non ? Surtout quand elle n'était pas une réponse orale, mais juste pensée. Je ne lui faisais rien dire du tout, puisqu'elle disait les choses toute seule. C'est vrai quoi. La langue française peut être ridicule des fois, il suffisait de se pencher sur un mot ou une expression pour comprendre que quarante pour cent de notre langue était du grand n'importe quoi. J'aurais bien aimé parler islandais, tiens. Ou péruvien ! Mais ça ne parlait pas espagnol, les péruviens ? Il devait bien y avoir une petite différence quand même. Qui ça intéressait, ce que j'étais en train de raconter ? Même pas moi ! Je repensais surtout, en plus de mes questions existentialo-linguistiques, et au fait que Line puisse appeler une merveille telle que peut l'être un Pégase une "bourrique", à cette Nozomi et la prétention qu'elle dégageait à chacun de ses pas. Elle ne prenait pas la peine de me demander quoi que ce soit pour ces Pégases avec lesquels elle aimait passer du temps. Elle m'avait intéressé. J'avais voulu lui parler. Partager, quoi. Comme j'avais l'habitude de faire. Comme tout le monde devrait avoir l'habitude de faire. Après tout c'était ça, être humain. Elle m'avait envoyé bouler. Elle était présidente du club de voltige, s'il vous plaît ! Un titre visiblement honorifique qu'elle portait comme une robe de soie ou des gants de velours. Je n'étais que garde-chasse, et le nom un peu bouseux de cette fonction n'était pas digne d'une telle dame. Et puis, bien sûr...

… Comme je suis une Sorcière, ça plaît pas à Madame ! continua Line, concluant mes propres pensées. Vous auriez dû voir le dégoût dont elle fait preuve quand on est dans les parages. S’il y a bien un truc qui lui est resté au travers de la gorge dans sa vie, ben c’est bien notre arrivée dans l’école !

Si Line ne plaisait pas à la princesse, alors j'avais une nouvelle raison de ne pas la porter dans mon cœur. Ce genre de comportement ne devrait pas être toléré dans une école telle que la nôtre. Un jour, il pourrait arriver un accident, un véritable accident. Un accident volontaire entraînant la mort d'un sorcier par exemple. Ou d'un magicien. La seule belle chose dans le racisme, c'est qu'il était souvent réciproque. Je souris à mon propre sarcasme. Le rejet, cela pouvait rendre cynique.

Tiens-moi ça.

Nous arrivâmes dans le couloir dont les lumières s'activèrent... comme par magie. Qu'est-ce que je pouvais être drôle ! Un long couloir avec quelques décorations, pas mal de plantes en pot, et plusieurs portes. Ces portes qui semblaient se déplacer le long des murs. Et ces murs qui semblaient onduler sur un sol instable. Le couloir lui-même, d'ordinaire parfaitement rectiligne, bougeait et effectuait des virages à quatre-dix degrés comme un serpent qui participerait au Tour de France. Je m'étais retourné vers Line lorsqu'elle m'interpella. Pour me retrouver avec un plateau de toasts sur les bras. Elle me prit les bouteilles des mains. J'en profitai pour grignoter. Les odeurs qui se dégageaient sous mon nez faisaient hurler mon ventre d'envie. Ou alors, le whisky commençait à faire des siennes. Et elle m'avait tutoyé !

Les soirées étudiantes, ça nous apprend des trucs importants quand même. Comme changer les alcools bof en alcools cool. Et le whisky, c’est un alcool cool. Par contre, j’ai jamais expérimenté sur de la bière, du coup je garantis rien.

Quelle classe ! Je l'admirais avec des yeux rêveurs. Et je l'imaginais dans des soirées étudiantes. Ce qui, en l'état actuel des choses, n'était pas difficile. J'aurais pu l'envier également, si j'étais ce genre de personnes, et si mon cerveau plein de malt fermenté n'était pas déjà tout consacré à la contemplation d'une jolie demoiselle. Parce que je n'avais jamais eu de soirée étudiante, moi. Je ne savais pas ce que c'était que de passer une soirée dans un bar. Je ne savais pas à quoi ressemblait une foule de gens ivres. Je ne savais pas ce que c'était que d'offrir un verre à quelqu'un qui nous plaisait, ou inversement. Parler fort à l'oreille d'un ami. Hurler pour chanter plus fort que la musique. Danser sur une table et se laisser aller à l'ambiance. Je ne savais rien de tout cela. J'étais comme un enfant, avide de découverte et rêveur. Mais tout cela n'arriverait jamais. Je ne partagerais jamais rien. C'était un peu triste, mais c'était ma vie.

Heureusement, avec Line dans les parages, je ne me laissais pas abattre par de sombres pensées. Je les oubliai bien vite même, trop émerveillé par le sortilège qu'elle connaissait déjà. Je l'avais faite déplacer pour rien, ingrat que j'étais ! Je poussai un « woooooooh ! » plein d'entrain lorsque les bouchons s'envolèrent en un « pop » sonore. Nous trinquâmes une énième fois et découvrîmes la magie du whisky pétillant.

C'est... particulier.

Buvable, j'aurais dit. Ni mauvais, ni bon. C'était peut-être très mauvais, mais à cette heure avancé de l'apéritif, je pouvais ingurgiter n'importe quoi sans m'en plaindre.

Puis la panique. En haut. Parce que nous, on était biens. Des familiers qui se mettaient à hurler. Le fracas du bois qui se renversait. Des meubles qui sans doute étaient en train d'exploser. Et je n'imaginais guère l'état de mon pauvre canapé.

Le loup, il était endormi depuis combien de temps ?

Oups. Je haussai les épaules en affichant un sourire coupable, comme un enfant qui aurait mis un plat en plastique dans le four. Ce qui m'était déjà arrivé, d'ailleurs. Trois jours plus tôt.

Je donnai ma bouteille à mon amie et pris une grande inspiration. Le moment était venu. A moi de jouer, de montrer de quoi j'étais capable. En tant qu'homme. En tant que garde-chasse. En tant que héros.

Line, si je ne suis pas revenu d'ici deux minutes... dis-je gravement, en posant une main sur son épaule. Putain, qu'est-ce que j'étais beurré ! Il fallait que je me tienne à elle de manière discrète pour ne pas m'écrouler. Attendez un peu plus longtemps.

Puis de me mettre à ramper dans les escaliers pour remonter en toute discrétion. Oscar appelait à l'aide et j'imaginais qu'Epsilon, dans toute la noblesse dont il était pourvu, braillait aussi comme un gamin. Ma tête dépassant de la cage d'escalier, je pus constater le désastre. Imaginez une maison sens dessus-dessous, mais qui continuait à bouger parce que vous êtes bourré. Le résultat était affligeant. Et je n'avais pas prévu de faire le ménage ce soir. J'avais trop peur que l'alcool ne rende mes sorts, non seulement incertains ou inefficaces, mais aussi plus sensibles et puisant plus facilement mes ressources. J'avais peur que ma Malédiction ne vienne blesser Line.

Je remontai et disparus des escaliers pour chercher la créature des yeux. Puis de murmurer – enfin c'est ce que je crus, mais j'avais bu – en tournant la tête vers la cage d'escalier, sans savoir où pouvait être Line.

C'est ok ! Il est planqué sous la cabane que les deux bibliothèques près de la porte ont formé en s'écroulant !
Monsieur ! Monsieur ! Monsieur ! Monsieur ! hurlait Oscar en courant en rond dans la pièce.
J'vais lancer un sort pour l'endormir, encore. Ensuite on ira le mettre dehors et puis... et puis on avisera parce que là je peux pas plus réfléchir, sinon je vais m'évanouir je crois.

Puis de braquer d'un geste viril ma baguette vers le loup, de lancer le sortilège, et d'admirer, impuissant, la scène au ralenti. Le rayon fusa à travers la pièce, parfaitement dirigé vers le loup. C'était sans compter sur mon familier dont le parcours elliptique sur le plancher le conduisait irrémédiablement dans la trajectoire du sortilège.

Oscar, nooooon ! aurais-je voulu hurler au ralenti si j'avais eu le temps et une capacité à réagir non affectée par de multiples verres de whisky.

Une lumière aveuglante explosa dans la pièce. Et un manchot s'écroula et glissa sur deux mètres, entraîné par l'élan de sa course, complètement assommé. Son bec vint se planter dans le tissu du canapé.

Je soupirai, et relançai le sortilège qui, cette fois-ci, toucha l'animal voulu. L'action m'avait essoufflé. Il n'était plus prudent d'user de magie dans les prochaines minutes à venir. Et puis ça m'avait donné soif. Je retournai auprès de Line et lui arrachai ma bouteille de whisky pétillant des mains.

Vous auriez du voir le résultat, le jour où j'ai lancé un sortilège pour faire grandir mes citrouilles dans le potager, et qu'il a déboulé devant moi pour me montrer l'os fossilisé de bébé dragon qu'il avait découvert dans la forêt. J'ai mis trois heures à lui faire reprendre une taille normale de pingouin. Puis il m'a rappelé que ce n'était pas un pingouin mais un manchot, qui ne font pas la même taille, et donc ça m'a pris une heure trente de plus. En plus, c'était juste un os de poulet que j'avais balancé une semaine plus tôt. Enfin vous voyez le tableau.

Puis de boire une, deux, trois, quatre gorgées pour me désaltérer. Ni chamboulé, ni surpris par tout ce qui venait de se produire. Bienvenue dans mon quotidien, mademoiselle l'infirmière.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Lun 5 Mar - 12:41
Quatre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

J’entends Epsilon pailler comme jamais. Et des meubles qui se retournent. Je n’ai pas vraiment envie de sortir de ce sous-sol pour voir l’état de la maison en ce moment… J’imagine bien le loup, entièrement cristallisé bien sûr, en train d’essayer de sortir par les fenêtres ou même les murs. Pauvres murs… Pauvres meubles. Et pauvres familiers qui vont apparemment avoir la peur de leur vie.
Sangha pose sa main sur mon épaule, je le sens tanguer un peu. A moins que ce soit moi… Ou nous deux, c’est fort probable également.

- Line, si je ne suis pas revenu d'ici deux minutes...

Oooh… ! Quelle classe !

- Attendez un peu plus longtemps.

Ah. Je hausse les épaules. Bon, d’accord.
Je me retrouve à nouveau avec les deux canettes de bières - ou de whisky qui pétille je ne sais plus trop - dans les mains en plus du plateau de toasts, sur lequel je pioche un hors-d’œuvre supplémentaire. Sangha, quant à lui, remonte par les escaliers. Je le suis, dans l’unique but d’observer la scène, sans pour autant m’exposer entièrement dans la pièce comme il le fait. Je reste donc dans la cage d’escalier, la tête dépassant du plancher et le whisky posé à même le sol. Je cherche désespérément le loup du regard à travers les meubles écoulés…

- C'est ok ! Il est planqué sous la cabane que les deux bibliothèques près de la porte ont formé en s'écroulant !

Ah ben je l’avais pas vu.
J’arrive enfin à l’apercevoir, planqué entre les deux bibliothèques, ou plutôt ce qu’il en reste. Il a l’air complètement terrifié. Pauvre petite chose… En revanche, j’ai beau chercher partout, je ne vois pas Epsilon. Il s’est sûrement perché en hauteur afin d’échapper à tout ce chaos, en oubliant lâchement Oscar au sol, ce dernier étant incapable de voler. D’ailleurs, lui, impossible de le louper. Il court en rond au milieu de la pièce, en hurlant je ne sais quoi. La panique totale.
Je reprends un toast.

- J'vais lancer un sort pour l'endormir, encore. Ensuite on ira le mettre dehors et puis...

C’est drôle, on se croirait au cinéma. J’ai même les pop-corn que je goulotte sans gêne tout en regardant la scène avec intérêt. Sangha lance un sort pour assommer le loup une nouvelle fois, le canard se place pile dans la trajectoire du sort comme un fait exprès. Par conséquent, ce pauvre Oscar se prend le sort en pleine face, puis glisse sur quelques mètres jusqu’au canapé, dans lequel son bec vient se planter.  C’était… Totalement ridicule.
Je bois une nouvelle gorgée de mon whisky pétillant, en me disant que je devrais peut-être penser à faire breveter la recette, lorsque je ne serai plus bourrée. C’est pas si mal au final, on s’y habitue ! Je crois que je viens d’inventer quelque chose de grandiose. Comme quoi c’est en étant saoul que l’humanité fait ses plus belles découvertes. C’est ce que l’Histoire a toujours dit ! Bon, comme ça, j’ai pas d’exemple, mais je suis persuadée qu’il y en a plein !
Le loup finit enfin par être endormi de nouveau, au prix de multiples pertes, notamment dans le rang des meubles. Epsilon descend enfin de son perchoir sans un mot pour venir se poser sur le postérieur tendu du pauvre canard. Je crois qu’il essaye de le réveiller mais Oscar semble bien endormi. Je bois dans ma canette avant que Sangha ne me l’arrache des mains. C’était sa canette ou la mienne ? Je ne sais plus. Il faut dire qu’elles sont passées de main en main tellement de fois… Bref.

