Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz
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MessageSujet: Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mar 16 Jan - 18:56
Un cheveux dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

La journée a été longue, tu le sais.
Beaucoup d’élèves sont venus te voir, tous malades. Ce n’est pas vraiment le temps imposé à Sainte Catherine qui risque de changer les choses, tu le vois bien. L’hiver est bel et bien présent, tout comme les rhumes à n’en plus finir. D’autant plus que plus cette période de l’année avance, plus tu deviens maussade : la neige te manque cruellement. Tu en viendrais presque à regretter ton Alsace natale, où tu voyais de la neige plus ou moins tous les ans, bien que la tendance se soit inversée ces dernières années. Tu ne sais pas de quel esprit malade a bien pu germer cette idée : éliminer la neige à l’intérieur de l’école. En tout cas, tu lui en veux, déçue de ne pas pouvoir te lever un matin en t’émerveillant sur la poudreuse blanche tombée dans le courant de la nuit. Selon Epsilon, « on dirait une enfant quand tu fais ça », mais concrètement, tu t’en fous. Tu as toujours aimé transmettre ton amour de cette période de l’année aux gens, souvent à coup de boules de neige dans la figure. Certains le prenaient mal, tu ne comprenais pas pourquoi. Mais ce temps-là est révolu, et tu t’en attristes.

Ce soir, tu fermes donc ton infirmerie en retard, d’un côté soulagée de savoir cette partie de la journée derrière toi. La charge de travail s’est bien faite sentir aujourd’hui. Peu à peu, tu commences également à ressentir la solitude de ton poste. De un, une petite aide ne serait pas du luxe, et de deux, tu pourrais toujours discuter avec une personne exerçant le même travail. S’il y a une chose que tu regrettes de l’hôpital, c’est bien la présence de collègues infirmiers qui exerçaient en même temps que toi, et avec qui tu pouvais aisément aller parler le temps d’une pause-café. Maintenant, il n’y a ni pause, ni café, ni collègue. Juste beaucoup de patients, pour la plupart des élèves. Et encore, tu ne comptes pas le corps enseignant et tout le personnel de l’école, qui peuvent parfaitement venir te voir en de rares occasions. Il n’est donc pas rare que tu partes te détendre une fois la journée finie, parfois dans ta chambre, plus souvent en allant le promener le long de la forêt.

Mais pas ce soir. Ce soir, c’est impossible. Ce soir, tu as rendez-vous avec M. Tiré-à-quatre-épingles pour renflouer ton stock de potions et d’antipoisons. Alors, certes. Il est bien gentil de t’aider à les préparer, d’autant plus que c’est un expert en la matière et que tu préfères largement être surveillée lorsque tu manipules ce genre de produits. Sait-on jamais. Ce n’est pas tes deux mains gauches qui te contrediront, bien au contraire. Le souci, c’est que tu trouves cet homme profondément ennuyant. Et lui a l’air de te trouver profondément agaçante, vu la tête qu’il tire à chaque fois que tu prépares des potions en sa compagnie. C’est la seule chose qui te fasse te marrer chez lui, d’ailleurs.
« Oui, mais on va voir son chien. »
Et pour une raison qui t’échappe, Epsilon adore son basset. D’ailleurs, son plus grand rêve est que tu l’autorises à aller chercher des puces entres ses bourrelets. A chaque fois que ton oiseau voit ce chien, il le fixe longuement, en te répétant en boucle à quel point il est fasciné de le voir fondre comme neige au soleil lorsqu’il s’allonge.

Une fois arrivée devant la salle de classe des Phénix, tu déboules en trombe dans la pièce, qui a gardé son aspect de laboratoire pour l’occasion.

« Désolée pour le retard, j’ai dû fermer l’infirmerie plus tard aujourd’hui. »

Tu t’excuses pour la forme. Dix minutes de retard, c’est vraiment rien. Et de toute façon, tu n’allais pas renvoyer cet élève malade sous prétexte que c’était la fin de la journée. Tu relèves la tête vers M. Bartosz. Toujours nickel, c’en est presque désespérant. De ton côté, tu galères rien que pour faire rentrer ta masse de cheveux dans un pauvre élastique, afin qu’ils ne fassent pas n’importe quoi. D’ailleurs, tu changes ta queue de cheval de la journée en un chignon désordonné, dans l’espoir un peu vain que ta chevelure ne vole pas partout en pleine préparation. Tu arrêtes en soupirant, lorsque ce dernier te semble un peu près correct.

« J’aurais besoin d’un anti-inflammatoire pour les feux magiques. Il faut croire que les dernières années ont commencé à travailler là-dessus : il y a eu une sacrée paire d’élèves qui sont venus me voir avec des brûlures cette semaine. Ils m’ont vidé mon stock. »

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MessageSujet: Re: Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Sam 20 Jan - 22:20
dans lequel un gars ne se montre pas très agréable

Mais où diable étaient-elles passées ?
La tête sous une table dans une position très peu seyante pour Monsieur Perfection, Frédérik tâtonnait à la recherche de ses lunettes. Après quelques passages de sa main sur le vide, il se redressa puis balaya le laboratoire du regard non sans agacement. Derrick s'approcha, comme s'il était le chien de la situation, mais se contenta d'éternuer très fort après avoir reniflé l'endroit. En plus d'être rarement supportable, il fallait que cet animal se montre aussi utile qu'une glacière pour Inuits. Les chiens, ne disposaient-ils pas d'un odorat hors du commun pour pister les objets ? Visiblement, la seule chose que celui-là était capable de pister, c'était le chemin vers sa gamelle. Frédérik leva les yeux au ciel puis se mit à fouiller frénétiquement son cartable. Ses lunettes, sa kryptonite. A chaque fois, elles disparaissaient mystérieusement  quand il les retirait. Pourtant, il était sûr de les avoir posé deux secondes sur la table. Se considérant comme quelqu'un de particulièrement ordonné, il ne pouvait pas croire qu'il ne se souvenait plus d'où il les avait rangées. Peut-être étaient-elles tombées quelque part ? Frédérik dirigea un regard soupçonneux vers Derrick.

