Quatre verres, pas plus - Ft Sangha
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MessageSujet: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 9 Fév - 20:04
Quatre verres, pas plus
Ft. Sangha Jani

Mon portable sonne. Encore.
Voilà cinq fois qu’il sonne cet après-midi. Bien sûr, je n’ai pas vraiment le temps de répondre, je le laisse donc vibrer dans le vide. J’ai même fini par l’enfermer dans l’un des tiroirs de mon bureau histoire de ne plus l’entendre. Mais heureusement, ma journée est bientôt finie, je vais enfin pouvoir voir qui me harcèle à ce point depuis tout ce temps. Espérons juste que ce ne soit pas des démarcheurs téléphoniques… Je n’ai pas envie de m’être inquiétée pour rien. Quelqu’un qui m’appelle en boucle de cette manière, c’est que ce doit être important tout de même. Enfin, ce serait étonnant que ce ne le soit pas. Je m’accroche en me disant que les démarcheurs téléphoniques sont rarement aussi insistants. Je renvoie le dernier élève de la journée, vérifie rapidement dans le couloir afin d’être sûre que personne d’autre n’arrive, puis ferme enfin la porte de l’infirmerie. Je finis les quelques tâches que j’ai à faire, notamment la paperasse, également nommé le côté le moins intéressant du boulot. Je récupère enfin mon portable que j’avais jeté au fond du tiroir, mes affaires et mon sac pour sortir. Une fois l’infirmerie fermée à clé, je me dirige vers ma chambre avec pour intention première de déposer les affaires qui alourdissent mon sac et retirer cette blouse que je porte depuis le début de la journée. Non pas que je n’aime pas ma blouse, mais c’est qu’on a chaud en dessous au bout d’un moment. Je finis tout de même par regarder mon portable afin de voir qui m’a appelée tout l’après-midi.

Maman.

Une boule tombe dans mon ventre. Je m’empresse de changer toutes mes affaires de main pour pouvoir la rappeler immédiatement. J’espère juste qu’il ne s’est rien passé de trop grave, elle n’est jamais aussi insistante lorsqu’elle m’appelle. D’ailleurs, depuis que je travaille à Sainte Catherine, on ne s’appelle quasiment plus, elle digérant mal le fait que je travaille ici, et moi digérant mal le fait qu’elle digère mal. La dernière fois que je l’ai eue au téléphone, c’était grâce à la merveilleuse intervention de Nicolas, mon frère, qui m’a appelée alors qu’elle était à proximité. Nous ne pouvions pas vraiment refuser de nous parler. Autant dire que ce fut tendu et que le sujet de mon travail fut soigneusement évité, tant par l’une que par l’autre.

J’ai à peine le temps d’entendre la sonnerie retentir dans mon téléphone qu’elle décroche immédiatement.

- Oui ? Allo ? Qu’est-ce qui se passe ? … Comment ça “rien“ ? Tu m’as appelée tout l’après-midi. … Tu voulais juste savoir si quoi ? … Si j’ai pas oublié le cadeau d’anniversaire de Papa… ?

Je lève les yeux au ciel. Elle a vraiment insisté autant pour me parler juste pour ça ? Parfois, elle bat des records dans les comportements les plus insolites.

- Oui, ben non, je l’ai pas oublié. … Je lui ai pris un Pinot Noir de 2012. J’en ai trouvé un millésimé. … Oui, je sais “on peut le trouver en bas de chez nous“, mais tu sais très bien qu’il aime que les vins alsaciens. Tu te souviens de ce qu’il a fait avec le Bourgogne ?

Lorsque j’avais 8 ans, à Noël, mon père avait décidé de boire un vin Bourgogne. Or, c’est cette même année qu’il est tombé sur une huitre pas fraiche. Il a fait une intoxication alimentaire et l’a mise sur le compte du vin. Depuis, il ne boit plus que “du vin de chez-nous“.
J’arrive devant la porte de ma chambre, sors difficilement la clé de ma poche puis l’ouvre. Je pose mes affaires en tas sur mon lit, avant de regarder la dite-bouteille qui trône sur mon bureau depuis une semaine, pas emballé et le prix toujours étiqueté dessus.

- Non, tu te souviens pas ? Ben, moi je m’en souviens. … Oui, mais c’est pas de ma faute s’il a le comportement d’un enfant de douze ans. … Oui, je l’ai emballée quand même. Je vais pas la laisser trainer comme ça, t’imagines si un élève me voit avec ?

D’ailleurs, heureusement qu’aucun d’entre eux ne sait que je possède une petite réserve d’alcool, outre cette bouteille. Je ne vais pas aller la partager avec eux de toute façon. Et la dite-réserve n’est pas bien grande : une bouteille de whisky et une de crème de whisky. J’aime beaucoup le whisky.

- Oui, un élève, oui. Je te rappelle que je travaille dans une école. … Bon, ne commençons pas à parler de ça, tu sais très bien qu’on va s’énerver toute les deux.

Le fameux sujet délicat par excellence.

