[Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi}
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MessageSujet: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Dim 7 Jan - 21:04
dans lequel un gars tente d'aller à la pêche aux informations
première étape, on lance l’hameçon
« Pour la prochaine séance, je vous demande simplement de rechercher les propriétés et utilisations des plantes dites médicinales en dehors de leur fonction première. J'entends par là que je ne me contenterai pas d'un simple "Elles servent à soigner." Ce sera tout pour aujourd'hui. Mademoiselle Satô, avant de partir, j'aimerais m'entretenir avec vous. »

Sois gentil avec elle Fredy. Fais attention, ne manque pas de tact et vas-y doucement.

Ledit Fredy, qui n'appréciait nullement qu'on déforme ainsi son prénom au passage, ne répondit rien. La psychologie canine, merci bien, il se débrouillera sans. Enfin, normalement. Espérons.

Suite aux sollicitations itératives de sa commère quadrupède (et à une discussion musclée hier soir), Frédérik s'était enfin décidé d'aborder son sujet d'inquiétude au sujet de Nozomi avec la concernée. C'était une bonne gamine. Franchement, il l'appréciait même s'il ne montrait rien de l'estime qu'il lui portait. Sa carrière lui avait appris que dans son métier, il ne fallait pas fonctionner à l'affectif au risque de se faire bouffer. Ça tombait bien : Frédérik était le meilleur pour ne jamais exposer une quelconque affection. Toutefois, bien que son comportement soit strictement équivalent à celui qu'il témoignait aux autres, il ne parvenait pas à réprimer un certain attachement pour une élève si studieuse et talentueuse. Comme lui à l'époque, à quelques détails près. Ce constat n'était d'ailleurs pas parfaitement étranger à la raison de sa sympathie.

Depuis le début de l'année cependant, il avait l'étrange impression que quelque chose dérangeait Nozomi. Il la trouvait moins rayonnante, faute de mot plus adapté à la situation. Il ne parvenait pas à mettre le doigt précisément sur ce qui clochait chez elle. Oh, il avait bien une vague idée qui lui avait effleuré l'esprit. D'un autre côté, il n'y avait qu'une seule chose d'importance qui avait changé à Sainte-Catherine depuis l'année dernière. Très logiquement, la déduction qui s'imposait voulait que le trouble occasionné provienne du changement en question. Il s'agissait seulement d'une conjecture ; Frédérik ne se souvenait plus qu'à cet âge-là, bon nombre d'événements perturbants se produisaient, notamment au niveau relationnel. Les histoires entre copines, celles de cœur, les incertitudes sur l'avenir, les problèmes familiaux ... Tous ces motifs lui passaient complètement par-dessus la tête. Ses considérations étaient beaucoup plus terre-à-terre. Presque mathématiques.  

Intrigué, une fois, il avait eu le malheur de partager avec Derrick le motif de sa perplexité. Dès lors, le chien n'avait cessé de le harceler pour qu'il s'intéresse personnellement au cas Nozomi. Au départ, le difficile professeur avait farouchement rejeté cette éventualité. Et puis quoi encore ... Entrez Mlle Satô ! Un thé ? Allez, allongez-vous sur le canapé et racontez-moi votre vie. Parfaitement grotesque. Et puis, progressivement ... Quand il passait quelques minutes avant le cours à préparer le matériel en sa compagnie, quoiqu'il ne se montre pas des plus bavards, il ne pouvait pas s'empêcher de penser à sa propre situation des décennies auparavant. De s'inquiéter pour elle même. Aujourd'hui, il comptait bien balayer ses doutes et prouver à Derrick que tout ce cinéma ne servait à rien. Bon, il allait devoir faire preuve de tact et de stratégie ... Il avait bien compris que s'il déboulait pour lui demander si quelque chose n'allait pas, elle se contenterait de lui répondre non avant de lui mettre un énorme vent. Problème : faire preuve de tact et de stratégie, c'était pas son fort.

Dans un brouhaha à peine supportable pour un adorateur de calme comme Frédérik, les élèves quittèrent un à un la salle avec une rapidité surprenante. Les plus polis le gratifièrent tout de même d'un au revoir. Visiblement, ils étaient pressés de profiter de leur temps libre. Pas facile d'être le dernier cours jusque 16h. Il leur répondit par automatisme, debout devant son bureau en les regardant défiler sous ses yeux. S'ils faisaient preuve de la même vivacité pour sortir de la salle que pour travailler pendant le cours ... Le professeur serait le plus comblé des hommes. Parfois, devant son audience peu réceptive, Frédérik s'interrogeait sur son choix de quitter l'Université. A l'Université, ses étudiants assistaient à son cours par conviction ; en général, à leur niveau d'étude, il ne restait plus que des survivants passionnés par l'étude des potions, les warriors, les vrais de vrai. Ici, tout était très différent. En enlevant les imbéciles qui voulaient simplement mélanger des trucs pour le fun, si un cinquième de la classe s'intéressait à la confection de potions, ce serait déjà un score honorable. Les autres se contentaient de subir un enseignement obligatoire à l'opposé de leur projet. Et quand la motivation peinait à suivre ... Regrettable. Sur cette réflexion qu'il se faisait invariablement, il rangea ses affaires avec soin dans son cartable promptement puis le déposa sur la table. Il rangea sa chaise sans un bruit et resta debout derrière son bureau.

Petit à petit, le silence regagna la pièce jusqu'à finalement être complet lorsqu'il ne resta plus que Nozomi et lui. Derrick, couché à la gauche du bureau, ouvrit un œil en baillant. Bah bravo, un bel exemple pour la jeunesse. D'un autre côté, il préférait largement que le basset pionce pendant ses cours plutôt que de fourrer sa truffe partout quitte à renverser les préparations des élèves d'un battement de queue mal placé. Même lors des séances purement théoriques, il serait capable de provoquer une catastrophe quelconque à vrai dire. Rétrospectivement : il valait mieux qu'il dorme. Et s'il pouvait tout le temps dormir, ce serait encore mieux. Son air léthargique ne trompait pas le polonais. Il savait pertinemment que si le chien restait étalé par terre comme éteint, il laisserait trainer ses oreilles pour tout capter de la conversation. Littéralement. Non, mais vu la taille de ses oreilles tombantes, Frédérik s'était surpris une fois à se demander s'il poussait son compagnon du haut de la Tour du Sphinx, s'il n'allait pas se mettre à voler comme Dumbo. Bref. On diverge.

C'est comme une partie d'échec. Tu y vas doucement et dès qu'il y a une ouverture, pwouf, tu frappes.
Je me passerais de tes conseils.
Soit. Tu sauras malgré tout que lui envoyer un regard de la mort comme tu le fais en ce moment, c'est pas top pour entamer une conversation, monsieur le Mentaliste.


Un regard de la mort ... ? Mais, il était détendu pourtant. Pas fait exprès. Frédérik retira ses lunettes et les rangea dans la poche de sa veste, comme si ce geste lui permettrait de se départir de son air froid. Le résultat n'était pas des plus saisissant. Nozomi venait d'arriver devant lui. Donc. Oui. Il faut y aller. Commencer quelque part. Erf.

