Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz
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MessageSujet: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mar 16 Jan - 18:56
Un cheveu dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

La journée a été longue, tu le sais.
Beaucoup d’élèves sont venus te voir, tous malades. Ce n’est pas vraiment le temps imposé à Sainte Catherine qui risque de changer les choses, tu le vois bien. L’hiver est bel et bien présent, tout comme les rhumes à n’en plus finir. D’autant plus que plus cette période de l’année avance, plus tu deviens maussade : la neige te manque cruellement. Tu en viendrais presque à regretter ton Alsace natale, où tu voyais de la neige plus ou moins tous les ans, bien que la tendance se soit inversée ces dernières années. Tu ne sais pas de quel esprit malade a bien pu germer cette idée : éliminer la neige à l’intérieur de l’école. En tout cas, tu lui en veux, déçue de ne pas pouvoir te lever un matin en t’émerveillant sur la poudreuse blanche tombée dans le courant de la nuit. Selon Epsilon, « on dirait une enfant quand tu fais ça », mais concrètement, tu t’en fous. Tu as toujours aimé transmettre ton amour de cette période de l’année aux gens, souvent à coup de boules de neige dans la figure. Certains le prenaient mal, tu ne comprenais pas pourquoi. Mais ce temps-là est révolu, et tu t’en attristes.

Ce soir, tu fermes donc ton infirmerie en retard, d’un côté soulagée de savoir cette partie de la journée derrière toi. La charge de travail s’est bien faite sentir aujourd’hui. Peu à peu, tu commences également à ressentir la solitude de ton poste. De un, une petite aide ne serait pas du luxe, et de deux, tu pourrais toujours discuter avec une personne exerçant le même travail. S’il y a une chose que tu regrettes de l’hôpital, c’est bien la présence de collègues infirmiers qui exerçaient en même temps que toi, et avec qui tu pouvais aisément aller parler le temps d’une pause-café. Maintenant, il n’y a ni pause, ni café, ni collègue. Juste beaucoup de patients, pour la plupart des élèves. Et encore, tu ne comptes pas le corps enseignant et tout le personnel de l’école, qui peuvent parfaitement venir te voir en de rares occasions. Il n’est donc pas rare que tu partes te détendre une fois la journée finie, parfois dans ta chambre, plus souvent en allant le promener le long de la forêt.

Mais pas ce soir. Ce soir, c’est impossible. Ce soir, tu as rendez-vous avec M. Tiré-à-quatre-épingles pour renflouer ton stock de potions et d’antipoisons. Alors, certes. Il est bien gentil de t’aider à les préparer, d’autant plus que c’est un expert en la matière et que tu préfères largement être surveillée lorsque tu manipules ce genre de produits. Sait-on jamais. Ce n’est pas tes deux mains gauches qui te contrediront, bien au contraire. Le souci, c’est que tu trouves cet homme profondément ennuyant. Et lui a l’air de te trouver profondément agaçante, vu la tête qu’il tire à chaque fois que tu prépares des potions en sa compagnie. C’est la seule chose qui te fasse te marrer chez lui, d’ailleurs.
« Oui, mais on va voir son chien. »
Et pour une raison qui t’échappe, Epsilon adore son basset. D’ailleurs, son plus grand rêve est que tu l’autorises à aller chercher des puces entres ses bourrelets. A chaque fois que ton oiseau voit ce chien, il le fixe longuement, en te répétant en boucle à quel point il est fasciné de le voir fondre comme neige au soleil lorsqu’il s’allonge.

Une fois arrivée devant la salle de classe des Phénix, tu déboules en trombe dans la pièce, qui a gardé son aspect de laboratoire pour l’occasion.

« Désolée pour le retard, j’ai dû fermer l’infirmerie plus tard aujourd’hui. »

Tu t’excuses pour la forme. Dix minutes de retard, c’est vraiment rien. Et de toute façon, tu n’allais pas renvoyer cet élève malade sous prétexte que c’était la fin de la journée. Tu relèves la tête vers M. Bartosz. Toujours nickel, c’en est presque désespérant. De ton côté, tu galères rien que pour faire rentrer ta masse de cheveux dans un pauvre élastique, afin qu’ils ne fassent pas n’importe quoi. D’ailleurs, tu changes ta queue de cheval de la journée en un chignon désordonné, dans l’espoir un peu vain que ta chevelure ne vole pas partout en pleine préparation. Tu arrêtes en soupirant, lorsque ce dernier te semble un peu près correct.

« J’aurais besoin d’un anti-inflammatoire pour les feux magiques. Il faut croire que les dernières années ont commencé à travailler là-dessus : il y a eu une sacrée paire d’élèves qui sont venus me voir avec des brûlures cette semaine. Ils m’ont vidé mon stock. »

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Sam 20 Jan - 22:20
dans lequel un gars ne se montre pas très agréable

Mais où diable étaient-elles passées ?
La tête sous une table dans une position très peu seyante pour Monsieur Perfection, Frédérik tâtonnait à la recherche de ses lunettes. Après quelques passages de sa main sur le vide, il se redressa puis balaya le laboratoire du regard non sans agacement. Derrick s'approcha, comme s'il était le chien de la situation, mais se contenta d'éternuer très fort après avoir reniflé l'endroit. En plus d'être rarement supportable, il fallait que cet animal se montre aussi utile qu'une glacière pour Inuits. Les chiens, ne disposaient-ils pas d'un odorat hors du commun pour pister les objets ? Visiblement, la seule chose que celui-là était capable de pister, c'était le chemin vers sa gamelle. Frédérik leva les yeux au ciel puis se mit à fouiller frénétiquement son cartable. Ses lunettes, sa kryptonite. A chaque fois, elles disparaissaient mystérieusement  quand il les retirait. Pourtant, il était sûr de les avoir posé deux secondes sur la table. Se considérant comme quelqu'un de particulièrement ordonné, il ne pouvait pas croire qu'il ne se souvenait plus d'où il les avait rangées. Peut-être étaient-elles tombées quelque part ? Frédérik dirigea un regard soupçonneux vers Derrick.

J'y suis pour rien !
Où les as-tu cachées ?
Nulle part ! Je t'ai même aidé à les chercher ... Laisse tomber, on regardera après. Tu dois te préparer pour ton rendez-vous galant de ce soir.
Rendez-vous galant ?!


Frédérik sentit une vague d'embarras s'écraser sur lui sous l'œil malicieux de Derrick. Crétin de chien avec son humour déplacé. Frédérik le suspectait de prendre un plaisir sadique à le gêner. Il préféra stopper la conversation avant qu'elle ne lui échappe complètement, se dissimulant derrière l'écran de son téléphone portable en consultant l'heure. Cinq minutes. Mlle Loisel devait arriver dans cinq minutes. Bien entendu, tout était prêt depuis belle lurette. Différentes fioles d'une propreté à faire rougir une publicité pour lave-vaisselle étaient alignées par taille sur la paillasse. Un petit chaudron attendait patiemment à côté d'une planche à découper et d'une pléthore d'instruments tous prêts à en découdre. Il ne manquait plus que les ingrédients ; Frédérik préférait s'adapter à la problématique que l'infirmière lui poserait plutôt que de faire feu de tout bois en sortant tout et n'importe quoi.

L'entrevue avec Line ne le ravissait pas vraiment. Elle était beaucoup trop brouillonne pour sa patience. Pendant un moment, il avait même songé demander à Svea de gérer la séance. Malheureusement pour lui, Frédérik était trop droit pour céder à ce genre de subterfuge. Il aurait tellement aimé rentrer chez lui pour potasser sur le dernier ouvrage qu'il avait reçu d'un confrère. Un thé, son canapé en cuir, un bouquin, le calme complet, bref, le bonheur. Pour sa part, Derrick semblait ravi de l'entrevue qui s'annonçait. Assis, sa queue remuait avec excitation et impatience. Frédérik ne savait pas vraiment s'il aimait l'infirmière, son oiseau, ou les deux. En tout cas, il le trouvait particulièrement en forme ce soir. Après avoir passé les trois-quarts de la journée à dormir aussi ... Encore heureux qu'il avait quelques moments de vivacité.  

C'est quand qu'elle arrive ?

A l'heure, de préférence. Le professeur ne l'entendit même pas répéter la question, trop préoccupé par la tragique disparition de ses fidèles montures. Il avait beau tenter de se remémorer ses derniers gestes en leur compagnie, il ne parvenait pas à se souvenir de leur localisation. Il n'allait quand même pas user de la magie pour si peu ... Il consulta de nouveau son téléphone. AH ! Une minute de retard. Bravo, vive la ponctualité ! Vraiment, les jeunes de nos jours ... Pas capable d'arriver à l'heure. Dès lors, Frédérik se mit à consulter de plus en plus souvent son téléphone. Trois minutes de retard. Quel manque flagrant de politesse. Six minutes de retard. Le faisait-elle exprès pour l'ennuyer ? Comme s'il n'avait que ça à faire. Neuf minutes. L'attente commençait à l'agacer. Et en plus, impossible de mettre la main sur ces fichues lunettes. Non, mais y'a des jours où rien ne va. Dix putains de minutes. La porte s'ouvrit.

« Vous êtes en retard. »

Pas de bonjour, pas de tape sur l'épaule, juste une vérité balancée sèchement. Frédérik croisa les bras en lui adressant un regard sévère. Visiblement, elle avait dû fermer l'infirmerie plus tard ... Grand bien lui fasse. Elle aurait au moins pu envoyer son oiseau le prévenir plutôt que de le faire poireauter. Derrick fonça vers elle et se dressa sur ses pattes arrières pour obtenir une grattouille. Tsk, quel vendu celui-là ! Ah ça, pour attirer l'attention des filles et se faire gratter, y'avait du monde. Pour sa part, Frédérik se dédia au problème posé. Un simple anti-inflammatoire pour les feux magiques.

Il se dirigea vers son armoire qui contenait les produits basiques. Avec une efficacité redoutable, il tira trois bocaux de tailles variées de leur logement. Ceci fait, il se dirigea ensuite vers une seconde armoire. Verrouillée magiquement, elle contenait les produits les plus rares et les plus dangereux. Seuls lui et Svea y avait accès. Ce que Svea ne savait pas, par contre, c'est que cette armoire disposait d'un compartiment planqué que lui seul était capable d'ouvrir et dans lequel il rangeait les composants si précieux et redoutables qu'il préférait en être l'unique détenteur. Il n'eut toutefois pas à aller aussi loin. Il se contenta de prendre une fiole dans ce placard avant de le refermer. Sa liste de course terminée, il plaça les différents produits avec précaution sur l'établi puis finit par couper trois feuilles du pauvre aloès vera qui trônait au fond de la salle en compagnie d'autres plantes. Du miel, de l'huile en provenance des glandes de salamandre, de la cendre de phénix, du romarin. Chaque bocal était soigneusement étiqueté même si, pour être parfaitement honnête, on ne comprenait pas grand chose à cause de son écriture trop écrasée.