- Vous auriez dû voir le résultat, le jour où j'ai lancé un sortilège pour faire grandir mes citrouilles dans le potager, et qu'il a déboulé devant moi pour me montrer l'os fossilisé de bébé dragon qu'il avait découvert dans la forêt.

Ça a donné un canard géant ?
Oscar faisant six fois sa taille, c’est pas vraiment dur à imaginer. Pourquoi personne ne l’a vu depuis le château, il devait être visible tout de même.

- J'ai mis trois heures à lui faire reprendre une taille normale de pingouin.

Attends, c’est un canard ou un pingouin ?
- Un manchot.
- Mais c’est pourtant toi qui dis que c’est un canard.
- C’est parce qu’il est stupide.
- C’est méchant ça, Epsilon. C’est pas toi qui aurait fait les toasts.

Et le voilà qui se renfrogne sur son postérieur de manchot.

- Puis il m'a rappelé que ce n'était pas un pingouin mais un manchot, qui ne font pas la même taille, et donc ça m'a pris une heure trente de plus.

Ah donc c’est bien un manchot.

- En plus, c'était juste un os de poulet que j'avais balancé une semaine plus tôt. Enfin vous voyez le tableau.

Je reprends l’autre canette que j’avais laissée dans la montée d’escalier. La canette à je-sais-plus-qui, apparemment. J’en bois également quelques gorgées, en m’attendant presqu’à voir le générique de fin du film. Je m’assoie sur le plancher, les jambes pendantes dans le vide et en regardant le résultat de la scène apocalyptique qui venait tout juste de se produire. Je laisse planer un léger silence tout en souriant d’amusement.

- Ah ben c’était mouvementé ! Ça change des entorses de cheville, c’est moi qui vous le dis ! J’en ai tous les deux jours, des entorses aux chevilles… A croire que ces gamins ne savent pas marcher…

Je me lève d’un coup, bien décidée à ne pas penser au travail ce soir. Si je suis venue là, c’est pas pour penser à tout ça.

- Vous vouliez pas le remettre en liberté ? J’ai hâte de voir ça, moi !

Et me voilà, me dirigeant vers le loup en passant au-dessus des cadavres de meubles d’un pas légèrement chancelant. L’alcool et le manque d’équilibre de base.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Mer 7 Mar - 11:31
J'adore les histoires d'aventure. Ça se voit un peu trop, oui. Mais ce n'est pas le propos. Essaie de me suivre un peu, c'est important. J'adore les aventures d'histoire. Les chevaliers qui des destroyers pour tuer des dragons, ou alors ce sont des chevaux. Je ne sais plus.  Et les groupes de héros qui partent accomplir une quête, un peu comme à l'église sauf qu'ils demandent pas d'argent, ils le volent sur le cadavre de monstres. Mais ce que j'aimais surtout quand j'étais petit, c'était les histoires de pirates ! Ils pillent, ils gueulent, ils sont virils, ils sont riches mais ils s'en foutent, ils se lavent pas quand même ! Ils incarnaient tout ce que petit garçon désirait d'être. En plus, il y avait les prostituées aussi, mais ça je n'y connaissais rien. Pas que je m'y connaisse en prostituées aujourd'hui, hein ! Enfin dans tous les cas, j'adorais ces trucs. Et puis ils avaient des cache-yeux qui les rendaient mystérieux. Cache-yeux ou cache-œils ? Non parce que cache-yeux, ça cacherait les deux yeux. Pas pratique. Ils avaient des perroquets, ou des petits singes. Et ils picolaient. Qu'est-ce qu'ils picolaient. Et là vient la plus grande déception de ma vie. Les pirates, mon ami, ne sont qu'un mythe. Imagine une minute encore, s'il te plaît. Un mec bourré, un peu comme moi là, mais en pire. Ou en moins pire. J'en sais rien, je les ai jamais vus moi ! Mais imagine un mec bourré. Maintenant, imagine un mec bourré sur un bateau qui tangue sans cesse. Mais maintenant, mon gars, imagine un mec bourré sur un bateau qui tangue sans cesse et qui a une putain de jambe de bois à la place du pied ! Tu tiens pas debout plus d'une seconde dans ces conditions ! Alors c'est impossible ! Alors les pirates, ce n'est qu'un mythe. Merci maman pour m'avoir ruiné mon enfance à me faire croire à des histoires qui n'existent pas ! Les pirates, c'est comme le Père Noël... Qu'est-ce que je disais ? Ah ouais, ils sont pareils ! Tous des ivrognes !

Pourquoi je te dis ça moi, déjà ?

Le bruit caractéristique d'une personne complètement déchirée en train de galérer à traverser une pièce dont le sol, les murs et le reste de meubles était jonchés d'autres restes de meubles, me rappela le pourquoi de ma rapide digression. Line basculait dangereusement de gauche à droite à chacun de ses pas, comme pour éviter les meubles défoncés, sauf qu'ils n'étaient pas là du tout où elle paraissait le croire. Alors elle ressemblait à quelqu'un qui galérait sur un bateau. Mais pas à un pirate. Ou à un joli pirate. Ça existait peut-être, les mignonnes petites pirates ? Non elle serait trop gentille pour ça.

Qu'est-ce qu'elle m'avait dit, avant de bouger ? Ah oui ! Elle était assise sur le bord de l'escalier. Ce qui ne répondait pas du tout à ma question, en fait. Mais je me souvenais tout de même.

Ah ben c’était mouvementé ! Ça change des entorses de cheville, c’est moi qui vous le dis ! J’en ai tous les deux jours, des entorses aux chevilles… A croire que ces gamins ne savent pas marcher…

Ce qui était assez ironique, quand on pensait à la marche chancelante qu'elle allait adopter pour parcourir les cinq mètres qui la séparaient du loup cristallisé sous sa cabane de fortune. Mais il était vrai que la vie d'infirmier ne devait pas être très palpitante. Celle de garde-chasse non plus, finalement. Je m'inventais mes propres péripéties, sinon je me ferais chier comme un aurisson mort. Il faut faire de sa vie une succession de petits exploits, de petites merveilles, pour ne jamais avoir à se poser et à se dire : « ma vie, c'est de la merde ». Ce que j'avais fait quelques heures plus tôt en réalité, mais en l'état actuel des choses, j'avais oublié cette triste période de la journée, trop heureux par l'alcool et l'état d'ébriété partagé.

Vous vouliez pas le remettre en liberté ? J’ai hâte de voir ça, moi !

Voilà pourquoi je prenais la peine de la suivre à travers les débris de ma propre demeure ! Devant nous, le loup perdait son pelage cristallin pour redevenir une inoffensive créature. Tant qu'il dormait, tout du moins, il paraissait inoffensif. Le problème avec ce sortilège, c'était sa durée indéterminée. Et avec les effets d'une multitude de gorgées de whisky un peu lourdes, impossible de doser. Le temps d'effet du sort hein, pas l'alcool. Lui, on l'avait parfaitement dosé.

J'ai une idée !

Et si on s'enfuyait tous les deux ? On prendrait un baluchon contenant le strict nécessaire et on courrait sur une plage illuminée par un soleil couchant, main dans la main et riant comme des enfants. Ah merde, on n'avait pas de plage à proximité. Et puis, ce n'était pas ce que j'avais en tête à l'origine.

Au lieu de prendre le risque de faire léviter avec mon sortilège, qui pourrait potentiellement nous tuer tous les deux si j'ouvre la porte à ma malédiction... C'était la première fois, je crois, que j'évoquais ma malédiction auprès de Line. Mais je n'avais pas fait attention du tout, ni avant de le dire, ni pendant que je le disais, ni une fois que je l'avais dit. J'ai une brouette dans mon jardin ! On pourrait le mettre dedans et filer droit dans la forêt !

C'était une excellente idée ! J'aurais bien aimé être à la place du loup et me faire pousser en brouette. Mais tant pis.

Faut juste que je prenne un truc...

Mais quoi ? Je le savais pourtant. Dans mon esprit, une voix me criait fort qu'il y avait quelque chose que j'avais préparé exprès pour cette expédition. Impossible de me souvenir. Alors mon regard balaya la triste pièce, jusqu'à s'arrêter sur une fiole poser sur mon plan de travail, à côté de la gazinière. Un papier était posé devant, il indiquait : « A ne pas oublier quand tu remettras le loup en liberté, crétin ». J'escaladai les débris de table, trébuchai, tombai le nez dans le lavabo et revins une fois le butin atteint.

C'était ça ! Cette potion va permettre de... faire quelque chose. Ça me reviendra. Peut-être. Bon alors, je le lance ce sort de lévitation ? Ah non attendez... J'avais proposé autre chose. Venez, on va la chercher !

Impossible de me rappeler, une fois de plus, ce que je devais aller chercher. Mais c'était dehors. Il faisait nuit et le parc était vide. Un vent frais, sans être froid, me faisait pleurer des yeux sensibilisé par le whisky. Tout le monde devait se préparer à dormir, on n'entendait pas un bruit. Sans compter les deux adultes bourrés qui parlaient beaucoup trop fort.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Dim 11 Mar - 12:47
Quatre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

J’arrive auprès du loup après un long périple passé à esquiver les meubles tombés au combat, d’un pas bien trop peu assuré. Une fois près de l’animal, qui s’est endormi entre ces deux étagères formant une cabane – le genre de cabane qu’on faisait quand on était petit – je m’accroupis difficilement à ses côtés. Je passe ma main dans ses poils désormais sans danger. Plus de risque de coupure ou je ne sais quoi. Le voilà redevenu la créature inoffensive que je gratouillais déjà en arrivant, avant que Sangha et moi buvions tous ces verres de whisky. J’ai d’ailleurs toujours ma canette de whisky gazeux entre les mains, vide également. Mais je m’en fous cette fois-ci, je préfère papouiller Biscotte.

- J’ai une idée !

Je sursaute. J’étais bien trop occupée avec le loup.

- Au lieu de prendre le risque de faire léviter avec mon sortilège, qui pourrait potentiellement nous tuer tous les deux si j'ouvre la porte à ma malédiction... J'ai une brouette dans mon jardin ! On pourrait le mettre dedans et filer droit dans la forêt !

Mieux vaut ne pas le faire léviter, effectivement. Même moi, qui n’aies presque pas utilisé la magie de la soirée, risquerais de le cogner dans tous les murs, vu mon état. Déjà que les dits-murs ont eu la bonne idée de ne pas être droits, alors si je dois en plus naviguer avec un loup dans les vapes au milieu de tout ça, le pauvre animal ne va pas arriver entier dans sa meute.
Je hoche donc la tête vers Sangha, approuvant silencieusement son idée.

- Faut juste que je prenne un truc...
- Je vais la mettre dehors en attendant.

Maintenant, la grande question est : est-ce que je vais y arriver ? Parce que, sans magie, à mains nues, un loup, c’est pas tout léger. Ajoutez à tout ça mon état d’ébriété avancée… Bref, je crois que la magie s’impose quand même, d’autant plus que je suis la seule à pouvoir l’utiliser maintenant. Ce sera rapide et bref, juste déplacer les deux étagères et passer une porte. Rien de bien compliqué. Sauf si la porte continue de bouger, bien sûr.
Je remets donc rapidement en place les étagères. Enfin, plus ou moins en place, elles seront là où elles seront. Le ménage, ce sera pour plus tard. Au tour du loup, maintenant. Je fixe la porte. Elle bouge. Ça va être compliqué de ne pas faire de mal à la pauvre bête. Mais j’arrive quand même à la faire passer à travers, tant bien que mal, avec beaucoup de maladresse. Ça a pris le temps, mais j’ai réussi.
Sangha me rejoint enfin, avec une fiole bizarre dans les mains. L’image subtile de Bartosz le maniaque devant ses potions arrive soudainement devant mes yeux. Je frisonne. J’ai pas vraiment envie de penser à lui maintenant.

- Cette potion va permettre de... faire quelque chose. Ça me reviendra. Peut-être. Bon alors, je le lance ce sort de lévitation ?

Ah bon ? Finalement ?