- Quoi Nicolas ? … “Un meilleur cadeau que moi“ ? Ecoute, je vais pas commencer à comparer la valeur des cadeaux, c’est totalement débile…

Je regarde justement ma bouteille de vin en me disant qu’il est quand même un peu nul, mon cadeau. C’est le genre de cadeau qu’on offre quand on ne sait pas quoi offrir. Avec les chocolats. Je pourrais essayer de faire un combo de cadeaux nuls, peut-être qu’ensembles, ils le seraient moins.

- Comment ça “enceinte“ ? Mais il peut pas être enceinte, Nicolas. … Sa femme… ?

*****

Je sors en trombe de ma chambre, après avoir jeté mon portable sur mon lit, sur les conseils d’Epsilon. J’en profite pour prendre la bouteille de whisky rangée en bas de mon armoire, à la vue de moi seule, étant donné que personne ne va fouiller dans mon armoire. Il faut bien que j’aille partager ma joie avec quelqu’un, et ce quelqu’un, j’ai décidé que ce serait Sangha Jani.

Je traverse le long couloir en courant presque jusqu’à arriver au hall d’entrée du château. Pour le coup, tant pis si les quelques élèves présents me voient me promener avec une bouteille d’alcool dans la main. Une fois arrivée dans le hall, je laisse Epsilon m’abandonner pour qu’il puisse aller se défouler à l’extérieur, en chassant les petits rongeurs qui courent aux abords des bois. Il saura parfaitement où me retrouver. J’espère juste ne pas prendre Sangha à l’improviste. De toute façon, il n’aura pas le choix. Mais je ne reste finalement pas longtemps sans familier, car je vois le manchot – ou le canard, comme s’amuse encore à l’appeler Epsilon – de Sangha arriver en se dandinant dans le hall.

- Oscar ! Je te cherchais, justement ! Je voulais rendre visite à Sangha, j’espère qu’il est pas occupé…

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 9 Fév - 21:31



Eh ...? Qu'est-ce que tu as ?
Rien.
Mokay...
Je voudrais rester seul.
Tu es seul...
Tu crois qu'un jour, ça s'arrêtera ?
Je ne sais pas, Sangha... Tu crois qu'un jour, tu avanceras ?
Tu penses qu'il peut exister d'autres mondes... où les choses sont différentes ?
Tu veux dire... des mondes parallèles ? où les dinosaures n'ont pas disparu ? où les écrevisses peuvent parler ?
Hm, à peu près ça. Ou alors... où je peux toucher...
… où tu peux être entouré ?
… où je peux te parler...
… où je serais toujours là ?
… où je ne t'aurais pas tuée.
Tu peux avancer, Sangha. Dans ce monde-là.
Je ne peux pas t'abandonner...
Oublie la culpabilité. Je t'ai abandonné.
Je ne peux pas...
Alors comme ça... c'est vrai ?
Quoi ?
Elle te plaît ?

La chaleur de sa peau. La douceur de son souffle. La beauté de son regard baigné de bonheur. Elle me caresse la joue. Puis disparaît. Son dernier sourire finit par me briser en milliers d'éclats. Je m'éveille sur un ciel bleu. Seul. Je tremble un peu. Il n'y a personne contre moi. Mes yeux sont douloureux. Mes joues sont trempées. Je continue de pleurer, sans pouvoir le contrôler.

La barque tanguait sur l'eau du lac. Une barque. C'était toujours dans une barque. Où se passaient les plus belles choses, comme les plus laides. Je m'évadais du monde. Je dérivais, bercé au rythme de ma solitude. Je la laissais me porter, m'entraîner au large. Lutter demandait trop d'efforts. Aller contre le courant, rejoindre la foule sur la rive. Au risque de m'y noyer. Et d'en entraîner avec moi. Je me recroqueville, enfouis mon visage dans mes genoux. Pour sangloter.

Il y avait en moi cette envie de vivre. Pleinement. Totalement. Et ce désir d'en finir. Maintenant. Définitivement. Il y avait cet homme qui voulait avancer, qui regardait le chemin tracé sous ses pieds et cherchait à le fouler. Et cet adolescent qui préférait rester, qui tournait les yeux vers le passé. Là où on lui avait tout arraché. Le premier ne craignait pas de tout risquer, rencontrer, aimer, dépasser, détester. Car la vie est ainsi faite. Le second était terrifié à l'idée de la trahir, de la laisser, de l'oublier, de ne plus pouvoir la retenir. Car sa vie avait été ainsi faite.

Seul au milieu de l'eau, il n'y avait aucun choix à faire. Personne à qui sourire. Personne à écouter. Personne à qui parler. Simplement laisser filer le temps.

Je me penchai par-dessus bord, glissai une main sur la surface de l'eau. Elle se rida légèrement, à peine sensible à ma présence. Sa tiédeur me fit frisonner. Si limpide, l'on pouvait distinguer au fond l'activité de toute sa population. Perdu dans la contemplation d'une mélancolie trop souvent refoulée, je ne vis pas les doigts qui vinrent caresser les miens. D'un sursaut, je m'éloignai. Sous la surface, une jeune sirène – fillette d'une innocence pure – me contemplait. Comme sa main restait à la limite de son monde, je vins poser la mienne à la limite du mien. Sur son visage transparut la peine qu'elle lisait sur le mien. Comme le miroir de ma misère. Au contact de nos paumes, un sourire emprunt de chagrin irradia son visage. J'y vis une confiance rassurante, des traits familiers : ce sourire, en un sens, m'appartenait.