J'y suis pour rien !
Où les as-tu cachées ?
Nulle part ! Je t'ai même aidé à les chercher ... Laisse tomber, on regardera après. Tu dois te préparer pour ton rendez-vous galant de ce soir.
Rendez-vous galant ?!


Frédérik sentit une vague d'embarras s'écraser sur lui sous l'œil malicieux de Derrick. Crétin de chien avec son humour déplacé. Frédérik le suspectait de prendre un plaisir sadique à le gêner. Il préféra stopper la conversation avant qu'elle ne lui échappe complètement, se dissimulant derrière l'écran de son téléphone portable en consultant l'heure. Cinq minutes. Mlle Loisel devait arriver dans cinq minutes. Bien entendu, tout était prêt depuis belle lurette. Différentes fioles d'une propreté à faire rougir une publicité pour lave-vaisselle étaient alignées par taille sur la paillasse. Un petit chaudron attendait patiemment à côté d'une planche à découper et d'une pléthore d'instruments tous prêts à en découdre. Il ne manquait plus que les ingrédients ; Frédérik préférait s'adapter à la problématique que l'infirmière lui poserait plutôt que de faire feu de tout bois en sortant tout et n'importe quoi.

L'entrevue avec Line ne le ravissait pas vraiment. Elle était beaucoup trop brouillonne pour sa patience. Pendant un moment, il avait même songé demander à Svea de gérer la séance. Malheureusement pour lui, Frédérik était trop droit pour céder à ce genre de subterfuge. Il aurait tellement aimé rentrer chez lui pour potasser sur le dernier ouvrage qu'il avait reçu d'un confrère. Un thé, son canapé en cuir, un bouquin, le calme complet, bref, le bonheur. Pour sa part, Derrick semblait ravi de l'entrevue qui s'annonçait. Assis, sa queue remuait avec excitation et impatience. Frédérik ne savait pas vraiment s'il aimait l'infirmière, son oiseau, ou les deux. En tout cas, il le trouvait particulièrement en forme ce soir. Après avoir passé les trois-quarts de la journée à dormir aussi ... Encore heureux qu'il avait quelques moments de vivacité.  

C'est quand qu'elle arrive ?

A l'heure, de préférence. Le professeur ne l'entendit même pas répéter la question, trop préoccupé par la tragique disparition de ses fidèles montures. Il avait beau tenter de se remémorer ses derniers gestes en leur compagnie, il ne parvenait pas à se souvenir de leur localisation. Il n'allait quand même pas user de la magie pour si peu ... Il consulta de nouveau son téléphone. AH ! Une minute de retard. Bravo, vive la ponctualité ! Vraiment, les jeunes de nos jours ... Pas capable d'arriver à l'heure. Dès lors, Frédérik se mit à consulter de plus en plus souvent son téléphone. Trois minutes de retard. Quel manque flagrant de politesse. Six minutes de retard. Le faisait-elle exprès pour l'ennuyer ? Comme s'il n'avait que ça à faire. Neuf minutes. L'attente commençait à l'agacer. Et en plus, impossible de mettre la main sur ces fichues lunettes. Non, mais y'a des jours où rien ne va. Dix putains de minutes. La porte s'ouvrit.

« Vous êtes en retard. »

Pas de bonjour, pas de tape sur l'épaule, juste une vérité balancée sèchement. Frédérik croisa les bras en lui adressant un regard sévère. Visiblement, elle avait dû fermer l'infirmerie plus tard ... Grand bien lui fasse. Elle aurait au moins pu envoyer son oiseau le prévenir plutôt que de le faire poireauter. Derrick fonça vers elle et se dressa sur ses pattes arrières pour obtenir une grattouille. Tsk, quel vendu celui-là ! Ah ça, pour attirer l'attention des filles et se faire gratter, y'avait du monde. Pour sa part, Frédérik se dédia au problème posé. Un simple anti-inflammatoire pour les feux magiques.

Il se dirigea vers son armoire qui contenait les produits basiques. Avec une efficacité redoutable, il tira trois bocaux de tailles variées de leur logement. Ceci fait, il se dirigea ensuite vers une seconde armoire. Verrouillée magiquement, elle contenait les produits les plus rares et les plus dangereux. Seuls lui et Svea y avait accès. Ce que Svea ne savait pas, par contre, c'est que cette armoire disposait d'un compartiment planqué que lui seul était capable d'ouvrir et dans lequel il rangeait les composants si précieux et redoutables qu'il préférait en être l'unique détenteur. Il n'eut toutefois pas à aller aussi loin. Il se contenta de prendre une fiole dans ce placard avant de le refermer. Sa liste de course terminée, il plaça les différents produits avec précaution sur l'établi puis finit par couper trois feuilles du pauvre aloès vera qui trônait au fond de la salle en compagnie d'autres plantes. Du miel, de l'huile en provenance des glandes de salamandre, de la cendre de phénix, du romarin. Chaque bocal était soigneusement étiqueté même si, pour être parfaitement honnête, on ne comprenait pas grand chose à cause de son écriture trop écrasée.