« J'ai ... Oublié mes lunettes. Je ne pourrais pas vérifier derrière vous les dosages, je vous fais confiance. »

Un peu gêné d'admettre sa faiblesse, Frédérik détourna le regard. D'habitude, il vérifiait toujours toutes les mesures. Mais, sans ses lunettes, il savait pertinemment qu'il aurait beau plisser les yeux, il ne verrait les graduations sur le matériel qu'avec un flou artistique. Autant lui avouer tout de suite pour qu'elle redouble d'attention, même si, au fond, le professeur culpabilisait pour son erreur. Il retira sa veste rouge, qu'il posa avec attention sur le dossier d'une chaise pour ne pas faire de mauvais pli, puis remonta ses manches.

« Pour commencer, vous allez prendre l'aloès vera et l'éplucher pour n'en garder que le gel blanc à l'intérieur. Puis coupez-le en dés avant de le faire fondre au bain-marie. »

De son côté, Frédérik attrapa le petit flacon qui donnait l'impression de contenir de la poussière ainsi qu'un autre avec un liquide mordoré. Derrick se laissa couler à côté de Line.

Jeune fille, est-ce que tu veux rigoler ? On fait une alliance pour embêter Frédérik. souffla le chien à l'infirmière comme si de rien n'était.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mer 24 Jan - 12:24
Un cheveu dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

« Vous êtes en retard. »

« Hey. Heureusement qu’il te prévient. Sans lui, on n’aurait pas remarqué. »
Tu laisses Epsilon pester tout seul, perché sur ton épaule. Pour ta part, tu te contentes seulement de lever un sourcil, clairement pas impressionnée. Ce n’est pas le fait qu’il croise les bras pour te prouver qu’il n’est pas content qui risque de te faire peur. Quant à son air sévère… Ben il le porte en permanence si bien que tu ne remarques même pas la différence. Intérieurement, tu le surnommes même Grincheux, malgré sa taille qui ne se prête pas tellement à ce surnom.

Heureusement que son basset vient te faire la fête, comme un chien normal en fait. La première fois que tu as vu son familier, tu as pensé qu’il s’accordait plutôt bien avec le personnage de M.Bartosz. C’est quand même le chien de Colombo, soit le chien de l’inspecteur de la série la plus barbante que tu n’aies jamais regardée. De là, tu as pensé qu’il n’y avait plus aucun espoir pour ce pauvre Frédérik, condamné à rester coincé dans son aura d’ennui constant. Mais chien-chien Derrick – un nom qui lui va bien puisque tu confonds souvent l’inspecteur Derrick et l’inspecteur Colombo – s’est avéré bien plus intéressant que son maître. Et surtout bien plus drôle !

Celui-ci commence d’ailleurs à te sauter sur les jambes en quémandant une gratouille.

« Voilà, gentil chien. »

Tu lui grattes le haut du crâne entre les deux oreilles, pendant que tu entends Epsilon s’extasier dans ton esprit.
« Mais regarde ça ! Tu as vu comment il pendouille ? C’est fascinant… Eh ? Tu crois qu’il nettoie le sol quand il est à quatre pattes par terre ? »
Parfois, tu te demandes quelle tête tu peux bien tirer lorsque ton familier te sort des conneries pareilles en sachant pertinemment que tu es la seule à l’entendre… Ce ne doit pas être bien glorieux, surtout lorsque tu te retiens de rire. Il ne te faut pas grand-chose pour te faire rire, il faut dire.

« J'ai ... Oublié mes lunettes. Je ne pourrais pas vérifier derrière vous les dosages, je vous fais confiance. »

Oublié ? Une petite voix te souffle qu’il les a plutôt paumées. L’instinct féminin sûrement. S’il voit aussi mal qu’il le prétend sans ses lunettes, il devrait les garder en permanence sur le nez. Voilà quelque chose qui ne te serait jamais arrivé. Difficile pour toi de perdre tes affaires avec ta mémoire. Généralement, lorsque tu perds un objet, soit quelqu’un l’a déplacé pendant ton absence, soit on veut te faire une mauvaise blague, soit tu l’as déplacé toi-même pendant l’une de tes crises d’amnésie.

Au final, Epsilon vérifiera les dosages. Pendant tes études, et notamment tes examens, l’aide des familiers, pour ceux qui comme toi en avaient, était proscris. Mais désormais, tu ne te prives pas de son aide en ce concerne ce que tu ne maitrises pas : la précision. Après tout, Epsilon a une vue bien plus perçante que tout ceux présents dans cette pièce réunis. L’un est un chien, l’autre est aveugle sans lunettes et toi, tu ne les portes qu’en de rares occasions. Te voilà d’ailleurs en train de les sortir de ton sac. Frédérik est peut-être la seule personne de l’école à t’avoir un jour vue avec tes lunettes. Tu préfères les porter pendant ces séances de potions. Personne n’est à l’abri d’une projection, et tu estimes devoir voir parfaitement bien dans ces moments-là.

« Vous avez oublié vos lunettes ? Je vous en pensais pas capable… Vous voulez les miennes ? »

Tu penses lui mettre une petite tape sur l’épaule, mais ce serait peut-être un peu trop familier à son goût, ce qui ne t’étonnerait même pas. Tu toussotes donc en pointant ton familier, toujours perché sur ton épaule.

« C’est Epsilon qui s’occupera des dosages. Il sera bien plus doué que moi. »

Autant lui dire tout de suite que l’adresse est une chose qui te fait cruellement défaut. De toute façon, il est déjà au courant. Tu fixes les flacons que M.Bartosz a sorti pendant que tu posais ton sac dans un coin, que tu t’occupais difficilement de tes cheveux et que tu mettais tes lunettes sur ton nez. Ce n’est pas l’écriture du professeur de potion qui risque de te faire peur. Déjà, la tienne n’est pas fameuse non plus, mais tu as surtout connu le pire cauchemar des infirmiers et pharmaciens : les médecins. Le concours du déchiffrage de vaguelettes était d’ailleurs devenu un sport au sein de l’hôpital où tu travaillais.
« Tu penses que c’est le genre de mec à étiqueter l’étiqueteuse ? »
Ce ne serait pas si étonnant.

« Pour commencer, vous allez prendre l'aloès vera et l'éplucher pour n'en garder que le gel blanc à l'intérieur. Puis coupez-le en dés avant de le faire fondre au bain-marie. »

Tu hoches la tête. Rien de bien complexe pour le moment. Tu as toujours considéré que les potions, la chimie et la cuisine étaient des domaines identiques : il faut juste suivre une bête recette. Bien sûr, la grande variante, c’était la précision. Plus elle était importante à la discipline, moins tu étais douée. Autant dire que tes gâteux étaient particulièrement réussis. En chimie, tu avais souvent des marges d’erreur monumentales. Et en potion, la théorie t’a sauvé. Mais pour l’instant, tu ne fais que de la cuisine. Tu saisis donc un couteau universel, en plus d’une feuille d’aloès vera, que tu poses sur une planche à découper. Tu pratiques une fine entaille sur toute la longueur de la feuille avant de l’ouvrir pour ne retirer que la cuticule. De là, tu coupes le gel en deux, toujours sur la longueur, puis tu finis par le couper en dés. Tu recommences l’opération avec les deux autres feuilles et plonges le tout dans le bain-marie. C’est lorsque tu te munis de ta baguette pour allumer et régler le feu que tu entends le basset s’inviter tranquillement dans ta tête, en plus d’Epsilon qui te fait remarquer que « c’est trop bien, on dirait qu’il fond quand il s’allonge ».

« Jeune fille, est-ce que tu veux rigoler ? On fait une alliance pour embêter Frédérik. »

Tu jettes un rapide coup d’œil amusé au basset avant de finir de régler le feu du bain-marie, tout en regrettant les appareils humains qui permettent de régler la température au dixième de degré près.

« Tout dépend de ce que tu me proposes. Si ça concerne ses lunettes, je suis partante. »

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Sam 3 Fév - 21:51
dans lequel un gars reste désagréable
Mais quel fayot. Tandis que Derrick se faisait gratter la tête, aux anges, il ne put s'empêcher de jeter un petit regard en coin à Frédérik. Du style et toc ! Tsk. Sale vendu. Non, mauvaises langues, il ne s'agissait en aucun cas de jalousie. Que ce chien se frotte autant qu'il le voulait à cette infirmière, elle ne le nourrissait pas de toute façon et n'avait pas à le supporter H24. Si elle devait se le coltiner toute la journée, elle ne serait pas aussi encline à lui témoigner de l'affection. Oh non, mais regardez-le en train de remuer la queue, les yeux fermés, dégoulinant de bonheur. Un manque de dignité affligeant. Un spectacle pathétique.

Respecte-toi un peu, s'il te plaît.

Le chien l'ignora superbement, inclinant la tête devant Line pour la remercier de son attention. Bon. Ça partait mal. Le travail n'avait pas encore commencé que Frédérick sentait déjà la contrariété monter en lui. Cette soirée s'annonçait longue. Très longue. Aussi longue qu'un épisode crossover entre Columbo et Derrick avec en guest, Louis la Brocante. Cette vilaine impression ne le quitta pas, mais, au contraire, se renforça lorsqu'il entendit Line lui proposer ses lunettes. Il n'avait pas rêvé, elle venait de se foutre de sa tronche. Inutile de préciser que le commentaire n'amusa pas le rigide professeur. De base, la disparation inquiétante de ses binocles l'irritait. Rajouter une couche sur ce sujet revenait à balancer une casserole d'huile bouillante sur le feu. Il ne savait pas où elles étaient. Et alors ? Cette femme était une véritable catastrophe ambulante, elle n'avait aucun reproche à lui faire. D'ailleurs, la remarque crispa tant Frédérik qu'il en vint à penser qu'il aurait préféré faire équipe avec l'oiseau.

« Je vous remercie pour votre proposition. J'espère que votre oiseau se montrera en effet plus efficace. » se contenta-t-il de répondre avec une sécheresse telle qu'elle aurait trouvé place au Sahara sans problème.

Ambiance. Joie. Bonne humeur. Heureusement, entrer dans le vif du sujet permit au rabat-joie de service de calmer ses nerfs. Tout de suite, quand il pratiquait, il n'avait plus rien d'autre à l'esprit que le protocole de la manipulation. Que de la concentration en fait, sa principale qualité. Lui, ses gâteaux étaient parfaits, il excellait en chimie et sa maîtrise des potions avait été largement reconnu par ses pairs universitaires. Par contre, il était chiant. On ne pouvait pas tout avoir dans la vie.

Il déboucha la fiole de cendres de phénix avait précaution puis en versa très exactement un cuillère doseuse dans imposant flacon à col droit. Même si la matière s'avérait hautement volatile, Frédérik fit preuve d'une dextérité redoutable, impressionnante à certains égards. Il ne pouvait pas se permettre d'en perdre de toute façon. Difficile de trouver des cendres de phénix à un prix raisonnable de nos jours depuis que leur collecte avait été drastiquement réglementée. Logique en un sens : un phénix tombé en cendres ne renaîtrait jamais si on lui en volait la totalité. D'où la difficulté de s'en procurer et le soin qu'il fallait leur témoigner pour ne pas en gâcher un grain. Il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil en direction de Loisel pour vérifier qu'elle suivait ses instructions à la lettre. Bon, très honnêtement, il aurait coupé des dés plus réguliers à sa place, notamment pour que la fonte soit homogène à 100%.

Ne commence pas à pinailler.