« J'aimerais m'entretenir avec vous au sujet de votre orientation si vous avez quelques minutes à m'accorder. Avez-vous déjà un projet pour l'année prochaine ? »

Derrick ferma l'œil, blasé. Une approche étrange par rapport à l'objectif de Frédérik mais parfaitement adaptée de son point de vue pour attaquer sans mettre les pieds dans le plat. On commence doucement puis on l'amène vers le sujet souhaité. Pour le moment, il gérait.
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MessageSujet: Re: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Sam 13 Jan - 23:41


Au nom de la vérité
ft. Frédérik ♥️

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Pour la première fois depuis son entrée à Sainte Catherine, quelques années auparavant, la journée de Nozomi a démarré sur les chapeaux de roue. Pour une raison obscure – qu'elle attribue volontiers à ses camarades de chambre ou même à son propre familier – son réveil n'a pas sonné à l'heure habituelle. Si le lever général est programmé à six heure trente, Nozomi se réveille toujours un bon quart d'heure avant, afin de profiter tranquillement de la salle de bain avant l'arrivée de ses colocataires. Elle sait via des rumeurs de couloir que cette petite habitude ne plaît pas forcément, mais elle a toujours refusé de changer ses habitudes. La métis ne doute donc pas de la culpabilité de ses colocataires – à moins que Shirayuri, son propre familier, lui ait joué ce vilain tour ? Le chien viverrin a son petit caractère et si madame décide qu'il est mieux de dormir un peu plus, elle serait capable de désactiver l'alarme de sa propriétaire. Même avec des pattes, il n'est pas difficile de déverrouiller un téléphone portable et appuyer sur la petite horloge pour retirer le réveil. Cependant, Shirayuri nie toute culpabilité – Nozomi ne s'y fit pas, son familier est capable de mentir aussi bien qu'il respire.

Toujours est-il qu'à cause de cette alarme annulée, c'est la cloche générale qui a tiré Nozomi de son sommeil. Surprise, il lui a fallut quelques instants pour réaliser son retard. Et malgré sa précipitation pour se tirer du lit, cela n'a pas suffit : ses colocataires prenaient déjà la salle de bain d'assaut. Elle a donc du patienter, non sans agacement, que les lieux se libèrent. Pas qu'elle soit pudique, mais Nozomi ne supporte pas se sentir à l'étroit lorsqu'elle se prépare. La métis s'est donc résolue à s'habiller puis à se coiffer en se servant de la caméra frontrale de l'appareil photo sur son téléphone portable. Se contentant d'un chignon pendant un peu trop sur la droite, Nozomi a finalement pu accéder à la salle de bain pour terminer tranquillement sa toilette. L'instant d'après, elle dévalait les escaliers en direction du réfectoire pour le petit-déjeuner. En règle générale, la métis n'est pas une grande mangeuse. Pourtant, sa colère du réveil semblait avoir creusé son estomac car elle a englouti deux croissants, une biscotte tartinée de confiture de myrtille et un bol entier de thé vert. Ce qui sort vraiment de ses habitudes.

Le reste de la journée, cependant, a été bien plus calme. Nozomi a enchaîné ses heures de cours dans sa bonne volonté habituelle, participant activement et proposant son aide à la moindre occasion. Un comportement de « fayot » d'après certains de ses camarades de classe, mais la métis se fiche bien de leurs avis. Son but demeure inchangé depuis le début de l'année scolaire : proposer un dossier scolaire parfait afin de se garantir une place de choix à l'Université Magique d'Europe. Bien qu'elle ignore encore vers quelle branche se tourner – bien qu'elle se doute que sa grand-mère ait déjà son avis sur la question – l'important est avant tout d'être accepté dans cet établissement plus que prestigieux qui n'a plus sa réputation à refaire dans le monde magique. Et si pour cela, Nozomi doit donner des cours de soutien ou effacer des tableaux … elle ne s'en prive pas. D'autant plus qu'elle fournit en parallèle un travail parfait – ce qu'elle recherche, en plus des résultats, ce sont des appréciations positives. Dans un dossier scolaire, les commentaires des professeurs sont presque aussi importants que les moyennes.

Lorsque la cloche retenti à seize heure, un soupir général de soulagement l'accueille. A l'unisson, les élèves reculent leur chaise afin de fourrer leurs affaires dans leur sac. Seule une petite poignée d'entre eux – dont Nozomi, évidemment – prend le temps de finaliser leurs notes avant d'inscrire les devoirs sur leur agenda. Pour la métis, hors de question de remettre cela à plus tard. Elle n'a pas à avoir honte de sa mémoire mais un accident est bien trop vite arrivé. Ainsi, elle inscrit la demande du professeur dans un curieux mélange de français et de japonais – une habitude qu'elle combat férocement lors des examens ou des devoirs surveillés. Si ce n'est pas un souci pour ses notes personnelles, elle sait pertinemment que tout le monde ne lit pas forcément le japonais. D'ailleurs, elle est souvent dans l'incapacité de prêter ses notes à des élèves absents, ils n'y comprendraient rien ! Heureusement, souvent, les professeurs ont le nécessaire pour permettre aux manquants de rattraper leur retard.

Mademoiselle Satô, avant de partir, j'aimerais m'entretenir avec vous.

Surprise, Nozomi relève par réflexe la tête afin de croiser le regard du professeur Bartosz. Imperturbable comme à son habitude, elle est dans l'incapacité de deviner le pourquoi du comment. Mais loin de l'inquiéter, la métis a presque hâte de savoir ce qu'il a à lui dire. Son professeur de potion est loin d'être le plus bavard de tous et s'il souhaite s'entretenir avec elle, c'est sûrement pour une excellente raison. Elle termine donc d'écrire ses devoirs, sans oublier de lui adresser un léger mouvement de tête pour lui signifier qu'elle l'a bien entendu. Une fois cela fait, Nozomi attend tranquillement que tous ses camarades aient quitté la pièce – dans un brouhaha digne d'une bassecour, évidemment – avant de se lever de sa chaise, son sac sur l'épaule. Dans son dos, Shirayuri lance un regard intrigué au familier du professeur. Ce n'est pas la première fois qu'elle croise le basset mais, à la connaissance de sa propriétaire, ils ne se sont jamais échangé le moindre mot. Vont-ils profiter de la situation pour faire connaissance ? La petite diva s'abaissera-t-elle à s'adresser aux autres familiers ? Nozomi se permet d'en douter.

Malgré le regard de tueur de son professeur, la jeune fille s'approche de lui la tête haute. Voilà bien longtemps qu'elle est habituée à monsieur Bartosz et ses yeux-mitraillettes. Nozomi se doute qu'il ne le fait pas méchamment – ça doit être une simple habitude … ce qui est compréhensible étant donné la jeunesse débauchée de nos jours. Sans se départir de son calme, la métis attend patiemment qu'il lui dévoile les raisons de cet entretien impromptu. Aurait-il une quelconque mission à lui confier ? Le club de voltige n'officiant pas le mardi, elle a deux heures à lui consacrer avant l'étude surveillée. Bien qu'elle doute qu'il la retienne tant de temps – après une journée de cours, les professeurs ont sans aucun doute davantage envie de se reposer que les élèves !

J'aimerais m'entretenir avec vous au sujet de votre orientation si vous avez quelques minutes à m'accorder. Avez-vous déjà un projet pour l'année prochaine ?

Sa requête étonne Nozomi : il la retient seulement pour lui demander ça ? Malgré elle, la métis ne peut s'empêcher d'y trouver anguille sous roche. Ses plans d'avenir, ce ne sont des secrets pour personne dans l'établissement. D'ailleurs, elle les a écrit noir sur blanc lors du remplissage obligatoire de paperasse en début d'année. Mais soit, si monsieur Bartosz désire qu'elle les lui rappelle, Nozomi accepte. Néanmoins, elle ne peut s'empêcher de trouver tout cela plutôt étrange. C'est bien la première fois, à sa connaissance, qu'il agit de la sorte. Aurait-il des astuces à lui fournir ? Après tout, il a enseigné là-bas pendant de nombreuses années avant de rejoindre le corps enseignant de Sainte-Catherine. Il fait parti des mieux placés pour lui en parler. Et Nozomi est prête à écouter tout ce qu'il aurait à dire sur ce sujet.