« J'ai ... Oublié mes lunettes. Je ne pourrais pas vérifier derrière vous les dosages, je vous fais confiance. »

Un peu gêné d'admettre sa faiblesse, Frédérik détourna le regard. D'habitude, il vérifiait toujours toutes les mesures. Mais, sans ses lunettes, il savait pertinemment qu'il aurait beau plisser les yeux, il ne verrait les graduations sur le matériel qu'avec un flou artistique. Autant lui avouer tout de suite pour qu'elle redouble d'attention, même si, au fond, le professeur culpabilisait pour son erreur. Il retira sa veste rouge, qu'il posa avec attention sur le dossier d'une chaise pour ne pas faire de mauvais pli, puis remonta ses manches.

« Pour commencer, vous allez prendre l'aloès vera et l'éplucher pour n'en garder que le gel blanc à l'intérieur. Puis coupez-le en dés avant de le faire fondre au bain-marie. »

De son côté, Frédérik attrapa le petit flacon qui donnait l'impression de contenir de la poussière ainsi qu'un autre avec un liquide mordoré. Derrick se laissa couler à côté de Line.

Jeune fille, est-ce que tu veux rigoler ? On fait une alliance pour embêter Frédérik. souffla le chien à l'infirmière comme si de rien n'était.

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MessageSujet: Re: Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mer 24 Jan - 12:24
Un cheveux dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

« Vous êtes en retard. »

« Hey. Heureusement qu’il te prévient. Sans lui, on n’aurait pas remarqué. »
Tu laisses Epsilon pester tout seul, perché sur ton épaule. Pour ta part, tu te contentes seulement de lever un sourcil, clairement pas impressionnée. Ce n’est pas le fait qu’il croise les bras pour te prouver qu’il n’est pas content qui risque de te faire peur. Quant à son air sévère… Ben il le porte en permanence si bien que tu ne remarques même pas la différence. Intérieurement, tu le surnommes même Grincheux, malgré sa taille qui ne se prête pas tellement à ce surnom.

Heureusement que son basset vient te faire la fête, comme un chien normal en fait. La première fois que tu as vu son familier, tu as pensé qu’il s’accordait plutôt bien avec le personnage de M.Bartosz. C’est quand même le chien de Colombo, soit le chien de l’inspecteur de la série la plus barbante que tu n’aies jamais regardée. De là, tu as pensé qu’il n’y avait plus aucun espoir pour ce pauvre Frédérik, condamné à rester coincé dans son aura d’ennui constant. Mais chien-chien Derrick – un nom qui lui va bien puisque tu confonds souvent l’inspecteur Derrick et l’inspecteur Colombo – s’est avéré bien plus intéressant que son maître. Et surtout bien plus drôle !

Celui-ci commence d’ailleurs à te sauter sur les jambes en quémandant une gratouille.

« Voilà, gentil chien. »

Tu lui grattes le haut du crâne entre les deux oreilles, pendant que tu entends Epsilon s’extasier dans ton esprit.
« Mais regarde ça ! Tu as vu comment il pendouille ? C’est fascinant… Eh ? Tu crois qu’il nettoie le sol quand il est à quatre pattes par terre ? »
Parfois, tu te demandes quelle tête tu peux bien tirer lorsque ton familier te sort des conneries pareilles en sachant pertinemment que tu es la seule à l’entendre… Ce ne doit pas être bien glorieux, surtout lorsque tu te retiens de rire. Il ne te faut pas grand-chose pour te faire rire, il faut dire.

« J'ai ... Oublié mes lunettes. Je ne pourrais pas vérifier derrière vous les dosages, je vous fais confiance. »

Oublié ? Une petite voix te souffle qu’il les a plutôt paumées. L’instinct féminin sûrement. S’il voit aussi mal qu’il le prétend sans ses lunettes, il devrait les garder en permanence sur le nez. Voilà quelque chose qui ne te serait jamais arrivé. Difficile pour toi de perdre tes affaires avec ta mémoire. Généralement, lorsque tu perds un objet, soit quelqu’un l’a déplacé pendant ton absence, soit on veut te faire une mauvaise blague, soit tu l’as déplacé toi-même pendant l’une de tes crises d’amnésie.

Au final, Epsilon vérifiera les dosages. Pendant tes études, et notamment tes examens, l’aide des familiers, pour ceux qui comme toi en avaient, était proscris. Mais désormais, tu ne te prives pas de son aide en ce concerne ce que tu ne maitrises pas : la précision. Après tout, Epsilon a une vue bien plus perçante que tout ceux présents dans cette pièce réunis. L’un est un chien, l’autre est aveugle sans lunettes et toi, tu ne les portes qu’en de rares occasions. Te voilà d’ailleurs en train de les sortir de ton sac. Frédérik est peut-être la seule personne de l’école à t’avoir un jour vue avec tes lunettes. Tu préfères les porter pendant ces séances de potions. Personne n’est à l’abri d’une projection, et tu estimes devoir voir parfaitement bien dans ces moments-là.

« Vous avez oublié vos lunettes ? Je vous en pensais pas capable… Vous voulez les miennes ? »

Tu penses lui mettre une petite tape sur l’épaule, mais ce serait peut-être un peu trop familier à son goût, ce qui ne t’étonnerait même pas. Tu toussotes donc en pointant ton familier, toujours perché sur ton épaule.

« C’est Epsilon qui s’occupera des dosages. Il sera bien plus doué que moi. »

Autant lui dire tout de suite que l’adresse est une chose qui te fait cruellement défaut. De toute façon, il est déjà au courant. Tu fixes les flacons que M.Bartosz a sorti pendant que tu posais ton sac dans un coin, que tu t’occupais difficilement de tes cheveux et que tu mettais tes lunettes sur ton nez. Ce n’est pas l’écriture du professeur de potion qui risque de te faire peur. Déjà, la tienne n’est pas fameuse non plus, mais tu as surtout connu le pire cauchemar des infirmiers et pharmaciens : les médecins. Le concours du déchiffrage de vaguelettes était d’ailleurs devenu un sport au sein de l’hôpital où tu travaillais.
« Tu penses que c’est le genre de mec à étiqueter l’étiqueteuse ? »
Ce ne serait pas si étonnant.