- Ah non attendez... J'avais proposé autre chose. Venez, on va la chercher !
- La brouette ! Elle doit être… quelque part.

Bravo Sherlock.

- Je vais faire le tour de la maison, pour la trouver !

Au lieu de rester planter là, à la chercher des yeux dans la pénombre. Je commence donc à m’éloigner de la porte d’entrée, une faible lumière au bout de ma baguette – l’une des rares choses que je peux me permettre de faire actuellement – sans vraiment regarder si Sangha me suit ou s’est soudainement souvenu de l’emplacement exact du trésor.
Et je continue de parler. Beaucoup trop fort.

- Regarde, le château est totalement éteint. Ça doit être l’heure du couvre-feu. Imaginez deux secondes, si on avait un couvre-feu comme les élèves ?! Les pauvres… Imagine quelqu’un nous voit ! Ahahah ! Ce serait embarrassant !

Mais j’en aurais rien à cirer. Du moins, actuellement. Après tout, je suis adulte, j’ai des comptes à rendre à personne. Plus tard, quand j’aurai décuvé, je suppose que si quelqu’un voit l’infirmière bourrée, en compagnie du garde-chasse bourré également, je trouverai ça très embarrassant. Et j’imagine les rumeurs aussi. Déjà que je fais l’objet de pas mal de rumeurs, notamment sur ma relation avec Ezhyo. Relation qui a mené nulle part, rappelons-le. Tout ça à cause de Miss Parlotte. J’en suis presque certaine.

- Je l’ai trouvée !

Je pointe la brouette tant recherchée. Elle était tout simplement dans le jardin de Sangha, ce qui est logique au final. Je vois pas pourquoi je suis allée la chercher à l’autre bout du parc, du coup… Bref, je la prends puis reviens au point de départ en la faisant rouler de manière plus ou moins rectiligne. Surtout moins en fait.
- Epsilon, tu surveilles Oscar ?
- Vous allez où ?
- Dans la forêt.
- Vous allez faire quoi dans la forêt ?
- Ben, remettre le loup en liberté. C’est pour ça que je suis venue à la base.
- Ouais, c’est ça…

Eh oh, il va pas commencer, lui aussi.

- Bon, il faut le mettre dans la brouette nan ?

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Lun 12 Mar - 15:57
Cette grande étendue verte sous nos pieds. Les souffles du vent faisaient mouvoir l'herbe comme les vagues d'un océan. Ou alors mes yeux jaunis par le malt faisaient onduler le monde entier ? J'aurais voulu prendre un navire et partir sur ces flots tumultueux ! Être un pirate ! Comme je le voulais dans mon enfance ! Mais les pirates, c'est une invention. Pourtant, ça a toujours été mes aventures préférées à entendre. Ils pillent, ils gueulent, ils sont virils... Attendez, je l'ai pas déjà dit, tout ça ?

Je vais faire le tour de la maison !

Ah oui, on cherchait quelque chose. Mais je ne savais plus quoi. Le loup, non ? Ah bah non, il était là par terre devant moi. On cherchait Oscar ! Ça faisait plusieurs minutes que je n'avais pas entendu ce foutu pingouin, donc on a du s'inquiéter et partir à sa recherche. Non, ça n'a aucun sens. Je ne m'inquiète jamais pour Oscar. Bon tant pis, j'allais simplement faire semblant de chercher pour de vrai. Et c'était sûrement pas normal, mais je trouvais l'idée de Line, de faire le tour de la maison, absolument géniale. Alors je m'écriai :

OUAIS ! Et moi je vais faire l'autre tour !

Et de nous séparer là pour tourner autour de ma petite cabane. Mais pourquoi, déjà ? Punaise, j'avais les terminaisons nerveuses complètement cramées à l'éthanol. Plus aucun neurone n'était lié à un autre. J'étais devenu vraiment trop con.

Regarde, le château est totalement éteint. Ça doit être l’heure du couvre-feu... Sa voix finit par s'éteindre, puis revint aussi tôt, alors que je la rejoignais par l'autre côté, tout content. si on avait un couvre-feu comme les élèves ?! Les pauvres… Imagine quelqu’un nous voit ! Ahahah ! Ce serait embarrassant !

J'arrivai à côté d'elle, sans répondre parce que je réfléchissais encore à ce qu'on était en train de faire, sans trouver la moindre réponse à mes interrogations. Et puis, depuis que j'avais pensé aux pirates, j'avais envie de sauter dans ma barque et de filer à travers le lac. Ce serait génial d'emmener Line avec moi ! Et puis, il n'y a rien à craindre sur le lac. Même quand on a bu. Je m'entendais bien avec les sirènes, donc elles nous repêcheraient si – enfin quand – on finirait par boire la tasse en passant par-dessus bord.

Et c'est vrai que ce serait embarrassant qu'on nous voit. Les rumeurs vont vite, par ici. D'un autre côté, si ces rumeurs pouvaient empêcher la propagation des autres rumeurs quant à la relation entre l'infirmière et monsieur... enfin l'autre là, j'étais prêt à être vu dans cet état. Et encore, ça allait. On n'était pas si ivres que cela. J'avais bien envie de refaire un tour de ma maison, quand même.

Je l’ai trouvée ! me hurla-t-elle à l'oreille, car j'étais en fait juste à côté.

Elle éclairait mon potager. On cherchait le potager ? Mais je savais où il était depuis le début, puisqu'un potager ça ne bouge jamais. Bien qu'une fois, une potion pour faire pousser des pieds de tomates ait dégénéré et que tous les légumes ont commencé à pouvoir se mouvoir, jusqu'à ce que j'annule les effets grâce à une autre potion – en fait non, j'ai tout brûlé quand les carottes ont commencé à sortir de terre comme des zombies pour essayer de m'agresser – et que dans cette situation là, on pouvait parler d'un potager mobile. Mais sinon un potager, ça ne bouge pas.

La brouette ! Mais oui ! Pour y mettre des légumes... euh non, pour y mettre le loup ! Pour la forêt ! Pour la liberté ! Pour la meute ! L'espace d'une demi-seconde, je pris conscience de la dangerosité d'un tel programme, étant donné l'état déplorable dans lequel nous nous trouvions.

Puis j'oubliai.

Allez on y va ! On y va ! On y va !

Bon, il faut le mettre dans la brouette nan ?

C'est sûr que c'était plus logique comme ça. Mais quand même, je pouvais pas monter dedans moi, plutôt ? On ferait une course dans le parc et on rigolerait et puis on tomberait dans l'herbe et on roulerait l'un sur l'autre, et une chanson qui parlerait d'amour qui brille sous les étoiles résonnerait dans tout le domaine. Ce serait beau.

Bon à la place, on allait mettre le loup dans la brouette comme des gangsters en train de se débarrasser d'un corps.

Je le porte devant et vous derrière. Non attendez l'inverse ! Non, devant c'est bien. Ou alors... Ouais non, devant c'est bien. A trois ! Un... Deux... Eh dites, vous avez pas vu ma bouteille de whisky pétillant ? Ah oui, pardon. Une... Deux... Trois ! GWAAAAAAH !

Dans un cri viril loin d'être indispensable, je hissai le loup dans la brouette. Le plus dur, ça allait être de la pousser sans la renverser. J'aimerais qu'on n'ait pas à réellement devoir se débarrasser d'un cadavre, surtout si la cause de sa mort c'est le résultat d'une multitude de chutes de brouette. C'est la honte pour lui et pour nous.

Eh franchement Line ! Franchement hein. Eh Line, j'suis trop content que vous veniez aussi ! lui dis-je en commençant à pousser la brouette, qui chaloupait dangereusement à chaque pas. Vous êtes vraiment trop super cool et c'est trop cool d'être avec vous. C'est comme, tu vois, c'est comme quand on est au régime ! Bah moi c'est comme si j'étais au régime, et toi, vous seriez le gâteau plein de sucre que j'me permets de grignoter. En toute innocence hein ! C'est pas genre, je voudrais vraiment vous manger. Enfin... C'est méta... métamor... métamorphorique... métaphérique ... C'est une image !

On approchait de la forêt la première fois que je trébuchai et m'écroulai en entraînant la brouette avec moi. Le loup roula dans l'herbe sur un mètre et continua à dormir paisiblement. Je restai allongé par terre, pris d'un fou-rire incontrôlable.

J'étais trop super content. Même s'il allait falloir remettre le loup dans la brouette et que c'était chiant.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Mar 13 Mar - 19:27
Quatre verre pas plus
Ft Sangha Jani

Ce qui était drôle dans cette histoire, c’était un peu près tout.
Ma première vraie excursion dans la forêt, j’allais la faire pour remettre un loup en liberté grâce à une brouette, avec environ 4g dans le sang, peu de chance de ne pas se cogner dans les arbres, sans mon familier qui me suit en général partout. Et surtout en compagnie de Sangha !

- Hey hey hey ! On devrait faire ça plus souvent, tu crois pas ? Enfin, pas forcément l’alcool, hein, mais le reste ! Enfin voilà…

Le reste, c’était ramené un loup dans la forêt. Ce n’est le genre de truc qu’on fait tous les jours, au final. Sauf si on se mettait à braconner des loups dans l’unique but de les relâcher ensuite. Ce qui n’a aucun sens, en premier lieu. Et ce qui est quand même carrément stupide. Et je viens de penser deux fois la même chose. Je finis ma phrase en grommelant à moitié dans la barbe que je n’ai pas.

- Je porte devant et vous derrière.
- Ok, on fait ça !
- Non attendez l'inverse !
- C’est bien plus pratique, pour sûr.
- Non, devant c'est bien.
- Pourquoi pas ?
- Ou alors... Ouais non, devant c'est bien.
- On est d’accord.

Et pendant toute cette conversation de sourds, je me voyais faire des aller-retours entre l’avant et l’arrière de la louve, tout en me baissant de temps à autre. Au moins, ça fait les jambes, il faut avouer.

- A trois !

Je m’accroupis, prête à l’action.

- Un... Deux... Eh dites, vous avez pas vu ma bouteille de whisky pétillant ?
- Non.
- Ah oui, pardon. Une... Deux... Trois ! GWAAAAAAH !

Je retiens mon souffle, puis soulève la louve avec beaucoup de mal, tout en ayant l’étrange impression de n’avoir rien porté. Et voilà l’alcool qui se décide à me faire coucou à nouveau. Au moins, le loup est dans la brouette, même si mon estomac s’est décidé à aller gambader dans la forêt sans moi. Je m’appuie deux secondes sur les bords de la brouette. Puis ça va mieux. Sangha soulève la brouette et c’est parti pour une balade en forêt, de nuit, avec je ne sais combien de bestioles capables de nous arracher la tête d’un simple coup de patte dans les environs !
Ça va être génial !

- Eh franchement Line ! Franchement hein.

Eh mais c’est qu’il est déjà parti loin ! J’ai des petites jambes, je suis presque obligée de courir pour rester à sa hauteur. Je savais pas qu’on pouvait aller aussi vite tout en poussant une brouette. Ce serait plus facile que je sois dans la brouette et que le loup court à côté.

Oui mais le loup ne dormirait pas et serait déjà en train de s’enfuir partout sauf vers là où on veut l’amener. Ou alors le loup serait resté endormi à l’orée de la forêt et on l’aurait emmené nulle part, en fait. Finalement, c’est une mauvaise, je vais plutôt courir.

- Eh Line, j'suis trop content que vous veniez aussi !

Je le rattrape enfin, légèrement essoufflée. La grande sportive endormie en moi se réveille.

- Vous êtes vraiment trop super cool et c'est trop cool d'être avec vous. C'est comme, tu vois, c'est comme quand on est au régime ! Bah moi c'est comme si j'étais au régime, et toi, vous seriez le gâteau plein de sucre que j'me permets de grignoter.

Je fronce les sourcils. C’est quand même un peu bizarre ce qu’il dit, non ?
Mais l’alcool décide de me faire me marrer. Une nouvelle fois. Décidemment, c’est que je rigole aujourd’hui. Beaucoup trop. Mais au fond, je suis flattée. Pourquoi je l’ai pas connu plus tôt, déjà ?

- En toute innocence hein ! C'est pas genre, je voudrais vraiment vous manger. Enfin... C'est méta... métamor... métamorphorique... métaphérique ...

C’est de la métamorphose ? Il faut aller voir la prof de métamorphose ? La ou le prof ? C’est qui qui enseigne la métamorphose déjà ? Je sais plus. Et on s’en fout non ?

- C'est une image !
- Aaaaah !