« Arrête de sourire bêtement, il va croire que tu le dragues. »
« Ne sois pas sotte Shira, c'est un professeur ! »

Le chien viverrin secoue la queue pour toute réponse. Préférant l'ignorer, Nozomi se presse de répondre à son professeur de potion.

Comme je l'ai écrit dans mes vœux de début d'année, je souhaite rejoindre l'Université Magique d'Europe. J'ignore seulement vers quelle branche m'orienter.

C'est le moment où jamais pour commencer à faire un choix. Nozomi est persuadée que monsieur Bartosz saurait lui fournir les meilleures pistes pour son cas. Pour dire les choses honnêtement, elle aimerait énormément se diriger vers les sciences afin de poursuivre ensuite sur des études vétérinaires. En grande amoureuse des Pégases, c'est auprès de ces créatures magnifiques qu'elle aimerait travailler. Néanmoins, elle sait pertinemment que sa grand-mère n'acceptera jamais. C'est déjà une chance immense de pouvoir pratiquer la voltige, Nozomi ne doit donc pas se montrer trop gourmande. Si elle se fit à ce qu'Akina a pu lui dire pendant les vacances d'été, elle compte bien lui faire suivre un cursus de droit afin que Nozomi face de la politique. Une carrière qui ne lui plaît vraiment pas mais qu'elle serait prête à embrasser pour le bien de sa famille. A l'instant même où elle a accepté de prendre le nom des Satô, la métis s'est condamnée à réaliser tous les vœux de sa grand-mère. Dusse-t-elle, pour cela, faire une croix sur ses rêves d'enfant.

Je pense faire une faculté de droit, je dois encore me renseigner sur la question.

Autant noyer le poisson avant qu'il ne se doute de quoi que ce soit. En tant que professeur, il y a de grandes chances qui lui serve le speech classique concernant l'importance de faire ce que l'on désire et tout le blabla habituel que Nozomi connaît déjà par cœur. Elle en attend bien mieux d'un professeur de la trempe de monsieur Bartosz !

A moins que vous soyez, vous, en mesure de m'en dire plus ?





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Nozomi s'exprime en #262532
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MessageSujet: Re: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Dim 14 Jan - 20:28
dans lequel un gars tente d'aller à la pêche aux informations
deuxième étape, on attend
Nozomi avait l'air ... Contente. Elle souriait même. Et vlan, dans les dents le cabot. Frédérik avait presque envie de se retourner vers Derrick en levant le poing de la victoire. Vraiment, il ne comprenait pas pourquoi le chien ne cessait d'affirmer qu'il ne donnait pas envie d'entamer une conversation. Preuve en était, alors même qu'il était censé avoir un air de tueur selon les dires du familier, Nozomi arrivait près de lui avec un sourire. S'il était si terrifiant, elle n'afficherait pas cet air-là. En soi, cet événement ne changeait pas grand chose sur le fond. Frédérik était simplement content de prouver à ce chien qu'il se plantait lourdement. Une petite victoire dans sa vie qui le rendait infiniment heureux. Toutefois, ce triomphe insignifiant n'avait pas grand intérêt par rapport au sujet principal. En l'occurrence, Nozomi ne fit pas dans le superflus en allant droit au but.

Évidemment, le professeur connaissait l'ambition de la demoiselle. Il se souvenait effectivement avoir lu dans ses vœux son souhait d'intégrer l'Université. En prime, sachant que le domaine l'intéressait particulièrement, il retenait assez bien l'identité de ceux qui prétendait l'incorporer. En souvenir du bon vieux temps. Ou du vieux temps tout court dans la mesure où Frédérik ne parvenait pas spécialement à le qualifier de bon. Marrant, le mimétisme du parcours de cette fille vis à vis du sien allait jusqu'à son orientation future. Sans aucun doute sur ce sujet, elle parviendrait à y entrer, tout comme lui. Par contre, la question de la filière qu'elle comptait choisir l'intéressait tout particulièrement. C'était là l'information qu'il voulait obtenir. La pièce du puzzle qu'il espérait exploiter par la suite. Mais, comme elle l'avait déjà spécifié dans ses choix, Nozomi ne savait pas encore vers quelle branche se diriger. Pour le coup, Frédérik pensa qu'il venait de s'enfermer dans un cul-de-sac avant de se raviser. L'interprétation de cet indice n'était pas anodine. Quel intérêt d'aller à l'Université si on n'a aucune idée de ce qu'on allait y faire ? On choisit une école par rapport à un projet professionnel, pas l'inverse. Il croisa les bras en hochant légèrement la tête.

La suite confirma son impression. A l'évocation du droit, Derrick explosa de rire dans son esprit. Le polonais se retint de lui adresser un regard noir, agacé par cette soudaine irruption. Au lieu de se marrer pour une obscure raison, il ferait mieux de contribuer à l'effort en discutant avec le familier de Nozomi. Mais non, c'était trop demander à ce brave basset qui préférait très largement resté étalé sur le sol comme une chiure d'oiseau sur un pare-brise en regardant son maître pédaler dans la semoule lamentablement. Beaucoup plus amusant comme spectacle. Dieu, qu'est-ce qu'il pouvait se prendre la tête avec cette créature ... Voilà à quoi il en était réduit : se disputer avec un vulgaire chien. Un bon indicateur de l'étendue de sa vie sociale et sentimentale.

L'humour de la situation m'échappe.
S'il n'y avait que l'humour de cette situation qui t'échappait ... Sérieux, elle veut faire du droit. Qui voudrait spontanément faire du droit ? Il faut être maso.


Frédérik, qui préféra ignorer la première remarque de son compagnon concernant son sens de l'humour avant que sa tension ne fasse un bond astronomique, fronça les sourcils. L'avouer lui faisait du mal, mais Derrick n'avait pas parfaitement tord. Pourquoi diable Nozomi envisageait-elle de se lancer dans des études de droit ? Elle n'avait pas spécialement l'air attiré par le domaine et n'avait pas non plus exprimé l'envie d'entamer une carrière juridique quelconque à la fin de ses études. Cet élément fit tiquer le détective du dimanche. A creuser donc. Et elle lui en offrit la magnifique opportunité en lui demandant s'il en savait plus. Pour avoir travaillé durant des années à l'Université, il était assez bien informé. Il connaissait la plupart des filières, leurs débouchés et avait même encore quelques contacts avec certains de ses anciens collègues. Bien entendu, la variété des formations proposées et, d'une manière générale, la grandeur du complexe, l'empêchait de prétendre au rang d'expert du lieu.

« Tout dépend des indications que vous désirez. Sur la filière droit, je crains malheureusement de ne pas être la meilleure source d'informations existante. Je pourrais cependant me renseigner. Mais, pourquoi vous destinez-vous au droit ? Il ne me semble pas que vous ayez formulé l'envie d'entreprendre une carrière juridique à la fin de vos études. »

Hmm, tu vas dans un mur là. Ils changent vite de projet à cet âge-là. Si elle a décidé de devenir avocate, juge administratif ou autre, c'est fini, tu sauras rien de plus.
Tu crois qu'elle en a vraiment envie ?
Elle n'a pas l'air très réjouie en tout cas.


« En fait, vous n'avez pas l'air très ... Enjouée devant ce projet. » se hasarda Frédérik.