« Pour commencer, vous allez prendre l'aloès vera et l'éplucher pour n'en garder que le gel blanc à l'intérieur. Puis coupez-le en dés avant de le faire fondre au bain-marie. »

Tu hoches la tête. Rien de bien complexe pour le moment. Tu as toujours considéré que les potions, la chimie et la cuisine étaient des domaines identiques : il faut juste suivre une bête recette. Bien sûr, la grande variante, c’était la précision. Plus elle était importante à la discipline, moins tu étais douée. Autant dire que tes gâteux étaient particulièrement réussis. En chimie, tu avais souvent des marges d’erreur monumentales. Et en potion, la théorie t’a sauvé. Mais pour l’instant, tu ne fais que de la cuisine. Tu saisis donc un couteau universel, en plus d’une feuille d’aloès vera, que tu poses sur une planche à découper. Tu pratiques une fine entaille sur toute la longueur de la feuille avant de l’ouvrir pour ne retirer que la cuticule. De là, tu coupes le gel en deux, toujours sur la longueur, puis tu finis par le couper en dés. Tu recommences l’opération avec les deux autres feuilles et plonges le tout dans le bain-marie. C’est lorsque tu te munis de ta baguette pour allumer et régler le feu que tu entends le basset s’inviter tranquillement dans ta tête, en plus d’Epsilon qui te fait remarquer que « c’est trop bien, on dirait qu’il fond quand il s’allonge ».

« Jeune fille, est-ce que tu veux rigoler ? On fait une alliance pour embêter Frédérik. »

Tu jettes un rapide coup d’œil amusé au basset avant de finir de régler le feu du bain-marie, tout en regrettant les appareils humains qui permettent de régler la température au dixième de degré près.

« Tout dépend de ce que tu me proposes. Si ça concerne ses lunettes, je suis partante. »

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MessageSujet: Re: Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Sam 3 Fév - 21:51
dans lequel un gars reste désagréable
Mais quel fayot. Tandis que Derrick se faisait gratter la tête, aux anges, il ne put s'empêcher de jeter un petit regard en coin à Frédérik. Du style et toc ! Tsk. Sale vendu. Non, mauvaises langues, il ne s'agissait en aucun cas de jalousie. Que ce chien se frotte autant qu'il le voulait à cette infirmière, elle ne le nourrissait pas de toute façon et n'avait pas à le supporter H24. Si elle devait se le coltiner toute la journée, elle ne serait pas aussi encline à lui témoigner de l'affection. Oh non, mais regardez-le en train de remuer la queue, les yeux fermés, dégoulinant de bonheur. Un manque de dignité affligeant. Un spectacle pathétique.

Respecte-toi un peu, s'il te plaît.

Le chien l'ignora superbement, inclinant la tête devant Line pour la remercier de son attention. Bon. Ça partait mal. Le travail n'avait pas encore commencé que Frédérick sentait déjà la contrariété monter en lui. Cette soirée s'annonçait longue. Très longue. Aussi longue qu'un épisode crossover entre Columbo et Derrick avec en guest, Louis la Brocante. Cette vilaine impression ne le quitta pas, mais, au contraire, se renforça lorsqu'il entendit Line lui proposer ses lunettes. Il n'avait pas rêvé, elle venait de se foutre de sa tronche. Inutile de préciser que le commentaire n'amusa pas le rigide professeur. De base, la disparation inquiétante de ses binocles l'irritait. Rajouter une couche sur ce sujet revenait à balancer une casserole d'huile bouillante sur le feu. Il ne savait pas où elles étaient. Et alors ? Cette femme était une véritable catastrophe ambulante, elle n'avait aucun reproche à lui faire. D'ailleurs, la remarque crispa tant Frédérik qu'il en vint à penser qu'il aurait préféré faire équipe avec l'oiseau.

« Je vous remercie pour votre proposition. J'espère que votre oiseau se montrera en effet plus efficace. » se contenta-t-il de répondre avec une sécheresse telle qu'elle aurait trouvé place au Sahara sans problème.

Ambiance. Joie. Bonne humeur. Heureusement, entrer dans le vif du sujet permit au rabat-joie de service de calmer ses nerfs. Tout de suite, quand il pratiquait, il n'avait plus rien d'autre à l'esprit que le protocole de la manipulation. Que de la concentration en fait, sa principale qualité. Lui, ses gâteaux étaient parfaits, il excellait en chimie et sa maîtrise des potions avait été largement reconnu par ses pairs universitaires. Par contre, il était chiant. On ne pouvait pas tout avoir dans la vie.

Il déboucha la fiole de cendres de phénix avait précaution puis en versa très exactement un cuillère doseuse dans imposant flacon à col droit. Même si la matière s'avérait hautement volatile, Frédérik fit preuve d'une dextérité redoutable, impressionnante à certains égards. Il ne pouvait pas se permettre d'en perdre de toute façon. Difficile de trouver des cendres de phénix à un prix raisonnable de nos jours depuis que leur collecte avait été drastiquement réglementée. Logique en un sens : un phénix tombé en cendres ne renaîtrait jamais si on lui en volait la totalité. D'où la difficulté de s'en procurer et le soin qu'il fallait leur témoigner pour ne pas en gâcher un grain. Il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil en direction de Loisel pour vérifier qu'elle suivait ses instructions à la lettre. Bon, très honnêtement, il aurait coupé des dés plus réguliers à sa place, notamment pour que la fonte soit homogène à 100%.