Je me souvins pourquoi j'aimais être ici. Pourquoi il me fallait continuer. Pourquoi je devais faire l'effort d'avancer. Pour qui je devais paraître invulnérable. Pour qui j'étais la barque sur la houle. Qui je portais par-dessus les flots. Le refuge, durant la tempête.



J'étais parti à la pêche à midi, pour une heure. Peut-être deux. Mais le moral tombe à l'eau et se noie. Cinq heures plus tard, je rentre chez moi. Mine basse. Œil humide. Mains bredouilles. Sans canne à pêche, disparue de ma barque à mon réveil. Volée par une sirène, je pense. J'évite les élèves. Pas de rencontre, pas de ragot. Je marche, un automate en direction de sa cabane. Quelque chose m'appelle. Une seule envie dicte mes pas. Une bière. Ou deux. Ou non tiens ! Peut-être un whisky. Une bouteille.

Sur le perron, Oscar m'attend. Ça me revient. Pourquoi du poisson. Pourquoi une heure ou deux. Le loup. Aujourd'hui, il retrouvait sa liberté. Quelle chance. Et moi, je peux retrouver ma liberté, dis ? Le manchot dehors, le loup dedans. Il devait m'attendre. Rien qu'une heure. Sa mine boudeuse me fait rire. Merci, Oscar. J'en avais besoin. J'argumente dix minutes. C'est lui qui a mes clefs, donc bon. A l'intérieur, la créature dort sur le canapé. L'air tranquille. Moi aussi, je voudrais avoir l'air tranquille. Son séjour l'avait changé. Il était moins peureux. Loin d'être un chien. Mais plus aussi sauvage. Visiblement, le contact humain peut transformer. Qu'est-ce que moi, j'en sais ? Oscar boude toujours. Il ne veut pas quitter son ami. Il l'insulte et s'énerve, mais je vois son jeu. Il l'aime. C'est toujours affreux de séparer deux personnes liées l'une à l'autre. Désolé, mon grand. Je sais ce que tu ressens.

Et si, pour l'occasion, on restait pas tous seuls ?

J'ai une idée ! Un tout nouvel entrain dans la voix, j'enterre doucement le désespoir que je traînais comme un boulet à ma cheville. Ce n'est pas moi, ça. Et si on invitait mademoiselle Loseille ?

Je fouille mon garde-manger. Recherche d'alcool. De whisky. Ça, c'était moi.

Qui ?
L'infirmière. Elle doit avoir terminé sa journée elle aussi.

« Elle aussi » était une marque de mauvaise foi indéniable. Je n'avais rien glandé de la journée.

Mademoiselle Loisel.
Oui, je viens de te le dire. On a pas de whisky ? Je me retournai vers mon compagnon, presque en pleurs. Ma sensibilité mise à mal, à fleur de peau. Pourquoi on a pu de whisky ?!
Vous avez tout bu.
Je ne me souviens pas avoir bu de whisky.
Justement...

J'ouvris une bière. Dépité. Sale journée. Un sortilège assomme le loup déjà assoupit. Je m'affale à côté. Grise mine. Je bois sans conviction. Ce n'était pas la bière que j'avais en tête.

Les minutes passent. Je bois ma bière. Je regarde la cheminée que j'ai oublié d'allumer. La porte s'ouvre.

J'ai trouvé mademoiselle Loisel. Elle vous cherchait alors je lui ai dit de me suivre. J'espère que vous avez gardé votre pantalon.

Je me lève et me tourne. Enfin un rayon de soleil perce cette couche nuageuse que la journée venait de poser au-dessus de ma tête. Je souris bêtement et m'avance.

Eh ! Salut ! Je voulais vous faire venir pour... C'est bien une bouteille de whisky que vous avez dans la main ?

Un trésor ambré trésor brillait dans sa main. Je l'admire avec envie, et jette un œil dégoûté envers la bouteille presque vide dans ma main. Une part en moi, le Sangha qui méprisait son existence, n'avait qu'une idée. Arracher la bouteille de ces petites mains. Descendre au lit. Boire sous sa couette. Pleurer. Boire. Boire ses pleurs. Pleurer sa boisson. Ou la vomir. Mais Sangha lumineux, qui aimait bien la vie et souriait à la simple présence de l'infirmière, préférait la partager, cette bouteille.

Mais boire quand même. Pour oublier ? Pour se souvenir ?