Ce choix était si impersonnel que Frédérik commençait à douter qu'il provienne de la jeune fille. Et puis, pourquoi vouloir intégrer absolument l'Université Magique, sans regarder la filière ? Avec sa carrière, il en avait vu défiler des élèves et étudiants aux projets professionnels variés. Si l'indécision en tant que telle ne lui posait pas de problème, comprenant aisément que certains éprouvent des difficultés à trouver leurs voies, se borner à vouloir à tout prix un établissement et, en prime, intégrer une filière qui se voulait d'excellence tendait à démontrer que le choix n'était pas parfaitement personnel. Face à cette éventualité, Frédérik songea à son propre parcours. Il avait eu beaucoup de chance que le choix parental de sa filière coïncide avec ses goûts. Chance accentuée lorsque ses parents avaient accepté avec entrain son projet de devenir enseignant-chercheur. La fonction disposait d'un certain prestige qui avait ravi le clan familial. Sa chance avait rapidement tourné quand on lui avait annoncé ses fiançailles et avait complètement fondu avec le fiasco amoureux qui avait suivi, mais bon, il fallait bien un équilibre. Au moins, il avait de la veine dans le domaine professionnel. Haut les cœurs.

« Les Magiciens n'aiment pas vraiment le changement, soupira-t-il. Les mariages arrangés, le choix des études de leurs enfants, la pression pour la réussite dans l'espoir de parfaire la descendance et redorer le blason ... Nous sommes presque tous passer par là. »

Il braqua sur elle un regard inquisiteur à la recherche de la moindre réaction.

Pourquoi tu craques Fred ?! T'avais pas trop mal démarré et là, tu pars en steak en tentant la confrontation !
Non, je voulais simplement insinuer que--
Tu sais pas insinuer ! Pourquoi tu essayes de faire quelque chose que tu ne maîtrises pas ?! C'est pas comme ça qu'on installe une relation de confiance pour pousser les gens à s'exprimer librement.
Et qu'est-ce que tu en sais ? A l'époque, Benjamin m'a parlé sans détour.
Ah, oui, j'oubliais, ton amant. Au fait, flash info : elle n'est pas toi.


Amant ?! Ce chien était d'un vulgaire ! Surtout, ne pas renchérir. Surtout, garder son calme et ne pas l'écouter. Malgré l'engueulade, Derrick n'avait pas bougé d'un pouce, toujours aussi calme en apparence. Le professeur ne comprit pas sa réaction alarmiste. Pourquoi continuer à jouer au chat et à la souris alors qu'il disposait des éléments nécessaires pour tenter une attaque ? En fait, il avait tellement l'impression que la route empruntée par son élève était similaire à la sienne qu'il n'avait pas pu s'empêcher de formuler cette hypothèse déguisée. Puisque lui faire part de son expérience personnelle le dérangeait, Frédérik n'appréciant pas particulièrement parler de lui, il était convaincu que Nozomi était assez intelligente pour saisir le sous-entendu et la perche au passage. A la condition cependant que son interprétation n'ait pas été trop hâtive face à la ressemblance troublante avec sa situation antérieure.
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MessageSujet: Re: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Dim 21 Jan - 20:38


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Evidemment que le droit n'intéresse pas Nozomi. La politique et tous ses à-côtés, ça ne l'a jamais passionné. D'ailleurs, si le professeur Bartosz se prend l'envie de lui poser quelques questions sur la situation politique dans la communauté magique au jour d'aujourd'hui, elle ne saurait même pas lui répondre. Ce n'est pas faute d'avoir ce qu'il faut à disposition à la bibliothèque, mais ce sujet ne l'intéresse tellement pas qu'elle n'y a jamais accordé la moindre petite attention. Ce qu'il faudrait corriger si, en effet, elle intègre une faculté de droit à la rentrée prochaine – bien qu'elle compte sur sa grand-mère pour la mettre à la page sur ce sujet-là. Bien que les Satô ne soient pas spécialistes de la politique, la vieille dame s'y intéresse de très près. Ce n'est pas pour rien qu'elle souhaite que Nozomi y mette les pieds : si elle parvient à grimper en échelon, leur nom brillera de nouveau. C'est là l'unique objectif de la doyenne et sa petite fille en a bien conscience. Mais plus qu'en être triste, la métis est davantage ravie de représenter autant pour sa famille. Il lui suffit de ne jamais échouer pour s'assurer leur reconnaissance éternelle. Et à ses yeux, ça vaut tout l'or du monde.

Car ce que Nozomi recherche avant tout, c'est bien l'affection de sa famille maternelle. Rendue orpheline a l'âge de trois ans, elle a perdu les quatre personnes qu'elle aimait le plus au monde – soit ses parents et ses grands-parents paternels. Ils l'ont toujours couvé d'un amour pur et véritable, contrairement à Akina qui ne voit en elle qu'un pion puissant sur son échiquier. Bien évidemment, depuis le temps, la jeune fille a compris qu'elle n'obtiendrait jamais d'affection de la part de la vieille femme. Cependant, sa reconnaissance représente déjà énormément. C'est encore tout ce qu'elle peut espérer venant d'elle. Alors Nozomi refuse de la décevoir : elle portera ses rêves et ses espoirs aussi loin qu'elle le peut. Si Akina veut qu'elle fasse une carrière dans la politique, alors Nozomi deviendra avocate, juge, politicienne ou n'importe quel métier que la doyenne désire. Ses rêves et ses objectifs personnels, la jeune métis les a mit à la poubelle il y a bien longtemps. Il est hors de question de faire passer ses propres intérêts avant ceux de sa famille.

Mais malgré sa tentative de paraître convaincante, monsieur Bartosz ne semble pas vraiment y croire. Ce qui n'est pas étonnant venant de lui : son regard d'aigle est capable de voir au delà de la simple apparence physique. Ce n'est pas lui qu'elle dupera si facilement – et plus que l'agacer, cela lui plaît. Il n'y a bien qu'avec cet homme qu'elle se sent capable de défaillir. Et le challenge est vraiment plaisant. Il est son test ultime pour vérifier ses compétences en comédie et en manipulation. Cette petite discussion inattendue est vraiment de plus en plus intéressante. Même Shirayuri sembl apprécier la situation, elle qui déteste ce genre de chose en temps normal. Les oreilles droites, attentives, elle ne rate pas une miette de l'échange entre les deux Magiciens. Son intérêt pour le basset affalé par terre a finalement fondu comme neige au soleil : elle a trouvé bien plus intéressant ! De toute façon, l'autre familier ne semble pas vraiment enclin au conciliabule, alors autant focaliser son attention sur Nozomi et Frédérik. Ils ont bien plus de conversation.

Comme Nozomi s'y attendait, le professeur Bartosz n'est pas vraiment en mesure de la conseiller sur la faculté de droit – cependant, il propose de se renseigner. Elle se contente de hocher la tête, certaine qu'il ne faillira pas à sa tâche. Néanmoins, il remet aussitôt en doute son « envie » de carrière. En effet, dans ses vœux et ou que ce soit d'autre, jamais encore Nozomi n'a émit le souhait de partir sur de la politique. Et il tape dans le mille quand il avance son manque total d'engouement concernant ce sujet. Décidément, il est au delà des espérances de la métis. Arrivé à la percer à jour si facilement, voilà quelque chose qui n'arrive vraiment pas souvent. Cependant, elle ne doit pas lui laisser penser qu'il a vu juste. Elle sait que son orientation est quelque chose d'important en dernière année et que la guider du mieux possible est une mission pour les professeurs. Néanmoins elle ne doit pas se laisser influencer par leurs avis, car ils tenteront toujours de lui faire suivre la voie qu'elle désire. Or, ce n'est pas comme ça que Nozomi voit les choses. Alors autant leur faire croire que ce choix est volontaire et personnel. Même si la tâche s'annonce ardue.

