Quatre verres, pas plus - Ft Sangha
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MessageSujet: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 9 Fév - 20:04
Quatre verres, pas plus
Ft. Sangha Jani

Mon portable sonne. Encore.
Voilà cinq fois qu’il sonne cet après-midi. Bien sûr, je n’ai pas vraiment le temps de répondre, je le laisse donc vibrer dans le vide. J’ai même fini par l’enfermer dans l’un des tiroirs de mon bureau histoire de ne plus l’entendre. Mais heureusement, ma journée est bientôt finie, je vais enfin pouvoir voir qui me harcèle à ce point depuis tout ce temps. Espérons juste que ce ne soit pas des démarcheurs téléphoniques… Je n’ai pas envie de m’être inquiétée pour rien. Quelqu’un qui m’appelle en boucle de cette manière, c’est que ce doit être important tout de même. Enfin, ce serait étonnant que ce ne le soit pas. Je m’accroche en me disant que les démarcheurs téléphoniques sont rarement aussi insistants. Je renvoie le dernier élève de la journée, vérifie rapidement dans le couloir afin d’être sûre que personne d’autre n’arrive, puis ferme enfin la porte de l’infirmerie. Je finis les quelques tâches que j’ai à faire, notamment la paperasse, également nommé le côté le moins intéressant du boulot. Je récupère enfin mon portable que j’avais jeté au fond du tiroir, mes affaires et mon sac pour sortir. Une fois l’infirmerie fermée à clé, je me dirige vers ma chambre avec pour intention première de déposer les affaires qui alourdissent mon sac et retirer cette blouse que je porte depuis le début de la journée. Non pas que je n’aime pas ma blouse, mais c’est qu’on a chaud en dessous au bout d’un moment. Je finis tout de même par regarder mon portable afin de voir qui m’a appelée tout l’après-midi.

Maman.

Une boule tombe dans mon ventre. Je m’empresse de changer toutes mes affaires de main pour pouvoir la rappeler immédiatement. J’espère juste qu’il ne s’est rien passé de trop grave, elle n’est jamais aussi insistante lorsqu’elle m’appelle. D’ailleurs, depuis que je travaille à Sainte Catherine, on ne s’appelle quasiment plus, elle digérant mal le fait que je travaille ici, et moi digérant mal le fait qu’elle digère mal. La dernière fois que je l’ai eue au téléphone, c’était grâce à la merveilleuse intervention de Nicolas, mon frère, qui m’a appelée alors qu’elle était à proximité. Nous ne pouvions pas vraiment refuser de nous parler. Autant dire que ce fut tendu et que le sujet de mon travail fut soigneusement évité, tant par l’une que par l’autre.

J’ai à peine le temps d’entendre la sonnerie retentir dans mon téléphone qu’elle décroche immédiatement.

- Oui ? Allo ? Qu’est-ce qui se passe ? … Comment ça “rien“ ? Tu m’as appelée tout l’après-midi. … Tu voulais juste savoir si quoi ? … Si j’ai pas oublié le cadeau d’anniversaire de Papa… ?

Je lève les yeux au ciel. Elle a vraiment insisté autant pour me parler juste pour ça ? Parfois, elle bat des records dans les comportements les plus insolites.

- Oui, ben non, je l’ai pas oublié. … Je lui ai pris un Pinot Noir de 2012. J’en ai trouvé un millésimé. … Oui, je sais “on peut le trouver en bas de chez nous“, mais tu sais très bien qu’il aime que les vins alsaciens. Tu te souviens de ce qu’il a fait avec le Bourgogne ?

Lorsque j’avais 8 ans, à Noël, mon père avait décidé de boire un vin Bourgogne. Or, c’est cette même année qu’il est tombé sur une huitre pas fraiche. Il a fait une intoxication alimentaire et l’a mise sur le compte du vin. Depuis, il ne boit plus que “du vin de chez-nous“.
J’arrive devant la porte de ma chambre, sors difficilement la clé de ma poche puis l’ouvre. Je pose mes affaires en tas sur mon lit, avant de regarder la dite-bouteille qui trône sur mon bureau depuis une semaine, pas emballé et le prix toujours étiqueté dessus.

- Non, tu te souviens pas ? Ben, moi je m’en souviens. … Oui, mais c’est pas de ma faute s’il a le comportement d’un enfant de douze ans. … Oui, je l’ai emballée quand même. Je vais pas la laisser trainer comme ça, t’imagines si un élève me voit avec ?

D’ailleurs, heureusement qu’aucun d’entre eux ne sait que je possède une petite réserve d’alcool, outre cette bouteille. Je ne vais pas aller la partager avec eux de toute façon. Et la dite-réserve n’est pas bien grande : une bouteille de whisky et une de crème de whisky. J’aime beaucoup le whisky.

- Oui, un élève, oui. Je te rappelle que je travaille dans une école. … Bon, ne commençons pas à parler de ça, tu sais très bien qu’on va s’énerver toute les deux.

Le fameux sujet délicat par excellence.

- Quoi Nicolas ? … “Un meilleur cadeau que moi“ ? Ecoute, je vais pas commencer à comparer la valeur des cadeaux, c’est totalement débile…

Je regarde justement ma bouteille de vin en me disant qu’il est quand même un peu nul, mon cadeau. C’est le genre de cadeau qu’on offre quand on ne sait pas quoi offrir. Avec les chocolats. Je pourrais essayer de faire un combo de cadeaux nuls, peut-être qu’ensembles, ils le seraient moins.

- Comment ça “enceinte“ ? Mais il peut pas être enceinte, Nicolas. … Sa femme… ?

*****

Je sors en trombe de ma chambre, après avoir jeté mon portable sur mon lit, sur les conseils d’Epsilon. J’en profite pour prendre la bouteille de whisky rangée en bas de mon armoire, à la vue de moi seule, étant donné que personne ne va fouiller dans mon armoire. Il faut bien que j’aille partager ma joie avec quelqu’un, et ce quelqu’un, j’ai décidé que ce serait Sangha Jani.

Je traverse le long couloir en courant presque jusqu’à arriver au hall d’entrée du château. Pour le coup, tant pis si les quelques élèves présents me voient me promener avec une bouteille d’alcool dans la main. Une fois arrivée dans le hall, je laisse Epsilon m’abandonner pour qu’il puisse aller se défouler à l’extérieur, en chassant les petits rongeurs qui courent aux abords des bois. Il saura parfaitement où me retrouver. J’espère juste ne pas prendre Sangha à l’improviste. De toute façon, il n’aura pas le choix. Mais je ne reste finalement pas longtemps sans familier, car je vois le manchot – ou le canard, comme s’amuse encore à l’appeler Epsilon – de Sangha arriver en se dandinant dans le hall.

- Oscar ! Je te cherchais, justement ! Je voulais rendre visite à Sangha, j’espère qu’il est pas occupé…

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 9 Fév - 21:31



Eh ...? Qu'est-ce que tu as ?
Rien.
Mokay...
Je voudrais rester seul.
Tu es seul...
Tu crois qu'un jour, ça s'arrêtera ?
Je ne sais pas, Sangha... Tu crois qu'un jour, tu avanceras ?
Tu penses qu'il peut exister d'autres mondes... où les choses sont différentes ?
Tu veux dire... des mondes parallèles ? où les dinosaures n'ont pas disparu ? où les écrevisses peuvent parler ?
Hm, à peu près ça. Ou alors... où je peux toucher...
… où tu peux être entouré ?
… où je peux te parler...
… où je serais toujours là ?
… où je ne t'aurais pas tuée.
Tu peux avancer, Sangha. Dans ce monde-là.
Je ne peux pas t'abandonner...
Oublie la culpabilité. Je t'ai abandonné.
Je ne peux pas...
Alors comme ça... c'est vrai ?
Quoi ?
Elle te plaît ?

La chaleur de sa peau. La douceur de son souffle. La beauté de son regard baigné de bonheur. Elle me caresse la joue. Puis disparaît. Son dernier sourire finit par me briser en milliers d'éclats. Je m'éveille sur un ciel bleu. Seul. Je tremble un peu. Il n'y a personne contre moi. Mes yeux sont douloureux. Mes joues sont trempées. Je continue de pleurer, sans pouvoir le contrôler.

La barque tanguait sur l'eau du lac. Une barque. C'était toujours dans une barque. Où se passaient les plus belles choses, comme les plus laides. Je m'évadais du monde. Je dérivais, bercé au rythme de ma solitude. Je la laissais me porter, m'entraîner au large. Lutter demandait trop d'efforts. Aller contre le courant, rejoindre la foule sur la rive. Au risque de m'y noyer. Et d'en entraîner avec moi. Je me recroqueville, enfouis mon visage dans mes genoux. Pour sangloter.

Il y avait en moi cette envie de vivre. Pleinement. Totalement. Et ce désir d'en finir. Maintenant. Définitivement. Il y avait cet homme qui voulait avancer, qui regardait le chemin tracé sous ses pieds et cherchait à le fouler. Et cet adolescent qui préférait rester, qui tournait les yeux vers le passé. Là où on lui avait tout arraché. Le premier ne craignait pas de tout risquer, rencontrer, aimer, dépasser, détester. Car la vie est ainsi faite. Le second était terrifié à l'idée de la trahir, de la laisser, de l'oublier, de ne plus pouvoir la retenir. Car sa vie avait été ainsi faite.

Seul au milieu de l'eau, il n'y avait aucun choix à faire. Personne à qui sourire. Personne à écouter. Personne à qui parler. Simplement laisser filer le temps.

Je me penchai par-dessus bord, glissai une main sur la surface de l'eau. Elle se rida légèrement, à peine sensible à ma présence. Sa tiédeur me fit frisonner. Si limpide, l'on pouvait distinguer au fond l'activité de toute sa population. Perdu dans la contemplation d'une mélancolie trop souvent refoulée, je ne vis pas les doigts qui vinrent caresser les miens. D'un sursaut, je m'éloignai. Sous la surface, une jeune sirène – fillette d'une innocence pure – me contemplait. Comme sa main restait à la limite de son monde, je vins poser la mienne à la limite du mien. Sur son visage transparut la peine qu'elle lisait sur le mien. Comme le miroir de ma misère. Au contact de nos paumes, un sourire emprunt de chagrin irradia son visage. J'y vis une confiance rassurante, des traits familiers : ce sourire, en un sens, m'appartenait.

Je me souvins pourquoi j'aimais être ici. Pourquoi il me fallait continuer. Pourquoi je devais faire l'effort d'avancer. Pour qui je devais paraître invulnérable. Pour qui j'étais la barque sur la houle. Qui je portais par-dessus les flots. Le refuge, durant la tempête.



J'étais parti à la pêche à midi, pour une heure. Peut-être deux. Mais le moral tombe à l'eau et se noie. Cinq heures plus tard, je rentre chez moi. Mine basse. Œil humide. Mains bredouilles. Sans canne à pêche, disparue de ma barque à mon réveil. Volée par une sirène, je pense. J'évite les élèves. Pas de rencontre, pas de ragot. Je marche, un automate en direction de sa cabane. Quelque chose m'appelle. Une seule envie dicte mes pas. Une bière. Ou deux. Ou non tiens ! Peut-être un whisky. Une bouteille.