Derrick fronça les sourcils, comme s'il venait de deviner à l'expression de son maître qu'il allait faire une remarque relou. A croire que ce chien commençait à lire dans ses pensées. Il fallait avouer que Frédérik restait assez prévisible dans ses réactions ; en bon observateur, son basset commençait à lire en lui comme dans un livre ouvert avec une facilité presque déconcertante. Pour sa part, Frédérik n'apprécia pas spécialement le commentaire de son compagnon quadrupède. Il se contenta de lui témoigner de l'indifférence la plus pure. Du moment que Derrick respectait leur règle « Trois mètres ». Après un éléphant dans un magasin de porcelaine, un basset dans un laboratoire. Suite à une série d'incidents malheureux dans le laboratoire auquel ce maladroit de cabot avait activement participé, il fut convenu pour la paix du ménage qu'il n'a pas le droit d'approcher à moins de trois mètres lorsque Frédérik manipulait. En l'occurrence, Derrick semblait respecter cette interdiction ; un rapide coup d'œil lui indiqua qu'il se trouvait à côté de Line, éloigné de tout ce qui aurait malencontreusement pu se briser (moins de trois mètres, certes, mais suffisamment éloigné au goût de Frédérik). Rassuré, il prit la fiole contenant l'huile avant d'en verser les trois quarts dans une éprouvette graduée.

Il se pencha pour vérifier la mesure, plissant les yeux devant les petits traits. Ce stratagème ne parvint pas à éclaircir sa vision. Il recula un peu, tentant tant bien que mal de discerner la graduation. Autant dire qu'il n'avait pas l'air très fin, éloigné et à moitié penché. Ce geste lui permit malgré tout de distinguer le creux du ménisque qui tombait pile poil sur la graduation souhaitée. Il se redressa puis versa le tout avec les cendres, satisfait. De nouveau, il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil en direction de Line. En la voyant sortir sa baguette, il faillit lui proposer de s'occuper lui-même du feu avant de se raviser. Peut-être le prendrait-t-elle mal, qu'il désire l'assister. Au fond, il voulait juste lui éviter d'user excessivement de sa magie. Qui sait ce qu'elle avait fait dans la journée. De son côté, il avait encore pas mal d'endurance avant que la Sécheresse ne le frappe, notamment parce que ses journées ne lui demandaient pas en général d'avoir recours à la magie intensivement. Un peu inquiet, il ne put s'empêcher de fixer la baguette avant finalement de se détourner. Il ne voulait pas la vexer.

De son côté, il posa sa préparation sur un réchaud et alluma le feu magiquement sans même un geste. Lui n'avait pas besoin de baguette ou d'autre artifice, la magie venait à lui naturellement. Par contre, à partir de cet instant, il lui fallait faire preuve d'une concentration d'airain pour maîtriser la température et la vigueur de ses flammes. Parfaitement imperturbable.

Pendant ce temps, Derrick, dans un effort surhumain, se leva avec nonchalance. Il trottina tranquillement en direction de la veste de Frédérik puis, lentement, poussa un pan avec son museau.

Elles sont dans la poche intérieure de sa veste si tu les veux. Il a dû oublier qu'il les avait mises ici. C'était rigolo de le voir chercher.

Effectivement, à l'intérieur, on voyait dépasser une monture noire. Le chien les saisit avec délicatesse dans sa gueule puis revint triomphant vers Line afin de les lui confier.

Une fois, j'ai vu une série où on avait mis du scotch sur les verres des lunettes d'un monsieur. Le pauvre ... Mais, euh, on fait rien de méchant ? Je voudrais pas que Frédérik se fâche.

Le basset remuait la queue, très excité malgré tout à la perspective d'apprendre une nouvelle manière pour faire une blague.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mer 7 Fév - 19:30
Un cheveu dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

Tu essayes toujours de régler tant bien que mal l’intensité de tes flammes en te penchant en avant pour mieux les voir. Voilà une chose pour laquelle Epsilon est bien incapable de t’aider pour le coup, tu dois donc te débrouiller seule. Malgré la proposition de Derrick, parfaite pour remonter le moral, tu ne peux pas vraiment t’empêcher de grincer des dents en galérant toujours plus avec ton feu qui est soit trop puissant, soit trop faible. Pourquoi il ne pouvait pas juste utiliser une plaque à induction plutôt qu’un chaudron ? C’est tellement plus pratique. Tu finis quand même par réussir, après trente bonnes secondes d’agacement intense. Tu poses donc ta baguette sur la table, d’un geste peut-être un peu trop brusque, pour prendre une cuillère en bois et remuer docilement le gel des feuilles d’aloès vera qui avait commencé à fondre sans t’attendre.

« Elles sont dans la poche intérieure de sa veste si tu les veux. Il a dû oublier qu'il les avait mises ici. C'était rigolo de le voir chercher. »

Un léger sourire en coin, tu jettes un rapide coup d’œil au basset qui se dirige tranquillement vers la veste de son maitre. Tu te doutais bien qu’il savait où elles étaient, ces fichues lunettes. Tu reportes ton attention sur le chaudron puis finis par te calmer totalement en regardant avec amusement les petits 8 que tu t’amuses à faire en remuant le gel devenu visqueux. Tu as la soudaine envie de plonger ton doigt dedans, mais de un, ce n’est sûrement pas très bon, et de deux, c’est sûrement très chaud. Ce qui fait une double mauvaise idée.
« Une triple si on compte M. Maniaque. »
Effectivement. Tu avais presque fini par l’oublier, lui. Il a l’air de n’avoir aucun mal avec son propre feu, ce qui te rend un peu jalouse, il faut bien avouer. Apparemment, il n’a pas besoin de prendre vingt-cinq ans pour allumer et régler un feu.
« En bref, c’est pas un galérien comme toi. »
Ouais. Voilà…

« Une fois, j'ai vu une série où on avait mis du scotch sur les verres des lunettes d'un monsieur. Le pauvre ... Mais, euh, on fait rien de méchant ? Je voudrais pas que Frédérik se fâche. »

Tu sursautes légèrement. Tu n’avais pas vu Derrick revenir vers toi, avec en prime, les lunettes de M. Bartosz dans la gueule. Parfait. Tu attends que le gel ait fini de fondre avant d’éteindre le feu puis de te pencher vers le basset pour lui prendre les lunettes, du bout des branches. Tu en profites pour frotter ta main libre sur le haut de son crâne et derrière ses oreilles pendantes, comme pour le remercier. Tu as toujours aimé les chiens, de toute façon. Le tien, que tu avais lorsque tu étais encore enfant, te manque d’ailleurs cruellement.

« Non, on va rien faire de méchant, bien sûr. On va lui rendre. »

Tu lances un petit sourire désolé au chien. Après tout, tu viens de briser ses rêves et ses espoirs, mais bon… Le pauvre homme a l’air vraiment aveugle sans. Il suffit de voir les poses improbables qu’il peut prendre juste pour lire une graduation sur une éprouvette. Et puis, comme tu l’as dit plus tôt, personne n’est à l’abri d’une projection inopportune. Lui non plus, tout expert soit-il. Et tu n’as pas vraiment les compétences nécessaires pour réparer un œil. Par conséquent, mieux vaut avoir des lunettes sur le nez, surtout quand lesdites lunettes sont des lunettes de vue.
« T’es pas drôle en fait... »
Même Epsilon semble déçu. Celui-ci quitte d’ailleurs ton épaule pour aller se percher plus loin dans la salle, en te boudant apparemment. Tant pis. Le flou Gaussien, c’est joli, mais pas en permanence. Tu te redresses donc après avoir tapoter la tête de Derrick une petite dernière fois pour te retourner vers M. Grognon.

« Regardez que voilà ! Il semblerait qu'elles étaient dans la poche de votre veste, selon votre familier. »

Tu lui tends ses lunettes du bout des doigts, avec un grand sourire sur le visage. Le tout est d’éviter de les faire tomber et les lui casser sous ses yeux aveugles. Ce serait vraiment malvenu. Et tu l’imagines bien finir par péter totalement un câble à la suite d’un évènement dans ce genre. Tu imagines sa patience un peu comme tu imagines un élastique. Plus il est tendu, plus il risque de rompre. Et il semble déjà bien tendu en ta présence.

« J’espère juste que Derrick n’a pas bavé dessus… Ce serait long à nettoyer. »

Tu te penches pour mieux les observer, guettant la moindre petite trace de bave de chien.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Ven 16 Fév - 22:21
dans lequel un gars fait un tout petit effort
Rien n’était susceptible de perturber Frédérik. Line aurait pu se lancer dans un strip-tease à ses côtés qu’il n’aurait absolument rien remarqué. Pire, elle aurait pu foutre le feu à la salle entière qu’il ne s’en serait aperçu que lorsque la chaleur l’aurait forcé à retirer son veston. A cet instant, il n’y avait que lui et les flammes ; il les contrôlait avec plus de précision qu’une plaque à induction ne pourrait jamais le faire. C’était un peu comme faire monter le chocolat en température tout en restant de deçà du seuil de 55°C degrés, moment où il acquérait toute sa brillance. Sauf que le chocolat était rarement susceptible de vous tuer en cas de mauvaise manipulation, aux dernières nouvelles en tout cas. Raison pour laquelle d’ailleurs l’analogie avec la pâtisserie l’agaçait, pour pratiquer les deux.

Au bout de quelques minutes, il eu un petit plop sonore et un cercle de fumée rougeâtre se dégagea. S’il faisait une démonstration devant ses élèves, ils auraient adoré l’effet pyrotechnique très impressionnant de visu même si l’odeur de cramé restait un brin inquiétante pour les non-initiés. De toute façon, dès qu’il y avait des réactions de ce style, le public en était tout retourné. Le professeur ne comprenait pas spécialement leur enthousiasme pour les petites explosions dans le genre. En vérité, il le trouvait presque déplacé face à la dangerosité du processus. Les lubies des adolescents ... Malgré tout, satisfait, Frédérik diminua l’intensité des flammes d’un seul regard, beaucoup plus détendu que pendant le déroulé de l’opération dont lui seul avait le secret. Dans l’imposante fiole, les cendres et l’huile qui avaient refusé de se mélanger au départ formaient désormais un tout homogène cramoisi à la texture fluide.

Pendant ce temps, Derrick tenait les lunettes dans sa gueule avec autant de délicatesse qu’il en était capable. Il les lâcha volontiers quand Line lui tendit la main, surtout quand elle le gratifia au passage de quelques grattouilles à l’endroit stratégique. Frédérik ne le caressait jamais alors, pour une fois qu’on lui témoignait de l’affection d’une manière aussi agréable, il ne pouvait pas résister. Sa joie fut toutefois de courte durée. Son sourire se retourna d’une manière particulièrement spectaculaire lorsque la jeune femme lui avoua son intention. De base déjà, son physique donnait le sentiment d’une perpétuelle lassitude ; pour une fois, il coïncida avec son état d’esprit. Dire que la déception trouva un visage dans le sien aurait été un euphémisme. Il se sentit trahi, autant trahi que lorsque Frédérik lui avait spoilé Le Seigneur des Anneaux. Non, vraiment, il ne s’attendait pas à ce que Gandalf survive au Balrog.

Un peu misérable, il lança un regard désespéré à Epsilon pour chercher un quelconque soutien. D’ailleurs, il finit par l’imiter en se traînant lamentablement vers le coin de la salle où l’oiseau s’est réfugié pour bouder. Cette première trahison ne fut cependant rien par rapport au deuxième coup de poignard. «Selon votre familier. » Headshot.