Nozomi ne se départie donc pas de son sourire. Surtout, ne pas laisser le moindre indice risquant de faire éclater la vérité. Elle remet plutôt une mèche ayant glissé de son chignon derrière son oreille, dans un geste naturel et presque maniaque. Mentalement, elle collecte les arguments nécessaires afin que son plaidoyer soit assez convaincant pour berner son professeur de potion. Cependant, elle n'a pas le temps d'ouvrir le bouche que l'adulte prend de nouveau la parole :

Les Magiciens n'aiment pas vraiment le changement. Les mariages arrangés, le choix des études de leurs enfants, la pression pour la réussite dans l'espoir de parfaire la descendance et redorer le blason ... Nous sommes presque tous passés par là.

Déboussolée, Nozomi en reste muette de stupeur. Dites-lui qu'elle rêve, par pitié. Le professeur Bartosz ne vient pas réellement de lui faire le speech de base qu'elle déteste tant ? Elle en attend tellement plus de sa part ! La métis en est presque déçue. Cependant, le fait qu'il frappe de nouveau là où ça fait mal commence à sérieusement l'agacer. Il fait mine de rien alors qu'en réalité, il semble avoir parfaitement comprit la situation de Nozomi. Et cela n'arrange vraiment pas ses affaires. Il lui rend la tâche vraiment plus ardue : elle n'aurait pas cru devoir faire face à cela. Shirayuri lui lance même un regard inquiet, auquel la métis répond d'une œillade sévère. Il ne faut surtout pas que son familier vende la mèche. Honteuse, la créature se glisse derrière les jambes de la Magicienne afin que le professeur ne puisse plus la voir : elle ne veut pas risquer de faire une autre boulette du même genre. Ne se laissant pas déstabiliser, Nozomi braque sur Frédérik un regard assuré. Elle ne peut pas le laisser s'aventurer davantage sur ce terrain, au risque qu'il y découvre des secrets que la métis tient à garder pour elle. Malgré toute l'admiration qu'elle a pour cet homme, il reste un obstacle à ses objectifs qu'il est important d'écarter.

Malgré tout le respect que je vous dois, vous vous méprenez. La carrière politique m'intéresse car elle lie mon désir de justice à ma volonté d'apporter mon concours à la communauté magique. Rien de plus, rien de moins.

Sa voix est cassante mais sûre. Même son regard ne faillit pas. Nozomi met toutes les chances de son côté pour être convaincante, assurée. Elle plonge alors une main dans son sac de cours et en sort un livre de droit qu'elle a emprunté à la bibliothèque – en vérité, il s'est glissé à sa pile d'emprunt sans qu'elle ne s'en rende compte, sûrement à cause d'un petit malin refusant de le ranger et trouvant plus intelligent de le déposer sur sa sélection. La métis comptait le rendre juste après les cours mais il faut croire qu'il aura au moins servi à quelque chose. Elle a quand même eu la curiosité de lire quelques pages mais le contenu l'a tellement ennuyé qu'elle n'est pas allée bien loin. Voilà qui remet vraiment en question ses envies de carrière mais que voulez-vous, quand ses lectures ne l'intéresse pas, Nozomi a vraiment du mal à s'y forcer. Elle aura assez de tout l'été pour se mettre à la page, alors elle repousse bêtement l'échéance. Ce qui n'est vraiment pas dans ses habitudes mais il lui faut bien une faiblesse. Dommage qu'elle concerne les études que Nozomi est presque certaine de suivre dès la rentrée prochaine, car ça ne l'aide pas à se motiver. Elle préfère de loin ces traités de médecine vétérinaire sur les maladies chroniques chez les Pégases – même si un tel titre peut donner la migraine à la plupart des adolescents normalement constitués.

Pour être honnête, cet intérêt est tout récent. Je commence à peine à me documenter sur le sujet. Ma famille n'a rien à voir là-dedans.

Nozomi lui tend le livre en gage de sa bonne foi – heureusement, un morceau de papier s'est glissé entre deux pages, en guise de repère. La chance semble être de son côté pour le moment – en espérant qu'elle décide d'y rester. Car quelque chose lui dit que monsieur Bartosz ne se laissera pas si facilement duper : il a plus d'un tour dans son sac. En tant que professeur, ce n'est sûrement pas la première fois qu'il doit faire face à un cas comme elle. Aucun doute qu'il sait les mater avec professionnalisme. Nozomi aurait presque hâte de le voir à l'oeuvre, bien que d'un autre côté elle aimerait mettre un terme à la discussion et s'enfuir d'ici avant qu'il ne creuse plus en profondeur. Jamais elle ne s'est sentie s'y menacer auparavant. Et l'expérience est plutôt déplaisante.

Et même si ce choix de carrière ne vient pas uniquement de moi … cela n'a pas d'importance.

La métis réalise trop tard qu'elle a dit tout haut ce qu'elle pense tout bas. Shirayuri lui mordille même le mollet en guise de punition. En effet, sur ce coup, Nozomi n'a vraiment pas géré !




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MessageSujet: Re: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Sam 27 Jan - 21:16
dans lequel un gars tente d'aller à la pêche aux informations
troisième étape, on remonte la ligne
Le fail. Terriblement prédictible ; la surprise n'étreignit pas Frédérik avec une force à lui briser la colonne vertébrale. Il le savait : il n'était pas conçu pour ce genre d'interaction. Depuis le départ, il sentait que l'opération était vouée à l'échec, comme lorsqu'on voit le soufflé retomber brusquement à travers la porte du four dans l'impuissance la plus complète. Peut-être s'était-il un poil laissé emporter par son raisonnement, exalté par l'enchainement de logique auquel il était parvenu. La réponse de Nozomi fut sans appel, dans une droiture admirable qu'il ne pouvait qu'approuver. La détermination de la jeune fille lui plaisait. Au fond, peut-être que Nozomi bénéficiait de sa sympathie pour cette raison ; elle ne s'embarrassait pas de fioritures, allait droit au but, bref, du propre comme il aimait.

Malgré ce constat, une pointe de déception lui traversa l'esprit face à la résolution de son élève. Une carrière politique ... Quelle tristesse. Son désintérêt pour la matière n'arrangeait en rien son opinion. Pour quelqu'un techniquement à la tête de sa propre famille et bénéficiant de surcroit d'une certaine légitimité s'il l'avait désiré, ses parents devaient se retourner dans leurs tombes face à ses choix dans le domaine. Une place parmi les Grandes Familles ne l'intéressait pas. Visiblement, il ne les intéressait pas non plus, ce qui, en soi, n'était pas une mauvaise chose. Alors la politique ... Si Nozomi envisageait véritablement de s'engager dans cette voie, elle serait en mesure de lui dispenser quelques cours. Mais soit. Il pouvait concevoir que la jeune fille, éprise de justice et adepte de l'intérêt général, souhaite s'orienter dans cette carrière, bien que sa vision héroïque de la politique lui parut très utopique.

Elle sortit un livre comme pour affirmer la véracité de ses propos. D'un geste de la main, il déclina sa proposition de l'examiner. Il n'allait pas la fliquer à ce point, elle était libre de lire ce qu'elle souhaitait.

Bon. Chou blanc. Comme Derrick l'avait soulevé, il venait de rencontrer un mur, et pas de la manière la plus agréable qui soit. Suite à cette explication, il ne voyait pas spécialement ce qu'il pouvait ajouter. A ses côtés, Derrick s'éveilla de sa fausse torpeur. Baillant, il s'étira longuement. Finalement, après sa gymnastique, il s'ébroua dans tous les sens. Quand il faisait ça, Frédérik avait le sentiment d'avoir devant les yeux un mannequin qui sortirait de l'eau en secouant ses cheveux. En infiniment mois sexy. Et en version pub pour centre minceur, avec des bourrelets battant à tout vent. Un violent attentat contre le glamour.

Elle n'a pas confiance en toi et c'est normal. Tu n'es que son professeur, elle ne va pas te déballer sa vie.