Sur le perron, Oscar m'attend. Ça me revient. Pourquoi du poisson. Pourquoi une heure ou deux. Le loup. Aujourd'hui, il retrouvait sa liberté. Quelle chance. Et moi, je peux retrouver ma liberté, dis ? Le manchot dehors, le loup dedans. Il devait m'attendre. Rien qu'une heure. Sa mine boudeuse me fait rire. Merci, Oscar. J'en avais besoin. J'argumente dix minutes. C'est lui qui a mes clefs, donc bon. A l'intérieur, la créature dort sur le canapé. L'air tranquille. Moi aussi, je voudrais avoir l'air tranquille. Son séjour l'avait changé. Il était moins peureux. Loin d'être un chien. Mais plus aussi sauvage. Visiblement, le contact humain peut transformer. Qu'est-ce que moi, j'en sais ? Oscar boude toujours. Il ne veut pas quitter son ami. Il l'insulte et s'énerve, mais je vois son jeu. Il l'aime. C'est toujours affreux de séparer deux personnes liées l'une à l'autre. Désolé, mon grand. Je sais ce que tu ressens.

Et si, pour l'occasion, on restait pas tous seuls ?

J'ai une idée ! Un tout nouvel entrain dans la voix, j'enterre doucement le désespoir que je traînais comme un boulet à ma cheville. Ce n'est pas moi, ça. Et si on invitait mademoiselle Loseille ?

Je fouille mon garde-manger. Recherche d'alcool. De whisky. Ça, c'était moi.

Qui ?
L'infirmière. Elle doit avoir terminé sa journée elle aussi.

« Elle aussi » était une marque de mauvaise foi indéniable. Je n'avais rien glandé de la journée.

Mademoiselle Loisel.
Oui, je viens de te le dire. On a pas de whisky ? Je me retournai vers mon compagnon, presque en pleurs. Ma sensibilité mise à mal, à fleur de peau. Pourquoi on a pu de whisky ?!
Vous avez tout bu.
Je ne me souviens pas avoir bu de whisky.
Justement...

J'ouvris une bière. Dépité. Sale journée. Un sortilège assomme le loup déjà assoupit. Je m'affale à côté. Grise mine. Je bois sans conviction. Ce n'était pas la bière que j'avais en tête.

Les minutes passent. Je bois ma bière. Je regarde la cheminée que j'ai oublié d'allumer. La porte s'ouvre.

J'ai trouvé mademoiselle Loisel. Elle vous cherchait alors je lui ai dit de me suivre. J'espère que vous avez gardé votre pantalon.

Je me lève et me tourne. Enfin un rayon de soleil perce cette couche nuageuse que la journée venait de poser au-dessus de ma tête. Je souris bêtement et m'avance.

Eh ! Salut ! Je voulais vous faire venir pour... C'est bien une bouteille de whisky que vous avez dans la main ?

Un trésor ambré trésor brillait dans sa main. Je l'admire avec envie, et jette un œil dégoûté envers la bouteille presque vide dans ma main. Une part en moi, le Sangha qui méprisait son existence, n'avait qu'une idée. Arracher la bouteille de ces petites mains. Descendre au lit. Boire sous sa couette. Pleurer. Boire. Boire ses pleurs. Pleurer sa boisson. Ou la vomir. Mais Sangha lumineux, qui aimait bien la vie et souriait à la simple présence de l'infirmière, préférait la partager, cette bouteille.

Mais boire quand même. Pour oublier ? Pour se souvenir ?

Alors c'est comme ça qu'on aborde une femme ? D'accord.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Sam 10 Fév - 19:05
Quatre verres, pas plus
Ft. Sangha Jani

Le canard me dit de le suivre. Parfait. Il semblerait qu’il était venu me chercher. Parfait ! Sacrée coïncidence quand même. Mais bref. Je n’ai pas vraiment besoin d’Oscar pour savoir où habite Sangha mais bon, c’est toujours mieux de le prévenir que j’arrive plutôt que de me ramener chez lui à l’improviste. Je regarde ma bouteille de whisky en me posant enfin une question cruciale : est-ce qu’il aime bien le whisky ? Parce qu’il parait qu’il existe des gens qui n’aiment pas. Ce serait dommage de venir avec une bouteille et que je finisse par la boire toute seule sous ses yeux.

Une fois à l’extérieur du château, je regarde rapidement autour de moi afin de repérer Epsilon. Je le vois voler en cercle à l’orée de la forêt, le regard rivé vers le bas. Il a sûrement dû trouver quelque chose à chasser puis manger. Conclusion : il ne va pas tarder à revenir vers moi. Vu sa taille, il lui suffit d’un petit rongeur pour être rassasié. Même si un jour, il m’a assuré avec fierté avoir mangé deux souris de suite, je persiste à penser que c’était plus pour faire son intéressant qu’autre chose. Déjà que la souris fait son poids… Quand je lui ai fait remarquer, il n’a vraiment apprécié et m’a ramené une moitié de souris le lendemain matin pour me prouver son mécontentement. Super réveil.

Mais bref ! Oscar et moi arrivons près de la maisonnette bien plus rapidement que je ne l’aurais pensé. A croire que penser à des souris à moitié dévorées trônant au pied de mon lit fait passer le temps plus vite que la normal. Le familier pousse la porte et rentre en se dandinant. Il a vraiment une démarche rigolote…

- J'ai trouvé mademoiselle Loisel. Elle vous cherchait alors je lui ai dit de me suivre. J'espère que vous avez gardé votre pantalon.

J’espère aussi.
Je déglutis difficilement lorsque je le vois se lever de son canapé, tout en priant pour qu’il ait effectivement gardé un pantalon. Je me détends lorsque je le vois arriver vers moi, habillé de la tête aux pieds.

- Eh ! Salut ! Je voulais vous faire venir pour... C'est bien une bouteille de whisky que vous avez dans la main ?

Il fixe la bouteille que je tiens dans les mains comme s’il avait vu le Saint Graal. On pourrait presque s’attendre à ce qu’une lumière divine tombe dessus à ce moment-là. Mais ça n’arrive pas. Il faut croire que Dieu n’aime pas les boissons païennes. Tant pis pour Lui.

- Ouais, j’ai eu envie de la boire. Mais comme la boire seule aurait été triste, j’ai pensé à vous !

Pour ma part, mon regard finit par tomber sur la bière vide que Sangha tient dans la main. La déformation professionnelle me souffle que le mélange d’alcool n’est pas très conseillé, mais l’envie de boire cette bouteille en sa compagnie me hurle que j’en ai rien à cirer. De toute façon, si on ne peut plus s’amuser, où va le monde ? Et ce n’est sûrement pas demain la veille qu’une pauvre bière va faire du mal à quelqu’un. Une bouteille entière de whisky à deux, je dis pas. Mais une canette de bière de trente-trois centilitres...
Mais en tout cas, me voilà rassurer. Apparemment, il aime bien le whisky et en voir une simple petite bouteille le met en joie. Parfait, je ne la boirai donc pas seule sous ses yeux. Ce qui aurait été encore plus triste que de la boire seule au final.

Je regarde rapidement derrière moi pour voir si Epsilon revient ou pas. Toujours pas. Tant mieux. Le connaissant, il m’aurait sûrement fait la moral en me répétant en boucle que je ne tiens pas trois verres. Et en plus, il les aurait comptés dans ma tête. Insupportable. Je suis même tentée de fermer la porte histoire d’être sûre qu’il ne puisse plus rentrer, dans l’unique but de pouvoir boire un coup sans être ennuyée par un oiseau moralisateur.

- J’espère que vous avez des verres à whisky !

En vrai, boire la bouteille dans des verres à whisky, des verres à eau, des verres à vin ou même des flutes de champagne ne me gêne pas le moins du monde. Tant que je la bois, cette bouteille… Je la pose d’ailleurs sur la table avec un grand sourire. Je ne vais pas la couver plus longtemps, c’est parfaitement inutile. Et en plus, je finirai par la réchauffer entre mes mains. C’est un Johnnie Walker, dix ans d’âge. S’il y a bien un domaine où je suis d’une maniaquerie excessive, c’est bien l’alcool. Je prends toujours les bonnes bouteilles et généralement, c’est à moi qu’on demande des conseils sur les vins qui se marient bien avec le bœuf bourguignon. J’ai beau tenir trois verres, ce n’est pas une raison pour ne pas s’y connaitre. Mais c’est également pour cette raison que je n’ai que rarement de l’alcool. A refuser de prendre de la Villageoise, le prix finit par monter rapidement.

- D’ailleurs, je me demandais comment allait Biscotte… Enfin, le loup. Je l’appelle Biscotte dans ma tête…

Ce qui est un bon gros nom bien nul pour un loup. Mais c’est un nom que je donne à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un chat ou un chien. Avec Cracotte ou Croquette. Des noms qu’Epsilon a bien failli porter, avant qu’il ne refuse catégoriquement.
Je souris timidement, un peu gênée de ma remarque enfantine.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Lun 12 Fév - 15:46
Un sourire idiot éclairait mon visage, pourtant tellement emprunt de chagrin aujourd'hui. Voilà ce qu'il me fallait pour échapper à la noyade, pour ne pas sombrer dans une dépression dont tout le monde se serait bien passé. Une présence amicale. Une épaule contre laquelle me blottir. Un parfum à me faire frissonner. Une belle robe, et des jambes parfaitement formées. Elle donnait envie d'y déposer mes lèvres. Des nuances de couleurs chaudes, enivrantes.

Line était là elle aussi, c'était sympa.

Ouais, j’ai eu envie de la boire. Mais comme la boire seule aurait été triste, j’ai pensé à vous !

Meilleure idée de la journée. Non, de l'année. Non, de la décennie ! Non ! Du siècle ! Bon, peut-être pas du siècle. Mais au moins de la décennie ! Bon, j'exagère peut-être. Disons de l'année. Bon, pas vraiment... j'avais déjà apprivoisé un loup sauvage et c'était une bien meilleure idée. Bon... de la journée. Meilleure idée de la journée ! Je n'avais d'yeux que pour la boisson qui gigotait dans sa bouteille, laissant les traces de ses larmes couler le loin du verre. Elle dansait comme une créature sulfureuse qui chercherait à me charmer pour mieux m'attirer dans son piège. Une sirène écossaise – ou irlandaise, ou américaine, je n'en avais aucune idée, c'était juste pour la métaphore – qui appelait à elle le faible marin que j'étais, perdu en pleine mer depuis trop longtemps, abandonné à sa solitude... depuis ce midi.

Oui, c'était à ce point-là.

J’espère que vous avez des verres à whisky !

Le signal de départ était donné. Je la laissai là pour chercher des verres dans l'armoire à côté de la gazinière. Elle contenait toute ma vaisselle : quatre assiettes, quatre fourchettes, quatre couteaux, quatre verres d'eau, quatre verres à martini, huit verres à cocktail, dix chopes à bière, dix verres à vin, dix verres à whisky, dix flûtes à champagne, et quelques verres à digestif. Je pris deux des verres appropriés pour l'occasion sans regarder, comme si je connaissais par cœur l'emplacement de chaque chose. Ce qui était le cas, mais j'avais trop honte pour me l'avouer.