Alors c'est comme ça qu'on aborde une femme ? D'accord.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Sam 10 Fév - 19:05
Quatre verres, pas plus
Ft. Sangha Jani

Le canard me dit de le suivre. Parfait. Il semblerait qu’il était venu me chercher. Parfait ! Sacrée coïncidence quand même. Mais bref. Je n’ai pas vraiment besoin d’Oscar pour savoir où habite Sangha mais bon, c’est toujours mieux de le prévenir que j’arrive plutôt que de me ramener chez lui à l’improviste. Je regarde ma bouteille de whisky en me posant enfin une question cruciale : est-ce qu’il aime bien le whisky ? Parce qu’il parait qu’il existe des gens qui n’aiment pas. Ce serait dommage de venir avec une bouteille et que je finisse par la boire toute seule sous ses yeux.

Une fois à l’extérieur du château, je regarde rapidement autour de moi afin de repérer Epsilon. Je le vois voler en cercle à l’orée de la forêt, le regard rivé vers le bas. Il a sûrement dû trouver quelque chose à chasser puis manger. Conclusion : il ne va pas tarder à revenir vers moi. Vu sa taille, il lui suffit d’un petit rongeur pour être rassasié. Même si un jour, il m’a assuré avec fierté avoir mangé deux souris de suite, je persiste à penser que c’était plus pour faire son intéressant qu’autre chose. Déjà que la souris fait son poids… Quand je lui ai fait remarquer, il n’a vraiment apprécié et m’a ramené une moitié de souris le lendemain matin pour me prouver son mécontentement. Super réveil.

Mais bref ! Oscar et moi arrivons près de la maisonnette bien plus rapidement que je ne l’aurais pensé. A croire que penser à des souris à moitié dévorées trônant au pied de mon lit fait passer le temps plus vite que la normal. Le familier pousse la porte et rentre en se dandinant. Il a vraiment une démarche rigolote…

- J'ai trouvé mademoiselle Loisel. Elle vous cherchait alors je lui ai dit de me suivre. J'espère que vous avez gardé votre pantalon.

J’espère aussi.
Je déglutis difficilement lorsque je le vois se lever de son canapé, tout en priant pour qu’il ait effectivement gardé un pantalon. Je me détends lorsque je le vois arriver vers moi, habillé de la tête aux pieds.

- Eh ! Salut ! Je voulais vous faire venir pour... C'est bien une bouteille de whisky que vous avez dans la main ?

Il fixe la bouteille que je tiens dans les mains comme s’il avait vu le Saint Graal. On pourrait presque s’attendre à ce qu’une lumière divine tombe dessus à ce moment-là. Mais ça n’arrive pas. Il faut croire que Dieu n’aime pas les boissons païennes. Tant pis pour Lui.

- Ouais, j’ai eu envie de la boire. Mais comme la boire seule aurait été triste, j’ai pensé à vous !

Pour ma part, mon regard finit par tomber sur la bière vide que Sangha tient dans la main. La déformation professionnelle me souffle que le mélange d’alcool n’est pas très conseillé, mais l’envie de boire cette bouteille en sa compagnie me hurle que j’en ai rien à cirer. De toute façon, si on ne peut plus s’amuser, où va le monde ? Et ce n’est sûrement pas demain la veille qu’une pauvre bière va faire du mal à quelqu’un. Une bouteille entière de whisky à deux, je dis pas. Mais une canette de bière de trente-trois centilitres...
Mais en tout cas, me voilà rassurer. Apparemment, il aime bien le whisky et en voir une simple petite bouteille le met en joie. Parfait, je ne la boirai donc pas seule sous ses yeux. Ce qui aurait été encore plus triste que de la boire seule au final.

Je regarde rapidement derrière moi pour voir si Epsilon revient ou pas. Toujours pas. Tant mieux. Le connaissant, il m’aurait sûrement fait la moral en me répétant en boucle que je ne tiens pas trois verres. Et en plus, il les aurait comptés dans ma tête. Insupportable. Je suis même tentée de fermer la porte histoire d’être sûre qu’il ne puisse plus rentrer, dans l’unique but de pouvoir boire un coup sans être ennuyée par un oiseau moralisateur.

- J’espère que vous avez des verres à whisky !

En vrai, boire la bouteille dans des verres à whisky, des verres à eau, des verres à vin ou même des flutes de champagne ne me gêne pas le moins du monde. Tant que je la bois, cette bouteille… Je la pose d’ailleurs sur la table avec un grand sourire. Je ne vais pas la couver plus longtemps, c’est parfaitement inutile. Et en plus, je finirai par la réchauffer entre mes mains. C’est un Johnnie Walker, dix ans d’âge. S’il y a bien un domaine où je suis d’une maniaquerie excessive, c’est bien l’alcool. Je prends toujours les bonnes bouteilles et généralement, c’est à moi qu’on demande des conseils sur les vins qui se marient bien avec le bœuf bourguignon. J’ai beau tenir trois verres, ce n’est pas une raison pour ne pas s’y connaitre. Mais c’est également pour cette raison que je n’ai que rarement de l’alcool. A refuser de prendre de la Villageoise, le prix finit par monter rapidement.