Puis le voilà qui s’écroule par terre.
Et qui rigole. Et c’est vrai que c’est drôle ! S’il rigole, c’est qu’il n’y a pas de mal, n’est-ce pas ? A moins que l’alcool endorme nos sens, ce qui est très possible. Du coup, je rigole avec lui, parce que c’est drôle. Je me tiens les côtes tellement c’est drôle. Mais qu’est-ce qui est drôle déjà ? Je sais plus, mais je rigole, parce que rigoler, c’est drôle.
La meute de loups n’était pas censée être sensible au bruit ? Ils vont nous entendre arriver à plusieurs kilomètres… D’ailleurs, le loup…

- Ah merde, Biscotte !

Elle a roulé sur un bon mètre en tombant de la brouette lorsque Sangha a trébuché. Mais elle dort toujours. Aucun mal non plus apparemment. Et ce n’est pas mon fou-rire qui risque de s’arrêter maintenant. Du coup, je continue de rigoler, le visage en feu et le souffle court. Je me dirige vers la louve, tout en ayant beaucoup de mal à marcher droit.

- Aller, retourne dans la brouette, cocotte.

Accroupie à côté d’elle, je la pousse à moitié, dans l’espoir que j’allais réussir à la faire bouger toute seule. Et puis “cocotte“, quoi… Pourquoi j’ai dit ça ? Parce qu’un loup, ça ressemble à une cocotte, dans ma tête ? Non, non, clairement pas. C’est juste que j’ai du mal, voilà tout.
Et je continue de rigoler dans la fourrure du loup, peinant difficilement à me calmer.

- Hey, dis ? Tu penses qu’on pourrait se refaire des sorties comme ça ? Dans la forêt ?

Forêt dans laquelle on n’est pas encore, soit-dit en passant.

- Nan parce que c’est vachement sympa, quand même !

Et ce dont je suis sûre, c’est que ce n’est pas tout l’alcool qu’on a ingurgité qui me donne cette impression.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Mar 13 Mar - 21:09
Ah merde, Biscotte !

Et Sangha alors ? Impossible de me relever et je n'avais droit à aucune aide. J'aurais voulu qu'elle me tende la main, qu'elle trébuche en essayant de me mettre debout, qu'elle s'écroule sur moi et que nos visages se retrouve honteusement à quelques centimètres l'un de l'autre. Je pourrais sentir son parfum doux, et son haleine chargée. Ce serait également prendre le risque qu'elle me vomisse dessus. Mais dans mon état, je n'étais même pas sûr que ça puisse me déranger. Est-ce que je pouvais trouver ça romantique ? Possible. J'étais garde-chasse et passais une partie de mes journées à nettoyer les défécations d'animaux magiques. Un peu de vomi ne me faisait pas peur. Par contre, débattre tout seul sur le fait de savoir si oui ou non je pouvais être dérangé sur le fait de me faire vomir dessus, ça c'était dérangeant. Mais franchement, j'étais trop bourré pour m'en soucier.

Aller, retourne dans la brouette, cocotte.

Cocotte ? Pourquoi Cocotte ? Elle l'avait appelée Biscotte juste avant. Et moi, j'étais persuadé de l'avoir nommée Tartine. Mais j'avais du me tromper. A cette heure-ci, je ne savais plus rien de ce qui avait pu se passer rien que cinq minutes auparavant. Si ça se trouvait, j'avais réussi à lui faire un bisou et je l'avais oublié ! Mais non, je n'aurais pas fait de bisou, c'était trop la honte ! Et puis ça ferait gamin. Et puis j'ai pas le droit. Et puis pourquoi je m'intéresse tant à ça, d'abord ? C'était pas comme si j'avais vraiment envie !

Ah mais Cocotte de Biscotte ! Mais oui ! Un surnom d'un nom ! Comme si elle m'appelait Ghagha. Ou Sanghagha, mais ce serait bête d'avoir un surnom plus long que mon prénom de base. Et puis Ghagha c'était moche. Je lui dirais si jamais ça lui traversait l'esprit. Et puis moi, j'allais pas l'appeler Neuneu, c'était pas vraiment très beaucoup gentil. Alors que Line – ou même Lili ! – ça sentait bon les fleurs et le soleil ! Même si elle avait pas du connaître ça, du coin d'où elle venait.

Je tournai pour me retrouver la face dans l'herbe. Elle était un peu humide de rosée et avait un goût bizarre. Mais c'était plus facile pour essayer de me relever dans cette position. Même que je réussis ! Je me retrouvai debout, titubai un peu à gauche, un peu à droite, et approchai de Line qui galérait à pousser le loup comme un gosse qui galérerait à pousser un gros rocher. Même si je ne comprenais pas trop cette comparaison.

Hey, dis ? Tu penses qu’on pourrait s...

S'embrasser ? S'enfuir ? Se marier ? Siroter un cocktail ? Siffler gaiement ? Salade verte ?

… se refaire des sorties comme ça ? Dans la forêt ?

Je regardai autour de moi. On était pas dans la forêt. On venait d'en sortir, ça y est ? C'était rapide, j'en avais aucun souvenir. Ah oui, on y était pas encore allés en fait. On était à trois mètres de chez moi, en fait. Alors pourquoi elle disait ça ? Et pourquoi j'avais les joues toutes rouges ? Ah oui, l'abus d'alcool. Mais je sentais pas mes joues me brûler, avant. Est-ce que je faisais une allergie au gazon ? Ou à la probable urine de pégase dans laquelle j'avais enfoncé le nez ? Ou est-ce que mon corps essayait de me faire comprendre que j'étais content parce que lui, contrairement à mon esprit en train de se noyer dans son caca, comprenait que Line aimait bien passer du temps avec moi ? Et est-ce que malgré ça, j'allais le comprendre ?

Nan parce que c’est vachement sympa, quand même ! 

C'était marrant parce que c'était un peu ce que je lui avais dit juste avant. Un peu beaucoup. Vachement même. C'était carrément ce que je venais juste de lui dire. Mais ça me faisait sourire bêtement. Genre, vraiment bêtement. Une grimace entre le bonheur et l'envie de vomir. Les yeux vitreux, qui fixent un point invisible à tout être vivant sobre, quelque part devant moi. Ou derrière, qu'est-ce que j'en savais après tout ? Les notions d'espace et de temps, c'était quand même super relatif. Un peu comme un pronom. Sauf qu'on pouvait pas les fixer, les pronoms. Sauf si on met un préfixe. Enfin, je sais pas. Peut-être, non ?

OUAIS C'EST TROP... Oups pardon ! J'crois j'ai gueulé. Ouais, c'est trop génial ! Attend, attend, attend ! ajoutai-je en m'approcher. Bouge pas, j'vais t'aimer... enfin t'aider. J'vais t'filer un coup de main !

Je me laissai tomber le visage dans le pelage du loup, les fesses en l'air et les jambes tendues vers l'arrière, et commençai à pousser pour faire glisser le loup sur le rebord de la brouette. Ensuite, il n'y aurait plus qu'à faire basculer la brouette et le tour était joué !

Ça nous a pris... quoi ? cinq minutes ? vingt maximum. Avec suffisamment de grognements de ma part et de rires pour réveiller probablement tout le château. Il faudrait se casser d'ici avant qu'un surveillant ne débarque en croyant venir chopper des élèves. Ce serait trop la honte d'avoir une punition, putain ! Le mieux, ce serait de pas faire de bruit...

CA Y EST ! Oups... Ça y est je sais ! criai-je en murmurant, comme le font ces gens saouls qui murmurent en criant. La potion là, dis-je fièrement en montrant la fiole récupérée dans ma cuisine sinistrée, c'est pour pas se faire repérer par les loups ! C'est pas genre que ça rend invisible, mais en gros ils ignoreront notre présence !

J'en bus la moitié et fourrai le petit récipient maladroitement dans les mains de Line. Par contre, je savais pas si c'était conseillé à utiliser avec l'alcool. Mais c'est comme les médicaments ça. On dit de faire attention, mais finalement ça change pas grand chose.

Eh ! Vous savez hein, vous savez. Si vous venez chez moi... enfin si vous venez me voir. Y a genre... une chance sur deux pour qu'on finisse dans la forêt hein. C'est genre ma deuxième maison, tu vois. Quoi que j'fasse, j'ai l'impression que je finis dans la forêt. C'est pas vrai Oscar ?! Ah ouais c'est vrai, il est pas là.

J'avais commencé à reprendre la route en poussant la brouette, les yeux rivés sur Line. Je ne regardais pas où j'allais, ce qui était problématique parce que c'était pas facile de trouver un endroit si on regardait pas l'endroit. Enfin je me comprends. Il faudrait que je me concentre, mais j'avais trop envie de parler. Et puis Line elle était jolie. Même avec ses paupières lourdes, son nez rouge et ses yeux vitreux et humides.

Eh ! J'ai une barque aussi ! C'est une p'tite barque par contre. Vous avez rien contre les p'tites barques. C'est pas la taille de la barque qui compte, hein. Enfin sauf si on veut se mettre à huit dessus. Là, c'est compliqué si elle est trop petite. Si vous voulez un jour j'vous emmène sur le lac ! Vous aurez qu'à venir et hop ! J'vous ferai grimper sur ma b...

Je fus interrompu par un petit rot intempestif.

Sur ma barque. Pardon, c'est sorti tout seul. Eh, c'est par là !

Heureusement, j'avais accroché des petits rubans jaunes aux arbres qui traçaient le chemin à emprunter pour arriver au dernier secteur connu de la meute de loups. Comme si le destin, ou moi, savions qu'un jour, j'en aurais grand besoin.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Mer 21 Mar - 20:52
Quatre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

Je galère à déplacer le loup dans la brouette tout en poussant des espèces de grognements bizarres. Hey, il a pas bougé d’un demi-centimètre là ? Je crois, hein ? C’est fière de ma prouesse quasi-invisible que je redresse la tête vers Sangha, toute contente d’avoir réussi à faire rouler le loup. Désormais, il n’est plus allongé sur le bas de l’épaule mais sur le haut de l’épaule. Ce qui est une grande avancée, n’est-ce pas ?

- Bouge pas, j'vais t'aimer... enfin t'aider. J'vais t'filer un coup de main !
- Mais j’allais réussi là !

Dis-je avec une intonation d’enfant à qui on vole sa sucette.
Et de toute façon, c’était totalement faux et je le savais parfaitement. C’est juste ma fierté qui s’est exprimée à ma place, voilà tout. Je regarde où se trouve la brouette par rapport au loup. Elle est bien à 99,5cm. A vu de nez. Ce qui est la preuve que j’avais bien bougé la bête d’un demi-centimètre, non ? Avant, elle était à un mètre. Bref, je pars à la rescousse de Sangha qui galère presqu’autant que moi à pousser Biscotte.
Pis vlà deux adultes, à genoux dans l’herbe, en pleine nuit, occupés à pousser un loup dans une brouette, en se marrant comme s’ils avaient pris du gaz hilarant dans le nez. J’espère que personne n’est occupé à regarder par la fenêtre depuis les dortoirs ! Ou même depuis le télescope. Oh mon dieu, ce serait trop la honte si quelqu’un nous voyait à travers le télescope ! Il pourrait profiter de toutes nos poses improbables. Et ils nous prendraient sûrement pour des braconniers en train de voler un loup cristallin, aussi. Evidemment, à travers un télescope, on nous entend pas rire comme des baleines, ça parait évident.
Le loup retourne finalement dans sa brouette, au bout d’environ 10/15 minutes d’effort de notre part. Voilà une bonne chose de faite, en espérant qu’il ne retombe pas trois mètres plus loin !

- CA Y EST ! Oups... Ça y est je sais !
- De quoi ? De quoi ?

Il avait compris quelque chose d’important, ça se lisait dans ses yeux. Je m’attends à être impressionnée !

- La potion là, c'est pour pas se faire repérer par les loups ! C'est pas genre que ça rend invisible, mais en gros ils ignoreront notre présence !
- Ooooh ! Mais c’est trop génial ! Comme ça, on pourra tout voir ! Ça va être trop cool !

Je le secoue à moitié lorsqu’il me fourre la fiole de potion dans la main. Sauf que je me secoue aussi. Surtout l’estomac en fait. Mauvaise idée. Je fixe la fiole avec dégoût, comme si j’étais parfaitement incapable d’avaler quelque chose supplémentaire. Alors que concrètement, si on retrouvait les bouteilles de whisky pétillants qui doivent bien être quelque part, je dirais pas non. Mais bon. Cul-sec et c’est reparti comme en 40 !

- Eh ! Vous savez hein, vous savez. Si vous venez chez moi... enfin si vous venez me voir. Y a genre... une chance sur deux pour qu'on finisse dans la forêt hein. C'est genre ma deuxième maison, tu vois.