D’ailleurs, je me demandais comment allait Biscotte… Enfin, le loup. Je l’appelle Biscotte dans ma tête…

Je souris en déposant les verres sur la table. Le sourire d'un enfant qui avait préparé une surprise dont lui seul en éprouvait de la fierté. D'abord, parce que Biscotte était vraiment un chouette nom. Pourquoi je n'y avais pas pensé ? Moi je l'avais appelée Eugénide, et Guenièvre aussi. Et Léon, avant de découvrir qu'il s'agissait d'une femelle. Cela m'avait pris toute une journée, puisque l'animal courrait et se cachait partout dans la maison. Impossible pour moi d'étudier en toute quiétude son postérieur.

Venez voir par vous-même...

Je lui fis signe de me suivre tout en contournant le canapé. Je m'assis à côté de la créature paisiblement assommée par ma magie. En lui grattouillant la tête, je jetai un œil émerveillé à Line. C'était tout ce qu'il me fallait pour oublier l'alcool. Enfin presque.

Venez, venez, elle ne se réveillera pas ! Prenez ma place, tenez ! ajoutai-je en libérant l'espace. C'est pour ça que je voulais vous inviter... enfin vous faire venir. Je pensais la remettre en liberté ce soir, je me suis dit que vous... peut-être que ça vous intéresserait d'être là.

Comme je m'étais levé, je lui déchargeai les mains de son fardeau d'un litre et m'en allai remplir les verres. Ce n'était pas forcément ce que les mœurs toléraient, car c'était impoli... mais j'avais soif, je sentais toujours cette envie de me rouler en boule quelque part en moi, et il fallait bien que quelqu'un ose.

Installez-vous, faites comme chez vous !

Je fermai la porte d'entrée d'un coup de pied, sans remarquer Oscar qui voulait me notifier  l'absence du second familier. Il haussa étrangement des ailes en se disant que tant pis, il n'aurait qu'à toquer du bec. Puis d'apporter son verre à mon invitée. Ou était-ce une visite à l'improviste ? Un peu des deux, finalement. Les deux me convenaient parfaitement. J'étais soulagé d'être accompagné. De n'être plus confronté qu'à moi-même.

Je fis tinter mon verre contre le sien, le regard plongé dans le sien comme le voulait la tradition, et aussi un peu parce que c'était agréable.

A Biscotte !

Je voulus boire une petite gorgée pour savourer le produit qu'on me proposait de déguster là. Mais un malencontreux mouvement du coude trop abrupt força mon verre à se vider dans ma gorge. Je sentis l'alcool me brûler l’œsophage et répandre son agréable chaleur irritante partout dans mon estomac.

Ça faisait un bien fou.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 16 Fév - 17:57
Quatre verres, pas plus
Ft. Sangha Jani

Des verres à whisky… Parfait ! Il ne manque plus que les pierres à whisky. Hors de question de mettre un glaçon dans un whisky qui m’a coûté un bras. Déjà, je finirais par grincer des dents, et ensuite, à quoi ça peut bien servir de le diluer ? C’est comme si on coupait le vin avec de l’eau. Pour moi, c’est criminel, tout simplement impensable. Les Romains le faisaient, prétextant que seuls les barbares buvaient leur vin pur. A mes yeux, c’est eux les barbares. Pour en revenir au whisky, pourquoi diable on le diluerait alors qu’on ne dilue pas le vin ? C’est comme ces jeunes qui mettent du Coca-Cola dedans. Un Whisky Coca, ils appellent ça. Moi, j’appelle ça un crime contre l’humanité.

A l’évocation de Biscotte – enfin du loup – Sangha sourit comme un enfant. Un enfant qui aurait une folle envie de boire une bouteille de whisky cul-sec. Il m’indique tout joyeux de venir voir. Je ne sais pas comment il a bien pu faire pour garder un tel spécimen chez lui pendant toute la durée de sa convalescence, mais, apparemment, il a réussi. Je n’ose même pas imaginer dans quel état le loup a pu mettre la maisonnette. Un loup sauvage dans un si petit espace, ça doit forcément faire des dégâts. Je m’approche de son canapé, au fond de la pièce principale, sur lequel est dort Biscotte. Le garde-chasse se met à lui gratouiller la tête avec vigueur. J’espère juste qu’il est bien endormi. Je n’aimerais pas me retrouver avec un pic à glace dans la paume de la main.

- Venez, venez, elle ne se réveillera pas ! Prenez ma place, tenez !

Ah ? C’est une femelle ? J’apprends des choses.

- C'est pour ça que je voulais vous inviter... enfin vous faire venir. Je pensais la remettre en liberté ce soir, je me suis dit que vous... peut-être que ça vous intéresserait d'être là.

Je réfléchis. Si c’est une femelle, Biscotte comme nom, ça marche encore ou pas ? On va dire que oui.
Je m’approche doucement du loup, la main tendue devant moi, dans l’unique but d’aller la gratter derrière les oreilles. Si elle ne risque pas de se réveiller, je ne risque pas d’avoir un pieu planté dans la main, normalement. J’espère… Mais son réflexe de « tu me touches, je t’empale » n’a pas l’air de se déclencher pendant son sommeil. Tant mieux. Je tiens à l’intégrité de ma main, mine de rien.
Je laisse Sangha partir loin avec la bouteille de whisky. J’en profite pour me rapprocher de Biscotte et pour la papouiller avec mes deux mains, en poussant les petits bruits que pousse ta vieille tante lorsqu’elle voit « à quel point tu as grandi ». Le tout en pinçant tes joues avec force et en gonflant les siennes.

- Mignon mignon mignon !

Je m’arrête deux secondes, le regard perdu dans le vague.
Je crois que je deviens vieille.
Raison de plus pour boire un coup.

J’entends la porte se claquer bruyamment. Epsilon ne pourra pas rentrer. Quel dommage. Je vais pouvoir boire en toute quiétude. En parlant de boire, le verre arrive comme par magie entre mes mains. Je remercie Sangha rapidement. Puis je remarque qu’il veut trinquer. L’une de mes grandes peurs. D’un côté, il faut regarder droit dans les yeux, d’un autre, si je ne fixe pas mon verre, je risque d’en reverser partout. Du coup, j’ai fini par développer une technique infaillible : je fixe mon verre jusqu’au moment fatidique, puis je relève le regard une demi-seconde le temps que les verres s’entrechoquent, et enfin je me concentre à nouveau sur mon verre. Validé et approuvé.

- A Biscotte !
- A Biscotte !

Je lève mon verre un petit instant, comme pour finir ce petit geste que j’ai beaucoup trop de mal à effectuer. Puis je bois ma première gorgée, celle qui irrite l’œsophage sur son passage, mais qui prépare pour les suivantes. Une fois cette dernière avalée, je remarque que Sangha a déjà fini son propre verre. Il pourrait se resservir directement. Je rigole bruyamment, quelque peu galvanisée par ma première gorgée et par l’idée que ce ne serait pas la dernière.

- Vous avez une sacrée descente !

Je bois une nouvelle gorgée. Le souci avec moi, ce n’est pas que je bois beaucoup, c’est que je bois vite. Trop vite. Ce n’est pas si étonnant que je tienne aussi mal l’alcool au final. D’autant plus que je suis à jeun, actuellement. Combo parfait pour une bonne fin de soirée. J’entends toquer contre du verre. Je baisse les épaules en levant les yeux au ciel. C’est Epsilon. Raaah, je vais pas pouvoir être tranquille. Je me lève rapidement, en buvant une nouvelle gorgée.

- Epsilon qui toque au carreau… Je vais pas le laisser dehors, quand même.

Je me dirige vers la vitre, et vois effectivement mon familier attendre posément à l’extérieur. Et lui voit le verre que je tiens dans la main. Son regard se fait immédiatement plus sévère et c’est bien la première chose qu’il me dit lorsque je lui ouvre.
- Combien-t-ième ?
- Premier.
- Quatre verres, pas plus.
- Mais oui…

Celui-ci s’envole vers la cheminée pour s’y percher, babille vers Sangha en le croisant et fixe enfin le loup avec une certaine inquiétude. Il est vrai que ce gros chien pourrait l’avaler en une bouchée. Je reviens également vers le canapé et m’y assoit doucement, afin de ne pas réveiller le loup, justement.
Je bois une nouvelle gorgée et regarde le fond de mon verre avec tristesse. Il est vide.

- Ben je crois bien qu’on peut se resservir !

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Mer 21 Fév - 11:15
Vous avez une sacrée descente !

Oups. Je regardai mon verre, comme surpris par ma propre soif. Bien que soif fut un grand mot. Je parlerais plutôt d'une envie. Ou d'un besoin. Oui, c'était un besoin. Le besoin de m'évader, peut-être. Le besoin d'oublier que j'étais une personne triste. Que personne ne pouvait envier ma vie. Que seule m'accompagnait la solitude. Elle, et un familier idiot. Alors je buvais, parce qu'on était plus heureux quand on ne pouvait plus réfléchir. Enfin, cela dépendait. Je me souviens d'une fois où j'avais vidé une bouteille de vin et cinq ou six bières en lisant un livre à l'eau de rose. J'avais pleuré toutes les larmes de mon corps et câlinant les cadavres de verre comme on câline sa peluche. Et puis j'avais raconté à Germain, ma plante en pot, combien la vie c'était pourri. Puis je m'étais endormi la tête dans son terreau. En conclusion : parfois, boire, ce n'était pas s'échapper de la mélancolie, mais plutôt l'appeler à nous. L'alcool triste, quoi. C'était comme l'alcool joyeux, l'alcool violent ou l'alcool danser quasiment nu en sautillant autour des licornes.

Me remémorant une formidable nuit dansante que personne ne connaissait, je sursautai lorsque le bruit d'un carreau frappé me tira de mes pensées. Mon premier réflexe aurait été de me jeter à terre pour me planquer, si Line n'avait pas réagi immédiatement. J'imaginais un élève découvrant le garde-chasse et l'infirmière en train de se pinter la tronche ensemble, en compagnie d'un loup sauvage squattant le canapé et un pingouin qui marchait ici et là sans vraiment savoir où aller.

Epsilon qui toque au carreau…

Ah, alors ça allait. Mais quelle idée de venir à la fenêtre. La porte était utilisable par tout le monde. Une jeune fille, dans un passé qui me paraissait lointain, avait fait une remarque similaire. Elle faisait face à un gros monsieur habillé de rouge, avec une barbe blanche en polyester et la même voix que mon père. Il lui racontait comment il passait par la cheminée, et la demoiselle lui avait dit qu'il était vraiment stupide, parce que ce n'était vraiment pas pratique. Si on avait inventé les portes, ce n'était pas pour ne pas les utiliser, après tout. Puis elle lui avait tiré la barbe et m'avait raconté que le Père Noël n'existait pas et que mes parents se fichaient de moi depuis neuf ans. J'ai quand même voulu y croire jusqu'à mes douze ans. On ne juge pas.

Je vais pas le laisser dehors, quand même.

Oscar lui aurait dit qu'elle pouvait. Moi non. Je l'aimais bien, cet oiseau. Pour sa noblesse, et pour l'attention qu'il portait constamment envers sa sorcière. Un peu comme une mère... mais avec des plumes. Et qui n'a aucune autorité. Enfin, comme un familier quoi. Pas vraiment comme une mère.

Puis le silence, alors que le duo se retrouvait en se fixant dans le blanc des yeux. Et dans l'ambre de whisky. Il ne m'en fallait pas plus pour imaginer la conversation qui devait se dérouler dans leurs esprits liés.