Ne commence pas à pinailler.

Derrick fronça les sourcils, comme s'il venait de deviner à l'expression de son maître qu'il allait faire une remarque relou. A croire que ce chien commençait à lire dans ses pensées. Il fallait avouer que Frédérik restait assez prévisible dans ses réactions ; en bon observateur, son basset commençait à lire en lui comme dans un livre ouvert avec une facilité presque déconcertante. Pour sa part, Frédérik n'apprécia pas spécialement le commentaire de son compagnon quadrupède. Il se contenta de lui témoigner de l'indifférence la plus pure. Du moment que Derrick respectait leur règle « Trois mètres ». Après un éléphant dans un magasin de porcelaine, un basset dans un laboratoire. Suite à une série d'incidents malheureux dans le laboratoire auquel ce maladroit de cabot avait activement participé, il fut convenu pour la paix du ménage qu'il n'a pas le droit d'approcher à moins de trois mètres lorsque Frédérik manipulait. En l'occurrence, Derrick semblait respecter cette interdiction ; un rapide coup d'œil lui indiqua qu'il se trouvait à côté de Line, éloigné de tout ce qui aurait malencontreusement pu se briser (moins de trois mètres, certes, mais suffisamment éloigné au goût de Frédérik). Rassuré, il prit la fiole contenant l'huile avant d'en verser les trois quarts dans une éprouvette graduée.

Il se pencha pour vérifier la mesure, plissant les yeux devant les petits traits. Ce stratagème ne parvint pas à éclaircir sa vision. Il recula un peu, tentant tant bien que mal de discerner la graduation. Autant dire qu'il n'avait pas l'air très fin, éloigné et à moitié penché. Ce geste lui permit malgré tout de distinguer le creux du ménisque qui tombait pile poil sur la graduation souhaitée. Il se redressa puis versa le tout avec les cendres, satisfait. De nouveau, il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil en direction de Line. En la voyant sortir sa baguette, il faillit lui proposer de s'occuper lui-même du feu avant de se raviser. Peut-être le prendrait-t-elle mal, qu'il désire l'assister. Au fond, il voulait juste lui éviter d'user excessivement de sa magie. Qui sait ce qu'elle avait fait dans la journée. De son côté, il avait encore pas mal d'endurance avant que la Sécheresse ne le frappe, notamment parce que ses journées ne lui demandaient pas en général d'avoir recours à la magie intensivement. Un peu inquiet, il ne put s'empêcher de fixer la baguette avant finalement de se détourner. Il ne voulait pas la vexer.

De son côté, il posa sa préparation sur un réchaud et alluma le feu magiquement sans même un geste. Lui n'avait pas besoin de baguette ou d'autre artifice, la magie venait à lui naturellement. Par contre, à partir de cet instant, il lui fallait faire preuve d'une concentration d'airain pour maîtriser la température et la vigueur de ses flammes. Parfaitement imperturbable.

Pendant ce temps, Derrick, dans un effort surhumain, se leva avec nonchalance. Il trottina tranquillement en direction de la veste de Frédérik puis, lentement, poussa un pan avec son museau.

Elles sont dans la poche intérieure de sa veste si tu les veux. Il a dû oublier qu'il les avait mises ici. C'était rigolo de le voir chercher.

Effectivement, à l'intérieur, on voyait dépasser une monture noire. Le chien les saisit avec délicatesse dans sa gueule puis revint triomphant vers Line afin de les lui confier.

Une fois, j'ai vu une série où on avait mis du scotch sur les verres des lunettes d'un monsieur. Le pauvre ... Mais, euh, on fait rien de méchant ? Je voudrais pas que Frédérik se fâche.

Le basset remuait la queue, très excité malgré tout à la perspective d'apprendre une nouvelle manière pour faire une blague.

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MessageSujet: Re: Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mer 7 Fév - 19:30
Un cheveux dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

Tu essayes toujours de régler tant bien que mal l’intensité de tes flammes en te penchant en avant pour mieux les voir. Voilà une chose pour laquelle Epsilon est bien incapable de t’aider pour le coup, tu dois donc te débrouiller seule. Malgré la proposition de Derrick, parfaite pour remonter le moral, tu ne peux pas vraiment t’empêcher de grincer des dents en galérant toujours plus avec ton feu qui est soit trop puissant, soit trop faible. Pourquoi il ne pouvait pas juste utiliser une plaque à induction plutôt qu’un chaudron ? C’est tellement plus pratique. Tu finis quand même par réussir, après trente bonnes secondes d’agacement intense. Tu poses donc ta baguette sur la table, d’un geste peut-être un peu trop brusque, pour prendre une cuillère en bois et remuer docilement le gel des feuilles d’aloès vera qui avait commencé à fondre sans t’attendre.

« Elles sont dans la poche intérieure de sa veste si tu les veux. Il a dû oublier qu'il les avait mises ici. C'était rigolo de le voir chercher. »

Un léger sourire en coin, tu jettes un rapide coup d’œil au basset qui se dirige tranquillement vers la veste de son maitre. Tu te doutais bien qu’il savait où elles étaient, ces fichues lunettes. Tu reportes ton attention sur le chaudron puis finis par te calmer totalement en regardant avec amusement les petits 8 que tu t’amuses à faire en remuant le gel devenu visqueux. Tu as la soudaine envie de plonger ton doigt dedans, mais de un, ce n’est sûrement pas très bon, et de deux, c’est sûrement très chaud. Ce qui fait une double mauvaise idée.
« Une triple si on compte M. Maniaque. »
Effectivement. Tu avais presque fini par l’oublier, lui. Il a l’air de n’avoir aucun mal avec son propre feu, ce qui te rend un peu jalouse, il faut bien avouer. Apparemment, il n’a pas besoin de prendre vingt-cinq ans pour allumer et régler un feu.
« En bref, c’est pas un galérien comme toi. »
Ouais. Voilà…