Maintenant que l’étape critique était passée, Frédérik s’était suffisamment détaché de son ouvrage pour s’intéresser de nouveau à son environnement même s’il n’avait absolument pas calculé la sombre tractation qui s’était déroulée dans son dos. Quand Line l’interpella, il se tourna vers elle, prêt à lui prêter son concours pour la suite des opérations. Pour le coup, l’inexpressif bloc de marbre ne put dissimuler une certaine surprise face à l’objet qu’elle lui tendit. Et plus encore face aux explications qui l’accompagnaient. « Selon votre familier ». Ce sale petit … Il savait. Il savait depuis le début et il avait gardé le silence. Ce détail éclipsa le fait presque comique qu’en réalité, elles étaient précisément là où il les avait lui-même rangées depuis le départ ; dans sa veste. Son sourcil gauche tiqua brusquement de manière incontrôlée. Il fusilla le chien du regard. Celui-ci se fit tout petit, comme s’il espérait fondre miraculeusement dans le sol.

Tu savais. Et tu m’as laissé cherché.
C’est qu’une balance … Ce n’est pas … Enfin … Je ne pensais pas …
Exactement. Tu ne penses pas. Et c’est tout le problème. Je ne veux plus t’entendre. On réglera ça en rentrant.


Derrick baissa les yeux et couina, le style de bruit à vous fendre le cœur. Visiblement, il semblait très affecté par la colère de Frédérik, ou plutôt, par la froideur de sa colère. Des mots crachés avec dédain, lapidaires, annonciateurs d’une très mauvaise soirée et d’une punition encore plus désagréable. On sentait le professeur habitué à démonter les élèves si nécessaire. Contrairement à certains qui laissaient exploser leur ressentiment, lui restait doucereusement calme, mais tellement cassant dans le ton employé … Un mélange qui ne cessait de surprendre par son potentiel menaçant. Oh, bien sûr, il lui arrivait d’exploser. Et dans ce cas-là … Ahah.

En dépit de son envie de battre le fer tant qu’il était encore chaud, Frédérik se consacra à Line. On ne lavait pas son linge sale en public après tout. Loisel venait proportionnellement de gagner les points d’affection de Frédérik que Derrick venait de perdre pour elle. Le polonais attrapa soigneusement les montures qu’on lui présentait.

« Merci beaucoup, Mademoiselle Loisel. C’est très … Gentil de votre part. »

Il faillit les lâcher quand Line lui parla de bave de chien. Pardon ? Hors de question qu’il mette une telle chose sur son visage. A son tour, il scruta l’objet sous tous les angles avec attention pour il y déceler une trace suspecte. Peut-être était-ce la réalité, ou peut-être que son esprit maniaque se décida à lui jouer un tour, mais il eut le sentiment qu’elles étaient mouillées. Pour sa tranquillité d’esprit, il les passa sous l’eau puis les frotta vigoureusement avec du produit vaisselle dans le lavabo à l'extrémité de la paillasse. Tant qu’il était lancé, il attrapa matériel qu’il venait d’utiliser et celui de Line pour les nettoyer. Il ne supportait pas voir le matériel abandonné sur un coin de table. Que sa future conquête se rassure, si un jour il en avait une, elle n’aurait jamais à faire le ménage de sa vie dans leur foyer commun. Certains affirmaient même que les hommes qui faisaient le ménage étaient plus sexy aux yeux de la gent féminine d’ailleurs …

« En attendant, si vous voulez bien refroidir votre préparation. Pour le choc thermique. »

Sa séquence nettoyage ne lui faisait pas oublier ses priorités. Coup d’œil rapide vers sa propre préparation. Tout se déroulait comme prévu. Par contre, avec tout ça … Peut-être qu’il avait été un peu dur avec Loisel. Son geste anodin le touchait véritablement ; elle aurait très bien pu le laisser se dépatouiller.

« Peut-être que vous êtes plus sympathique que vous en avez l’air. » lâcha-t-il en remettant ses lunettes sur son nez une fois séchées avec un morceau de Sopalin.

L’hôpital qui se foutait de la charité. Si Derrick avait été en état de faire un commentaire, il se serait sûrement tapé la tête sur le sol. Toutefois, il était beaucoup trop occupé dans son emo corner à remuer la poussière avec sa queue pour noter.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mer 21 Fév - 19:01
Un cheveu dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

Héhéhé… Ce gars est tellement maniaque que tu es même capable de prédire ses tics. Ou TOCs. C’est fort probable que ce soit des TOCs en réalité. Tu es presque tentée de lui demander s’il a déjà consulté à ce propos, mais ce serait sûrement aller trop loin. Pourtant, tu es persuadée qu’il est rempli de tout un tas de petites manies insupportables comme toujours tourner l’anse de sa tasse de thé vers la droite, toujours ranger ses livres par ordre alphabétique, toujours aligner ses couverts dans ses tiroirs ou encore toujours remettre le pain droit sur la table. Bon, pour le dernier point, tu le fais aussi.

Tu le vois d’ailleurs fusiller du regard ce pauvre chien qui, au final, n’avait pas fait grand-chose de mal. Sauf erreur de ta part, ce n’est pas Derrick qui a perdu ses lunettes, c’est bel et bien lui qui les avait oubliées dans la poche de sa propre veste. Tout seul, comme un grand, sans l’aide de personne. Bravo Freddy.

« Merci beaucoup, Mademoiselle Loisel. C’est très … Gentil de votre part. »

Pourtant, dès que tu te mets à parler de bave de chien, tu vois son visage se décomposer immédiatement. Tu retiens difficilement un sourire amusé sur ton visage, ce qui te donne un drôle d’air coincé que tu ne portes jamais normalement. Tellement, tellement prévisible. Tu le vois bien se faire un planning à la journée, décider de l’heure exacte où il mange, va se doucher. Voire même, de l’heure exacte où il va aux toilettes. Tu l’imagines se prendre trente minutes, tous les dimanches soirs, pour se faire son planning de la semaine qui arrive, sur un petit calepin prévu à cet effet. Un calepin étiqueté “calepin“, bien évidemment.
Il saisit ses lunettes pour aller les passer un coup sous l’eau, dans le doute, sait-on jamais. Pour ta part, tu n’avais pas vu de trace de bave de chien, tu n’as même pas souvenir que Derrick soit ce genre de chien à baver partout en permanence. Mais bon… Tu hausses les épaules avant de saisir la planche à découper ainsi que le couteau que tu as utilisé pour couper les feuilles d’aloès vera. Tu les passes rapidement sous l’eau chaude, avec l’idée de faire la vaisselle plus tard. Mais c’est sans compter sur M. Bartosz qui les prend à nouveau pour les laver à nouveau, cette fois-ci à grand coup de produit vaisselle. Est-ce qu’il a un budget “produit vaisselle“ d’ailleurs ? Et il faudrait peut-être lui dire que le produit vaisselle abîme les verres de lunettes de vue, mais tu supposes bien rapidement que ce n’est pas la première fois qu’il les nettoie de la sorte. Si jamais, un jour, il a un enfant, il développera forcément des allergies. Il sera placé dès son plus jeune âge dans une pièce stérile de laquelle il ne sera autorisé à sortir qu’à ses dix-huit ans.

Bon, d’accord, tu te fais sûrement des films.

« En attendant, si vous voulez bien refroidir votre préparation. Pour le choc thermique. »

Tu acquiesces, encore un peu perdue dans ton scénario que tu verrais bien passer au JT de TF1, à 20h.
Tu sors du chaudron la terrine dans laquelle a fondu le gel des feuilles d’aloès véra, la poses sur un dessous de plat histoire de ne pas faire cramer la table en bois, puis pointes ta baguette dessus, d’un geste un peu las tant tu es habituée à jeter des sorts de froid. Surtout depuis que tu pratiques dans une école. Des entorses, au final, tu en vois souvent, et rien ne vaut le froid pour lutter jusqu’à ce que tu puisses les réparer en toute quiétude. Cette fois-ci, tu n’as pas vraiment besoin de réfléchir cent-six ans pour arriver à la température idéale. Manipuler la chaleur est pour toi une chose aisée. Manipuler les flammes, moins.
Tu regardes donc ta terrine se recouvrir de fines gouttelettes d’eau dues à la condensation de l’atmosphère alentours.

« Peut-être que vous êtes plus sympathique que vous en avez l’air. »

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il a dit ?
“Que vous en avez l’air“ ? Hého, il veut dire quoi par là ?

« Pourquoi ? Parce qu’en temps normal, je ressemble à The Gruge, c’est ça ? »

Tu rigoles toi-même de ta propre vanne un peu nulle, il faut avouer. Mais si on ne peut plus rire de soi-même, où va le monde, de toute façon ? Et, en un sens, il a peut-être raison. Vous êtes tellement dissemblables que tu vois bien qu’il ronge son frein en ta présence. Autant que toi, tu ronges le tien lorsqu’il est là, en t’imaginant qu’est-ce que ça ferait d’être lui. Conclusion : ce serait bien chiant. Mais bon, tu sais parfaitement qu’il a été bien gentil d’accepter de t’aider dans la préparation de potions, chose pour laquelle tu es fondamentalement pas douée. Et malgré vos différents, l’école n’a jamais explosé par votre faute. Enfin, pas encore.

« De toute façon, je n’avais qu’à voir les acrobaties que vous faites quand vous n’avez pas vos lunettes pour comprendre que vous en avez besoin. Vous devriez les garder sur le nez pour éviter de les perdre. »

Tu en profites pour remonter tes propres lunettes sur ton nez avant de stopper ton sortilège, jugeant ta préparation bien assez refroidie pour le moment.

De son côté, Epsilon rumine toujours. En voyant le chien arriver pour ruminer avec lui, il sent monter en lui une drôle d’émotion. Une espèce de compassion, il semblerait. C’est pourquoi il faut se venger. Il s’envole quelques minutes après l’arrivée du chien, en ayant réfléchit au meilleur moyen de faire passer sa frustration. Mais n’ayant rien trouvé de très probant, il se décide à rester sur du simple, mais efficace.
Il s’envole donc de son perchoir pour venir se percher sur ton épaule. Tu te demandes rapidement s’il a enfin fini de bouder, mais c’était sans compter sur sa tête de mule légendaire.
« Méchante. »
Il te met un coup de bec sur la tempe, avant d’essayer de t’arracher les cheveux de ton chignon. Tu tentes vaguement de le faire partir en remuant ta main à sa hauteur sans grande conviction. C’est lorsqu’il commence à grimper sur ton crâne pour y construire un nid que tu te décides à abandonner. Tu soupires en lançant à M. Bartosz un regard blasé. Un vrai gamin, ton familier.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Sam 24 Fév - 22:29
dans lequel un gars continue ses efforts et devient barbant
Frédérik s’imaginait parfaitement cette scène apocalyptique. Des fourchettes et des cuillères balancées en vrac dans un tiroir. Un lit défait les trois quarts du temps. De la poussière accumulée sur le dessus des portes. Peut-être même un évier débordant de vaisselle entassée en attendant la motivation pour être lavée. Non, elle n’oserait quand même pas. Vu qu’elle se contentait de passer le matériel sous l’eau en pensant naïvement que ce geste suffisait amplement à le débarrasser d’éventuels résidus, il n’était plus sûr de rien. Frisson. Et son bureau. Son bureau. Par tous les Dieux, il n’osait même pas se le représenter. Des feuilles balancées négligemment dans une gigantesque orgie de papier sans queue ni tête à côté d’un pot à crayons où plus de la moitié ne fonctionnaient plus. Pourquoi garder des crayons vides ? Une énigme. Ne parlons même pas de son clavier d’ordinateur dans lequel il était probablement possible de reconstituer ses habitudes alimentaires.