Combien-t-ième ?
Premier.
Etous ne m'avez même pas attendu ?
C'est vrai, désolée. On aurait du te servir un verre.

Je retournai vers la table en attendant, alors que les deux compères se séparaient. Peut-être qu'il ne voulait pas de whisky, finalement. Mais il était certainement vexé qu'on ne lui ait pas proposé. Line s'était sans aucun doute excusée. La complicité entre ces deux-là était vraiment belle à voir !

Ben je crois bien qu’on peut se resservir !

Devant la table, je lève les yeux vers la jeune femme, un air coupable et honteux sur le visage. J'étais déjà en train de me resservir. Je pensais que la discussion leur prendrait plus de temps.

Oupsi, dis-je en souriant.

Puis d'apporter mon verre ainsi que la bouteille directement sur la table basse, afin de minimiser les pertes en temps en trajet. J'allais m'asseoir sur le canapé quand je dus faire face à un dilemme cornélien. Une petite place était libre directement à côté de Line, ou bien de l'autre côté du loup assommé. Enfin endormi. Le choix était compliqué. Je ne voulais pas paraître avenant ou trop familier, mais une toute petite partie de moi avait bien envie de s'incruster à cette première place. Mais la raison, le malaise et l'envie de grattouiller la tête de l'animal me poussèrent à passer de l'autre côté, m'y asseoir sagement et prier pour que cet instant d'hésitation ne se soit pas lu ni sur mon visage ni dans mes mouvements d'enfant honteux.

Je lui resservis un verre généreux et m'assis en tailleurs dans mes coussins.

Alors qu'est-ce qu'on disait ?

Pas grand chose en fait. Il n'y avait encore eu aucune réelle discussion. Idiot.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 23 Fév - 18:55
Quatre verre pas plus
Ft. Sangha Jani

Je me rassois sur le canapé, toute contente à l’idée de me resservir un verre, le tout sous les yeux sévères et observateurs d’Epsilon. Il ne va pas me lâcher, je le sais d’avance. Mais ce n’est sûrement pas lui qui va m’empêcher de boire. De toute façon pour le peu que je l’écoute. Et pour le peu que lui m’écoute ! S’il veux que je sois un peu plus attentive à ses conseils, il n’a qu’à pas essayer de me grimper sur les cheveux dès que je lui fais une réflexion. Voilà. Une fois assise à nouveau sur le canapé et le verre vide, je fais savoir à Sangha mon envie de me resservir. Puis je regarde en face de moi. Ah ben, il est plus là. Je me retourne et le vois, à côté de la table, occupé à se resservir sans m’attendre, un sourire gêné sur le visage. Ah bon ben… Pourquoi pas ? Le temps qu’il ramène la bouteille et ne me laisse pas en plan le verre vide, tout me va !

C’est d’ailleurs ce qu’il fait. La bouteille sera bien mieux en notre compagnie que seule sur la table avec elle-même. Sangha revient, le Saint Graal entre les mains, regarde le canapé, hésite deux secondes et finit par se poser à côté du loup. Loup que je m’amuse à papouiller depuis que je suis venue me rassoir. Une main tient le verre à whisky, l’autre fait des aller-retours monotones dans la fourrure de l’animal. Un geste presque mécanique. J’ai toujours adoré les chiens, ou ce qui s’en rapproche, et caresser une grosse bête à poil avait fini par me manquer. Le chien que j’avais étant plus jeune était dans la maison avant même ma naissance. Autant dire que j’ai grandi avec et que le voir mourir lorsque j’avais neuf ans, et lui douze, m’a beaucoup affectée. Mes parents ont toujours refusé de reprendre un chien, et je les ai soutenus dans ce choix. De toute façon, ça n’aurait pas été mon chien à moi. Maintenant, j’ai Epsilon, qui n’est pas vraiment un animal de compagnie non plus. On entretient plus une amitié basée sur l’amour vache qu’autre chose, à vrai dire.

Il n’y a qu’à voir le regard qu’il me lance lorsque Sangha se décide à me resservir un verre rempli à plus de la moitié, chose que je ne risque en aucun cas de refuser.
- Deux.
Ne pas le plumer, ne pas le plumer, ne pas le plumer…

- Alors qu’est-ce qu’on disait ?

Euh… Ben pas grand-chose, en fait.
Pour ma part, je regarde le loup. Il compte le remettre en liberté, c’est bien ce qu’il a dit non ? En un sens, je me doute qu’il faut que ce soit fait le plus rapidement possible, sous peine que l’animal finisse par ne plus se débrouiller seul dans la nature. Mais d’un autre côté…
Je bois une gorgée.

- Je me demandais… Comment vous avez fait pour vous en occuper pendant le temps de sa convalescence ? Parce que c’est une grosse bête quand même.

Il ne l’a tout de même pas laissé endormie pendant tout ce temps. Enfin, je n’espère pas. Le pauvre animal a dû avoir la peur de sa vie lorsqu’il s’est réveillé, seul dans cette maison, en compagnie d’un humain et d’un pingouin, sans aucun de ses congénères en vue.

- Vous pensez qu’elle va retrouver sa meute ?

Ça vit bien en meute, non ?
Je n’y connais tellement rien en animaux que je ne sais même pas si les loups vivent en meute ou non. Mon intuition me dit que oui. Mais d’un autre côté, j’imagine bien le loup comme étant un animal solitaire. A moins que ce soit l’ours… ? Aucune idée. Il faudrait que je pense sérieusement à combler ce manque de culture, un jour. Peut-être pourrais-je demander à Sangha, justement. Il doit y avoir des tas d’animaux intéressants dans la forêt.

- Parce que je pensais que ce serait dommage qu’elle ne la retrouve pas, et qu’elle finisse par dépérir de solitude, au final…

Tu serres ton poing dans la fourrure du loup, en savourant la légère chaleur qui s’en dégage.
Et en vidant ton verre une fois de plus.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Jeu 1 Mar - 15:38
C'était tout moi ça. Non content de ne pas savoir me mettre à l'aise en présence d'une jeune femme, il fallait en plus que je me permette une boulette qui allait la gêner elle aussi. Je venais de pointer du doigt le fait qu'on n'avait pas vraiment de discussion, trop occupés qu'on était à grattouiller les oreilles d'un loup assommé et à vider des verres d'un whisky bien trop bon pour qu'on le traite de la sorte. Line regardait le loup. Il était sans doute plus intéressant que moi. Et proposait la même capacité à dialoguer : vide.

–  Je me demandais… commença-t-elle. J'en profitai pour plonger le nez dans mon verre. Comment vous avez fait pour vous en occuper pendant le temps de sa convalescence ? Parce que c’est une grosse bête quand même.

Plusieurs images me vinrent en tête. Le soir où j'avais dit au revoir à Line pour la première fois, par exemple. Des petits papillons dans le ventre comme un adolescent. Qui s'étaient tous envolés en ouvrant la porte de ma cabane, découvrant une table explosée, des chaises renversées et un loup plein de cristal en train de se rouler, paniqué, dans le rembourrage d'un canapé au tissu transformé en lambeaux. Je me souvenais du lendemain, quand j'avais voulu l'installer dans ma chambre. Trois minutes lui suffirent pour renverser toutes mes bibliothèques et déchiqueter quatre-vingt-cinq livres. La deuxième expérience fut infructueuse. Il y eut le coup de la cage dans l'écurie des Pégases, également. Une bien mauvaise idée que je préférais taire, même à moi. Et finalement, j'avais transformé mon van en chambre pour loup cristallin. Avec un petit jardin extérieur dans lequel il avait l'espace de courir, et surtout des endroits où se cacher. Nous lui rendions visite de temps à autre. Je proposais à mes élèves de l'observer. Et parfois, il venait dans la cabane. Heureusement, la magie me permettait de remettre en place tout ce qu'il pouvait défaire. A la fin de la première semaine, j'avais tant usé de magie que j'avais du plonger dans le lac pour décharger toute l'électricité statique que j'avais accumulé, avant de blesser qui que ce soit. L'eau étant un élément conducteur, j'en étais ressorti lavé de tout péché. En espérant que les sirènes n'allaient pas m'en tenir rigueur.

Ca en faisait, des choses à raconter à l'infirmière.

Brillamment, me contentai-je pourtant de répondre d'un air espiègle, une fois un nouveau verre vidé.

Je sentais que ce n'était pas seulement moi qui avais répondu. Bien sûr il y avait aussi ma maladresse, la peur de raconter des histoires inintéressantes et ma capacité à déformer toute anecdote jusqu'à ce que moi-même ne me parvienne plus à démêler le vrai du faux. Mais c'était l'alcool surtout, qui à cet instant m'avait empêché de répondre. Il prenait possession de moi et me rendait plus idiot que je ne pouvais déjà l'être.

Vous pensez qu’elle va retrouver sa meute ? 

Je regardai l'animal en souriant.

Parce que je pensais que ce serait dommage qu’elle ne la retrouve pas, et qu’elle finisse par dépérir de solitude, au final…

Je lui caressai le poil, en évitant la main de Line qui s'y perdait elle aussi. Hors de question de tomber dans ce cliché adolescent des mains qui s'effleurent. J'étais stupide. Je me faisais des films tout seul. Et le pire, c'est que j'aimais bien ce que j'y imaginais. Je pensais aux choses qui ne devaient pas se produire, en sachant pertinemment qu'au fond, j'avais envie qu'elles se produisent. Alors qu'il y avait le professeur de je-ne-sais-plus-quelle-matière, au milieu de tout ça. Et moi, je restais coincé dans mon futur avorté.

Ne vous inquiétez pas, je ne la mettrais pas en liberté si je n'étais sûr de sa survie. Cette dernière semaine, j'ai passé toutes mes soirées à vadrouiller dans la forêt. J'ai fini par repérer sa meute, il y a deux jours. Je sais dans quel périmètre elle traîne. En espérant qu'elle n'ait pas senti mon odeur, sinon ils sont déjà de l'autre côté de la forêt.

Je pouffai tout seul, parce que je trouvais ça drôle. Alors que ça ne l'était pas. Je pris la bouteille, resservis Line, resservis Sangha, et bus. Et je voulais rester modeste devant elle, mais en vérité j'étais assez fier de moi. Traquer une meute des créatures les plus peureuses au monde n'était pas donné à tout le monde. Et pour cette remise en liberté, j'avais pensé à tout. Même à un moyen d'assister aux retrouvailles. Cependant, ce n'était pas pour maintenant.

Ce que je n'avais pas prévu, cependant... c'était d'être bourré.

C'est sympa en tout cas d'avoir quelqu'un avec qui s'détendre ! dis-je finalement, le regard perdu dans mon verre. Mes collègues sont tous... Je sais pas. On dirait qu'ils ont tous un balai carré dans l'fessier. A part Ramiro, mais lui c'est presque trop. Les autres sont tous... bah ils sont un peu chiants, faut le dire.
Vous êtes en train d'insulter son petit copain, je crois.

J'écarquillai les yeux, sans les tourner vers Oscar pour ne pas éveiller les soupçons. Quel con ! Allait-elle mal le prendre ? Comment rattraper ça ? Pas en bafouillant. Surtout pas en bafouillant.