Le chien fit preuve d'une douceur incroyable dans ses paroles, comme s'il tentait de se montrer pédagogue. Frédérik resta circonspect. Et alors ? Justement, il n'était que son professeur. Il n'avait pas à faire dans la familiarité à l'excès.

C’est à cet instant précis que le sourcil gauche de Frédérik remonta brusquement face à l’ultime déclaration de Nozomi. Impossible. Venait-elle vraiment de dire ce qu’elle venait de dire ? S'asseyant à côté de son maître, même Derrick ne put contenir sa surprise. Un erreur dans ce joli discours passionné. Enfin ! Le détective du dimanche n’avait jamais douté qu’une anguille se planquait sous cette roche en dépit de l’incertitude à laquelle il avait fait face deux minutes auparavant. Il était satisfait de constater que sa capacité de raisonnement était toujours aussi performante. Toutefois, il se devait de remercier Nozomi pour l’ouverture qu’elle lui offrit. Honnêtement, sans cette fissure, il aurait très probablement abandonné l’affaire en laissait berné. Derrick lui jeta un coup d’œil empli d’espoir et de sous-entendu, un air qui signifiait à n’en pas douter que son maître n’avait pas à se planter sur ce coup-là.

« Vous vous trompez. »

Derrick porta sa patte à son museau dans une parodie de facepalm, complètement dépité par l’approche brutale. Ce détail échappa à Frédérik, qui, de toute façon, ne le regardait pas.

« Prenez la matière que vous aimez le moins. Jusqu’à présent, vous ne la subissez qu’une seule fois par semaine. Mais, maintenant, imaginez-vous vous y consacrer tous les jours. Toute la journée. Et ce, pendant toute votre vie. Croyez-vous vraiment que vous parviendrez à le supporter, sans me mentir ? »

En tout cas, lui n’aurait pas pu. Son métier, il l’adorait. Et pourtant, certaines contraintes l’ennuyaient profondément. Les copies à corriger, pour ne citer qu’elles. Non, sérieusement, vous savez ce que c’est de relire quarante fois les mêmes inepties avec des fautes d’orthographe à toutes les sauces et des écritures parfois si immondes qu’il fallait dix minutes et un traducteur agréé pour déchiffrer la première phrase ? L’hôpital se foutait de la charité dans la mesure où il fallait à peu près le même temps pour traduire ses annotations, mais lui, il avait le droit. Parce que. Privilège de l’âge sûrement. Il n’osait songer à son quotidien s’il ne se résumait qu’à des copies à corriger. Une perspective à vous coller des frissons.

Ce constat n’aiderait cependant en rien Nozomi. Après tout, à quoi bon lui répéter quelque chose dont elle devait déjà se douter ? Il ne fallait pas sortir d’une grande école pour comprendre que faire quelque chose de déplaisant ad vitam æternam n’apportait aucun bonheur, un pilier de bar aurait tout autant pu lui tenir le même discours. Il lui fallait la conseiller. Un autre professeur aurait pu se lancer dans une tirade grandiloquente sur la nécessité de faire ses propres choix, de vivre ses rêves au lieu de rêver à sa vie. Facile à déclamer pour ceux qui n’avaient jamais connu le poids du devoir sur leurs épaules. Si la formule couchée sur le papier resplendissait, la réalité se voulait plus salée. Elle avait passé l’âge de ce genre de discours creux idéalistes tout juste bon à servir de morale dans un dessin animé bas de gamme.

« Face à deux aspirations contraires, on opère généralement un compromis. En choisissant la politique, votre famille veut probablement que vous soyez reconnue et que vous bénéficiez d'une certaine importance. Or, la politique ne constitue pas la seule voie permettant de parvenir à cet objectif. Pour schématiser : vaut-il mieux être un mauvais politicien par contrainte qui disparaîtra dans les méandres de l’histoire ou s’illustrer dans un autre domaine dans lequel votre nom se détachera ? »

Très pragmatique comme analyse.
Elle n'a pas d'autre option de toute façon. Il me manque encore des éléments pour m'avancer davantage.


Frédérik sembla se détendre un peu, comme si l'ombre d'une sourire menaçait de poindre sur son visage de glace.

« Thé ou café ? »

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MessageSujet: Re: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Jeu 15 Fév - 21:00


Au nom de la vérité
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Lorsqu'elle était petite fille, Nozomi entendait souvent sa mère dire à son mari qu'il fallait toujours tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler. Si la métis ne conserve que des souvenirs flous de ses parents, elle se souvient cependant que son père était un véritable maladroit, un Gaston Lagaffe dans toute sa splendeur. Les mots lui échappaient bien trop spontanément, le mettant dans des situations délicates desquelles il n'arrivait pas à se sentir sans y laisser quelques plumes. Bien sûr, cela faisait parti de son charme : c'est sa maladresse maladive qui a su charmer son épouse. Ce trait de sa personnalité a suffisamment marqué sa fille pour que, quinze ans plus tard, elle songe encore à lui quand ce genre de chose lui arrive. Pourtant, ce n'est pas habituel chez elle. Avec les années, Nozomi a apprit à se contrôler, à filtrer ses mots avant de les relâcher. Néanmoins, pour une raison qu'elle ignore, elle s'est laissée distraire. Le fil de ses pensées a franchi la barrière de la parole sans lui laisser le temps de vraiment s'en rendre compte. Et quand ce fut le cas, même un quart de seconde plus tard, c'était déjà trop tard. Même le familier du professeur Bartosz semble surprit : le magicien et le chien ne s'attendaient pas à ce qu'elle démolisse d'elle-même les murs érigés autour de son cœur. Comme armée d'un marteau géant, elle a brisé les briques dans un fracas du tonnerre de Zeus. Difficile, dans ces conditions, de ne pas attirer leur attention.

Pendant un instant, Nozomi espère vainement que l'adulte ne relève pas. Il semblait prêt à clôre la discussion, à rendre les armes. Mais l'erreur de la métis a remit la locomotive sur les rails. Le regard que le basset lance à Frédérik vaut plus que mille mots - Shirayuri jette d'ailleurs le même à Nozomi, mais chargé davantage de reproches. La jeune fille serre les poings : elle doit assumer son erreur, elle n'a pas le choix. Elle espère seulement que cela ne la mettra pas trop en porte-à-faux. De toute façon, monsieur Bartosz peut bien dire ce qu'il veut, ce n'est pas lui qui écrira ses vœux dans sa fiche navette en fin d'année. Ce n'est pas lui non plus qui enverra son dossier scolaire à l'Université Magique, en réclamant une place politique. Nozomi sait déjà que sa grand-mère se chargera personnellement de tout organiser pour elle. Son propre avis n'a pas d'importance – il n'en a jamais eu. Si c'était le cas, sûrement étudierait-elle au Japon, dans une école exclusivement réservée aux Magiciens. Venir en France, cela n'a jamais été sa décision. Même son inscription au club de voltige a du être validé, en amont, par sa grand-mère. Nozomi ne prend plus de décision pour elle depuis bien longtemps maintenant.

Les mots du professeur résonnent comme le tintement d'une cloche dans les oreilles de Nozomi. Elle se trompe, oui. Elle sait que ce n'est pas le meilleur des comportements à adopter. Elle sait qu'elle devrait interdire à ces personnes de prendre des décisions pour elle, de contrôler sa vie comme un Sims, d'effacer toute notion de libre arbitre. La métis est bien évidemment consciente de tout cela. Mais que peut-elle y faire ? Les Satô, ils sont la seule famille qui lui reste. Sans eux, elle est seule, perdue, plus orpheline qu'elle ne l'est déjà. Ils l'ont recueilli alors qu'elle n'était encore qu'une toute fille, alors qu'ils ne la connaissait même pas. Ils lui ont offert un toit, un couvert, une éducation. N'est-ce pas un juste retour des choses que de leur offrir ce qu'ils désirent en contre partie ? N'est-ce normal d'établir une relation donnant-donnant ? Nozomi ne veut pas faire de la politique, oui. Mais avaient-ils envie de gérer financièrement cette enfant jusqu'alors totalement étrangère ? Qu'importe les raisons qui les ont poussé à agir ainsi, l'important est le résultat final. Alors Nozomi va faire tout comme eux : mettre son poing dans sa poche, ravaler sa frustration et tout faire pour les contenter. Ce n'est qu'un juste retour des choses. Oeil pour œil, dent pour dent.