Plus il songeait à l’état de l’habitation de Loisel, plus sa santé mentale menaçait de le quitter. En fait, tous ces éléments lui rappelaient étrangement l’appartement d’un étudiant. Peut-être qu’à cause de la taille de Line, son appréciation tendait involontairement dans cette direction. De toute façon, il ne souhaitait pas vérifier son hypothèse. Même sa curiosité scientifique n’était pas assez aventureuse pour s’y risquer. Il y avait des expériences qui ne valaient pas la peine d’être tentées.

Vérification rapide de ce que Line trafiquait. Visiblement, elle s’en sortait assez bien même si, une fois de plus, le Magicien faillit lui proposer son aide. Sale habitude que de materner les Sorciers. Quand il était en couple avec Elléonore, elle passait son temps à rouspéter devant son attitude presque paternel. Besoin de contrôle, comme M. Grey lui répétait souvent Derrick. Il n’avait aucune idée de qui était ce M. Grey mais il se doutait que la comparaison ne devait pas être très reluisante pour que le basset s’en amuse. D’ailleurs, en parlant de référence sortie de nulle part, The Grudge constituait une des lacunes dans sa culture.

Frédérik fronça les sourcils. Dans ces cas-là, il avait l’impression de se prendre vingt ans dans le nez d’un seul coup. Hé, on ne se moque pas, il connaissait Facebook, Twitter et tous ces machins, bien que l’intérêt lui échappe complètement. Il savait même qui était Taylor Swift, Bruno Mars et compagnie. De nom quoi. En gros. Et non, il ne s’agissait pas d’une tentative désespérée de se rassurer sur son passage à vide sur The Grudge. En tout cas, Frédérik ne comprit pas le trait d’humour ; voir Line rire le laissa coi. Il avait beau chercher, il ne trouvait rien d’amusant dans son assertion précédente.

« Je ne connais pas The Grudge. A la rigueur, vous me faîtes penser à Lissa dans Fire Emblem Awakening : avec un bon fond, mais brouillonne. »

Frédérik : l’art de dire un compliment qui sonnait comme une critique et ce, sans même s’en apercevoir. A ce stade-là, c’était un véritable talent. Derrick se serait tapé une deuxième fois la tête contre le sol avec force ce coup-ci s’il n’était toujours pas occupé à bouder. Ou à dormir. Dur à déterminer quand il était roulé en boule sur le sol de cette façon. Vu la soufflante qu’il allait se prendre, le polonais pariait sur la première hypothèse. Le chien avait cette attitude purement canine de toujours vouloir contenter son maître et, corrélativement, d’éprouver une peine exagérée quand il le décevait. Quelle drama queen.

En tout cas, il était bien content d'avoir la paix dans son esprit pour les heures à venir. Pas de blagues douteuses, de remarques intempestives, de conseils à la mord-moi le nœud : juste le silence. Bon, par contre, s'il se réjouissait d'avoir la paix, ce n'était pas pour Loisel prenne le relais avec ses évidences. Évidemment, il savait qu'il devrait garder ses lunettes sur son nez en permanence. Mais non. Parce que. Il était quand même libre de faire ce qu'il voulait, elle n'allait pas le fliquer. Et puis, rectification, il ne les avait pas perdues : il les avait rangées quelque part et avait malencontreusement oublié où. Nuance importante. Frédérik ne perdait jamais rien. Même pas sa mauvaise foi en la matière.

« Je n'en ai pas besoin, j'ai juste la vision fatiguée en fin de journée. Et puis ... Je n'aime pas les mettre, elles me vieillissent et me donnent un air un peu trop sérieux. »

Son ton demeurait égal, comme s'il énonçait une certitude. Genre. Comme s'il n'y avait que ses lunettes qui contribuaient à cette impression. S'il lâchait un sourire de temps en temps, on n'en serait pas là. Déjà qu'être atteint de presbytie, maladie dont la rumeur voulait qu'elle accompagne l'âge, lui avait mis un sacré coup au morale. La quarantaine, simple professeur sans aucune perspective d'évolution, célibataire, sans enfant, éloigné de sa famille dans laquelle il ne restait plus grand monde. Un résumé pas très sexy quand il reprenait les faits. Quelque chose lui soufflait que les années n'allaient rien arranger. Pas que ça le dérange au fond, il avait choisi cette voie. Mais des fois, il s'interrogeait sur sa décision de suivre Benjamin dans sa folle aventure. Il devait vraiment être ami ultra loyal pour jeter une carrière brillante et gratifiante dans les oubliettes rien que pour lui. Une dévotion admirable. Ou une connerie monumentale. Oui, on partait de simples lunettes et on arrivait à un constat sur sa vie, raison de plus pour ne pas les aimer.

Quand il voyait qu'on l'avait obligé à prendre en prime un familier à son arrivée, il commençait à se convaincre que son choix était une sacrée boulette. Lorsqu'Epsilon se mit à agresser Line, Frédérik se frotta les tempes. Un animal passe encore. A la rigueur, il aurait pu s'en accommoder. Un animal doté d'une personnalité propre, souvent relou au passage, capable de s'exprimer et d'emmerder son monde, ça passait tout de suite beaucoup moins. Le coup d'éclat précédent de Derrick ne cessait de le conforter dans son avis. Pourquoi les professeurs aussi ? Il comprenait la démarche pédagogique pour les élèves, en revanche, pour les enseignants, il n'arrivait pas à leur concevoir une utilité quelconque. Mis à part faire monter sa tension à la recherche d'un nouveau record mondial, ce basset se montrait aussi utile que des moufles pour arbre.

« Et il fallait que Benjamin conserve cette tradition-là, soupira-t-il à voix haute. Vous ne faîtes rien pour l'empêcher ? »

Elle avait l'air tellement blasé par l'attitude de son familier là où Frédérik la trouvait intolérable. Comme un enfant qui mettrait un coup de pied dans les jambes de sa mère en fait. Est-ce que quelqu'un dans cette école possédait un familier docile, conciliant, réservé et calme ? Juste par curiosité. Pour meubler le temps en attendant que sa mixture change de couleur.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Ven 2 Mar - 11:23
Un cheveu dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

« Je ne connais pas The Grudge. A la rigueur, vous me faîtes penser à Lissa dans Fire Emblem Awakening… »

… A vos souhaits ?

« Avec un bon fond, mais brouillonne. »

Tu relèves les yeux de ta préparation pendant deux secondes.
Brouillonne ? Brouillonne ? Toi, brouillonnes ?
« Oui. »
Tu jettes un regard assassin à ton familier. S’il veut dire quelque chose, qu’il ne soit pas occupé à bouder dans son coin tout en en faisant des caisses par rapport à une blague que tu ne voulais même pas faire de base. Non mais. S’il y a bien une chose qui t’agace chez Epsilon, c’est bien sa capacité à en faire des tonnes pour pas grand-chose. Et le pire, c’est qu’il te le fait savoir pendant des semaines, revanchard qu’il est. D’ailleurs, tu es déjà persuadée qu’il va te ressortir cette histoire demain, puis après-demain, puis la journée suivante et celle d’encore après.

Mais pour le moment, tu es plus occupée par cette tentative de bonne parole de M. Bartosz.
Brouillonne ? Toi ?

Bon, peut-être.
Mais sérieusement, son compliment. On dirait un dessin fait par un enfant de quatre ans. Le genre de dessin totalement affreux mais où tu te sens obligée de dire “Hum… Moui… Il y a de l’idée… C’est pas trop mal…“ Le genre de dessin que tu fais, quoi.
Tu reparles donc de ses lunettes, sans vraiment relevée ce qu’il vient de dire, en sachant pertinemment que partir dans cette direction, ce serait partir sur un terrain glissant où tu finirais forcément par t’énerver. Et tu ne veux pas t’énerver.

« Je n'en ai pas besoin, j'ai juste la vision fatiguée en fin de journée. Et puis ... Je n'aime pas les mettre, elles me vieillissent et me donnent un air un peu trop sérieux. »

Tu lui jettes un coup d’œil en coin. Il est vrai que, sans ses lunettes, son visage respire le fun et l’amusement. Comment n’as-tu pas pu le voir plus tôt ? Franchement ? Et puis juste, non. “La vision fatiguée en fin de journée“. Juste non. Toi, tu as des lunettes de repos que tu mets uniquement lorsque tu commences à avoir une migraine. Lui, sans ses lunettes, il vit dans un flou permanant apparemment. Pour partir aussi loin dans l’unique but de voir une graduation, ce n’est pas de la simple fatigue de fin de journée. Soit il est salement hypermétrope, soit totalement astigmate, soit la presbytie arrive.
Mais… Est-ce qu’il se rend compte que tu fais passer aux élèves des tests de vue avant de dire des trucs dans le genre ? Est-ce qu’il est au courant que l’infirmière du lycée, elle n’est pas juste là pour faire jolie et servir de plante verte ? Tu inspires profondément, puis expires, puis inspires… Puis Epsilon arrive sur ton épaule et commence à te tirer les cheveux. Tu sens que ton sang-froid est doucement en train de s’échapper par la fenêtre ouverte.

« Arrête-ça, tu vas foutre des cheveux partout. »

Tu balaies ta main à son niveau, dans l’espoir un peu vain qu’il va soudainement avoir une prise de conscience et partir. Mais non. Il grimpe sur ta tête et s’y installe tranquillement. Bon. Tant qu’il reste sur ta tête, sans te faire mal ou sans faire d’autres conneries, ça va. S’il se décide à t’arracher les cheveux, là il va se prendre une rouste.

« Et il fallait que Benjamin conserve cette tradition-là. Vous ne faîtes rien pour l'empêcher ? »

Tu hausses les épaules. Tu n’es pas sa mère, il ne risque sûrement pas de t’écouter. Le seul moyen pour qu’il se décide à te laisser tranquille, c’est de lui mettre la pression. Comme en le menaçant de raconter à tout le monde qu’il a dragué le renard de M. Evercrow à la Saint Valentin. Et ce, sans le savoir.
« Tu ferais ça ?! Honte sur toi. »
Et voilà, il est calmé. Il retourne bouder près du chien de M. Bartosz tout en te promettant vengeance et compagnie. Bref, des choses habituelles venant de lui. Mais mine de rien, malgré son comportement enfantin, tu l’aimes bien. Tu l’aimes même beaucoup. En vrai, tu ne te verrais plus vivre sans lui. Déjà que dès qu’il n’est pas là, tu te sens un peu perdue… Et puis, depuis le temps que vous vous connaissez. Tu sais qu’il a toujours pris soin de toi, même dans les moments où tu n’étais pas vraiment capable de te rappeler de lui ou de ce que tu faisais.
Tu t’assoies sur une chaise un peu trop haute pour toi, tout en regardant la potion prendre une teinte légèrement ambrée.