Mais ça a l’air génial, en vrai. Moi, je passe mes journées enfermée dans l’infirmerie, ça n’a rien de bien excitant comme style de vie. Certes, j’aime mon métier, mais j’aimerais bien avoir quelques périodes un peu plus excitantes… Et je me sens seule parfois dans mon infirmerie aussi.

- Quoi que j'fasse, j'ai l'impression que je finis dans la forêt. C'est pas vrai Oscar ?! Ah ouais c'est vrai, il est pas là.

Est-ce qu’il est toujours endormi, ce pauvre Oscar ? De toute façon, il n’a rien à craindre, mon fidèle Epsilon veille sur lui ! Même si je suis plus en train de l’imaginer plumer le postérieur du canard plutôt que de le surveiller sagement. Pourquoi ferait-il ça ? Parce qu’il trouverait ça rigolo, quelle question !
On commence enfin à s’aventurer dans la forêt. Je vois la brouette faire des bonds inquiétants au contact de quelques racines, mais ça n’a pas l’air d’inquiéter Sangha plus que de raison. Quant à moi, je suis plus occupée à regarder devant moi, en évitant de me prendre les arbres qui ont également décidé de ne pas tenir en place. Décidemment, entre les portes et les arbres, rien ne tient en place ce soir !

- Eh ! J'ai une barque aussi ! C'est une p'tite barque par contre. Vous avez rien contre les p'tites barques. C'est pas la taille de la barque qui compte, hein.
- Bien sûr ! C’est pas la taille de la barque qui compte, c’est ce que j’ai toujours dit !
- Enfin sauf si on veut se mettre à huit dessus. Là, c'est compliqué si elle est trop petite.
- Huit sur une barque, c’est pas évident, effectivement…
- Si vous voulez un jour j'vous emmène sur le lac ! Vous aurez qu'à venir et hop ! J'vous ferai grimper sur ma b...

Sur sa quoi ?
J’entends à peine le rot qui l’interrompt dans sa phrase, bien trop concentrée sur les arbres à éviter. D’ailleurs, c’est marrant, il y en a qui porte un petit ruban jaune. Et ce sont ceux qu’on suit ! Comme le Petit Poucet ! J’aimais beaucoup le Petit Poucet étant gamine. L’histoire d’un petit garçon tout petit qui faisait des grandes choses avec des grandes chaussures. Moi, je voulais être comme le Petit Poucet. Le Petit Poucet, c’était mon idole.

- Sur ma barque. Pardon, c'est sorti tout seul. Eh, c'est par là !

Il pointe un ruban jaune.

- On joue au Petit Poucet ? J’adorais le Petit Poucet étant gosse ! Ma maman, elle me lisait toujours le Petit Poucet avant de dormir. Je me souviens que je braillais quand c’était pas le Petit Poucet au programme.

J’étais une sale gosse en fait. Le genre d’enfant que je pourrais pas supporter aujourd’hui.
Je trébuche à moitié sur une racine, trop occupée à regarder Sangha au lieu de regarder mes pieds. Bien fait, sale gosse. Je me redresse en vitesse tout en époussetant les vêtements. J’espère que je me suis rien trouée… De toute façon, dans le noir, je ne peux rien voir. Et au pire, tant pis. C’est pas trois trous dans un jean qui risquent de me tuer.

- Ça va. Ça va !

Si ça se trouve, il a même pas remarqué que j’étais tombée… J’ai pas fait exprès, hein ? Que ce soit clair. Mais j’avoue que j’aimerais bien qu’il ait remarqué et qu’il s’inquiète de mon état… Je me retourne deux secondes et vois le château s’éloigner derrière nous. Puis une nouvelle question me vient en tête. Une question essentielle.

- Dites ! Tu penses qu’il y aura de la neige si on s’éloigne du château ? C’est trop bien la neige, on pourra faire des bonhommes et tout !

Je reviens à sa hauteur et lui tire la manche comme une enfant.

- On fera un bonhomme de neige s’il y a de la neige ?

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Dim 25 Mar - 19:20
Qu'est-ce que je pouvais aimer la forêt ! Je m'y sentais bien. A l'aise. Comme chez moi. Encore plus à l'aise que chez moi. Donc pas vraiment comme chez moi. Mais c'était cool, ouais. Les arbres, je pouvais les côtoyer sans risquer de les tuer. Dommage, ils n'étaient pas très bavards. Jamais. Des fois, je crois qu'ils parlent, et puis finalement je me rappelle que j'ai bu. Des fois seulement hein ! Je ne suis pas un alcoolique non plus. Mais des fois j'aime boire une bière, et puis oublier que j'en ai bu une, alors en boire une autre. Et puis rebelote. Jusqu'à me dire tant pis, trop tard pour trouver des justifications. J'étais juste bourré. Alors je partais en forêt et je discutais. J'avais la sensation d'être entendu et compris. Ce n'était plus moi, le gars que devait écouter et comprendre. Moi aussi j'ai mes problèmes, merde ! T'es qui pour croire que je mérite pas de me plaindre, hein t'es qui ?! Fais gaffe, tu vas finir par me poucet à bout ! Euh non, attends..

Poucet ? Pourquoi je pense à Poucet ?

… Petit Poucet... le Petit Poucet... lisait toujours le Petit Poucet... pas le Petit Poucet au programme.

Beaucoup trop de répétitions dans cette phrase. Ca avait eu l'effet d'un parasite qui s'était incrusté dans ma tête. Et maintenant, j'avais trop envie d'aller lire le Petit Poucet ! C'est dingue, quand même. Moi, je veux bien le lire à Line. Et puis je la bercerais et puis elle s'endormirait avec mon bisou et puis ce serait trop mignon et je la regarderais dormir. Mais apparemment, ça ne se fait pas trop de regarder les gens dormir quand ce ne sont pas des enfants, ou des gens mariés. On trouve ça trop malsain. Alors que bon. Voilà quoi. Ouais, peut-être. Mais bon. Ouais, je sais pas. On disait quoi ? Ah ouais, faut peut-être que j'écoute ce qu'elle me dit.

Quand je me tournai vers la jolie Line, elle était en train de se redresser en époussetant ses vêtements. Bizarre, je ne l'avais pas entendue tomber. Est-ce que le fait de monologuer dans ma tête avait à voir avec ça ? Et puis, comment est-ce qu'elle pouvait tomber ? Elle poucet – poussait, merde ! – pas de brouette, elle. Si seulement elle avait pu trébucher parce qu'elle était trop occupée à me regarder. Ca aurait été trop mignon. Mais à cette heure-ci, et pas seulement à cause de mon état d'ébriété, je ne me faisais plus trop d'espoir.  

Ça va. Ça va !

T'es sûre ? Pourquoi je le lui demande dans ma tête ? Oralement, rien ne sort. Je la regarde un peu avec inquiétude, et voyant qu'elle n'avait pas besoin de moi, je haussai des épaules en reprenant ma route. Ouais bon, j'étais un peu déçu. J'aurais bien aimé qu'elle attende que je m'inquiète un peu avant de me dire qu'elle allait bien, histoire que je lui montre que j'étais soucieux de son bien-être. Ce qui, étant donné son état d'ivresse et les risques que cela pouvait entraînés, par ce seul état tout autant que par le fait qu'il ait lieu en pleine virée nocturne dans une forêt aux milles dangers, n'était pas franchement facile à deviner. Un type bien l'aurait empêché de boire plus que de raison. Et Sangha n'était pas un type bien. Non, pas du tout. Epsilon, lui c'était un type bien. Sauf que c'était un oiseau, donc il comptait pas. Peut-être qu'Ezhyo était un type bien, lui ? Hmpf.

Concentré sur ma brouette, je fixais le sol qui s'étendait devant elle comme si ma vie en dépendait. Il était irrégulier et se mettait à bouger parfois, presque prêt à se renverser par-dessus ma tête. Et il tournait, il tournait, il tournait. Putain, qu'est-ce que ça tournait. Alors je marchais avec toute la concentration que j'étais capable de concentrer. Comme un équilibriste sur son fil à linge. Enfin, pas à linge, mais le fil là. Le gars qui marche dessus ! Mais si ! Lui au-dessus du vide là !

Dites ! me fit trébucher Line en me tirant de ma concentration maximale. Heureusement que pour elle, j'étais bien d'accord pour tomber sur n'importe quoi. Tu penses qu’il y aura de la neige si on s’éloigne du château ?

J'ouvre la bouche mais ne réponds pas. Parce qu'elle n'avait pas fini de parler. Et parce qu'elle me prenait de court. Je n'avais pas prévu qu'on aille aussi loin. A vrai dire, on était presque arrivés je crois. Sans doute. En tout cas, il y avait toujours le tissu jaune sur les arbres et je pense en avoir mis trente. Et là, on en était à vingt-sept. Enfin à dix près, hein. Mais si elle me le demandait, je pouvais bien l'emmener. Je connaissais une clairière après la zone magique où il devrait y avoir un peu de neige. Le problème en s'enfonçant toujours plus dans la forêt, c'était qu'on approchait des domaines des dragons. Autant y aller et revenir, je pouvais le faire. Mais bourré, je ne pouvais rien garantir. Finir cramer avec mon bonhomme de neige et exploser à cause de l'éthanol inflammable en grande quantité dans mon sang, c'était pas ce que j'avais prévu pour mourir. Et puis, je ne voulais faire courir aucun risque à Line. A part ceux qu'on était déjà en train de prendre, bien sûr. Mais c'était tout !

C’est trop bien la neige, on pourra faire des bonhommes et tout !

Elle m'attrape par la manche. Alors je la regarde et je craque. Elle est beaucoup trop mignonne. Impossible de résister à ce regard.

On fera un bonhomme de neige s’il y a de la neige ?
Promis !

Bon, tant pis pour les dangers.

J'te dis même maintenant : crois-moi, croix de fer – ou à peu près – dès qu'on a sauvé Craquotte, si tu veux toujours y aller, on ira ! Eh regarde ! Chuuuuuut !

Je m'étais arrêté et avais collé un doigt sur sa bouche pour l'empêcher de parler alors qu'elle ne disait rien. Puis de montrer de mon autre main ce qui s'étendait devant nous. En contre-bas, une petite clairière dont la forme ressemblait étrangement à un nid d'oiseau géant. Sans les brindilles. Et sans les œufs. Et sans les piaillements. Enfin bref, ça avait une forme d'assiette quoi. Mais il n'y avait pas de fourchette.

C'est là ! criai-je en murmurant. Je vais poser Biscuit au milieu et puis on aura qu'à attendre. Mais peut-être que ça va mettre longtemps. Peut-être que tu vas te faire chier. Tu veux rentrer ? Peut-être tu t'ennuies avec moi.

Pourquoi je disais ça ? Je haussai à nouveau des épaules et prit le loup dans les bras pour descendre dans la clairière. J'étais fort et fier. Un héros, en somme. Un grand et fantastique héros, plein de virilité et d'altruisme, à sauver une pauvre créature innocente sous les yeux admirateurs d'une belle jouvencelle.

Après trois pas, je dérapai et m'écroulai. Le loup valdingua dans les airs et roula jusque dans la clairière. Je le suivais, cul par-dessus tête. Puis l'inverse. Et encore cul par-dessus tête. Et encore l'inverse. Et de manger de l'herbe. Et des feuilles. Et de la boue. Et des cailloux. Je finis de rouler et restai étalé par terre, en levant quand même un pouce en l'air pour prévenir Line que je n'avais rien. A part l'estomac plein d'extraits de forêt. Et des écorchures. Et probablement des bleus, demain.

Le loup s'agita. Au moins, il était vivant. Ma mission était un succès. Son réveil commençait et me donna l'énergie pour me relever. Avec tout le mal du monde, j'escaladai les quelques mètres qui me séparaient de l'infirmière.

Eh beh ! Ca réveille ! Par contre, ça dessaoule pas.

J'avais le ventre en vrac et l'envie de dégobiller plus puissante que jamais. Je m'assis et tapotai l'herbe à côté de moi pour inviter Line à faire de même.

Une accalmie. Un moment de partage. Dans cette ambiance douce où seule la brise dans les feuillages se faisait entendre, la lune éclairait de sa lueur pâle la clairière et le loup agité. J'étais à côté de Line, et ce simple tableau suffit à faire s'évaporer tous mes maux. Il était peut-être temps d'aborder les vrais sujets. Une conversation à cœur ouvert, une intimité nouvelle ? J'hésitai un instant. Puis de me lancer.

Dis... tu crois que demain on va pouvoir assurer ?