Prenez la matière que vous aimez le moins. Jusqu’à présent, vous ne la subissez qu’une seule fois par semaine. Mais, maintenant, imaginez-vous vous y consacrer tous les jours. Toute la journée. Et ce, pendant toute votre vie. Croyez-vous vraiment que vous parviendrez à le supporter, sans me mentir ?

Si Nozomi ne baisse pas les yeux, ce n'est qu'au prix d'une lutte acharnée avec elle-même. Bien sûr, qu'elle ne parviendra pas à le supporter. Elle le sait déjà – et c'est bien ce qui l'effraie le plus, d'ailleurs. La demoiselle a du mal à s'imaginer penchée sur des textes de loi, à apprendre sur le bout des doigts le moindre article du code civil magique. Elle ne se voit pas à la barre, s'adressant à un juge et des inquisiteurs, pas plus qu'à une campagne éléctorale, devant une assemblée de militants. La politique, le droit, toute cette sphère-ci ne l'a jamais intéressé, passionné, captivé. Pour elle, c'est un monde à part, perverti par l'argent et les mensonges. Si les Satô veulent l'orienter dans cette direction, c'est seulement pour qu'elle se fasse connaître, que l'on parle d'elle, afin que son nom soit reconnu et qu'on lui propose une place de choix au sein des Grandes Familles. Ils ne souhaitent que cela, en vérité. La renommée, la reconnaissance, la célébrité, la richesse. Ils ne connaissent sûrement pas l'enjeu derrière ce trône doré, d'ailleurs, ni le revers de la médaille. Nozomi sait qu'il y en a, bien qu'elle ne les connaisse pas forcément. Il suffit de tendre un peu l'oreille dans les couloirs, de fréquenter quelques enfants de bonnes familles pour deviner que la célébrité a un double-tranchant. Ce qu'elle doit bien reconnaître dans sa famille, au moins, c'est que personne - pour le moment – ne lui parle de mariage arrangé. Et elle espère que ça continuera comme ça.

La deuxième tirade du professeur touche Nozomi en plein cœur. Il vient de mettre le doigt sur quelque chose à laquelle elle n'a jamais pensé et qui, pourtant, lui apparaît désormais comme une évidence. Il est vrai qu'elle pourrait s'illustrer dans un domaine qui l'intéresse vraiment, qui la passionne au point que son travail soit reconnu et rendu célèbre au yeux de la communauté magique. Nozomi pourrait ainsi combiner plaisir personnel et professionnel au désir de reconnaissance des Satô. Néanmoins, son rêve depuis toute petite, c'est de devenir vétérinaire. C'est auprès des créatures magiques, et des pégases plus particulièrement, qu'elle se sent le plus à sa place. Or, ce n'est pas dans un métier pareil que sa famille obtiendra la renommée tant souhaitée. Le sort de la faune magique n'est pas une préoccupation première dans la communauté magique, et chez les Magiciens en règle général. Le souci principal demeure les Sorciers. Ces asticots perçant des trous dans leur pomme parfaite. Ce que la plupart des Grandes Familles désire, c'est leur extermination, pas la sauvegarde des petites coccinelles sur l'arbre d'à-côté. Leur nombril avant tout. Le sort des autres créatures importent peu tant qu'ils restent au sommet, aux rênes du pouvoir et assit sur leur trône d'ivoire. Telle est la triste réalité des Grandes Familles.

Thé ou café ?
Thé, s'il vous plaît.

La voix de Nozomi est rauque, étranglée. En quelques mots, Frédérik a réveillé en elle le conflit interne qu'elle avait tant bien que mal réussit à étouffer. Ses désirs et sa raison ont reprit leur lutte dans son esprit, y semant la zizanie et l'incompréhension. Que faire, désormais ? Chercher un échappatoire et avorter la discussion avant que tout ne prenne trop d'ampleur ou, au contraire, affronter ses démons en se livrant au professeur ? Monsieur Bartosz est un homme intelligent, intègre et responsable. Nozomi a la certitude qu'elle peut lui partager ses angoisses sans même qu'il ne lui vienne à l'idée d'en parler à qui que ce soit. Mais qu'est-ce que cela pourrait bien changer ? Qu'importe tous les bons conseils qu'il saurait lui apporter, la métis est incapable de se dresser face aux souhaits de sa famille. Elle a promit de les porter et de les réaliser. Or, elle n'a pas le droit de revenir sur sa parole. Que penseraient-ils tous d'elle ? Qu'elle est une lâche ? Une menteuse ? Une égoïste ? Nozomi ne peut se résoudre à se mettre sa famille à dos. Elle a besoin d'eux – et ils ont besoin d'elle. Cette relation d'échange doit perturber si elle ne veut pas se retrouver seule au monde. C'est ce que personne ne semble comprendre, autour d'elle. La solitude, l'abandon l'effraie tellement qu'elle est prête à vivre pour les autres dans l'unique but de recevoir une once de reconnaissance.

Ce n'est pas si simple, vous savez. Je dois faire honneur à ma famille. Je dois leur offrir la renommée qu'ils désirent. Je l'ai promis.

D'une main tremblante, elle porte sa main à son oreille, à la recherche d'une mèche de cheveux à glisser derrière. Un tic nerveux qu'elle ne parvient pas à contrôler. Néanmoins, aucun cheveu ne s'est échappé de son chignon pourtant si mal fait. C'est bien sa veine. Elle vient donc d'elle-même libérer une mèche de sa coiffure, y entortillant nerveuse son doigt. Nozomi ne s'en rend peut-être pas encore compte, mais elle est en train de perdre tous ses moyens.

Ce n'est pas en devenant vétérinaire, professeur ou voltigeuse professionnelle que j'atteindrais leurs objectifs. Je dois viser plus loin. De toute façon, le choix final ne m'appartient pas. Quoi qu'on en dise.

A ses pieds, Shirayuri baisse la tête, comme si la fatalité venait de s'asseoir sur son front. Sensible aux humeurs de la Magicienne, elle ressent sa peine comme si elle lui appartenait.




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MessageSujet: Re: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Lun 19 Fév - 21:39
dans lequel un gars tente d'aller à la pêche aux informations
touché !
Parfait, il n'avait pas de café de toute façon. Au moins, elle avait bon goût. Frédérik se déplaça vers le fond de la salle où se trouvait les placards contenant les ingrédients pour les potions. Avec une efficacité hors pair, il en extirpa du bas une petite boîte noire d'Earl Grey, seul parfum qu'il possédait en ce lieu, deux tasses, une bouilloire et une théière en fonte. Que voulez-vous, quand tout était parfaitement ordonné, on ne passait pas une plombe à chercher quelque chose. Rien que l'idée de ce à quoi devait ressembler l'intérieur des placards de Loisel dans son infirmerie lui fit remonter un frisson le long de sa colonne vertébrale. Par le Créateur. Cette vision de l'enfer.