« Je l’ai pas reçu en début d’année, mais il y a plus de dix ans. Hors de question que je me sépare de lui. Et il a toujours été là pour moi quand… Quand tout part en sucette. »

Tu souris légèrement en regardant le sol, tandis qu’Epsilon babille vers toi.
Hop, c’est bon. Tout est pardonné.

« Vous savez quoi ? Vous devriez venir boire un coup à l’infirmerie un jour. Bon, ça sent l’alcool à 90° mais on s’y habitue. »

Mouais, enfin toi, tu as travaillé un an en hôpital. Donc les désinfectants, tu en as l’habitude. Et puis, tu as la manie de toujours désinfecter la table de soin après le passage d’un élève dessus. Peut-être que M. Bartosz a un budget “produit vaisselle“, mais toi, tu as vraiment un budget “alcool désinfectant à 90°“.


Hors-rp:
 

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Dim 11 Mar - 20:15
dans lequel un gars est pris au dépourvu
Des cheveux partout ... ? Nouveau scénario catastrophe : l'oiseau de Mlle Loisel persistait dans son attitude enfantine et, malencontreusement, faisait glisser un cheveu hors de la tignasse de l'infirmière. Loi de Murphy oblige, ce dernier voltigerait jusqu'à la préparation avant de s'échouer lamentablement dans la substance instable que Frédérik venait de préparer avec amour. Dans un long cri d'agonie, il sombrerait lamentablement dans la mixture laissant le professeur dans l'impuissance la plus complète. La suite serait désastreuse. Peut-être pas une explosion, mais sûrement un dégagement, du style inodore et incolore mais capable de vous foutre la gerbe pendant une semaine. Les élèves pensaient souvent que l'explosion d'un mélange constituait l'étape obligatoire à toute potion foirée. En réalité, les conséquences étaient variées et l'explosion restait une hypothèse isolée beaucoup moins dangereuse que certains maux insidieux qui se logeaient dans des vapeurs toxiques ou autre.

Pire encore, aucun effet ne se déclarerait. Leur préparation serait ruinée, mais rien ne l'indiquerait de visu. Par contre, lorsque Loisel appliquerait la pommade sur le corps d'un pauvre petit élève déjà mutilé par une vilaine brûlure ... Ce serait moche. Très moche. Frédérik ne tolérait pas qu'une de ses préparations soit imparfaite à ce point. Mal à l'aise devant cette éventualité, il ne put s'empêcher de scruter attentivement sa préparation à la recherche du moindre corps étranger. Rien, évidemment. Il faudrait vraiment une drôle de coïncidence pour qu'un cheveu bondisse jusqu'au flacon et parvienne à se glisser dans l'embouchure. Il ne fallait pas en déduire que l'évènement relevait de l'improbable. Un tel raisonnement conduirait à endormir sa vigilance, ce que l'intransigeant professeur ne faisait jamais. Son calme revint lorsque l'oiseau se décida à quitter la tête de Line. Le petit oiseau venait de sortir, à son grand ravissement. On était passé à un cheveu de la catastrophe, littéralement.

Frédérik resta parfaitement inexpressif, quand bien même il se demanda comment Mlle Loisel avait récupéré cet oiseau si elle n'avait pas étudié ici. D'autres écoles, pratiquaient-elles une tradition similaire ? Frédérik ne pensait pas faire ça un jour, mais il remercia ses parents de ne pas l'avoir envoyé dans ce genre d'établissement. Il n'osait même pas imaginer à quoi ressemblerait sa vie s'il avait côtoyé Derrick pendant dix ans. Ce chien l'aurait rendu névrosé ... Ce qu'il était déjà, certes, mais pas pour les mêmes raisons. Toutefois, il pouvait éventuellement concevoir que Loisel voit en son compagnon ailé un allié indéfectible qui l'avait épaulé durant toutes ces années, même s'il aurait trouvé plus logique qu'elle cherche du soutien auprès de ses amis ou de sa famille.

« Depuis dix ans ? Effectivement, vous devez y être particulièrement attachée. »

Difficile à admettre, mais soit. La suite fut tout autant difficile à avaler pour une autre raison cependant. Lorsque sa collègue se décida à l'inviter, Frédérik ne put contenir sa surprise. Son absence d'expression se mua en une légère stupeur. Derrick releva la tête brusquement, tout aussi étonné. S'il s'attendait à celle-là.

« Vous voulez ... Boire un coup avec moi ... ? » répéta-t-il un peu incrédule, voire, presque gêné.

Comment dire. Euh. Bug du system, on reboot. Vous vous en doutez, Frédérik n'était pas très habitué à être invité où que ce soit. Au contraire, c'était plutôt le genre de type qu'on rayait d'emblée de la liste quand on organisait une petite sauterie, parce qu'il n'était pas très festif comme gars. Et encore, c'était un euphémisme. Il le savait pertinemment d'ailleurs ; être persona non grata qu'on écartait systématiquement ne le gênait pas outre mesure. De toute façon, il se sentait autant à sa place dans ce genre de réunion qu'un ours polaire au beau milieu d'un désert. Idem, quand on souhaitait boire un coup avec quelqu'un, on ne pensait pas à lui spontanément. De fait, il était particulièrement touché que Line désire passer du temps en sa compagnie, même si son réalisme lui soufflait qu'elle ne le faisait que par pure politesse.

Derrick à l'arrière semblait ravi ; son regard morne se mit à pétiller de fierté. Son petit Fredo se faisait des amis, tout seul, comme un grand ! Incroyable. Il en regagnait presque du poil de la bête. Sa queue se mit à battre dans tous les sens.

Oh, de l'alcool à 90°, comme à la maison. Il ne sera pas dépayser. dit-il à Epsilon avec un clin d'œil.

Minute papillon. Que tout le monde reste calme, ne vous emballez pas trop rapidement. Il n'avait jamais dit qu'il acceptait. Frédérik retrouva son expression sévère coutumière. Si elle se sentait forcée par courtoisie de lui proposer, Frédérik n'allait pas lui infliger sa présence plus que nécessaire. Elle était jeune et dynamique, il valait mieux qu'elle passe son temps libre avec les profs cools, genre Evercrow. Ou Lindberg. Ou Jekyll. Voire Marcat. Rectification : pas Marcat. Lui, il pêchait par excès au niveau de la coolitude vu ce que Frédérik avait entendu de son coup d'éclat à la fête d'Halloween cette année. En gros, tous les autres, même ceux qu'il ne connaissait que de nom, sauf lui.

Pour ne rien arranger, il pariait qu'elle n'avait pas de thé, ou, si elle en possédait, il devait s'agir de sachets sans goût premier prix qu'elle balancerait négligemment dans de la flotte tiédasse dans une tasse ébréchée avec une phrase ringard, genre « Les antibiotiques, c'est pas automatique ». Son bon goût en serait outré. Pourtant, s'il refusait, il allait encore passer pour l'ours asocial de service. Allez. La supporter en dehors d'un cadre formel ne devait pas être si compliqué. Après tout, elle venait de montrer qu'elle était sympathique, comme il l'avait soupçonné depuis le début. Mais il faudrait pénétrer dans son infirmerie, sa tanière, son antre, son territoire sur lequel Frédérik n'aurait aucun pouvoir. A devoir s'assoir sur un lit, comme deux hippies ou deux adolescentes lors d'une soirée pyjama. A voir au loin l'armoire à pharmacie dans laquelle l'anarchie devait prendre ses aises.  

« Si votre invitation n'est pas seulement pour la forme, je passerais, un jour. »

Il ne savait pas à quoi il venait de s'engager. Pire, elle ne savait pas à quoi elle venait de s'engager. Derrick sembla ravi, comme si on venait de lui annoncer une grande nouvelle. Un jour, ça n'engageait pas à grand chose. Comme pour ne pas trop songer aux conséquences de son acceptation, Frédérik constata avec ravissement que la couleur de sa mixture venait très subtilement de gagner une teinte plus sombre. Il coupa le feu puis arracha quelques brins de romarin qu'il laissa tomber dedans. Les brins se dissipèrent immédiatement à l'intérieur. Il attrapa la fiole, qui n'était pas chaude au touché, et versa son contenu sur la gelée. Le liquide épais carmin nappa petit à petit la terrine.  

« Si vous le voulez bien, ajoutez 20 centilitres de miel et mélangez délicatement. Ceci fait, il suffit d'attendre 10 minutes pour que la réaction s'opère et nous aurons finis. »

Pour le moment, leur truc ne ressemblait pas à grand chose. Toute la magie des potions résidait dans l'ultime étape, celle qui transformait irrémédiablement le produit pour aboutir au résultat escompté. Frédérik ne se lassait jamais de la séquence de découverte, lorsqu'il faisait face à un mariage heureux d'ingrédients que tout opposait au départ. De l'art et des sciences conjugués.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mer 21 Mar - 18:27
Un cheveu dans la potion
Ft. Frédérik Batosz

« Vous voulez ... Boire un coup avec moi ... ? »

Bah oui. Tu ne vas tout de même pas t’infliger par pur plaisir la compagnie de quelqu’un que tu ne supportes pas. Tu n’es pas masochiste non plus.
« T’es sûre ? Je te rappelle que tu viens lui demander de venir boire un coup à l’infirmerie sans aucune raison. »
Ah oui, c’est vrai… T’es peut-être un peu maso sur les bords alors… Mais tout de même, il doit être moins maniaque et psychorigide lorsqu’il n’est pas dans une salle de classe ou en compagnie de produits potentiellement dangereux ! On ne peut pas être comme lui en permanence, c’est parfaitement impossible ! Inhumain même !
« Je crois que tu te fais des idées, en fait. »

C’est à cet instant que Derrick se décide à faire une petite confidence à Epsilon.
« L’alcool à 90°, comme à la maison. »
L’oiseau regarde le chien, surpris. Déjà, comment ose-t-il s’incruster dans son esprit sans qu’il lui ait donné la permission ? Epsilon ne parle à personne ou presque. Pourquoi ? Parce que c’est comme ça. Il n’aime pas, voilà tout.
Et ensuite… « Comme à la maison. » Il lave ses meubles à l’alcool désinfectant ? Apparemment. Et est-ce qu’il se lave à l’alcool désinfectant aussi ? Ça doit être douloureux s’il y a des petites coupures on ne sait où. Et ça doit piquer aussi. Et est-ce qu’il le fait vraiment ? C’est une grande question quand même. Epsilon est curieux. Il aimerait bien savoir.
En tout cas, voilà Epsilon qui se détourne du chien sans lui avoir donner le début de l’ombre d’une moindre réponse. Sa remarque l’a fait rire, mais ce n’est pas une raison pour engager une conversation et devenir comme cul et chemise en une soirée. Epsilon est comme ça, il n’aime pas les gens.

« Si votre invitation n'est pas seulement pour la forme, je passerais, un jour. »

Tu hausses les épaules.
Si un jour, il souhaitait passer, tu n’allais sûrement pas lui claquer la porte au nez. Le supporter une heure autour d’une tasse de thé ne devait pas être si affreux. Et puis, assis à une table, son caractère de maniaque de service devait moins ressortir, non ? Tu espères. Au moins pour lui. Ça doit être invivable de vivre avec quelqu’un comme lui tous les jours.