- D’ailleurs, je me demandais comment allait Biscotte… Enfin, le loup. Je l’appelle Biscotte dans ma tête…

Ce qui est un bon gros nom bien nul pour un loup. Mais c’est un nom que je donne à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un chat ou un chien. Avec Cracotte ou Croquette. Des noms qu’Epsilon a bien failli porter, avant qu’il ne refuse catégoriquement.
Je souris timidement, un peu gênée de ma remarque enfantine.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Lun 12 Fév - 15:46
Un sourire idiot éclairait mon visage, pourtant tellement emprunt de chagrin aujourd'hui. Voilà ce qu'il me fallait pour échapper à la noyade, pour ne pas sombrer dans une dépression dont tout le monde se serait bien passé. Une présence amicale. Une épaule contre laquelle me blottir. Un parfum à me faire frissonner. Une belle robe, et des jambes parfaitement formées. Elle donnait envie d'y déposer mes lèvres. Des nuances de couleurs chaudes, enivrantes.

Line était là elle aussi, c'était sympa.

Ouais, j’ai eu envie de la boire. Mais comme la boire seule aurait été triste, j’ai pensé à vous !

Meilleure idée de la journée. Non, de l'année. Non, de la décennie ! Non ! Du siècle ! Bon, peut-être pas du siècle. Mais au moins de la décennie ! Bon, j'exagère peut-être. Disons de l'année. Bon, pas vraiment... j'avais déjà apprivoisé un loup sauvage et c'était une bien meilleure idée. Bon... de la journée. Meilleure idée de la journée ! Je n'avais d'yeux que pour la boisson qui gigotait dans sa bouteille, laissant les traces de ses larmes couler le loin du verre. Elle dansait comme une créature sulfureuse qui chercherait à me charmer pour mieux m'attirer dans son piège. Une sirène écossaise – ou irlandaise, ou américaine, je n'en avais aucune idée, c'était juste pour la métaphore – qui appelait à elle le faible marin que j'étais, perdu en pleine mer depuis trop longtemps, abandonné à sa solitude... depuis ce midi.

Oui, c'était à ce point-là.

J’espère que vous avez des verres à whisky !

Le signal de départ était donné. Je la laissai là pour chercher des verres dans l'armoire à côté de la gazinière. Elle contenait toute ma vaisselle : quatre assiettes, quatre fourchettes, quatre couteaux, quatre verres d'eau, quatre verres à martini, huit verres à cocktail, dix chopes à bière, dix verres à vin, dix verres à whisky, dix flûtes à champagne, et quelques verres à digestif. Je pris deux des verres appropriés pour l'occasion sans regarder, comme si je connaissais par cœur l'emplacement de chaque chose. Ce qui était le cas, mais j'avais trop honte pour me l'avouer.

D’ailleurs, je me demandais comment allait Biscotte… Enfin, le loup. Je l’appelle Biscotte dans ma tête…

Je souris en déposant les verres sur la table. Le sourire d'un enfant qui avait préparé une surprise dont lui seul en éprouvait de la fierté. D'abord, parce que Biscotte était vraiment un chouette nom. Pourquoi je n'y avais pas pensé ? Moi je l'avais appelée Eugénide, et Guenièvre aussi. Et Léon, avant de découvrir qu'il s'agissait d'une femelle. Cela m'avait pris toute une journée, puisque l'animal courrait et se cachait partout dans la maison. Impossible pour moi d'étudier en toute quiétude son postérieur.

Venez voir par vous-même...

Je lui fis signe de me suivre tout en contournant le canapé. Je m'assis à côté de la créature paisiblement assommée par ma magie. En lui grattouillant la tête, je jetai un œil émerveillé à Line. C'était tout ce qu'il me fallait pour oublier l'alcool. Enfin presque.

Venez, venez, elle ne se réveillera pas ! Prenez ma place, tenez ! ajoutai-je en libérant l'espace. C'est pour ça que je voulais vous inviter... enfin vous faire venir. Je pensais la remettre en liberté ce soir, je me suis dit que vous... peut-être que ça vous intéresserait d'être là.

Comme je m'étais levé, je lui déchargeai les mains de son fardeau d'un litre et m'en allai remplir les verres. Ce n'était pas forcément ce que les mœurs toléraient, car c'était impoli... mais j'avais soif, je sentais toujours cette envie de me rouler en boule quelque part en moi, et il fallait bien que quelqu'un ose.

Installez-vous, faites comme chez vous !

Je fermai la porte d'entrée d'un coup de pied, sans remarquer Oscar qui voulait me notifier  l'absence du second familier. Il haussa étrangement des ailes en se disant que tant pis, il n'aurait qu'à toquer du bec. Puis d'apporter son verre à mon invitée. Ou était-ce une visite à l'improviste ? Un peu des deux, finalement. Les deux me convenaient parfaitement. J'étais soulagé d'être accompagné. De n'être plus confronté qu'à moi-même.

Je fis tinter mon verre contre le sien, le regard plongé dans le sien comme le voulait la tradition, et aussi un peu parce que c'était agréable.

A Biscotte !

Je voulus boire une petite gorgée pour savourer le produit qu'on me proposait de déguster là. Mais un malencontreux mouvement du coude trop abrupt força mon verre à se vider dans ma gorge. Je sentis l'alcool me brûler l’œsophage et répandre son agréable chaleur irritante partout dans mon estomac.