« Une fois, j'ai vu une série où on avait mis du scotch sur les verres des lunettes d'un monsieur. Le pauvre ... Mais, euh, on fait rien de méchant ? Je voudrais pas que Frédérik se fâche. »

Tu sursautes légèrement. Tu n’avais pas vu Derrick revenir vers toi, avec en prime, les lunettes de M. Bartosz dans la gueule. Parfait. Tu attends que le gel ait fini de fondre avant d’éteindre le feu puis de te pencher vers le basset pour lui prendre les lunettes, du bout des branches. Tu en profites pour frotter ta main libre sur le haut de son crâne et derrière ses oreilles pendantes, comme pour le remercier. Tu as toujours aimé les chiens, de toute façon. Le tien, que tu avais lorsque tu étais encore enfant, te manque d’ailleurs cruellement.

« Non, on va rien faire de méchant, bien sûr. On va lui rendre. »

Tu lances un petit sourire désolé au chien. Après tout, tu viens de briser ses rêves et ses espoirs, mais bon… Le pauvre homme a l’air vraiment aveugle sans. Il suffit de voir les poses improbables qu’il peut prendre juste pour lire une graduation sur une éprouvette. Et puis, comme tu l’as dit plus tôt, personne n’est à l’abri d’une projection inopportune. Lui non plus, tout expert soit-il. Et tu n’as pas vraiment les compétences nécessaires pour réparer un œil. Par conséquent, mieux vaut avoir des lunettes sur le nez, surtout quand lesdites lunettes sont des lunettes de vue.
« T’es pas drôle en fait... »
Même Epsilon semble déçu. Celui-ci quitte d’ailleurs ton épaule pour aller se percher plus loin dans la salle, en te boudant apparemment. Tant pis. Le flou Gaussien, c’est joli, mais pas en permanence. Tu te redresses donc après avoir tapoter la tête de Derrick une petite dernière fois pour te retourner vers M. Grognon.

« Regardez que voilà ! Il semblerait qu'elles étaient dans la poche de votre veste, selon votre familier. »

Tu lui tends ses lunettes du bout des doigts, avec un grand sourire sur le visage. Le tout est d’éviter de les faire tomber et les lui casser sous ses yeux aveugles. Ce serait vraiment malvenu. Et tu l’imagines bien finir par péter totalement un câble à la suite d’un évènement dans ce genre. Tu imagines sa patience un peu comme tu imagines un élastique. Plus il est tendu, plus il risque de rompre. Et il semble déjà bien tendu en ta présence.

« J’espère juste que Derrick n’a pas bavé dessus… Ce serait long à nettoyer. »

Tu te penches pour mieux les observer, guettant la moindre petite trace de bave de chien.

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MessageSujet: Re: Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Ven 16 Fév - 22:21
dans lequel un gars fait un tout petit effort
Rien n’était susceptible de perturber Frédérik. Line aurait pu se lancer dans un strip-tease à ses côtés qu’il n’aurait absolument rien remarqué. Pire, elle aurait pu foutre le feu à la salle entière qu’il ne s’en serait aperçu que lorsque la chaleur l’aurait forcé à retirer son veston. A cet instant, il n’y avait que lui et les flammes ; il les contrôlait avec plus de précision qu’une plaque à induction ne pourrait jamais le faire. C’était un peu comme faire monter le chocolat en température tout en restant de deçà du seuil de 55°C degrés, moment où il acquérait toute sa brillance. Sauf que le chocolat était rarement susceptible de vous tuer en cas de mauvaise manipulation, aux dernières nouvelles en tout cas. Raison pour laquelle d’ailleurs l’analogie avec la pâtisserie l’agaçait, pour pratiquer les deux.

Au bout de quelques minutes, il eu un petit plop sonore et un cercle de fumée rougeâtre se dégagea. S’il faisait une démonstration devant ses élèves, ils auraient adoré l’effet pyrotechnique très impressionnant de visu même si l’odeur de cramé restait un brin inquiétante pour les non-initiés. De toute façon, dès qu’il y avait des réactions de ce style, le public en était tout retourné. Le professeur ne comprenait pas spécialement leur enthousiasme pour les petites explosions dans le genre. En vérité, il le trouvait presque déplacé face à la dangerosité du processus. Les lubies des adolescents ... Malgré tout, satisfait, Frédérik diminua l’intensité des flammes d’un seul regard, beaucoup plus détendu que pendant le déroulé de l’opération dont lui seul avait le secret. Dans l’imposante fiole, les cendres et l’huile qui avaient refusé de se mélanger au départ formaient désormais un tout homogène cramoisi à la texture fluide.

Pendant ce temps, Derrick tenait les lunettes dans sa gueule avec autant de délicatesse qu’il en était capable. Il les lâcha volontiers quand Line lui tendit la main, surtout quand elle le gratifia au passage de quelques grattouilles à l’endroit stratégique. Frédérik ne le caressait jamais alors, pour une fois qu’on lui témoignait de l’affection d’une manière aussi agréable, il ne pouvait pas résister. Sa joie fut toutefois de courte durée. Son sourire se retourna d’une manière particulièrement spectaculaire lorsque la jeune femme lui avoua son intention. De base déjà, son physique donnait le sentiment d’une perpétuelle lassitude ; pour une fois, il coïncida avec son état d’esprit. Dire que la déception trouva un visage dans le sien aurait été un euphémisme. Il se sentit trahi, autant trahi que lorsque Frédérik lui avait spoilé Le Seigneur des Anneaux. Non, vraiment, il ne s’attendait pas à ce que Gandalf survive au Balrog.