Enfin... je... j'veux dire... j'les connais pas tous... enfin... mais... voilà quoi...

Tant pis.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Jeu 1 Mar - 18:51
Quatre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

Fiou…
Je devrais peut-être me calmer sur l’alcool. Deux verres, et je vois déjà la pièce tourner légèrement devant mes yeux. Normalement, je tiens plus longtemps que ça, je ne comprends pas…
- T’as mangé quoi, ce soir ?
- Rien.


Aaah, c’est sûrement ça. Effectivement, maintenant qu’Epsilon en parle, je n’ai rien mangé. C’est drôle les effets que peut avoir l’alcool sur notre corps, en fonction de l’état de celui-ci. Je souris en regardant mon verre vide, tout en continuant de me faire des réflexions sur les ravages de l’alcool. Ravages que je commence doucement à expérimenter. Le pire, c’est que je m’en rends compte et que je n’ai pas l’intention d’arrêter. Parfois, je me demande moi-même ce qui peut bien se passer dans ma propre tête pour avoir des idées pareilles.
C’est quand même drôle. Les profs qui essayent d’éduquer à des enfants ce qu’il ne faut pas faire dans la vie, comme se boire une bouteille de whisky à deux au hasard, et qui à côté, n’écoutent absolument pas leurs propres conseils. Heureusement que les élèves ne sont pas au courant ! Qu’est-ce qu’ils en penseraient… ?

Je continue à faire des aller-retours dans la fourrure de l’animal, le regard légèrement paumé au fond de mon verre vide – tristesse – tout en imaginant la réaction des élèves s’ils voyaient l’infirmière et le garde-chasse se bourrer la gueule ensemble.

- Ne vous inquiétez pas, je ne la mettrais pas en liberté si je n'étais sûr de sa survie. Cette dernière semaine, j'ai passé toutes mes soirées à vadrouiller dans la forêt. J'ai fini par repérer sa meute, il y a deux jours. Je sais dans quel périmètre elle traîne. En espérant qu'elle n'ait pas senti mon odeur, sinon ils sont déjà de l'autre côté de la forêt.

Ah, donc ça vit bien en meute. J’avais dû lire ça il y a des années dans un livre… Parfois, des trucs me reviennent sans que je leur demande quoi que ce soit. Je hoche la tête, rassurée que l’avenir du loup soit entre de bonnes mains.
Sangha me ressert un verre. Verre dans lequel je m’empresse de remettre mon nez.
- Trois.
Mais je ne l’entends déjà plus, bien trop perdue dans l’alcool. Je rigole, je ne sais pas trop pourquoi. Bien trop contente d’avoir du whisky dans mon verre, apparemment.

- C'est sympa en tout cas d'avoir quelqu'un avec qui s'détendre !

Je hoche vigoureusement la tête.
Ce n’est commun que je puisse me détendre avec un collègue. Le reste, soit on se croise dans un château rempli d’élèves… Soit on se croise dans un château rempli d’élèves. Il y a bien Ezhyo avec qui je suis allée boire un coup en ville en début d’année, mais ça n’a pas été plus loin, au grand dam d’Epsilon d’ailleurs. Parfois, je ne comprends juste pas cet oiseau. Il me regarde bizarrement, non ?

- Mes collègues sont tous... Je sais pas. On dirait qu'ils ont tous un balai carré dans l'fessier. A part Ramiro, mais lui c'est presque trop. Les autres sont tous... bah ils sont un peu chiants, faut le dire.

Un sourire apparait sur mon visage.
Ramiro.
Ramiro, quoi.

- Enfin... je... j'veux dire... j'les connais pas tous... enfin... mais... voilà quoi...

J’éclate de rire. Enfin, l’alcool éclate de rire plutôt.

- Ramiro ! A Halloween, il a déguisé Ezhyo Evercrow en poulet ! Rien que pour ça, il a mon admiration éternelle !

En parlant d’Ezhyo… Je bois une grosse gorgée.

- En parlant d’Ezhyo ! Han… Il a du mal… En début d’année. En début d’année. On est allé boire un verre tous les deux en ville. Et il avait du mal… J’avais jamais vu ça. Mais jamais, j’vous jure ! Jamais jamais jamais… Donc, du coup. Du coup, je me suis dit que si ça se trouve, il y avait un truc, voyez ? Bref. On commence à parler, normalement et tout.

Ça s’entend quand je suis bourrée. Je parle fort, je répète vingt-cinq fois les mêmes trucs et je fais des grands gestes avec mes mains. Et je raconte n’importe quoi aussi. Surtout ma vie.

- Mais je sais pas, il y avait un truc qui allait pas. A un moment, il y a eu un blanc. Donc, moi, je réfléchissais à ce qui me dérangeait dans cette histoire. Et là, je sais pas vraiment ce qui s’est passé... Mais là, je lui demande s’il est gay !

Je finis ma petite histoire en secouant légèrement les mains devant moi et en écarquillant les yeux, comme à la fin d’une bonne blague avec une chute marrante. Sauf qu’en fait, non.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Jeu 1 Mar - 19:44
Ramiro !

Je sursaute un peu quand Line se met à crier ce nom, en relevant les yeux de mon verre, dans lequel mon esprit se noyait. Ce qui était stupide, puisque je la savais à côté de moi, que l'on discutait et qu'elle avait éclaté de rire juste avant sans que ça ne m'atteigne du tout. Et que quelques secondes auparavant, j'étais en train de paniquer et de bafouiller. L'alcool commençait à me transformer. Et à dérégler mon comportement de façon alarmante.

La pièce tournait légèrement, le plancher tanguait alors même que je n'avais pas un seul orteil posé dessus. Je sentais une étrange chaleur se diffuser en moi, tandis que la cheminée restait docilement éteinte. Et j'avais faim.

On pouvait bien parler de nos collègues, j'aurais rapidement fait le tour. Aucun ne venait me rendre visite. J'avais eu quelques altercations, quelques rencontres fortuites et hasardeuses. Et les quelques minutes partagées avec eux m'avaient suffi à me faire mon avis. Ne cherchant pas à faire ma connaissance, je les avais classés dans la catégorie des personnes ennuyeuses. Ce qui était parfaitement injuste, mais tant pis. Il y avait bien un cas exceptionnel, mais celui-ci côtoyait les fumards dans mon estime, catégorie indésirables.

A Halloween...

Je fendis mon visage d'un large sourire. Parce que j'étais un peu ivre, d'abord. Et parce que j'avais entendu parler de cette fête à laquelle je n'avais pas participé et dont j'avais observé les ombres s'éclater à travers les fenêtres de la Grande Salle, seul avec ma binouze. Et il s'en était passé, des choses comiques. J'étais content d'en apprendre d'avantage de la bouche de l'infirmière.

… il a déguisé Ezhyo Evercrow en poulet !

Mon sourire s'efface d'un coup et mes paupières s'alourdissent. Je bois mon verre d'une seule gorgée. Je n'aurais pas cru que ce nom s'incrusterait dans la conversation aussi rapidement. Quelle misère. Je me revis dans mon bateau, quelques heures plus tôt. Finalement, j'y étais encore, dans la barque. Là où tout me rappelait sans cesse que j'étais seul. Ma vie se résumait à cette putain de barque. L'alcool la faisait chaloupait, et Line provoquait les vagues qui menaçaient de la faire chavirer. Elle n'en avait pas conscience, la pauvre. Et je ne pouvais pas lui en vouloir. Je n'avais pas le droit de lui interdire de parler de ce type qui l'intéressait. Je n'avais même pas le droit de m'autoriser à penser la moindre chose la concernant. Je ne savais même pas ce que je pensais vraiment, de toute façon.

En parlant d’Ezhyo !

Faisons au moins un effort. Je me resservis un verre, d'une quantité bien trop importante, et en vidai immédiatement la moitié. Voilà, j'étais prêt à l'écouter. Mais elle, ne semblait pas particulièrement prête à parler. Sa voix résonnait à mes oreilles, un peu comme si elle était dans un bocal – ma tête, pas Line – et elle parlait pourtant fort. Trop fort. Et elle se répétait. Est-ce qu'elle était déjà bourrée aussi ?

Han… Il a du mal… En début d’année. En début d’année. On est allé boire un verre tous les deux en ville. Et il avait du mal… J’avais jamais vu ça. Mais jamais, j’vous jure ! Jamais jamais jamais…

Du mal ? Du mal à quoi ? Des milliers d'idées me traversèrent l'esprit mais je n'avais envie de m'attarder sur aucune. Je l'écoutais en regardant mon verre. Parce que je ne savais pas quelle tête je faisais, sourire pour l'état déplorable dans lequel on sombrait, ou grimacer pour l'histoire frustrante qui m'enrageait ?

Donc, du coup. Du coup, je me suis dit que si ça se trouve, il y avait un truc, voyez ? Bref. On commence à parler, normalement et tout. Mais je sais pas, il y avait un truc qui allait pas. A un moment, il y a eu un blanc. Donc, moi, je réfléchissais à ce qui me dérangeait dans cette histoire. Et là, je sais pas vraiment ce qui s’est passé...

Je ne savais pas quelle était la chute de cette histoire, mais elle avait intérêt à être de haut niveau pour justifier la torture que j'endurais à supporter la demoiselle rêvasser de son prince. Je crois que l'alcool me rendait plus sensible, et un poil plus mauvais, que d'ordinaire. Il faudrait me calmer, ou je vais piquer une crise de jalousie que je n'aurais jamais piqué sobre. C'était comme si le whisky, en plus de son alcool, diffusait en moi des émotions que je ne possédais pas avant.

Je pris une gorgée.

Mais là, je lui demande s’il est gay !

Mauvais timing. J'avalai le whisky de travers et me mis à tousser en gémissant, parce que mon œsophage était littéralement en train de brûler. Et mon nez aussi. Mais je rigolais. Bref, des sons étranges sortaient de ma bouche tandis que j'étouffais. Je tournai le dos à Line, parce que personne n'est élégant quand il tousse. Puis de lui faire face, le visage rougi comme sur le point d'exploser. Un sourire d'enfant dont on aurait satisfait les caprices s'étirait d'une oreille à l'autre.

Ça explique deux ou trois trucs, prononçai-je sans trop articuler au milieu de ma toux. Je repris lorsque celle-ci passa finalement. Vous avez rien trouvé de mieux pour le mettre à l'aise ? Donc il vous a avoué ? Je... Oh, Line... un air sérieusement attristé sur la face. Vous sembliez apprécier ce que vous construisiez avec, c'est dommage...

Si mes mots et mon visage transpiraient la déception, un petit diablotin sur mon épaule riait pourtant sous cape, et frottait sournoisement ses mains l'une contre l'autre. Cette soirée promettait d'être riche en révélation.

Je pris mon verre et le fis tinter contre celui de mon invitée sans prononcer plus de mot. Et sans véritable raison apparente. Mais c'était un toast qui voulait dire quelque chose comme...

Aux révélations !
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 2 Mar - 17:05
Quatre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

- Mais là, je lui demande s’il est gay !