C'était pas vraiment ce que j'avais imaginé. Tant pis, encore.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Jeu 29 Mar - 19:22
Quantre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

- Promis !

Je souris à pleine dents !
La neige, c’est mon pêché mignon. J’ai toujours adoré ça. Depuis toujours. C’est simple, dès qu’il y a de la neige dehors, je retombe en enfance. Automatiquement. Alors, je ne sais pas qui est l’esprit tordu qui a décidé de ne pas faire tomber la neige dans l’école, mais je le hais déjà. Si je l’avais devant moi, je… Je… Je lui mettrais un coup de pied dans le tibia tiens ! Han ! Si ça se trouve, l’esprit tordu en question, c’est le directeur… ! Si c’est vraiment lui, il va baisser dans mon estime d’un coup ! Mais je lui mettrais pas de coup de pied dans le tibia.

- C'est là ! me hurle Sangha aux oreilles. Je vais poser Biscuit au milieu et puis on aura qu'à attendre. Mais peut-être que ça va mettre longtemps. Peut-être que tu vas te faire chier. Tu veux rentrer ? Peut-être tu t'ennuies avec moi.

Ah, il s’appelle plus Biscotte, le loup ? Moi qui avait réfléchi à ce surnom pendant des heures…
Sangha me pointe une clairière en contre-bas. Mais je vois aucun loup. Peut-être qui boivent le thé… Ou peut-être qu’ils sont pas encore là, tout simplement. Sans forcément boire de thé, bien sûr. Pourquoi des loups boiraient-ils du thé, de toute façon. Ils ont pas de mains. C’est stupide comme idée. Sangha rehausse les épaules, bombe fièrement le torse et commence à descendre la pente qui nous sépare de la clairière. Avec la brouette. La brouette en équilibre plus que précaire. Et Sangha en équilibre plus que précaire également. Bref, ce qui devait arriver arriva.  
Il passa par-dessus la brouette, tête la première.

- Outch !

J’ai mal pour lui.
Il fait une première pirouette.

- Aïe !

Pirouette.

- Ouuh… !

Cacahuète.

- Ça doit faire mal…

Puis enfin l’arrêt.
Biscotte – ou Biscuit ou Yaourt – a valdingué trois mètres plus loin, toujours dans les vapes.
Sangha lève le pouce vers moi. Apparemment, ça va pour lui. Je me détends soudainement. D’où j’étais aussi tendue, moi ? Bref. Il finit par remonter, avec bien du mal, j’ai l’impression.

- Ça va ?
- Eh beh ! Ca réveille ! Par contre, ça dessaoule pas.

Bon, ça va. Tant mieux. Au pire, j’aurais pu le soigner ! Ou peut-être pas, vu mon état. J’aurais pu le blesser encore plus, au final. Si jamais il arrivait quelque chose, je serais parfaitement incapable de faire quoi que ce soit. C’était peut-être pas une si bonne idée de boire autant, finalement. Surtout avant d’aller vadrouiller dans une forêt aussi dangereuse que la forêt Interdite dans Harry Potter. Nan, mais sérieusement, quelle idée d’envoyer des enfants de 11 ans dans une forêt où le truc le moins dangereux s’avère être un cheval avec une corne sur la tête. L’horreur quoi. Le machin, il a parfaitement la capacité de t’empaler quand il veut. Allez me faire croire que c’est des créatures pacifiques après. Mon œil, ouais.
Sangha s’assoit en haut de la colline puis me fait signe de venir à côté de lui. J’y viens de bonne grâce. Puis je le vois hésiter. Tenter quelque chose. Je le regarde droit dans les yeux puis…

- Dis... tu crois que demain on va pouvoir assurer ?

Ha…
Je soupire.

- Clairement pas.

C’est bien d’avoir conscience de son état. Je sens que demain va être une dure journée pour nous deux. Je n’ose même pas imaginer la tête que je vais avoir dans mon infirmerie. Je vais sûrement éloigner les gens. Au moins, j’aurais moins de travail et donc moins de chance de faire des catastrophes. C’est déjà ça.

- Mais on pourra mettre ça sur le compte d’une mauvaise nuit ! Et si tu connais un bon remède contre la gueule de bois, je suis preneuse.

Je souris puis tourne la tête vers lui.
Il s’est tout de même bien amoché en tombant dans la clairière. Il a des écorchures sur tout le visage et…

- T’as… Un bout de bois dans les cheveux.

Enfin, plutôt 276, environ.
Je pointe un endroit au pif dans ses cheveux. Peu importe où il mettra les doigts, il va forcément tomber sur une branche. Je suis d’ailleurs tentée de lui en retirer une… Ou deux… Ou quinze. Mais j’hésite. Parce que je suis lamentable. Je me renfrogne deux secondes avant que l’alcool se décide pour moi. Parfois, c’est qu’il peut faire des choses intéressantes, quand même. Je fourre donc une main dans les cheveux de Sangha pour lui retirer un des nombreux bouts de bois qui agrémentent désormais sa chevelure.

- Voilà, il y est plus.

Mais t’en as plein d’autres, en fait. Bonne chance pour la douche de ce soir.
Je fixe la clairière. Toujours aucun loup en vue. Et Biscotte qui continue à se réveiller en douceur. Enfin. Tout est relatif. Si on considère sa chute comme étant douce, elle se réveille en douceur, effectivement.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Lun 2 Avr - 11:42
T’as… Un bout de bois dans les cheveux.

Ok, respire. Ce n'est pas grand chose. Enfin quand même, la honte ! Mais ce n'est pas ça qui m'affole. Elle voulait me l'enlever ou il fallait que je le fasse moi-même ? Et si je le faisais moi-même mais qu'elle voulait l'enlever ? Et si je ne l'enlevais pas mais qu'elle non plus, et qu'on restait comme deux idiots à se regarder, avec des brindilles dans mes cheveux ? J'allais entamer un mouvement de bras quand elle fit de même. Alors je me figeai aussi tôt. Mon cœur battait à toute rompe. Tu es vraiment idiot, Sangha. On aurait cru voir un adolescent à son premier flirt. Il fallait dire que c'était mon premier flirt, depuis bien longtemps. Enfin, si c'était un flirt. C'était un flirt ? C'était surtout un gros bourrage de mine d'une infirmière et un professeur qui travaillaient quelques heures plus tard. Combien ? Quelle heure pouvait-il être ? Ca y est, sa main est dans mes cheveux ! Je restai sans bouger, comme un modèle que l'on serait en train de peindre. Il n'y avait plus un bruit autour de nous, aussi avais-je la conviction qu'elle pouvait parfaitement distinguer les tambours qui résonnaient à la place de mon cœur.

Voilà, il y est plus.

Je respirai de nouveau. Elle avait ôté sa main – ce qui me rendait un peu triste – avec un bout de bois entre les doigts. Évidemment, je ne savais pas que tout le reste de l'arbuste trônait encore fièrement sur mon crâne. Ce moment, pourtant banal mais étrangement enivrant, avait eu l'effet d'une bombe en moi. Une chaleur qui s'était diffusée dans tout mon corps, et avait emporté avec elle tout l'alcool. Je n'étais plus saoul. C'était du moins ce que je pensais durant ces quelques secondes de béatitude.

Comme Biscotte s'éveillait en jappant doucement, les fourrés autour d'elle se mirent à bouger. Je tapotai le bras de Line avec excitation. Le moment était parfait. Le ciel dégagé laissait filtrer à travers les arbres les rayons d'une lune pleine. J'avais choisi cette nuit pour la pâle clarté qu'elle offrirait.

Ca y est ! Ca y est ! Ca y est ! murmurai-je les yeux pétillants d'impatience, me rendant compte par la même que l'alcool n'avait effectivement pas encore quitté mon corps.

Des silhouettes canines émergèrent des alentours. Le pas lent, le dos bas, alertes. Elles commençaient à former un cercle parfait qui tournait dans une synchronisation parfaite autour du loup émergeant d'un lourd sommeil.

En les étudiant, murmurai-je à l'oreille de Line, j'ai compris que Biscotte était leur alpha. Sans doute le seul de la meute pour lequel ils prendraient le risque de s'exposer comme ça.

Je parlais vite, ma voix traduisait l'excitation éprouvée face à un tel spectacle. Qui pourtant pouvait laisser indifférents bien des individus. C'est qu'ils n'étaient pas capables de voir la beauté dans la vie.

Enfin, l'apothéose. Lorsque le loup, au centre du cercle, se dressa difficilement sur ses pattes, les autres reculèrent d'un pas et se mirent dans une posture de soumission telle qu'ils paraissaient s'incliner en révérence. Leurs pelages commencèrent à scintiller. Je sentais l'émotion couler le long de mes joues. Quand le premier rayon de lune éclata sur le cristal, je me crispai, le souffle coupé. Sans que je ne réfléchisse plus à rien, ma main agrippa fermement celle de Line pour ne plus la lâcher ; sinon, je craignais de chavirer, écraser sous toutes les merveilleuses choses que je ressentais. Un point d'ancrage, pour me rappeler que ceci était la réalité. Ma réalité.

Très vite s'étendit sous nos yeux une marée de cristal éclatante sous le clair de lune. Les arbres tout autour affichaient les ombres et lumières qui vacillaient. Et dans nos yeux brillaient des milliers d'étoiles. L'univers entier resta figé quelques secondes dans cette perfection dont je peignais chaque détail dans ma mémoire.

Puis l'obscurité, alors que les loups disparurent dans les fourrés. Il ne resta plus que nous. Je fus persuadé qu'avant de partir, Biscotte avait lancé un regard dans notre direction. Mais mon imagination romanesque avait du me jouer des tours. Il ne restait donc plus que nous. Moi, l'enfant qu'un rêve venait de comblé, les joues humides, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. Et Line, dont je ne savais encore rien des ressentis. En espérant que ces éclats de lumière ne l'aient pas faite dégobiller.

Et entre nous, il y avait sa main dans ma main.

Oh non ! Au secours ! Au secours ! Au secours ! Au secours ! Qu'est-ce que j'ai fait ?! Qu'est-ce que je fais ?! Je l'enlève ! Non ! Elle peut peut-être mal le prendre. Mais elle peut mal le prendre que je sois aussi avenant aussi ! Mais je ne suis pas avenant, je n'ai pas fait exprès ! Bon d'accord, ça m'a bien arrangé quand même et je m'en plaindrais pas. Mais bien sûr que si, je me plains ! Joue-la cool, Sangha ! Avec un peu de chance, elle ne va pas te gifler.

Je sursautai légèrement en prenant conscience du monde qui m'entourait, et de ce contact physique qui me faisait des chatouilles dans le ventre – bordel, mais quel gamin. Je rendis la liberté à ses doigts et me renfrognai légèrement, le visage rouge pivoine, les oreilles enflammées par la honte, les yeux fixés sur mes pieds.

Pardon... Je... euh... Désolé c'est... enfin les loups quoi.

Comme si je pouvais accuser ces pauvres créatures magnifiques de mes gestes déplacés.

C'était cool... C'était beaucoup plus que ça quand même. C'était chouette, je veux dire... Le choix de mots le plus bidon de tous les temps. Enfin, euh... C'était... euh... Merci. De m'avoir accompagné, je veux dire. Beaucoup trop de répétitions dans mes propos. C'est cool d'avoir vu ça avec toi.

Allez ! Dis-le, que c'est la seule avec qui tu aurais pu partager ça! Non, n'exagérons rien. C'était bien trop avenant. En plus, je sentais l'alcool revenir à la charge. Il fallait que je profite de mes dernières secondes de pleine conscience. Mon corps engourdi par l'émotion, qui allait bientôt être engourdi par les gorgées de whisky. Mon esprit embrumé par ce spectacle merveilleux – et la gêne aussi – bientôt remplacé par un esprit endolori par la migraine du verre de trop. J'étais comme une soupe. Un velouté d'émotions qui, mixées ensemble, formaient un résultat étrange. Agréable et doux, malgré l'arrière-goût de honte qui restait sur la langue. Et bientôt, j'allais être une simple soupe de cerveau fondu par le malt fermenté. Mais au moins, je n'avais pas vomi ! Voyons le bon côté des choses. Voilà, je recommençais à perdre la logique dans le fil de mes pensées.

Je m'imaginai des milliers de scénarios pleins de romantisme, qui montraient à Line combien elle pouvait prendre de l'importance pour un pauvre type isolé du monde comme moi. C'était beau, c'était émouvant. C'était sans brindilles dans les cheveux, sans joue humides ni oreilles rouges. Bref, ce n'était pas la réalité.