Un peu misérable, il lança un regard désespéré à Epsilon pour chercher un quelconque soutien. D’ailleurs, il finit par l’imiter en se traînant lamentablement vers le coin de la salle où l’oiseau s’est réfugié pour bouder. Cette première trahison ne fut cependant rien par rapport au deuxième coup de poignard. «Selon votre familier. » Headshot.

Maintenant que l’étape critique était passée, Frédérik s’était suffisamment détaché de son ouvrage pour s’intéresser de nouveau à son environnement même s’il n’avait absolument pas calculé la sombre tractation qui s’était déroulée dans son dos. Quand Line l’interpella, il se tourna vers elle, prêt à lui prêter son concours pour la suite des opérations. Pour le coup, l’inexpressif bloc de marbre ne put dissimuler une certaine surprise face à l’objet qu’elle lui tendit. Et plus encore face aux explications qui l’accompagnaient. « Selon votre familier ». Ce sale petit … Il savait. Il savait depuis le début et il avait gardé le silence. Ce détail éclipsa le fait presque comique qu’en réalité, elles étaient précisément là où il les avait lui-même rangées depuis le départ ; dans sa veste. Son sourcil gauche tiqua brusquement de manière incontrôlée. Il fusilla le chien du regard. Celui-ci se fit tout petit, comme s’il espérait fondre miraculeusement dans le sol.

Tu savais. Et tu m’as laissé cherché.
C’est qu’une balance … Ce n’est pas … Enfin … Je ne pensais pas …
Exactement. Tu ne penses pas. Et c’est tout le problème. Je ne veux plus t’entendre. On réglera ça en rentrant.


Derrick baissa les yeux et couina, le style de bruit à vous fendre le cœur. Visiblement, il semblait très affecté par la colère de Frédérik, ou plutôt, par la froideur de sa colère. Des mots crachés avec dédain, lapidaires, annonciateurs d’une très mauvaise soirée et d’une punition encore plus désagréable. On sentait le professeur habitué à démonter les élèves si nécessaire. Contrairement à certains qui laissaient exploser leur ressentiment, lui restait doucereusement calme, mais tellement cassant dans le ton employé … Un mélange qui ne cessait de surprendre par son potentiel menaçant. Oh, bien sûr, il lui arrivait d’exploser. Et dans ce cas-là … Ahah.

En dépit de son envie de battre le fer tant qu’il était encore chaud, Frédérik se consacra à Line. On ne lavait pas son linge sale en public après tout. Loisel venait proportionnellement de gagner les points d’affection de Frédérik que Derrick venait de perdre pour elle. Le polonais attrapa soigneusement les montures qu’on lui présentait.

« Merci beaucoup, Mademoiselle Loisel. C’est très … Gentil de votre part. »

Il faillit les lâcher quand Line lui parla de bave de chien. Pardon ? Hors de question qu’il mette une telle chose sur son visage. A son tour, il scruta l’objet sous tous les angles avec attention pour il y déceler une trace suspecte. Peut-être était-ce la réalité, ou peut-être que son esprit maniaque se décida à lui jouer un tour, mais il eut le sentiment qu’elles étaient mouillées. Pour sa tranquillité d’esprit, il les passa sous l’eau puis les frotta vigoureusement avec du produit vaisselle dans le lavabo à l'extrémité de la paillasse. Tant qu’il était lancé, il attrapa matériel qu’il venait d’utiliser et celui de Line pour les nettoyer. Il ne supportait pas voir le matériel abandonné sur un coin de table. Que sa future conquête se rassure, si un jour il en avait une, elle n’aurait jamais à faire le ménage de sa vie dans leur foyer commun. Certains affirmaient même que les hommes qui faisaient le ménage étaient plus sexy aux yeux de la gent féminine d’ailleurs …

« En attendant, si vous voulez bien refroidir votre préparation. Pour le choc thermique. »

Sa séquence nettoyage ne lui faisait pas oublier ses priorités. Coup d’œil rapide vers sa propre préparation. Tout se déroulait comme prévu. Par contre, avec tout ça … Peut-être qu’il avait été un peu dur avec Loisel. Son geste anodin le touchait véritablement ; elle aurait très bien pu le laisser se dépatouiller.

« Peut-être que vous êtes plus sympathique que vous en avez l’air. » lâcha-t-il en remettant ses lunettes sur son nez une fois séchées avec un morceau de Sopalin.

L’hôpital qui se foutait de la charité. Si Derrick avait été en état de faire un commentaire, il se serait sûrement tapé la tête sur le sol. Toutefois, il était beaucoup trop occupé dans son emo corner à remuer la poussière avec sa queue pour noter.

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MessageSujet: Re: Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mer 21 Fév - 19:01
Un cheveux dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

Héhéhé… Ce gars est tellement maniaque que tu es même capable de prédire ses tics. Ou TOCs. C’est fort probable que ce soit des TOCs en réalité. Tu es presque tentée de lui demander s’il a déjà consulté à ce propos, mais ce serait sûrement aller trop loin. Pourtant, tu es persuadée qu’il est rempli de tout un tas de petites manies insupportables comme toujours tourner l’anse de sa tasse de thé vers la droite, toujours ranger ses livres par ordre alphabétique, toujours aligner ses couverts dans ses tiroirs ou encore toujours remettre le pain droit sur la table. Bon, pour le dernier point, tu le fais aussi.