Apparemment, mon histoire a fait son petit effet. J’accompagne donc Sangha dans son rire, déjà parce que l’alcool commence à dangereusement faire effet. Ensuite parce qu’en y réfléchissant, ça avait vraiment été gênant et donc drôle. Et enfin, parce que quand quelqu’un rigole, je n’arrive pas à m’empêcher de rire avec, surtout quand il y a de l’alcool dans l’équation. Oui, l’alcool y est pour beaucoup, effectivement.
Surtout que… Oh non, le whisky est remonté… Ça a dû faire mal… Le pauvre. Il se met d’ailleurs à tousser au-dessus de son verre et tentant vainement de reprendre sa respiration.

- Ça va ?

Sangha finit tout de même par réussir à respirer de nouveau normalement. De mon, côté, j’essuie les larmes qui avaient commençaient à perler au coin de mes yeux, à cause de mon rire peut-être un poil trop franc. D’ailleurs, je ne suis pas le genre de personne à rigoler discrètement tout en rosissant un peu. Non, c’est tout l’inverse. Bourrée ou pas. Mon visage doit actuellement avoisiner la couleur rouge pivoine et ce ne sont sûrement pas les bouffées de chaleur qui vont m’aider à me calmer.

- Ça explique deux ou trois trucs.

Notamment sa capacité incroyable pour parler aux femmes.

- Vous avez rien trouvé de mieux pour le mettre à l'aise ?

Je secoue vivement la tête.
Non, je n’ai vraiment rien trouvé d’autre. Mais le pire, c’est que ça a marché. Après, la situation s’est miraculeusement décoincée, il faut avouer. Les blancs gênants ont disparu et il a arrêté de bégayer. Non mais sérieusement, le bégayement. Je lui aurais mis des claques s’il avait continué. Et je l’aurais secoué en lui hurlant de se réveiller. Nan, c’était plus possible.

- Donc il vous a avoué ? Je... Oh, Line... Vous sembliez apprécier ce que vous construisiez avec, c'est dommage...
- Oulà oulà oulà ! On construisait rien du tout ensemble ! Disons qu’on a été boire un coup en ville, voir où ça pouvait nous mener. Et il s’est avéré que ça nous a conduit…

Je désigne le mur avec conviction. Pourquoi le mur ? Très bonne question.

- Nulle part.

Sangha fait tinter son verre contre le mien sans que je ne m’y attende. En guise de réponse, je rebois une gorgée et finis à nouveau mon verre. Occasion parfaite pour se resservir, n’est-ce pas ?
- Dis ? Tu te rends compte que Sangha pense qu’il est gay ?
- Hein ? Quoi ?
- Laisse tomber…

Qu’est-ce qu’il me raconte ? Il est pas gay, Ezhyo.

- Nan, mais sinon, niveau coincés, il y a clairement pire dans les collègues ! Disons qu’Ezhyo, c’était de la timidité maladive. Bon, pour un adulte, c’est chaud, j’avoue.  Mais je sais pas vraiment lequel est le pire entre Belle Jekyll et Frédérik Bart… Bartoz…
- Bartosz.
- Ouais, lui.

Quand l’alcool commence doucement à s’attaquer à ma diction, c’est que je ne suis plus vraiment loin de ma limite. Mais maintenant que je suis lancée…

- Tiens, commençons par Bartosz, justement ! Son plus gros problème, ben c’est qu’il est chiant… Je vous jure que quand il entre dans une pièce, le fun s’enfuit par les portes, les fenêtres ouvertes et même les conduits d’aréation. D’aération. Je vous promets que même son familier est plus intéressant. Et son familier, c’est un basset. Un basset ! Le chien de l’inspecteur Colombo !

A-t-on déjà vu une série plus ennuyante que l’inspecteur Colombo ? Je ne crois pas.
Je rebois une petite gorgée, en voyant vaguement Epsilon arrêter de compter. Il a enfin compris que c’était mort et que ce n’était pas en comptant les verres que je buvais qu’il allait réussir à me faire arrêter. Maintenant, il attend patiemment que je m’arrête de moi-même et que je regrette demain matin. D’ailleurs, je me rends compte. Il y a cours demain matin. Je travaille demain matin. Et demain après-midi aussi… Hu… Ça va être compliqué, je le sais d’avance.
Je justifierai mon état en disant que j’ai mal dormi ou que je suis malade. C’est toujours mieux que d’avouer une future gueule-de-bois.

- Et Belle Jekyll… Est-ce que vous avez déjà vu Belle Jekyll avoir une émotion, vous ? Personnellement, non. Je suis sûre que c’est le genre de femme à être un peu soumise à son mari, à lui apporter des cocktails quand il rentre le soir et tout. Un peu comme dans les années 50 ! Et on est plus dans les années 50…

En fait, Belle Jekyll, c’est typiquement la personne que je ne voudrais jamais devenir…

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 2 Mar - 18:35
On construisait rien du tout ensemble !

Je n'y comprenais plus rien. C'était grisant, oui ! Bien sûr que ça l'était. Le petit démon sur mon épaule me donnait des coups de coude en haussant les sourcils de manière intrigante, comme pour me dire : « Eh mon grand, t'as entendu ? Allez, fonce ! Elle demande que ça ».Mais j'avais l'impression de mal comprendre les choses. Celles qu'elle me disait, et celles que je me disais également. J'étais pourtant certain que ces deux-là se tournaient autour. C'était ce que tout le monde disait partout, ce dont tout le monde parlait tout le temps ! Même les élèves venaient me demander où cette histoire en était à la fin de mes cours. On ne regardait plus Les Feux de l'Amour, on s'intéressait à GueneLinièvre et LancEzhyo Dulac. Et de toutes les façons, n'ayant pas approché une télévision depuis plus de dix ans, j'imaginais que Les Feux de l'Amour n'était plus diffusé depuis belle lurette.

Disons qu’on a été boire un coup en ville, voir où ça pouvait nous mener. Et il s’est avéré que ça nous a conduit…

Je serrai des fesses une minute. Qu'allait-elle dire ? Au baiser ? Oh non, pitié non ! Stupidement, lorsqu'elle pointa le mur de la main, je tournai le regard pour voir de quoi elle parlait. Ça les avait conduit devant la cheminée ? Qu'avaient-ils fait devant la cheminée ? J'avais lu suffisamment de livres pour savoir comment une romance se terminer devant une cheminée. Quelle misère ! Pourquoi j'étais obligé de supporter cela ? Qu'est-ce que je peux me parler à moi-même quand je suis un peu ivre.

Nulle part.

Je fronçai des sourcils. Je ne savais pas si c'était mes monologues intérieurs, l'alcool ou si c'était la triste réalité, mais j'avais l'impression que cette discussion n'avait pas vraiment de sens. Après tout, c'était logique que ça ne mène nulle part si Môssieur Tant-adulé était gay. Et pourquoi elle avait l'air aussi déçue alors qu'elle venait de s'offusquer en m'entendant parler de construire quelque chose ? C'était peut-être vrai, ce que racontaient les élèves. Ces deux-là étaient pires que des adolescents.

Nan, mais sinon, niveau coincés, il y a clairement pire dans les collègues ! Disons qu’Ezhyo, c’était de la timidité maladive.

Bon alors, il est timide ou gay ? Bordel, je ne savais pas comment me positionner. Au sens figuré. Et littéralement aussi d'ailleurs. J'étais en tailleur sur le canapé et j'avais envie de bouger. Mais si je bougeais trop, j'allais tomber. Le monde était beaucoup trop instable. Et puis, pourquoi on parlait encore de ce type ? Je me contentais d'acquiescer poliment de la tête, en espérant qu'elle ait suffisamment bu pour ne pas remarquer que le sujet love interest me faisait rager.

Mais je sais pas vraiment lequel est le pire entre Belle Jekyll et Frédérik Bart… Bartoz… Ouais, lui.

Je supposai que Belle Jekyll était la dénommée Isabelle Jenkins que j'avais en tête, et que je me trompais sans doute dans son nom. Quand à Frédérik, je ne savais même pas qu'il existait. Le speech de l'infirmière quant à ce dernier me fit rire à gorge déployée. Beaucoup trop déployée. Je ressemble à une hyène quand je rigole. Ce n'était ni beau, ni charmant. D'aucuns jugeaient même la chose effrayante. Mais il était vrai qu'un basset, c'était ringard. Par contre, l'Inspecteur Columbo, je ne connaissais pas. Mais je ris quand même, pour faire semblant d'avoir saisi la référence. J'ai toujours l'air idiot à ne pas être au courant de la culture télévisuelle ou cinématographique. Comme la fois où je surpris deux élèves discuter d'une série de bouquins que j'avais lu, sur une histoire d'amour et du sadomasochisme... Enfin bref. Je m'incrustai en leur disant que je trouverais cela révoltant qu'un tel ouvrage soit adapté au cinéma. Évidemment, la trilogie était déjà presque entièrement sortie en salle. Et dans ce genre de cas, c'était moi le basset de Columbo.

Pendant ce temps, Oscar préparait silencieusement des petites tartines et autres toasts sur la table. Trop cool !

Et Belle Jekyll…
Oula ! dis-je en relevant les yeux sur Line. J'en avais des choses à dire, ce coup-ci. Et j'attendis qu'elle ait terminé son laïus. La seule émotion que j'ai lu sur le visage d'Isabelle Jenkins, enfin de B... enfin de elle là, c'est du mépris. J'ai voulu l'emmener à l'aventure une fois. Je me suis retrouvé tout seul à me faire agresser par des gobelins. Vous auriez vu le dégoût dans ses yeux quand j'suis revenu couvert de...

Merde, j'en avais trop dit. Tant pis, fais comme si de rien n'était et cette histoire serait immédiatement oubliée.

Et son familier, vous savez ce qu'il aime ? Chanter ! Et mal, évidemment. Tu vois le brame du cerf ? continuai-je avec conviction, sans prêter la moindre attention au fait que je venais de la tutoyer sans gêne. Bah ça a rien à voir ! C'est plutôt comme du fil de fer qu'on fait glisser sur les cordes d'un violon. Alors que moi, mon familier...

Je jetai un œil discret à Oscar, qui se battait avec la table pour faire glisser le plateau de hors d'œuvre sur sa tête, dans le dos de Line. J'attends qu'il contourne le canapé et je tends les bras vers lui, comme pour dire « tadaaaa ! ».

Il fait ça ! Merci Oscar, j'avais trop faim !

Je pris le plateau et le posai sur la table basse. Ne pas chercher à savoir comment le pingouin, avec ses petites ailes, avait réussi à préparer et à disposer un joli aussi plateau. Mais le résultat était là. C'est la magie des coulisses : on peut tout y faire.

– N'empêche... continuai-je en fourrant sans la moindre élégance un toast entier dans ma bouche. Ch'ouis p'ou'ôt 'ontent' d'vivre 'ans 'on 'oin, n'articulai-je pas du tout avant d'avaler mon énorme bouchée. J'ai pas à croiser des têtes que je ne veux pas voir. Même si y en a pas mal qui s'incrustent sans prévenir ! Hahaha !

Je me mis à rire tout seul...

Elle va le prendre pour elle, vous savez...

… et arrêtai immédiatement.

Je ne dis pas ça pour toi... vous ! Pas pour vous, non ! Moi j'suis content que tu- vous veniez ! 'fin tu es là, donc c'est cool ! C'est pas Isabelle ou Dominik quoi. Toi, c'est cool ! Vous venez quand vous voulez !