Dans la réalité, je me contentai de sourire en regardant dans le vide, vaguement près de son visage.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 6 Avr - 19:38
Quatre verre pas plus
Ft Sangha Jani

- Ca y est ! Ca y est ! Ca y est !

Je vois la pauvre Biscotte se réveiller après les -trop- nombreuses chutes qu’elle a subi plus tôt. Au moins, elle ne se redresse pas trop rapidement sur ses pattes. Ça aurait été étonnant. Les fourrées commencent doucement à bouger autour d’elle, comme si le vent souffler dans leurs feuilles. Sauf qu’il n’y a pas de vent. Puis soudainement, d’autres loups, plein de loups, sortent des buissons pour venir s’exposer dans la clairière, à la vue de tous ou presque.
Seuls Sangha et moi pouvons voir ce spectacle.

- En les étudiant, j'ai compris que Biscotte était leur alpha. Sans doute le seul de la meute pour lequel ils prendraient le risque de s'exposer comme ça.

Une femelle Alpha ? Etonnant, dans le règne animal.
Mais je me contente de hocher la tête, bien trop concentrée sur ce qui se passe en bas, sous mon nez, dans la clairière. Je me doute que c’est une chose que je ne risque pas de revoir de ci-tôt. Donc je veux en profiter le plus possible. Moi qui aies eu une vie globalement banale, je ne voudrais louper ça pour rien au monde.

Biscotte se relève enfin, après beaucoup de difficultés. Pas étonnant après les chutes et les bosses, me direz-vous, mais elle se relève quand même.
Les loups se rapproche d’elle, le ventre presqu’au sol. Puis leur pelage se met doucement à scintiller, briller. La lumière vive de la lune s’y reflète, vient frapper les arbres alentours. La lumière s’intensifie, leur fourrure se change toujours plus en cristal. Puis arrive un moment paroxysme. Un moment qui se fige à tout jamais dans ma mémoire. Lorsque tous les loups deviennent cristal, la clarté est telle que j’ai l’impression qu’elle éblouit toute la forêt.

Puis tout s’éteint soudainement.
Les loups partent, Biscotte les suit. D’un côté, ça me fait mal au cœur de la voir partir aussi vite. D’un autre, je préfère la savoir en compagnie des siens

Je redescends doucement les pieds sur terre, les effets ravageurs de l’alcool oubliés.
Et je remarque. Il m’aura fallu le temps, quand même.
Sangha. Sa main. Ma main. Moi
Mon visage devient automatiquement rouge pivoine. Je ne suis pas le genre de personne qui rougit de manière discrète et charmante. Nan, nan. Quand je rougis, on dirait juste que je m’étouffe à cause d’une cacahuète qui passe du mauvais côté. Heureusement que la nuit est tombée depuis quelques temps maintenant et que je ne suis plus tellement visible.
Je commence à vaguement bafouiller des mots incompréhensibles, en m’imaginant tout un tas de scénarii, parfois étranges, parfois moins.

- Pardon... Je... euh... Désolé c'est... enfin les loups quoi.
- Ouais, nan, t’en fais pas… Enfin… C’est que…

Il me lâche la main.
Je me renfrogne soudainement.

- C'était cool... C'était chouette, je veux dire...
- Ouais, clairement. Je…
- Enfin, euh... C'était... euh... Merci. De m'avoir accompagné, je veux dire. C'est cool d'avoir vu ça avec toi.

Ouais, clairement.
Même plus que ça. Je sais pas.
Bref. Je pense trop.

Sangha rapproche son visage du mien.
Qu’est-ce qu’il fait ? Oh mon dieu, qu’est-ce qu’il compte faire ?!
Je commence à paniquer. Oh non, ce serait l’air con de faire une crise de panique à ce moment-là, s’il te plait. Calme-toi un peu, respire. Je sens des bouffées de chaleur me transpercer le front. Roh, bordel, je vais pas être capable de me calmer, nom de dieu. Une vraie adolescente.
Mais du coup, qu’est-ce que je fais, moi ? Ben j’en sais rien. Je réponds, je réponds pas, je change de sujet, je m’enfuis de lâcheté, je m’évanouis ? Je crois que je préfèrerais m’évanouir.
Pourquoi il attend ? Pourquoi il me regarde comme ça ? Il doit attendre que je réagisse, que je dise quelque chose.
Ou peut-être pas. Peut-être qu’il préfèrerait que je dise rien, justement.

Je dois être rouge tomate.

- Euh… Je…

Sais pas quoi dire.
Je pense juste que mon haleine doit être des plus alcoolisée et qu’il peut en profiter de plein nez.
Charmant. Glamour.

- Je pense qu’on devrait rentrer, non ?

Voilà.
Je suis nulle.
Mais je bouge pas. Je bouge pas d’un pouce.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Dim 8 Avr - 18:17
Euh… Je…

Je reviens à la réalité, perdu dans le flou de mon esprit comme un homme bourré perdu au beau milieu d'un labyrinthe ; ou comme un homme bourré tout court. Je suis un homme bourré. Ce qui expliquait la situation. Je sursaute très légèrement et la regarde bafouiller. C'est mignon. C'est l'alcool. Enfin, je pense que c'est l'alcool. Quoi d'autre ? Ah ouais, ma main. Quel con. Elle n'a pas du apprécier, genre pas du tout. La proximité, ça ne s'acquiert pas en deux rendez-vous. Là, c'est carrément un manque de respect. Heureusement, j'avais une liste d'excuses valides longue comme un bras.

On se regarde comme deux idiots, assis dans l'herbe. Elle est probablement humide de rosée. On a probablement les fesses trempées. Les pantalons salis de boue. On n'était pas à ça près. C'est comme arracher la cuisse d'un poulet grillé. Ça détruit toute son estime personnelle de poulet. Sauf qu'il est grillé, donc il n'est plus à ça près. Et puis de toute façon il est déjà mort, donc il n'a pas la possibilité d'avoir de l'estime. Et s'il savait dans l'état dans lequel il allait finir une fois qu'on l'aurait bien bouffé, il se dirait qu'une simple cuisse arrachée, ce n'était pas si mal quand même. En tout cas, tout ça n'avait rien à voir avec un poulet. Par contre, je commençais à avoir un peu faim.

Je pense qu’on devrait...

J'avais une bonne quinzaine d'idées quant à ce qu'on devrait faire. Manger un poulet grillé par exemple. Ou se faire des bisous sur les joues. Ou vomir. Pas les trois ensemble par contre.

… rentrer, non ?

Oh, elle n'est pas dans ma liste, cette idée-là. Mais c'était peut-être la plus raisonnable d'entre toutes. Peut-être la plus triste, aussi. Rentrer, ça veut dire mettre fin à cette soirée. C'est ça, qui est triste. Alors qu'on pourrait rester là, juste à être ensemble. Le tableau est plutôt sympa.

Et malgré son idée, je la regarde ne pas bouger. Comme moi. Je la regardr, surtout. Ne pas bouger, c'est un bonus. Et petit à petit, le sourire idiot que l'alcool me force à porter s'efface, à mesure qu'une voix tout près de mon oreille commence à me souffler de vilaines choses. D'abord, que j'avais fait une promesse il y a longtemps. Celle de n'appartenir qu'à une seule personne malgré qu'elle, ne puisse plus m'appartenir. Ensuite, que je ne mérite pas de ressentir les choses agréables que je me permets de ressentir – par delà les effets de l'alcool, j'entends. Il y a en moi cette tâche qui ne partira jamais, ce monstre que je me dois de punir. Ce sang sur les mains avec lequel je me dois de vivre. Enfin, que je ne peux pas me permettre de ressentir ces choses. La dernière fois, cela a coûté une vie. La solitude n'est pas qu'une protection que j'offre aux autres, c'est aussi la prison que je m'impose. Et cela, je ne peux l'oublier.

Je ferme les yeux une seconde, affiche un sourire triste.

On devrait, oui.

Je me lève, non sans difficulté. Non sans tanguer. Non sans glisser. Non sans aucune maîtrise de mon corps. Bref, je me lève quand même ; et tends la main à Line, pour l'aider à me suivre. Il est temps de mettre un terme à cette soirée. Il est temps de redevenir celui que je suis. Je sors ma baguette d'un poche et laisse se diffuser devant nous une douce lumière bleutée pour éclairer le chemin.

Si on a de la chance, c'est toujours sur le retour que je me perds ! lancé-je ironiquement, un faux entrain dans la voix. Je ne veux pas que cette soirée s'arrête. Et oui, je voudrais qu'on se perde.

Au fond, je laisse les démons revenir. Merde alors, l'alcool triste. Je n'en ai vraiment pas besoin, pas maintenant. Mais est-ce vraiment cela ? N'est-ce pas plutôt un instant de lucidité ? Après tout, je tiens dans la main le témoin de cette vieille promesse. Je me souviens d'un garçon de neuf ans, déposant un baiser sur le front d'une jeune fille, quand le monde lui paraissait encore plein de merveilleuses possibilités. Il venait de recevoir cette baguette comme cadeau. Je la garderai avec moi toute ma vie, promis... ; et moi aussi ? ; et toi aussi...

Et elle aussi.

J'étais plutôt renfrogné sur le retour. Malgré tout, mes trop nombreuses consommations me permettent de retrouver un peu le sourire. Parce que je trébuche et je dérape. Parce que je veux me soutenir à un arbre qui n'est pas si près que je le pensais. Parce que je galère. Mais je suis silencieux, angoissé à l'idée de marcher vers la fin de l'aventure. Les conclusions, c'est ce qu'il y a de plus difficile. Et demain, le quotidien.

Désolé, dis-je quand même au bout d'un moment, sans me tourner vers elle, pour les bonhommes de neige. Une prochaine fois ?

Et finalement, sans que je ne sache comment, je lui fais face. Parce qu'il faut que je lui dise quelque chose de gentil. Pas qu'elle pense que c'est vraiment ok pour moi de rentrer. Je pourrais lui dire qu'elle est jolie, mais j'ai vingt-sept ans, pas onze.

Au diable les voix. Si demain doit être comme les autres, autant profiter de cette soirée unique. Je m'approche d'elle. Non, je ne vais quand même pas faire ça ? Pourtant, je suis vachement près d'elle quand même. Je peux voir toutes les étoiles qui se reflètent dans ses yeux. Et je peux compter ses grains de beauté. Et je peux voir cette araignée qui s'est posée sur sa tête.

Je hurle. Du cri viril d'une fillette de six ans. Dans la panique, ma main part. Je ne sais pas si j'ai balayé le monstre de ses cheveux ou si je lui ai collé une gifle monumentale sans rien régler du problème actuel.

Mais je sais que j'ai touché quelque chose.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 13 Avr - 17:51
Quatre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

Je m’en veux.
Pourquoi j’ai dit ça ?
C’est vrai, on devrait rentrer. On a encore de l’alcool dans le sang, la journée de demain risque d’être très compliquée, il commence à se faire tard. Mais pourtant, je n’ai pas envie de rentrer. Je suis très bien là, assise le cul dans l’herbe trempée depuis des plombes si bien que je commence à avoir froid. Je m’en fous de tout ça. Je suis bien là. Je devrais dormir là, tiens. Ouais, je devrais. Comme ça, je ne serais pas obligée de rentrer.

- On devrait, oui.

Alors, c’est vrai ? On va rentrer. J’aurais préféré qu’il me réponde par la négative, qu’il me dise qu’il y a encore des tas de trucs à voir dans la forêt, qu’il me propose de faire une nuit blanche à se balader à travers les bois. Mais non. On va rentrer.

Sangha se lève difficilement, tandis que je regarde par terre en tirant la tronche comme une adolescente en crise. Mais il finit par me tendre la main, que je saisis volontiers en lui lançant un sourire triste. Je ne veux pas rentrer, voilà. Vu mon âge, je me sens en droit de faire des caprices, non ? Et pourtant, je le suis, la mine basse et les paupières lourdes. Demain, retour à une journée banale dans ma vie banale.
Je baille.
Sangha ouvre la voie en éclairant le chemin d’une faible lueur grâce à sa baguette. Quant à moi, je le suis en évitant difficilement les branches, les racines. Cette fois-ci, c’est plus à cause de l’obscurité. Le spectacle avec Biscotte m’a complètement dessaoulée. C’est peut-être pour cette raison que je suis si fatiguée. C’est peut-être pour cette raison que, pourtant, je n’ai pas envie de rentrer au château.

- Désolé, pour les bonhommes de neige. Une prochaine fois ?