« Si vous le voulez bien, ajoutez 20 centilitres de miel et mélangez délicatement. Ceci fait, il suffit d'attendre 10 minutes pour que la réaction s'opère et nous aurons finis. »
« Eh ben, c’était du rapide. »

Tu regardes ta pauvre gelée dans laquelle ont été placées trois/quatre feuilles de romarin – le nombre exact t’échappe – ainsi que la fiole que M. Bastosz a préparée plus tôt. Finalement, tu n’as pas servi à grand-chose dans cette histoire. A croire qu’il t’a consciemment éloignée des ingrédients dangereux pour te faire faire fondre de l’aloès vera et te faire verser du miel.
« Franchement, tant mieux. »
Ouais !
Tu fais signe à Epsilon pour qu’il vienne vérifier tes mesures, avant de prendre une éprouvette 500mL et de commencer à verser. Jusqu’à 200mL, tu n’as jamais eu de mal avec les conversions. Puis tu écoutes Epsilon te donner ses instructions.
« Ouais… Continue… Un peu moins vite… Un peu moins vite. Un peu moins vite, j’ai dit. Stop. Stop. Stop ! Mais pas si vite ! Tu m’étonnes que t’étais nulle en potion, t’as vu comment t’y vas comme une bourrine ? Tu l’as eu comment déjà ton diplôme ? »
Ben pas grâce aux potions, ça c’est sûr.

Tu te redresses, toute sourire, avec tes 20cL de miel dans ton éprouvette, obtenus au péril de la vie de ton familier tant tu as eu envie de l’étrangler avant de te souvenir avec déception qu’il ne pouvait pas mourir. Puis tu les verses le plus délicatement possible sur la mixture assez informe qui trône dans la terrine avant de touiller à l’aide de la première cuillère en bois venue. Une fois le miel bien incorporé – du moins à ton goût – tu laisses le mélange refroidir en t’asseyant à nouveau sur ta chaise.

« Bon, c’était pas si compliqué finalement. J’imagine que vous avez connu pire, non ? »

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Dim 25 Mar - 20:16
dans lequel un gars a mangé le respect

Hello darkness my old friend.

Noir et blanc, ralenti dramatique, pluie qui s'abat à torrent en se confondant avec les larmes du principal protagoniste. Tel était à peu près l'état d'esprit de Derrick à cet instant. Il ne manquait plus que du Whitney Houston en fond sonore pour qu'il se mette à bouffer de la Häagen-Dazs dans le pot directement comme une adolescente sortie de sa première rupture. En l'occurrence, c'était sa séparation brutale avec Epsilon qui faisait sonner dans sa tête une trentaine de chansons tristes à la fois. Terminée, leur histoire, violemment, sans préavis, à l'instar d'un vieux SMS envoyé entre deux cuites pour annoncer leur séparation. Et encore.

Au moins, un SMS avait le mérite d'annoncer la couleur. Là, il n'y avait eu que du mépris pur et simple, un vent plus glacial que celui au Nord du Mur, une véritable tempête de neige qui laissa le basset pantois. Il se laissa sombrer sur le sol avec un couinement déchirant. Pour le coup, on eût dit une véritable flaque tant il s'étala lamentablement. Tout le monde le haïssait. Pourtant, il essayait tellement d'être un bon garçon ... C'était fini, plus jamais il ne se réjouirait de la venue de Line et de son compagnon. Plus jamais. Jusqu'à ce qu'il change d'avis demain matin une fois sa déception miraculeusement effacée. Il était si peu rancunier que Frédérik le trouvait ridicule dans ces moments-là.

De son côté, Frédérik commençait à douter de son choix. Peste. Maintenant qu'il avait promis qu'il passerait, il allait se sentir obligé de tenir sa parole. Quelle malédiction, d'être un homme droit. Pour une personne lambda, un jour ne signifiait pas grand chose. Pour Frédérik, c'était un engagement sacré qu'il se devait d'honorer incessamment sous peu. En tout cas, Loisel n'avait pas l'air plus étonnée que ça. Ce qui s'apparentait à un évènement incroyable pour le magicien semblait aussi anodin pour la sorcière que de croiser un élève dans un couloir. Quand il la voyait, presque blasée, Frédérik se demandait s'ils vivaient tous les deux sur la même planète. Deux mondes aux trajectoires parallèles de prime abord mais qui semblait accuser une inflexion pour un éventuel rapprochement. Un jour peut-être.

A son tour de se montrer blasé lorsqu'elle s'exclame que l'opération avait été rapide. Elle ne lui avait pas demandé un élixir de longue vie non plus, ce genre de décoction ne demandait pas des journées de préparation par rapport à d'autres. Quand on savait ce qu'on faisait, la plupart des potions ne demandait pas beaucoup de temps de préparation. Il restait cependant la dernière étape à accomplir avant de pouvoir crier victoire et se serrer les uns et les autres dans les bras. Le final ne nécessitait pas un stade de maîtrise avancé, raison pour laquelle il avait consenti à laisser le soin à Loisel de conclure. Il avait même failli le faire lui-même avant de se souvenir qu'il avait une coéquipière à côté de lui et non une plante verte.

Malgré tout, l'exigeant praticien ne put détacher son œil de la néophyte lorsqu'elle versa l'épais liquide dans l'éprouvette graduée. Ouah. L'équipe Loisel - Epsilon - qu'on appellera Loisilon - semblait ... Parfaitement inefficace. Quand il la voyait verser ce pauvre miel par à coup, l'odeur de la catastrophe lui chatouillait le nez. Ne rien dire. Rester stoïque. Allez, il était prêt à parier qu'elle allait dépasser la graduation. Sérieusement, à la voir verser comme une brute, c'était un miracle qu'elle n'ait pas encore fait tout déborder.

Heureusement, elle se stoppa au bon moment. Frédérik vérifia rapidement que la mesure était bonne. Rassuré, il scruta néanmoins le moindre de ses faits et gestes par la suite. Quand elle posa enfin sa cuillère en bois, cessant de martyriser sa pauvre mixture, Frédérik aurait bien laissé échapper un soupir de soulagement si sa retenue habituelle ne l'en avait pas empêché. La séance de torture venait de s'achever. Son self-control admirable avait triomphé de cette terrible épreuve. Il était presque fier de lui. Presque. Frédérik se déplaça pour sortir son téléphone portable de la poche de sa veste. Top chrono pour dix minutes.

« Si j'ai connu pire que vous comme praticienne ? Oui, il y a toujours pire, si ça peut vous rassurer. Votre moyenne ne devait pas être très brillante dans cette matière. »

Bon, il avait peut-être légèrement détourné la question. Heureusement que ce n'était pas très compliqué vu le spectacle auquel il venait d'assister. D'un autre côté, il s'était assuré que l'opération ne soit pas trop complexe pour Line afin d'éviter la catastrophe. Il n'osait même pas imaginer le résultat s'il avait confié sa partie du travail à l'infirmière. Cette femme avait le don pour faire naître des visions apocalyptiques dans son esprit. Sur ces mauvaises pensées, Frédérik préféra se dédier à une activité qui lui tenait particulièrement à cœur : le nettoyage. Il attrapa le matériel encrassé qu'il plongea dans le lavabo. Le retour de la vengeance du produit vaisselle.

« Disons simplement que ce type de mélange ne nécessite pas d'opérations complexes, seulement de la précision. En attendant, je peux vous proposer un thé si vous le souhaitez. Avez-vous besoin d'autre chose, tant que nous y sommes ? »

Tant qu'elle ne lui demandait pas un élixir pour ramener un mort à la vie, il devrait s'en sortir de tout façon. Le cas échéant, si une recette lui échappait, il avait toujours son vieux carnet rangé soigneusement dans son cartable. Un vieux grimoire rempli d'annotations en tout genre comme on n'en faisait plus. Est-ce que c'était cliché ? Un peu. Mais il valait mieux être paré à toute éventualité, surtout pour les recettes aux vertus médicinales. Un mauvais dosage pouvait rapidement virer au drame dans le domaine. Juste pour la rigolade, il était presque prêt à laisser à Line le soin de confectionner une potion seule, sans aucune aide. Mettre son sang-froid à l'épreuve de la sorte lui parut néanmoins une très mauvaise inspiration. Ah oui, et ce ne serait pas drôle en fait. Peu de choses étaient drôles aux yeux de Frédérik de toute façon.

Derrick aurait bien aimé un chocolat chaud, une couverture et mater une bonne série en se faisant gratter derrière les oreilles. Mais lui, on le lui proposait jamais rien.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Lun 2 Avr - 13:35
Un cheveu dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

Tu entends au loin ce pauvre Derrick lancer une plainte déchirante. Lorsque tu te retournes vers, le voilà déjà affalé au sol, telle une flaque d’huile qui ne cesse de s’étendre, le regard triste et les oreilles basses. Tu regardes ton familier d’un air assassin.
« C’est toi ? »
« Ben il avait qu’à pas s’incruster comme ça dans ma tête. Elle est où la politesse dans l’histoire ? »
« Sois un peu plus sociable, je t’en prie… »
« A quoi ça sert, de toute façon ? »

Tu lèves les yeux au ciel, désespérée par l’attitude de ton oiseau.

« Si j'ai connu pire que vous comme praticienne ? Oui, il y a toujours pire, si ça peut vous rassurer. Votre moyenne ne devait pas être très brillante dans cette matière. »


Ce n’était pas vraiment ta question. Et merci bien, tu es parfaitement au courant d’être une catastrophe ambulante dès qu’on te met dans un laboratoire. Il n’avait franchement pas besoin d’en rajouter une couche par-dessus.

« Non, effectivement, elle était assez lamentable. Disons qu’on a vite vu que j’étais pas douée et quand les binômes étaient choisis, celui qui se retrouvait avec moi tombait souvent en dépression. »

Tu entends encore les cris de désespoir de tes camarades, obligés de te subir en cours de potion pour le meilleur et pour le pire. Surtout pour le pire, en fait. Heureusement pour toi qu’il existait une épreuve théorique qui t’a largement sauvée. Mais le jour où cette fichue matière ne sera que théorique, ça se saura. D’ailleurs, elle ne devrait pas l’être, sinon des catastrophes dans ton genre pourrait s’en donner à cœur joie.

M. Bartosz profite du temps d’attente pour s’adonner à ce qui semble être son activité favorite : faire la vaisselle. Tu te demandes soudainement s’il est du genre à nettoyer ses assiettes propres juste pour le plaisir. Une petite voix, celle d’Epsilon en l’occurrence, te souffle que c’est fort probable. Puis ce dernier rajoute qu’il nettoie déjà ses meubles à l’alcool désinfectant, ce qui est très mauvais pour le bois, de un ; de deux, a tendance à te faire rire tant cet homme est un cliché ambulant.

« Disons simplement que ce type de mélange ne nécessite pas d'opérations complexes, seulement de la précision. »
« Ah. »

Le pourquoi tu n’aimais cette matière à l’époque de tes études te revient soudainement : en fait, tu n’en as rien à cirer. Voilà la raison. Mélanger des trucs, c’est bien joli, mais ce n’est pas fait pour toi. Et l’idée d’entendre potentiellement Frédérik en parlant pendant des heures ne te réjouis clairement pas. S’il commence, tu vas bien évidemment l’écouter par pure politesse. Ou du moins faire semblant de l’écouter. Enfin, tu vas essayer de ne pas sombrer sur ta chaise, plutôt.