Ça faisait un bien fou.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Ven 16 Fév - 17:57
Quatre verres, pas plus
Ft. Sangha Jani

Des verres à whisky… Parfait ! Il ne manque plus que les pierres à whisky. Hors de question de mettre un glaçon dans un whisky qui m’a coûté un bras. Déjà, je finirais par grincer des dents, et ensuite, à quoi ça peut bien servir de le diluer ? C’est comme si on coupait le vin avec de l’eau. Pour moi, c’est criminel, tout simplement impensable. Les Romains le faisaient, prétextant que seuls les barbares buvaient leur vin pur. A mes yeux, c’est eux les barbares. Pour en revenir au whisky, pourquoi diable on le diluerait alors qu’on ne dilue pas le vin ? C’est comme ces jeunes qui mettent du Coca-Cola dedans. Un Whisky Coca, ils appellent ça. Moi, j’appelle ça un crime contre l’humanité.

A l’évocation de Biscotte – enfin du loup – Sangha sourit comme un enfant. Un enfant qui aurait une folle envie de boire une bouteille de whisky cul-sec. Il m’indique tout joyeux de venir voir. Je ne sais pas comment il a bien pu faire pour garder un tel spécimen chez lui pendant toute la durée de sa convalescence, mais, apparemment, il a réussi. Je n’ose même pas imaginer dans quel état le loup a pu mettre la maisonnette. Un loup sauvage dans un si petit espace, ça doit forcément faire des dégâts. Je m’approche de son canapé, au fond de la pièce principale, sur lequel est dort Biscotte. Le garde-chasse se met à lui gratouiller la tête avec vigueur. J’espère juste qu’il est bien endormi. Je n’aimerais pas me retrouver avec un pic à glace dans la paume de la main.

- Venez, venez, elle ne se réveillera pas ! Prenez ma place, tenez !

Ah ? C’est une femelle ? J’apprends des choses.

- C'est pour ça que je voulais vous inviter... enfin vous faire venir. Je pensais la remettre en liberté ce soir, je me suis dit que vous... peut-être que ça vous intéresserait d'être là.

Je réfléchis. Si c’est une femelle, Biscotte comme nom, ça marche encore ou pas ? On va dire que oui.
Je m’approche doucement du loup, la main tendue devant moi, dans l’unique but d’aller la gratter derrière les oreilles. Si elle ne risque pas de se réveiller, je ne risque pas d’avoir un pieu planté dans la main, normalement. J’espère… Mais son réflexe de « tu me touches, je t’empale » n’a pas l’air de se déclencher pendant son sommeil. Tant mieux. Je tiens à l’intégrité de ma main, mine de rien.
Je laisse Sangha partir loin avec la bouteille de whisky. J’en profite pour me rapprocher de Biscotte et pour la papouiller avec mes deux mains, en poussant les petits bruits que pousse ta vieille tante lorsqu’elle voit « à quel point tu as grandi ». Le tout en pinçant tes joues avec force et en gonflant les siennes.

- Mignon mignon mignon !

Je m’arrête deux secondes, le regard perdu dans le vague.
Je crois que je deviens vieille.
Raison de plus pour boire un coup.

J’entends la porte se claquer bruyamment. Epsilon ne pourra pas rentrer. Quel dommage. Je vais pouvoir boire en toute quiétude. En parlant de boire, le verre arrive comme par magie entre mes mains. Je remercie Sangha rapidement. Puis je remarque qu’il veut trinquer. L’une de mes grandes peurs. D’un côté, il faut regarder droit dans les yeux, d’un autre, si je ne fixe pas mon verre, je risque d’en reverser partout. Du coup, j’ai fini par développer une technique infaillible : je fixe mon verre jusqu’au moment fatidique, puis je relève le regard une demi-seconde le temps que les verres s’entrechoquent, et enfin je me concentre à nouveau sur mon verre. Validé et approuvé.

- A Biscotte !
- A Biscotte !

Je lève mon verre un petit instant, comme pour finir ce petit geste que j’ai beaucoup trop de mal à effectuer. Puis je bois ma première gorgée, celle qui irrite l’œsophage sur son passage, mais qui prépare pour les suivantes. Une fois cette dernière avalée, je remarque que Sangha a déjà fini son propre verre. Il pourrait se resservir directement. Je rigole bruyamment, quelque peu galvanisée par ma première gorgée et par l’idée que ce ne serait pas la dernière.

- Vous avez une sacrée descente !

Je bois une nouvelle gorgée. Le souci avec moi, ce n’est pas que je bois beaucoup, c’est que je bois vite. Trop vite. Ce n’est pas si étonnant que je tienne aussi mal l’alcool au final. D’autant plus que je suis à jeun, actuellement. Combo parfait pour une bonne fin de soirée. J’entends toquer contre du verre. Je baisse les épaules en levant les yeux au ciel. C’est Epsilon. Raaah, je vais pas pouvoir être tranquille. Je me lève rapidement, en buvant une nouvelle gorgée.

- Epsilon qui toque au carreau… Je vais pas le laisser dehors, quand même.