J'essayai d'afficher mon sourire gêné, celui qui faisait craquer tout le monde et qui les empêchait de m'en vouloir de quoi de ce soit. Mais avec l'alcool, j'avais peur d'être en train de grimacer. Pour éviter la catastrophe, je plongeai le nez dans mon verre.

Je ne savais plus du tout à combien j'en étais.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 2 Mar - 20:45
Quatre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

- Oula ! La seule émotion que j'ai lu sur le visage d'Isabelle Jenkins, enfin de B... enfin de elle là, c'est du mépris.

Ah ben apparemment, elle est parfaitement capable d’avoir des émotions ! Dommage que ce soit pour… Ça. En vrai, je ne lui ai jamais vraiment parlé, et rien que sa tête ne m’a pas donné envie. Un visage dénué de toute émotion humaine. Pour moi, elle est plus proche du robot que de la personne. Et même certains robots semblent avoir plus d’émotion qu’elle !

- J'ai voulu l'emmener à l'aventure une fois.

Ah. Je fixe mon verre, déçue.

- Je me suis retrouvé tout seul à me faire agresser par des gobelins. Vous auriez vu le dégoût dans ses yeux quand j'suis revenu couvert de...

Hahaha ! J’ose même pas imaginer l’état ! A courir partout dans la forêt, ça doit donner des trucs forcément très drôles ! Mais j’imagine bien Belle de la sorte. Dégoûtée pour la moindre petite trace d’herbe sur ses fringues. J’avais une tante comme ça, c’était limite elle mettait pas ses enfants dans la machine à laver avec les vêtements, histoire d’être sûre qu’ils soient bien propre. Les pauvres gosses n’avaient pas le droit de sortir jouer dehors et rester propre était littéralement “une question de vie ou de mort“ pour eux.

-  Et son familier, vous savez ce qu'il aime ? Chanter ! Et mal, évidemment. Tu vois le brame du cerf ? Bah ça a rien à voir ! C'est plutôt comme du fil de fer qu'on fait glisser sur les cordes d'un violon.

J’explose de rire en imaginant la scène. Un cerf qui chante comme une casserole, ça doit être quelque chose à voir. Et pourquoi il s’est mis à chanter, d’ailleurs ? Il se croyait dans une comédie musicale ou bien ? Un bon petit Disney, je dis jamais non, mais dans la vraie vie… Mais pourquoi diable on se mettrait à chanter au beau milieu d’une conversation comme ça ? C’est pas logique. Et à quoi ça sert de savoir chanter de toute façon ? Je sais pas chanter, et je m’en porte très bien. Et j’ai pas besoin de l’étaler à la face du monde non plus, d’ailleurs. Et d’où elle se ramène chez lui pour faire chanter son cerf ? Elle est pas censée être mariée et soumise, elle ?

- Alors que moi, mon familier... Il fait ça ! Merci Oscar, j'avais trop faim !

Je me retourne. Et vois Oscar qui se ramène avec un plateau de toasts ! Mais c’est génial ! C’est que je commençais à avoir faim ! Et avec un peu de chance, les effets de l’alcool, déjà bien présent ne nous mentons pas, pourraient diminuer. Avec un peu de chance.

- Ouah ! Mais c’est génial ! Merci Oscar ! C’est pas Epsilon qui ferait ça, il foutrait des plumes partout et ce serait immangeable !

A peine je vois les hors-d’œuvres arriver vers moi que mon estomac se décide à faire part de sa présence à tout le monde. Mais rien à cirer, j’ai faim. Je me jette presque sur les toasts une fois qu’ils se trouvent enfin à ma portée. Tout en me resservant. Je regarde d’ailleurs la bouteille qui commence à dangereusement diminuer. Je ressers également Sangha pour la finir. Tant pis pour les verres trop remplis, sinon il allait rester un petit fond.

- N'empêche... Ch'ouis p'ou'ôt 'ontent' d'vivre 'ans 'on 'oin.

Je rigole, la bouche pleine de toast. C’est quoi ? Du saumon ? J’adore le saumon.

- J'ai pas à croiser des têtes que je ne veux pas voir. Même si y en a pas mal qui s'incrustent sans prévenir ! Hahaha !
- Han ! Je connais ça aussi.
- Je ne dis pas ça pour toi... vous ! Pas pour vous, non ! Moi j'suis content que tu- vous veniez ! 'fin tu es là, donc c'est cool ! C'est pas Isabelle ou Dominik quoi. Toi, c'est cool ! Vous venez quand vous voulez !

Je rigole encore ? Je rigole beaucoup trop aujourd’hui.
Dominik et Isabelle…
Mais c’est vrai que j’en vois de toutes les couleurs aussi. Il y a qu’à voir le nombre ahurissant d’élèves qui viennent me voir… Pour rien. Pour rien. Comme…

- Comme Blake Roussel ! Vous connaissez Blake Roussel ? Je crois pas qu’il suive votre cours. Enfin, ça m’étonnerait franchement, c’est pas le genre de gars à aller papouiller les animaux de son plein gré. S’il le fait, c’est uniquement parce qu’il a un pistolet sur la tempe. Mais sinon, en plus de votre cours qu’il boycotte, il boycotte toujours le sport… Et devine chez qui il atterrit ?

Je me pointe en rangeant un nouveau toast dans le four.

- Chez bibi.

J’avale difficilement mon petit four. Ça m’apprendra à pas mâcher correctement.

- Et c’est pas qu’il est agréable en plus ! Il est du genre à agresser son familier. Et sous mes yeux en plus ! Et il parle de ses cheveux… Tout. Le. Temps. Mais il en parle tellement que… Je connais un sort pour raser les gens, qu’on puisse les désinfecter tranquillement tout ça… Ben j’ai plusieurs fois été tentée de l’utiliser sur lui. Au moins, il aura matière à se plaindre !

Je finis mon dernier verre d’une traite.

- Et il y a Sasha aussi. Sasha Rhodes.

Le cauchemar du corps enseignant.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Sam 3 Mar - 10:07
Oscar bombait le torse – ou qu'importe comment s'appelle cette partie anatomique chez le pingouin manchot – fier comme un pinçon. Ou on disait gay comme un pinson ? Je ne savais jamais. Je ne savais pas non plus la différence entre un pingouin et un... avec quoi on confond toujours le pingouin déjà ? L'otarie ? Non, ça c'est le phoque. Oh, et puis on s'en foutait ! Il était content de se sentir utile, grand bien lui fassiait, ou lui faisait ? Grand bien lui fasse !

Quant à moi, j'étais rassuré de voir que Line réagissait à peine à ma remarque, et ne la prenait pas du tout personnellement. Ça aurait jeté un voile noir sur la relation amicale qui se développait. Alors je me remis à sourire, parce que j'étais content. Et ivre. Peut-être plus parce que j'étais ivre que parce que j'étais content. Mais j'étais quand même vachement content. Et ça n'avait rien à voir avec le fait que j'étais ivre. J'avais une amie, alors j'étais content. Et elle avait amené une bouteille, alors j'étais ivre. Enfin content. Enfin les deux, ouais.

Comme Blake Roussel !

Qui ?

Vous connaissez Blake Roussel ?

Non.

Mais réponds-lui à voix haute, crétin. Impossible, elle parlait trop vite. Et trop fort. Et puis je ne voulais pas paraître impoli à l'interrompre. Et puis elle était jolie. Alors je la regardais. Oh non, j'avais honte. Oh non, je commençais à culpabiliser ! Non non, je la regardais seulement parce qu'elle parlait, et que c'était la moindre des choses de dévisager avec admiration la personne qui s'adressait à nous.

Je crois pas qu’il suive votre cours. Enfin, ça m’étonnerait franchement, c’est pas le genre de gars à aller papouiller les animaux de son plein gré. S’il le fait, c’est uniquement parce qu’il a un pistolet sur la tempe. Mais sinon, en plus de votre cours qu’il boycotte...

Et il n'était pas le seul. Même les élèves inscrits de leur plein gré se permettaient de boycotter mon cours. Est-ce que mon cours était chiant ? Peut-être que ce n'était pas le cours, le problème ? Peut-être que c'était moi ! J'étais un mauvais professeur... Voilà la vérité. Benjamin m'avait fait confiance – ou alors il se sentait juste redevable ? – et je ne méritais rien de toute cette sympathie. J'étais minable. Mon autorité était aussi fougueuse que ma passion pour le hip-hop. Et je n'avais jamais écouté de hip-hop. C'est dingue ce qu'un mot aussi rigolo peut définir quelque chose que les gens prennent tant au sérieux. Hip-hop. On dirait un enfant qui parle à un cheval. Enfin, avec un peu d'imagination. Bordel, Sangha ! Tu converses plus avec toi-même qu'avec ton invitée. Quel idiot !

… le sport… Et devine chez qui il atterrit ?

Chez moi ? Ah bah non, ça ne faisait aucun sens.

Chez bibi.
C'est qui ?
C'est une expression pour parler d'elle-même.

Ah oui, je me souvenais ! Je regardais mon verre. Elle ne semblait pas avoir entendu. Peut-être que je l'avais simplement pensé. Ou peut-être que j'avais cru dire ça mais que j'avais dit autre chose ? Je fourrai un énorme toast entier dans ma bouche en espérant me faire taire. Le problème, c'était que je discutais dans ma tête. Et elle, on ne pouvait pas la fourrer au pâté. Mon corps, lui, se contentait d'écouter. De rire quand il fallait rire et de compatir quand il fallait compatir. Je riais facilement, avec Line. Parce que j'étais saoul. Ou parce qu'elle était jolie. Ou parce qu'on était amis. Ou c'était peut-être un peu de tout à la fois.

Et puis j'étais un bon professeur, d'abord.

Il est du genre à agresser son familier...

Elle parle toujours de Bibi ? Enfin de l'élève ? C'était marrant mais Blake Roussel, ça me faisait penser au chanteur Gaëtan Roussel, en vêtements de pirate sur le Blake Pearl. Ou alors c'est le Black Pearl ? Ah merde, du coup ça ne fait plus aucun sens. Est-ce que ça en faisait avant ?

Et il parle de ses cheveux… Tout. Le. Temps. 

Instinctivement, j'allai toucher mes cheveux noués comme à mon habitude en une couette d'un volume inhumain. Moi aussi, il m'arrivait de parler cheveux. Et personne ne connaissait le secret de Sangha, qui prenait un soin tout particulier à entretenir sa chevelure. Et je préférais que personne ne le sache. Cela était souvent sujet à moqueries. Pourquoi je gardais les cheveux longs, déjà ? Je me souvenais d'une scène... Des doigts féminins qui tripatouillaient mes mèches, les entortillait et riait. Elle me fit jurer de ne jamais les couper. J'avais dit promis.

Je connais un sort pour raser les gens, qu’on puisse les désinfecter tranquillement tout ça… Ben j’ai plusieurs fois été tentée de l’utiliser sur lui. Au moins, il aura matière à se plaindre !

Le pauvre ! Je savais à quel point on pouvait être attaché à sa chevelure. Il ne devait pas être si terrible que cela. Je devrais le lui dire, pour calmer la haine frustrée qu'elle semblait contenir à l'égard de l'élève.

Il ne doit pas être si terrible que cela.
Il maltraite son familier...
Vous devez exagérer, Line.
C'est pas Line, c'est Oscar. Vous ne parlez pas, vous pensez.