Je hoche la tête sans rien dire.
Puis soudainement, il me fait face. Je le fixe avec un regard triste, mais je ne lui dis toujours pas que je voudrais rester dans cette forêt en sa compagnie. Pourquoi j’ai toujours des pensées noires lorsque je suis fatiguée ? Je ne sais même pas.
Je ne le vois même pas se rapprocher, les yeux pas tout à fait en face des trous. Mais en revanche, je sens parfaitement quelque chose m’atterrir sur les cheveux. Je blêmis en m’imaginant tout ce que ça pourrait être. Le pire dans mon esprit, c’est un scorpion. Je l’imagine déjà faire sa petite vie dans mes cheveux, me piquer le crâne et - le pire - pondre sous ma peau. J’en frissonne rien que d’y penser. Mais c’est stupide, les scorpions ne vivent pas dans les bois.

Voilà pourquoi finalement, je ne dis presque jamais rien à Epsilon lorsqu’il se perche sur ma tête. Il empêche l’arrivée opportuniste d’autres bestioles terrifiantes.

Sangha hurle d’une voix qu’on aurait pensé plus viril. Apparemment, il a vu la bestiole. Et vu sa réaction, ça doit être affreux. Donc pas une petite araignée de rien du tout. Il a dû voir bien pire dans sa vie, non ? Donc ça ne peut pas être une araignée. Quand même.
Par contre, ce que je n’avais pas calculé, c’est que, de peur, il m’envoie sa main en plein visage. J’arrive à me baisser avant de me prendre une baffe qui aurait pu faire pâlir celles que m’envoyait ma mère quand je faisais des conneries étant gosse. Je ne manque pas de hurler également. Foutue hystérie communicative.

Puis je reste dix secondes, accroupie par terre, le souffle court parce que bon dieu, c’est que ça m’a foutu les jetons, tout ça ! Et en plus, j’ai l’impression de ne plus avoir de voix. Parfait. Demain, va être une journée excellente entre la gueule de bois et l’extinction de voix. Parfait. J’ai hâte.
Je finis par me relever. Enfin. Puis vertiges. Génial. Génial. Le choc et le fait de m’être relevée trop rapidement m’ont donné des vertiges apparemment. Génial. Je sens des grosses bouffées de chaleur me traverser le crâne, en plus de légers sifflements dans les oreilles et d’un halo noir sur la périphérie de ma vision. Génial.
Je sens le malaise arriver.

- C’était quoi ?

J’essaye de parler. Il faut que je concentre sur un truc, n’importe quoi.
Et puis ce n’est pas l’alcool et les amuse-gueules d’Oscar qui risquent de m’aider. Je veux regarder en face de moi. Je veux regarder Sangha. Mais ma vue a décidé de ne pas suivre mes yeux. Nouvelle bouffée de chaleur.

- J’ai chaud, là…

Autant lui dire que je me sens mal, si jamais je me décide à tomber dans les pommes.
Nouvelle bouffée de chaleur. Je ferme les yeux. Je n’aurais pas dû.
Coupure totale du système. Je m’endors.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Dim 15 Avr - 19:59
Je reprends mon souffle. Bordel, quelle frayeur ! Elle était dégueulasse, avec ses yeux et ses poils et toutes ces pattes gesticulantes. Ah, les animaux ! Ma passion. Les araignées, un peu moins. Des aberrations de la nature. J'étais dans une forêt, quelques années auparavant, en Écosse ou en Irlande – j'avais commencé à perdre le fil de mes voyages. Cherchant quelque spécimen rare, quelque créature issue du folklore local. Quelque chose d'unique en somme. Et je l'avais trouvée. Un mètre cinquante au garrot, à quelques centimètres près. J'avoue ne pas avoir pris le temps de l'étudier. J'ai hurlé, j'ai pleuré, j'ai couru. Ses yeux infinis me contemplaient avec envie et ses mandibules claquaient comme on faisait tinter ses couverts contre une assiette. Le pire, chez une araignée, c'est son silence. C'est muet, une araignée. Même lorsqu'elle est à même de pouvoir être chevauchée. Seuls les cliquetis de ses crocs, et les tac-tac de ses énormes pattes sur la terre meuble vous avertissent du peu de mètres qui vous séparent d'elle. Heureusement, une meute de... c'était quoi, déjà ? Je ne me souviens pas. Disons des vélociraptors. Un combat entre une bande de vélociraptors et cette abomination de la nature m'a permis de m'enfuir, de me planquer entre les racines d'un énorme chêne, d'y pleurer plusieurs heures et d'y rester caché deux jours et deux nuits avant d'être certain de pouvoir en sortir sans danger. Depuis, les araignées, c'est fini. Pas de pitié.

Line, dans toute son élégance qui forçait plus encore à l'admiration qu'actuellement, a évité le coup et m'a permis de lui balayer le monstre de sa chevelure qui sent bon. Mais je suis trop occupé à gesticuler et à me secouer les cheveux en demandant à des envahisseurs inexistants de me laisser tranquille pour m'en occuper. Pourquoi on réagit tous comme ça ? Pourquoi, si je commence à vous raconter une histoire d'invasion de puces, vous allez commencer à sentir des démangeaisons dans les cheveux ? C'est bizarre.

C’était quoi ?

Je saute à pieds joints sur les restes de l'innocent et abominable monstre. Je crois que l'alcool me fait encore un peu délirer. Je m'arrête et regarde Line avec un air enfantin, pris en flagrant délit de maltraitance animale.

Une espèce de petite connasse de saloperie d'araignée de mes...
J’ai chaud, là…

Quoi ? C'est ça qui lui donne chaud ? Merde alors, je la pensais plus romantique. Mais j'ai entendu dire qu'effectivement, certaines personnes sont sensibles aux insultes et à la vulgarité. Pas moi, mais si c'est une porte d'entrée pour plaire à l'infirmière aux yeux tout doux, je peux m'y mettre. Oui, je change très vite d'avis. Un coup de faiblesse morale ne devrait pas empiéter sur des possibilités de bonheur. Je discuterai avec ma conscience demain.

Ou alors, je me fais quelques fausses idées. L'interprétation, qu'est-ce que ça peut être dangereux. Par exemple, ça peut vous marier à une jeune bergère après une soirée dans un village reculé parce que « joins-toi à notre communauté » veut dire « intègre notre secte par le lien du mariage » et pas « viens picoler avec nous ce soir » ; ça peut laisser entrer une troupe de cirque dans votre camionnette pour les conduire sur trois-cent kilomètres gratuitement, parce que « on cherche un pigeon pour notre spectacle » ne veut pas dire « on cherche un oiseau commun des villes pour une nouvelle représentation scénique » mais « on cherche un crétin pour nous conduire à notre prochaine ville » ; ou ça peut vous pousser à vouloir insulter une jeune femme alors qu'elle s'évanouit, parce que « j'ai chaud » ne veut pas dire « ça me fait de l'effet, toutes ces grossièretés » mais « mon corps paniqué et alcoolisé réagit à la situation, je vais m'évanouir ».

Elle s'effondre et tout se passe au ralenti. Je me jette sur elle et l'attrape avant que sa tête ne cogne le sol. Bien sûr, je suis trop saoul. Je tombe et l'entraîne dans ma chute. C'est ma tête qui cogne le sol. Je reste allongé quelques secondes, une femme inconsciente dans les bras, au beau milieu de la forêt. Heureusement, personne ne voit ça.

Euh... Line ? Linou ? Madame Lo... Lois... merde, c'est quoi son nom déjà ? Madame l'infirmière ?

Je lui donne des petites tapes sur la joue, elle n'a pas l'air de vouloir réagir. Je crois que c'est là que j'ai commencé à paniquer. Que je me suis vu accusé de meurtre, d'agression sexuelle et de tout un tas de trucs dont je ne peux même pas imaginer les formes parce que je suis trop optimiste et naïf pour y penser. Je prends son pouls à son cou – qu'est-ce qu'elle a la peau douce, quelle crème elle peut bien utiliser ? – et il est bien là, paisible et régulier. Je ne pouvais pas être accusé de meurtre, ce qui est déjà une bonne chose. Mais dans l'impossibilité de la réveiller, qu'est-ce que je peux bien faire ?

Puis la lumière. L'ampoule brille. L'éclair de génie. Je m'embrasse la main, parce que je le mérite vraiment. Je l'attrape par les épaules et la traîne dans les bois. Pas vers la cabane, mais plus profondément. Je rebrousse chemin. A la clairière, je souris. Parce que je suis définitivement génial.

Je préfère ne pas évoquer le moment où je l'ai mise avec toute la difficulté du monde – et d'un homme écrasé par le poids d'une délicieuse bouteille de scotch – dans la brouette. Pour sa dignité tout d'abord, et pour mon honneur – mes mains ayant sans doute glisser sur des parties du corps que je ne voulais pas toucher. Pas dans ces circonstances en tout cas. Surtout pas. Enfin bref, personne n'en saurait rien. Même pas moi. Quand je me mets en route, l'alcool a déjà effacé cette scène de ma mémoire.

Je pousse donc une brouette contenant le corps d'une femme inconsciente en pleine forêt. En d'autres circonstances, même moi aurais trouvé ça dérangeant. Mais maintenant que je me retrouve seul, que l'alcool, sans me délester de ses effets, me laisse tout de même posséder une certaine lucidité, que le silence s'impose tout autour de moi, je ne désire que rentrer chez moi. J'y parviens, fort heureusement, sans plus d'embûches. Que le chemin me sembla long ! Interminable même. Un marathon.

J'ouvre vite la porte de la cabane et pénètre avec la brouette. Je suis en sueur, j'ai les paupières lourdes et j'ai cru apercevoir du mouvement dans le parc. En espérant qu'aucun élève bravant le couvre-feu ne m'ait vu dans ma situation. Les rumeurs vont bon train ici. Et cette scène ne laisse que trop peu de choix dans son interprétation. Sans parler du mobilier détruit, du combat qui sembla avoir eu lieu ici. Comme une femme luttant contre un détraqué. Tout est contre moi. Nouveau souffle de panique. Il faut que je nettoie tout ça.

J'explique rapidement aux familiers que tout va bien. Le piaf n'a pas l'air complètement convaincu mais Oscar, lui, s'en fout. J'installe Line dans le canapé, balance la brouette par la porte et pose une couverture épaisse sur ses épaules. Puis de m'asseoir à côté, et de me rendre compte après de longues secondes que je la regarde dormir. Je souris, gêné, et rougis comme un enfant. Je me posais une question quand même. Enfin, je m'en posais des tas. Mais une principalement.

Est-ce que je viens d'avoir un rencard ?

Preeeeends-lui la main...
Hein ? interrogé-je Oscar qui commence à chanter.
… dans la douceur du lagon.
Quoiiii ?
Décide-toi, mon garçon...
Mon garçon ? m'offuquai-je. Attends un peu que je...
et n'attends pas demain ! 
Non vraiment, ferme-la ou...
Elle ne dit pas un mot, et ne dira pas un mot...
Elle dort, putain. Tu me fais vachement peur là.
… avant d'être embrassée !
Mais ça va pas la tête, espèce de détraq...
SHA LA LA LA LA LA, N'AIE PAS PEUR ! NE PENSE QU'AU BONHEUR, VAS-Y, OUI, EMBRAAAAAAAAAAAARG !!!

Oscar le manchot, après un dernier cri d'horreur, disparut écrasé sous l'un des énormes coussins du canapé. Je me lève en me frottant les mains et commence à aller vers la table. Puis je m'arrête. Je reviens au canapé. Je regarde Line. Non, c'est idiot. Je repars. Et puis je reviens. Je la regarde. Bon. Je me penche et pose mes lèvres sur sa joue. Juste pour la remercier de cette soirée. Ou peut-être pour plus. Je ne sais pas.

Cette nuit-là, je ne dors pas. Je range ma maison. Je réunis des débris de meubles. Je remets les bibliothèques en place. Je classe tous mes livres. Je nettoie le sol. J'amasse les déchets à l'extérieur. Je rends à mon intérieur son charme traditionnel. Sauf que je n'ai plus de table. Sans me permettre d'utiliser la magie, impossible de la réparer. Je n'ai plus qu'une chaise, posée seule au centre d'un espace vide. L'alcool s'efface, il laisse place aux questions. Je fais tout ça, un sourire idiot sur le visage. Quand les premiers rayons de soleil commencent à percer par la fenêtre, je termine juste d'installer un petit-déjeuner qui me donne la nausée sur la table basse. J'ouvre une fenêtre pour rafraîchir cette atmosphère pleine des restes d'une soirée trop arrosée. Je m'assois sur le canapé. Je mérite bien une courte pause. En plus, je commence à avoir un sacré mal de tête.

Je ferme les yeux et m'endors en quelques secondes seulement.
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