Je me dirige vers la vitre, et vois effectivement mon familier attendre posément à l’extérieur. Et lui voit le verre que je tiens dans la main. Son regard se fait immédiatement plus sévère et c’est bien la première chose qu’il me dit lorsque je lui ouvre.
- Combien-t-ième ?
- Premier.
- Quatre verres, pas plus.
- Mais oui…

Celui-ci s’envole vers la cheminée pour s’y percher, babille vers Sangha en le croisant et fixe enfin le loup avec une certaine inquiétude. Il est vrai que ce gros chien pourrait l’avaler en une bouchée. Je reviens également vers le canapé et m’y assoit doucement, afin de ne pas réveiller le loup, justement.
Je bois une nouvelle gorgée et regarde le fond de mon verre avec tristesse. Il est vide.

- Ben je crois bien qu’on peut se resservir !

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Mer 21 Fév - 11:15
Vous avez une sacrée descente !

Oups. Je regardai mon verre, comme surpris par ma propre soif. Bien que soif fut un grand mot. Je parlerais plutôt d'une envie. Ou d'un besoin. Oui, c'était un besoin. Le besoin de m'évader, peut-être. Le besoin d'oublier que j'étais une personne triste. Que personne ne pouvait envier ma vie. Que seule m'accompagnait la solitude. Elle, et un familier idiot. Alors je buvais, parce qu'on était plus heureux quand on ne pouvait plus réfléchir. Enfin, cela dépendait. Je me souviens d'une fois où j'avais vidé une bouteille de vin et cinq ou six bières en lisant un livre à l'eau de rose. J'avais pleuré toutes les larmes de mon corps et câlinant les cadavres de verre comme on câline sa peluche. Et puis j'avais raconté à Germain, ma plante en pot, combien la vie c'était pourri. Puis je m'étais endormi la tête dans son terreau. En conclusion : parfois, boire, ce n'était pas s'échapper de la mélancolie, mais plutôt l'appeler à nous. L'alcool triste, quoi. C'était comme l'alcool joyeux, l'alcool violent ou l'alcool danser quasiment nu en sautillant autour des licornes.

Me remémorant une formidable nuit dansante que personne ne connaissait, je sursautai lorsque le bruit d'un carreau frappé me tira de mes pensées. Mon premier réflexe aurait été de me jeter à terre pour me planquer, si Line n'avait pas réagi immédiatement. J'imaginais un élève découvrant le garde-chasse et l'infirmière en train de se pinter la tronche ensemble, en compagnie d'un loup sauvage squattant le canapé et un pingouin qui marchait ici et là sans vraiment savoir où aller.

Epsilon qui toque au carreau…

Ah, alors ça allait. Mais quelle idée de venir à la fenêtre. La porte était utilisable par tout le monde. Une jeune fille, dans un passé qui me paraissait lointain, avait fait une remarque similaire. Elle faisait face à un gros monsieur habillé de rouge, avec une barbe blanche en polyester et la même voix que mon père. Il lui racontait comment il passait par la cheminée, et la demoiselle lui avait dit qu'il était vraiment stupide, parce que ce n'était vraiment pas pratique. Si on avait inventé les portes, ce n'était pas pour ne pas les utiliser, après tout. Puis elle lui avait tiré la barbe et m'avait raconté que le Père Noël n'existait pas et que mes parents se fichaient de moi depuis neuf ans. J'ai quand même voulu y croire jusqu'à mes douze ans. On ne juge pas.

Je vais pas le laisser dehors, quand même.

Oscar lui aurait dit qu'elle pouvait. Moi non. Je l'aimais bien, cet oiseau. Pour sa noblesse, et pour l'attention qu'il portait constamment envers sa sorcière. Un peu comme une mère... mais avec des plumes. Et qui n'a aucune autorité. Enfin, comme un familier quoi. Pas vraiment comme une mère.

Puis le silence, alors que le duo se retrouvait en se fixant dans le blanc des yeux. Et dans l'ambre de whisky. Il ne m'en fallait pas plus pour imaginer la conversation qui devait se dérouler dans leurs esprits liés.

Combien-t-ième ?
Premier.
Etous ne m'avez même pas attendu ?
C'est vrai, désolée. On aurait du te servir un verre.

Je retournai vers la table en attendant, alors que les deux compères se séparaient. Peut-être qu'il ne voulait pas de whisky, finalement. Mais il était certainement vexé qu'on ne lui ait pas proposé. Line s'était sans aucun doute excusée. La complicité entre ces deux-là était vraiment belle à voir !

Ben je crois bien qu’on peut se resservir !

Devant la table, je lève les yeux vers la jeune femme, un air coupable et honteux sur le visage. J'étais déjà en train de me resservir. Je pensais que la discussion leur prendrait plus de temps.

Oupsi, dis-je en souriant.