« En attendant, je peux vous proposer un thé si vous le souhaitez. Avez-vous besoin d'autre chose, tant que nous y sommes ? »

Un petit thé ? Tu n’es pas du genre à dire non à un petit thé.

« Un thé ? Je veux bien, s’il vous plait. Et rien d’autre, ce ne sera pas nécessaire. »

Tu ne vas pas non plus faire ta chieuse en demandant petit sucre et petit lait. Déjà qu’il possède du thé dans son placard, apparemment. Dans ton placard, tu possèdes quoi, toi ? Du chocolat que tu réserves pour les élèves qui font une sécheresse mais que tu manges pendant qu’ils ne sont pas là. Vive l’infirmière. D’un autre côté, ils ont qu’à venir plus souvent s’ils veulent manger le chocolat qui leur est réservé.

« En revanche, j’imagine que vous avez toujours été doué pour cette… »

Connerie.

« Discipline. »

Question typique de celle qui n’a pas de sujet de conversation parce qu’elle n’a qu’une envie, c’est de se barrer de cette salle de malheur pour aller se promener près de la forêt.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Ven 6 Avr - 15:23
dans lequel un gars se montre réaliste

Étonnant. Si surprenant que les bras lui en tombaient. Ne vous laissez pas abuser par ce constat ; en vérité, si vous aviez été capable de voir la tête de Frédérik à cet instant, son expression indifférente vous aurait permis de déceler toute l’ironie des assertions précédentes. Il se doutait que Loisel avait été un fléau pour ses partenaires d’infortune. A vu de nez, en quelques minutes, il était presque prêt à parier que sa moyenne oscillait entre le huit et le six en travaux pratiques. Et encore. Huit était la fourchette haute de son estimation que des professeurs bienveillants voire, carrément laxistes, auraient pu lui accorder dans un moment de faiblesse.

Avec lui, la note avoisinerait probablement le six. Il n’avait pas la réputation d’être particulièrement clément avec la notation de toute façon, au contraire, on l’accusait régulièrement de sacquer. Sa pauvre maman avait dû faire l’objet de remarques vindicatives calomnieuses plus que toutes les autres. Il le savait. Est-ce que ça l’empêchait de dormir ? Non. Ils n’avaient qu’à faire preuve de précision et de rigueur dans leurs préparations et là, éventuellement, il monterait un signe de clémence. Il était payé pour apprécier leurs compétences, pas pour les baigner un éloge continu. Et puis, au moins, avec ses exigences, les élèves avaient de bonnes surprises à l’examen final quand ils gagnaient des points. Ou alors, il était juste pénible à se montrer trop dur avec des élèves qui découvraient une matière et qui n’avaient pas des années de pratique derrière eux comme lui, rendant inutile tout le développement ci-dessus. Peut-être un peu.

En tout cas, il ne doutait pas que Loisel avait essuyé moult malédictions de la part de ses collaborateurs. Espérons que ses connaissances théoriques permettaient de compenser ses lacunes pratiques le cas échéant, même si, en dépit de son talent spécial pour jauger les compétences de chacun, Frédérik ne parvenait pas à déterminer la capacité à raisonner de l’infirmière. Puisqu’il n’allait pas se livrer à une expérience pour l’estimer malgré sa curiosité, cette question resterait en suspens. Au fond, osef. Son diplôme, elle ne l’avait pas trouvé par pur hasard dans une pochette surprise de toute manière. Et, vu le domaine dans lequel elle exerçait, son aptitude à confectionner des potions importait peu, surtout qu’elle avait un praticien sous la main quand bon lui semblait. Mais juste par curiosité …

Tandis qu’il réfléchissait à la question, la vaisselle terminée et essuyée, Frédérik se dirigea machinalement vers le placard. Au passage, il ne put s’empêcher d’emporter les ingrédients devenus inutiles pour les remettre à leur place. Franchement, au départ, il avait été déterminé à tout laisser en plan pour ranger une fois que sa collège eut quitté la salle. Toutefois, en voyant ces éléments abandonnés désormais surabondant dans son décors … Difficile de laisser traîner. Impossible même. Il remit tout à sa place puis extirpa son attirail pour préparer un thé. Pas de sachets premier prix avec lui, il comptait bien leur préparer une boisson de qualité. N'empêche, il avait été inspiré de garder un nécessaire pour ce genre de visites impromptues. Lui qui avait toujours pensé que sa boîte de thé en vrac et ses tasses ne serviraient presque jamais dans son laboratoire, il était forcé de constater qu'il avait l'occasion de les sortir de plus en plus souvent. Comme quoi, sa prévoyance n'était pas aussi grotesque qu'elle en avait l'air. Une fois la bouilloire remplie, il la plaça sur le réchaud.

Alerte rouge. Alerte rouge. Loisel tentait d'établir un contact. Pire, elle essayait de lui faire la conversation. Oula. Oulala. Comme si elle se mettait subitement à aborder la météo. Charmante attention. Sauf que non.

« Effectivement. »

Voilà, voilà. Et sinon, quoi de beau ? Au moins, il avait répondu, c'était un bon début. Elle espérait quoi ? Qu'il se lance dans une grande tirade grandiloquente sur sa jeunesse ? De grâce. Elle s'en tamponnait le coquillard, soyons honnêtes. Lui-même s'en fichait complètement pour tout avouer. Elle souhaitait sûrement rentrer chez elle. Lui aussi. Il en vint presque à regretter de lui avoir proposé un thé ; au moins, il lui aurait épargné de subir sa compagnie plus que de raison. Sa politesse allait leur coûter à tous les deux un temps précieux.

Presque machinalement, il jeta un coup d'œil discret vers le bas, assuré qu'à cet instant Derrick exsudait la désapprobation de tout son être devant l'attitude déplorable de son maître. Pas de chien en vu. Visiblement, il restait cantonné dans son emo corner à se répéter qu'il était mal aimé et à s'interroger sur le pourquoi du désespoir au fond de lui. Frédérik retira l'eau frémissante du feu puis, après son petit cérémoniel, la versa dans sa théière en compagnie de deux cuillères d'Earl Grey dans le filtre. De nouveau, il consulta son téléphone. Deux minutes trente.

« Vous n'êtes pas obligée de me faire la conversation vous savez. Nous n'avons aucun point commun jusqu'à preuve du contraire. A vrai dire, je me demande même pourquoi vous avez accepté le thé au lieu de vous enfuir d'ici dès que possible. » soupira-t-il en s'installant sur sa chaise.

Direct, Frédérik ne s'embarrassa pas de fioritures pour expliciter le fond de sa pensée. Vous savez ... Il avait conscience de ne pas être très fun comme gars. Une femme comme Loisel devait sincèrement s'ennuyer en sa compagnie. Sauf à faire preuve d'un masochisme poussé, il ne parvenait pas à saisir pourquoi elle persévérait à vouloir passer du temps avec lui. Un pari ? Un défi personnel ? A ce niveau-là, c'était comme trouver la clé dans la cellule remplie de serpents à Fort Boyard mais de décider d'y rester juste pour le frisson. Une sacrée énigme que l'esprit rationnel du praticien ne parvenait pas à décortiquer d'une manière logique. Consultant de nouveau son téléphone, Frédérik versa le thé dans sa tasse noire, impersonnelle, et dans celle avec des oreilles de chat qu'il avait réservé pour Line. Plus il y songeait, plus il avait envie de s'en débarrasser. De la tasse avec les oreilles de chat, pas de Line. Il n'oserait pas. Enfin, si, il oserait, mais pas maintenant. Bref.  

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz Mar 10 Avr - 14:54
Un cheveu dans la potion
Ft. Frédérik Bartosz

« Effectivement. »

Une suite ?
Un petit mot supplémentaire ?
Tu attends, tu doutes, tu croises les doigts. Puis tu le vois se détourner pour aller fouiller dans son placard à la recherche du thé tant attendu. Ouf ! Tu te détends en te rendant soudainement compte que tu n’avais franchement pas envie de l’entendre te raconter sa vie. Tout comme il n’a sûrement pas envie de t’entendre raconter la tienne. De tout façon, pour ce que ta vie a de palpitant, elle ne vaut pas vraiment la peine d’être racontée, mais bref.

Tu te mets à bailler avec le plus de discrétion possible tout en regardant rapidement dans la terrine pour voir ce que la potion pouvait bien devenir. Verdict : rien. Outre son aspect visqueux et collant, qui franchement ne t’attire pas, soyons honnête, elle n’a pas bougé depuis tout à l’heure. Toujours la même couleur, toujours la même odeur. Bien que tu jugerais avoir vu une malheureuse bulle éclater à l’instant. Espérons qu’elle finisse par ressembler à la pommade anti-inflammatoire que tu as l’habitude d’utiliser dans ton infirmerie. Parce que là, tu vas juste avoir l’impression d’étaler du miel sur le corps des étudiants, ce qui serait de un très étrange, de deux très dérangeant, et de trois très désagréable. Mais bon. Si quelque chose tourne mal, tu t’en voudrais d’avoir gâcher des ingrédients, surtout ceux qu’a utilisés M. Bartosz, qui semblaient bien plus rares que du miel ou une feuille d’aloes-vera.

« Vous n'êtes pas obligée de me faire la conversation vous savez. Nous n'avons aucun point commun jusqu'à preuve du contraire. A vrai dire, je me demande même pourquoi vous avez accepté le thé au lieu de vous enfuir d'ici dès que possible. »

Eh bien, ça a le mérite d’être direct.
Tu te retrouves rapidement avec une tasse décorée de petite oreilles de chat sous les yeux. Tu hausses un sourcil en te demandant comment diable a-t-il bien pu se retrouver avec une telle horreur dans son placard. Tu n’es pas gaga des chats. Ce sont les chats qui sont gaga de toi. Il n’y a qu’à voir la réaction de ces animaux lorsque tu rentres dans une pièce. Il n’est pas rare que tu te retrouves entourée de trois chats qui ne demandent qu’à te faire des câlins. Et à côté de ça, Epsilon, non seulement reste au loin de peur de se faire becter, mais en plus rumine dans sa jalousie.
Comme durant la semaine tu t’es sentie obligée d’héberger un chat chez toi, parce que ce dernier ne voulait pas quitter le devant de ta fenêtre. Une semaine pour retrouver ses vrais propriétaires. A l’autre bout de la ville. Et le pire, c’est que tu laissais partir la journée, avec l’espoir qu’il reparte chez lui tout seul. Mais non. Il revenait sans cesse à ta fenêtre. Et tu ne l’avais même pas nourri à la base.
« Maudit félin. »
Tu ne peux qu’approuver.

« Pure politesse. »

Quitte à être franc et direct…
Tu te piques les doigts avec la pointe des oreilles de chats en attendant que le thé refroidisse.

« Et puis au fond, vous n’avez pas l’air d’être le grand méchant loup, donc je vois pas pourquoi je me méfierais. »

C’était la principale raison.
Il n’avait pas l’air bien méchant derrière son air sévère et sa maniaquerie à tout épreuve. Et tu pouvais être sûre que ces qualités faisaient de lui un excellent professeur. Peut-être peu apprécié par ses élèves, certes, mais un professeur n’est pas fait pour être le bon copain.

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MessageSujet: Re: Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz
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Un cheveu dans la potion - Ft. Frédérik Bartosz
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