Je me renfrognai dans ma honte, mon verre tenu entre des mains enfantines, comme un cadeau que je ne voudrais plus jamais laisser partir. Et que je ne prêterais à personne.

Et il y a Sasha aussi. Sasha Rhodes.

Comme un instinct primaire, je me redressai et tournai les yeux vers la fenêtre. Je regardai rapidement autour de moi. Non, elle n'était pas là. Le danger n'était pas là. Seulement son nom. Mais il était bien suffisant pour susciter la peur, la haine et la compréhension pour ce cliché sur les enseignants dépressifs.

Ne prononcez pas son nom ! m'écriai-je avec beaucoup trop de théâtralité. Si seulement j'avais pu la perdre en forêt. Avec Isabelle, tiens ! Toutes les deux chez les gnomes ! Je fais des efforts... et je peux me vanter de toujours trouver du positif chez n'importe qui, dis-je après avoir critiqué l'ensemble du corps enseignant, représentant cinquante pour cent de mes fréquentations. Mais Sasha Rhodes... Vous vous rendez compte qu'en pleine forêt, en pleine nuit, au milieu des créatures les plus hostiles qu'on puisse avoir à Sainte-Catherine, je n'ai même pas réussi à la faire taire ! Vous voulez couper les cheveux de Blake ? Je veux couper la voix de Sasha Rhodes. Je pense que même les dragons n'oseraient pas l'approcher. Je suis presque sûr que son nom a une espèce de pouvoir invocateur diabolique. Un peu comme ce méchant là. Vous savez ? Avec le petit sorcier à la cicatrice. Enfin c'est vieux ça, vous ne devez pas connaître ces livres.

Je finis mon verre, pris la bouteille... pour me rendre compte qu'elle était vide. Vide. Comme mon cœur à ce moment précis. Qu'allions-nous faire ? J'avais bien de la bière mais... à moins que... peut-être que... mais si jamais... mais oui...

Je me dressai sur mes pieds d'un bond et braquai la bouteille héroïquement dans les airs.

Ce n'est pas fini !

Puis de me diriger vers le garde-manger, sur lequel je m'écrasai après avoir trébuché sur les pieds de Line. Je pris deux bouteilles de bière.

Ok, j'dois aller chercher un bouquin dans ma chambre. Vous voulez venir ? Enfin j'veux dire. Pas forcément venir dans ma chambre. Enfin, visiter quoi. Vous voulez visiter ? Et je vous promets que si je trouve le bon livre. Et la bonne page. Et que j'arrive à lire. Ces bouteilles de bière se transformeront en bouteilles de whisky ! Ou elles exploseront et le verre nous crèvera les yeux en explosant à une vitesse de trois-cent vingt-cinq kilomètre heure. On verra !

Quand je bois, j'ai un taux d'adrénaline supérieur à la normale. Un peu comme quelqu'un qui aurait pris des stimulants. Je parle vite, je gigote dans tous les sens et je piétine tant que je parais prêt à courir un marathon. Et si on allait courir un marathon après ? Non, c'était une mauvaise idée. Enfin non, elle était très bonne. Mais peut-être que pour moi.

Descendant les escaliers je continuais à parler sans savoir si Line me suivait, ou si elle pouvait m'entendre.

On a aussi de sacrées pouffia... pimbêches quand même. En plus de Sasha. Vous la connaissez bien ? Y a cette Noémie là. Nozémie. Je ne sais plus. Et la fille du dirlo ! Elisabetta ! Les reines du monde, à attendre qu'on se prosterne et qu'on cire leurs pompes Chanel !

Ce que je n'avais pas remarqué, c'étaient les frémissements d'un certain loup sur le canapé. Tout prêt de se réveiller...
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Sam 3 Mar - 16:08
quatre verres pas plus
Ft. Sangha Jani

- Ne prononcez pas son nom !

Ah. Apparemment, il connait Sasha Rhodes. Mais tout le monde connait Sasha Rhodes, quelle question ! Même moi. Elle ne vient pratiquement jamais dans mon infirmerie, mais elle ramène au moins deux élèves par semaine. Enfin… Ils se ramènent tous seuls mais disons que c’est de sa faute, à elle et ses… Blagues ?
Bref.
Sangha se redresse, regarde partout autour de lui, à la recherche du potentiel danger qu’elle pourrait constituer. Un peu à la manière d’un suricate. C’est mignon un suricate. Pourquoi Epsilon c’est pas un suricate, déjà ? Boarf, il reste mignon aussi.

- Si seulement j'avais pu la perdre en forêt. Avec Isabelle, tiens !

Ouais mais à perdre des élèves et des enseignants en forêt… Alors, certes, parfois c’est tentant, je dis pas, mais au bout d’un moment, on finirait par se faire repérer, non ? Et qu’auraient pensé les gens en retrouvant une micro société d’élèves et enseignants perdus depuis des mois au fin fond des bois, qui auraient fini par s’organiser en une espèce de meute avec un mâle dominant. Ça aurait été qui le mâle dominant d’ailleurs... ? Je préfère ne pas y penser. Mais ça ferait encore une bonne histoire pour le JT de TF1 à 20h, tiens.

- Mais Sasha Rhodes... Vous vous rendez compte qu'en pleine forêt, en pleine nuit, au milieu des créatures les plus hostiles qu'on puisse avoir à Sainte-Catherine, je n'ai même pas réussi à la faire taire !

La légende raconte que celui qui réussira à faire taire Sasha Rhodes sera le nouveau Messie…
Mais attends. Qu’est-ce qu’elle faisait au milieu de la nuit en pleine forêt ? Décidemment, la surveillance dans ce lycée laisse sérieusement à désirer.

- Vous voulez couper les cheveux de Blake ? Je veux couper la voix de Sasha Rhodes.

Il connaitrait Blake, il voudrait également lui couper les cheveux, tout comme je souhaite couper la voix de Sasha. Tout le monde le souhaite… Plus personne ne veut entendre parler de Sasha…

- Je pense que même les dragons n'oseraient pas l'approcher. Je suis presque sûr que son nom a une espèce de pouvoir invocateur diabolique. Un peu comme ce méchant là. Vous savez ? Avec le petit sorcier à la cicatrice. Enfin c'est vieux ça, vous ne devez pas connaître ces livres.
- J’avais six ou sept ans quand le premier tome est sorti…


Déjà ?! Et elle s’est arrêtée quand cette série ? Il y a dix ans, je crois bien. Dix ans, déjà… Olalaa… Je regarde mon verre vide avec l’intention de boire pour oublier ce coup de vieux. Mais il est vide. Totalement vide !  Pourquoi il est vide ?! Je regarde la bouteille de whisky. Elle est vide aussi. Pourquoi tout est vide ? Monde cruel… Je commence à m’affaler au fond du canapé, en reprenant un de ces délicieux toasts qu’avait fait Oscar plus tôt. Heureusement qu’ils étaient encore là, eux. Pour me consoler.

- Ce n'est pas fini !

Je sursaute. Qu’est-ce qu’il fait avec la bouteille de whisky ? Il fait un remake du Roi Lion ou bien ? Il passe devant moi, trébuche sur mes pieds. Pieds qui ne touchaient même pas le sol, je ne sais pas comment il s’est débrouillé. Puis sort d’un placard deux bouteilles. De bière. Mais c’est triste la bière. Après une telle bouteille de whisky, c’est triste la bière. Je sais pas à quoi peut bien ressembler ma tronche à ce moment, mais même moi, je sens la déception dégouliner dessus.

- Ok, j'dois aller chercher un bouquin dans ma chambre. Vous voulez venir ? Enfin j'veux dire. Pas forcément venir dans ma chambre. Enfin, visiter quoi. Vous voulez visiter ?

Tant que les toasts m’accompagnent… Je me lève d’un coup, prends le plateau de hors-d’œuvre avec moi, prête à suivre Sangha. Mais la réalité me rattrape : je suis bourrée. La pièce tangue légèrement, la pièce est… Une barque. Ça donne la gerbe de se lever, non ? Attends, il a dit qu’on allait où, là ?

- Et je vous promets que si je trouve le bon livre. Et la bonne page. Et que j'arrive à lire. Ces bouteilles de bière se transformeront en bouteilles de whisky !

Ah ! C’est donc pour ça. Mais je sais très bien faire, ça ! L’eau en vin, c’est ringard, mais le jus d’orange en punch à Halloween, ça, c’était marrant. Alors de la bière en whisky, ça doit pas être bien compliqué non plus. Mais alors que je m’apprête à lui prendre les bouteilles des mains pour faire des étincelles, le voilà qui place une esquive pour descendre au sous-sol.

- Hey, mais… !
- On a aussi de sacrées pouffia... pimbêches quand même. En plus de Sasha. Vous la connaissez bien ? Y a cette Noémie là. Nozémie. Je ne sais plus. Et la fille du dirlo ! Elisabetta ! Les reines du monde, à attendre qu'on se prosterne et qu'on cire leurs pompes Chanel !
- Nozémie ? Nozomi ? Cette petite peste n’est pas foutue de ressentir la moindre once de reconnaissance ! J’ai été bien gentille de lui permettre de remonter quasi-immédiatement quand elle est tombée de sa bourrique mais non ! Comme je suis une Sorcière, ça plait pas à Madame ! Vous auriez dû voir le dégoût dont elle fait preuve quand on est dans les parages. S’il y a bien un truc qui lui est resté au travers de la gorge dans sa vie, ben c’est bien notre arrivée dans l’école !

Je le rattrape enfin en bas des escaliers, en tenant de manière plus ou moins approximative le plateau de toasts devant moi. D’ailleurs, je loupe la dernière marche et finis la descente un peu comme un athlète de JO aurait pu finir une séance de patinage artistique. En moins classe, avec moins de grâce et moins d’équilibre.

- Tiens-moi ça.

Je lui mets le plateau de force dans les mains. D’ailleurs, pourquoi je le couve ce plateau ? Bref. Je prends un toast au passage, ce serait dommage de ne pas en profiter. Puis je prends les deux bouteilles de bière et un air sérieux. Parce que l’alcool, c’est important. Vu mon état, je garantis rien, mais bon, sait-on jamais.

- Les soirées étudiantes, ça nous apprend des trucs importants quand même. Comme changer les alcools bof en alcools cool. Et le whisky, c’est un alcool cool. Par contre, j’ai jamais expérimenté sur de la bière, du coup je garantis rien.

Je sors ma baguette de mon jean, la pointe sur les bouteilles, mets deux secondes à me rendre compte que je la tiens à l’envers puis lance le sort, tout en espérant que les bouteilles ne m’explosent pas dans les mains. Mais ça passe… Apparemment. Je regarde la couleur. Vaguement ambré. Mouais, c’est passé ! Grand sourire, je fais sauter les bouchons puis redonne la canette à Sangha. Après avoir fait tinter ma canette contre la sienne, j’en bois une longue gorgée, fière de ma maitrise. Avant grimacer en me rendant compte que le whisky pétille. J’ai oublié le paramètre bulle, visiblement.
Mais je n’ai pas vraiment le temps de m’apitoyer trop longtemps sur mon sort. Le bruit de meuble qui volent partout et Epsilon qui se met soudainement à hurler en haut m’indique qu’on a oublié quelque chose… Quelque chose d’important…

- Le loup, il était endormi depuis combien de temps ?

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