Puis d'apporter mon verre ainsi que la bouteille directement sur la table basse, afin de minimiser les pertes en temps en trajet. J'allais m'asseoir sur le canapé quand je dus faire face à un dilemme cornélien. Une petite place était libre directement à côté de Line, ou bien de l'autre côté du loup assommé. Enfin endormi. Le choix était compliqué. Je ne voulais pas paraître avenant ou trop familier, mais une toute petite partie de moi avait bien envie de s'incruster à cette première place. Mais la raison, le malaise et l'envie de grattouiller la tête de l'animal me poussèrent à passer de l'autre côté, m'y asseoir sagement et prier pour que cet instant d'hésitation ne se soit pas lu ni sur mon visage ni dans mes mouvements d'enfant honteux.

Je lui resservis un verre généreux et m'assis en tailleurs dans mes coussins.

Alors qu'est-ce qu'on disait ?

Pas grand chose en fait. Il n'y avait encore eu aucune réelle discussion. Idiot.
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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha Hier à 18:55
Quatre verre pas plus
Ft. Sangha Jani

Je me rassois sur le canapé, toute contente à l’idée de me resservir un verre, le tout sous les yeux sévères et observateurs d’Epsilon. Il ne va pas me lâcher, je le sais d’avance. Mais ce n’est sûrement pas lui qui va m’empêcher de boire. De toute façon pour le peu que je l’écoute. Et pour le peu que lui m’écoute ! S’il veux que je sois un peu plus attentive à ses conseils, il n’a qu’à pas essayer de me grimper sur les cheveux dès que je lui fais une réflexion. Voilà. Une fois assise à nouveau sur le canapé et le verre vide, je fais savoir à Sangha mon envie de me resservir. Puis je regarde en face de moi. Ah ben, il est plus là. Je me retourne et le vois, à côté de la table, occupé à se resservir sans m’attendre, un sourire gêné sur le visage. Ah bon ben… Pourquoi pas ? Le temps qu’il ramène la bouteille et ne me laisse pas en plan le verre vide, tout me va !

C’est d’ailleurs ce qu’il fait. La bouteille sera bien mieux en notre compagnie que seule sur la table avec elle-même. Sangha revient, le Saint Graal entre les mains, regarde le canapé, hésite deux secondes et finit par se poser à côté du loup. Loup que je m’amuse à papouiller depuis que je suis venue me rassoir. Une main tient le verre à whisky, l’autre fait des aller-retours monotones dans la fourrure de l’animal. Un geste presque mécanique. J’ai toujours adoré les chiens, ou ce qui s’en rapproche, et caresser une grosse bête à poil avait fini par me manquer. Le chien que j’avais étant plus jeune était dans la maison avant même ma naissance. Autant dire que j’ai grandi avec et que le voir mourir lorsque j’avais neuf ans, et lui douze, m’a beaucoup affectée. Mes parents ont toujours refusé de reprendre un chien, et je les ai soutenus dans ce choix. De toute façon, ça n’aurait pas été mon chien à moi. Maintenant, j’ai Epsilon, qui n’est pas vraiment un animal de compagnie non plus. On entretient plus une amitié basée sur l’amour vache qu’autre chose, à vrai dire.

Il n’y a qu’à voir le regard qu’il me lance lorsque Sangha se décide à me resservir un verre rempli à plus de la moitié, chose que je ne risque en aucun cas de refuser.
- Deux.
Ne pas le plumer, ne pas le plumer, ne pas le plumer…

- Alors qu’est-ce qu’on disait ?

Euh… Ben pas grand-chose, en fait.
Pour ma part, je regarde le loup. Il compte le remettre en liberté, c’est bien ce qu’il a dit non ? En un sens, je me doute qu’il faut que ce soit fait le plus rapidement possible, sous peine que l’animal finisse par ne plus se débrouiller seul dans la nature. Mais d’un autre côté…
Je bois une gorgée.

- Je me demandais… Comment vous avez fait pour vous en occuper pendant le temps de sa convalescence ? Parce que c’est une grosse bête quand même.

Il ne l’a tout de même pas laissé endormie pendant tout ce temps. Enfin, je n’espère pas. Le pauvre animal a dû avoir la peur de sa vie lorsqu’il s’est réveillé, seul dans cette maison, en compagnie d’un humain et d’un pingouin, sans aucun de ses congénères en vue.

- Vous pensez qu’elle va retrouver sa meute ?

Ça vit bien en meute, non ?
Je n’y connais tellement rien en animaux que je ne sais même pas si les loups vivent en meute ou non. Mon intuition me dit que oui. Mais d’un autre côté, j’imagine bien le loup comme étant un animal solitaire. A moins que ce soit l’ours… ? Aucune idée. Il faudrait que je pense sérieusement à combler ce manque de culture, un jour. Peut-être pourrais-je demander à Sangha, justement. Il doit y avoir des tas d’animaux intéressants dans la forêt.

- Parce que je pensais que ce serait dommage qu’elle ne la retrouve pas, et qu’elle finisse par dépérir de solitude, au final…

Tu serres ton poing dans la fourrure du loup, en savourant la légère chaleur qui s’en dégage.
Et en vidant ton verre une fois de plus.

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MessageSujet: Re: Quatre verres, pas plus - Ft Sangha
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Quatre verres, pas plus - Ft Sangha
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