Tu le vois d’ailleurs fusiller du regard ce pauvre chien qui, au final, n’avait pas fait grand-chose de mal. Sauf erreur de ta part, ce n’est pas Derrick qui a perdu ses lunettes, c’est bel et bien lui qui les avait oubliées dans la poche de sa propre veste. Tout seul, comme un grand, sans l’aide de personne. Bravo Freddy.

« Merci beaucoup, Mademoiselle Loisel. C’est très … Gentil de votre part. »

Pourtant, dès que tu te mets à parler de bave de chien, tu vois son visage se décomposer immédiatement. Tu retiens difficilement un sourire amusé sur ton visage, ce qui te donne un drôle d’air coincé que tu ne portes jamais normalement. Tellement, tellement prévisible. Tu le vois bien se faire un planning à la journée, décider de l’heure exacte où il mange, va se doucher. Voire même, de l’heure exacte où il va aux toilettes. Tu l’imagines se prendre trente minutes, tous les dimanches soirs, pour se faire son planning de la semaine qui arrive, sur un petit calepin prévu à cet effet. Un calepin étiqueté “calepin“, bien évidemment.
Il saisit ses lunettes pour aller les passer un coup sous l’eau, dans le doute, sait-on jamais. Pour ta part, tu n’avais pas vu de trace de bave de chien, tu n’as même pas souvenir que Derrick soit ce genre de chien à baver partout en permanence. Mais bon… Tu hausses les épaules avant de saisir la planche à découper ainsi que le couteau que tu as utilisé pour couper les feuilles d’aloès vera. Tu les passes rapidement sous l’eau chaude, avec l’idée de faire la vaisselle plus tard. Mais c’est sans compter sur M. Bartosz qui les prend à nouveau pour les laver à nouveau, cette fois-ci à grand coup de produit vaisselle. Est-ce qu’il a un budget “produit vaisselle“ d’ailleurs ? Et il faudrait peut-être lui dire que le produit vaisselle abîme les verres de lunettes de vue, mais tu supposes bien rapidement que ce n’est pas la première fois qu’il les nettoie de la sorte. Si jamais, un jour, il a un enfant, il développera forcément des allergies. Il sera placé dès son plus jeune âge dans une pièce stérile de laquelle il ne sera autorisé à sortir qu’à ses dix-huit ans.

Bon, d’accord, tu te fais sûrement des films.

« En attendant, si vous voulez bien refroidir votre préparation. Pour le choc thermique. »

Tu acquiesces, encore un peu perdue dans ton scénario que tu verrais bien passer au JT de TF1, à 20h.
Tu sors du chaudron la terrine dans laquelle a fondu le gel des feuilles d’aloès véra, la poses sur un dessous de plat histoire de ne pas faire cramer la table en bois, puis pointes ta baguette dessus, d’un geste un peu las tant tu es habituée à jeter des sorts de froid. Surtout depuis que tu pratiques dans une école. Des entorses, au final, tu en vois souvent, et rien ne vaut le froid pour lutter jusqu’à ce que tu puisses les réparer en toute quiétude. Cette fois-ci, tu n’as pas vraiment besoin de réfléchir cent-six ans pour arriver à la température idéale. Manipuler la chaleur est pour toi une chose aisée. Manipuler les flammes, moins.
Tu regardes donc ta terrine se recouvrir de fines gouttelettes d’eau dues à la condensation de l’atmosphère alentours.

« Peut-être que vous êtes plus sympathique que vous en avez l’air. »

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il a dit ?
“Que vous en avez l’air“ ? Hého, il veut dire quoi par là ?

« Pourquoi ? Parce qu’en temps normal, je ressemble à The Gruge, c’est ça ? »

Tu rigoles toi-même de ta propre vanne un peu nulle, il faut avouer. Mais si on ne peut plus rire de soi-même, où va le monde, de toute façon ? Et, en un sens, il a peut-être raison. Vous êtes tellement dissemblables que tu vois bien qu’il ronge son frein en ta présence. Autant que toi, tu ronges le tien lorsqu’il est là, en t’imaginant qu’est-ce que ça ferait d’être lui. Conclusion : ce serait bien chiant. Mais bon, tu sais parfaitement qu’il a été bien gentil d’accepter de t’aider dans la préparation de potions, chose pour laquelle tu es fondamentalement pas douée. Et malgré vos différents, l’école n’a jamais explosé par votre faute. Enfin, pas encore.

« De toute façon, je n’avais qu’à voir les acrobaties que vous faites quand vous n’avez pas vos lunettes pour comprendre que vous en avez besoin. Vous devriez les garder sur le nez pour éviter de les perdre. »

Tu en profites pour remonter tes propres lunettes sur ton nez avant de stopper ton sortilège, jugeant ta préparation bien assez refroidie pour le moment.

De son côté, Epsilon rumine toujours. En voyant le chien arriver pour ruminer avec lui, il sent monter en lui une drôle d’émotion. Une espèce de compassion, il semblerait. C’est pourquoi il faut se venger. Il s’envole quelques minutes après l’arrivée du chien, en ayant réfléchit au meilleur moyen de faire passer sa frustration. Mais n’ayant rien trouvé de très probant, il se décide à rester sur du simple, mais efficace.
Il s’envole donc de son perchoir pour venir se percher sur ton épaule. Tu te demandes rapidement s’il a enfin fini de bouder, mais c’était sans compter sur sa tête de mule légendaire.
« Méchante. »
Il te met un coup de bec sur la tempe, avant d’essayer de t’arracher les cheveux de ton chignon. Tu tentes vaguement de le faire partir en remuant ta main à sa hauteur sans grande conviction. C’est lorsqu’il commence à grimper sur ton crâne pour y construire un nid que tu te décides à abandonner. Tu soupires en lançant à M. Bartosz un regard blasé. Un vrai gamin, ton familier.

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Un cheveux dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz
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