Oui, il avait tout ça dans le placard du laboratoire. Pas spécialement étonnant quand on connaissait sa prévoyance en la matière ; il préférait détenir ce genre de trésors enfouis ici quitte à les sortir rarement plutôt que d'être pris au dépourvu dans ce genre de situation. Bon, par contre, une des deux tasses avait des petites oreilles de chat trop mignonnes. Tout le monde la trouvait trop choupinette avec sa bouille adorable. Pour sa part, il n'y voyait que du mauvais goût. Mais, dans la mesure où Derrick avait cassé l'autre tasse noire classique et impersonnelle qui allait avec celle qu'il garderait pour lui, il n'avait plus que cette infâme chose kawaii qu'une étudiante à la faculté lui avait offerte à proposer à ses invités. Heureusement, il n'en avait pas beaucoup, des invités, notamment parce qu'il préférait recevoir les élèves dans son bureau en général (où il possédait un magnifique service à thé, sait-on jamais, si vous envisagez de boire un coup avec lui).  

Frédérik referma le placard les bras chargés avec adresse puis se dirigea vers une paillasse, y déposant son matériel. Il mit de l'eau à chauffer dans la bouilloire. Une bonne boisson n'allait pas faire de mal à Nozomi, elle semblait un peu perturbée. Frédérik ne comprenait pas spécialement pourquoi d'ailleurs. Venait-il de la froisser, ou, au contraire, d'énoncer une vérité gênante ? Un grand mystère pour un homme aussi doué pour décrypter les émotions humaines qu'un aspirateur, surtout quand son interlocuteur exerçait un aussi grand contrôle. Pas qu'il soit contre, soit dit en passant. Il trouvait la retenue de Nozomi très admirable. Les grandes explosions théâtrales de sentiments lui donnaient l'impression de jouer à des visuals novels japonais. Et il avait passé l'âge de jouer à des visuals novels japonais. Il avait même passé l'âge de savoir ce que c'était pour certains, alors bon.

Ne comprenant pas vraiment comment il devait se comporter à cet instant, Frédérik se dédia à son thé en restant à l'écoute. Il hocha la tête face aux déclarations de Nozomi pour lui signifier qu'il prêtait une oreille attentive malgré tout. Honneur pour la famille, renommée, reconnaissance, tellement d'éléments qui résonnaient en lui. Rien de nouveau sous le soleil au fond ; comme il l'avait soulevé tout à l'heure, les Magiciens ne changeaient jamais. Ils avaient toujours en eux le germe de l'ambition, cette maladie inhérente à leur personne dont ils ne parvenaient pas à se défaire, comme un gène inscrit dès le commencement dans leur ADN. Il ne s'excluait pas de la masse pour le coup, lui aussi avait participé à cette course à la réussite avant de revenir à la réalité.

Euh, par contre, il venait de rêver où elle venait d'insinuer qu'être professeur, ça craignait ? D'accord, être prof dans un lycée n'envoyait pas spécialement du rêve, en dépit du statut réputé du lycée en question. Mais il avait été maître de conférences ! Disposant d'une HDR, au passage, en passe d'accéder au rang ultime de professeur d'Université s'il n'avait pas démissionné pour suivre Benjamin. S'il vous plaît, on respecte. Rien que pour avoir passé quatre années entières pour son doctorat à écrire un fichu bouquin de 800 pages tout ça pour qu'à sa soutenance, on lui reproche d'avoir malencontreusement oublié un point dans le titre d'un chapitre. Ses travaux doctrinaux par la suite avaient même été publiés à plusieurs reprises dans l'AMEP (Actualité Magique de l’Étude des Potions) et il avait participé à moult colloques tout autour de la France, voire, dans d'autres pays étrangers sans parler des ouvrages sur lesquels il avait travaillé. Comment ça, il était vexé ? Oh, pas du tout. Il n'avait certes pas un ego surdimensionné, mais malgré tout, son niveau standard s'offusquait un brin quand on remettait en cause son parcours professionnel. A moins qu'il ne s'agisse justement d'un relent de son éducation à la course à la réussite. Retour inattendu au problème principal. Il comprenait que la situation soit particulièrement complexe pour une adolescente.

Ressentir une telle détresse aurait presque pu l'émouvoir. Presque. Derrick, en revanche, fit preuve de beaucoup plus d'empathie de son côté. Il se frotta aux jambes de la jeune fille avant de rouler sur le dos pour présenter son ventre. Son maître le trouvait parfaitement ridicule quand il agissait ainsi, comme un vrai chien par le fait, et tellement peu digne. Le basset jeta un regard en coin au chien viverrin d'un air de lui signifier qu'au lieu de se montrer abattu, il ferait mieux de tenter de rassurer sa maîtresse. Frédérik laissa s'installer un petit silence. Non pas qu'il ne savait pas quoi dire, il voulait simplement boucler le thé avant toute chose. Il retira l'eau frémissante du feu, quelques secondes avant qu'elle ne bouille.

« Effectivement, ce n'est pas avec ces métiers que vous parviendrez à atteindre leur objectif. » dit-il presque détaché, versant un peu d'eau dans la théière. Il l'agita en quelques mouvements circulaires puis la vida. Finalement, il la remplit entièrement avant d'ajouter deux cuillères du thé noir dans le filtre au-dessus et de fermer le tout.

Tranquillement, il revint au bureau (après avoir débarrassé rapidement la bouilloire dans le lavabo, on déconne pas, pas moyen qu'il laisse traîner quelque chose) et posa la tasse avec les oreilles de chat devant Nozomi, comme de par hasard. Jamais il n'utiliserait cette chose infâme. L'idée d'en faire la tasse attitrée de Svea pour s'en débarrasser lui effleura brièvement l'esprit. C'était une jeune femme, elle devait apprécier ce genre de style grotesque. Une perspective à creuser. Il s'assit derrière son bureau, jetant un coup d'œil rapide à son téléphone. Deux minutes trente pour une infusion optimale. Marrant comment, même pour un simple thé, Frédérik agissait avec autant de précision que dans la confection de potions.

« Au lieu d'être un vétérinaire, soyez le meilleur vétérinaire. Ne soyez pas un professeur, mais un enseignant-chercheur agrégé à l'Université reconnu dans son domaine. Ne soyez pas une voltigeuse professionnelle, mais la voltigeuse courtisée par la plus grande équipe de voltige, celle qui battra les records comme la plus titrée de l'histoire. »

Il la fixa droit dans les yeux, un sourcil levé, se contentant de déclamer une banalité. Pour lui, tout ceci sonnait comme l'évidence avec son expérience. Il fallait bien entendu que Derrick choisisse précisément cet instant de tranquillité pour squatter son esprit avec son babillage intempestif.  

Parle-lui de toi.
Non.
Si tu t'utilises comme exemple, elle sera davantage susceptible d'accepter ton aide parce qu'elle en comprendra la raison.
Non.
Est-ce que tu as décidé de répondre non, peu importe ce que je vais te suggérer ?


... Merde, ce chien venait de le coincer. Frédérik resta de marbre. Derrick le fixa intensément avec les yeux plissés, tentant de le convaincre avec un simple regard lourd de sous-entendus. Sa vie n'intéressait que lui-même, il ne comprenait pas pourquoi il devrait la partager spontanément avec Nozomi. De plus, la démarche lui semblait hautement individualiste ; s'il prenait de son temps, c'était pour aider Nozomi, pas pour s'offrir une séance de psychanalyse. Passons.

« Le choix ne vous appartient peut-être pas, mais rien ne vous empêche de tenter de le faire pencher dans une direction qui vous arrange. »

En gros, manipuler pour influencer subtilement le résultat, à l'instar d'un politicien. L'image devrait lui parler si on la poussait vers ce choix de carrière. Il consulta de nouveau son téléphone. Pile deux minutes vingt-cinq. Il versa le thé dans leurs deux tasses puis but une gorgée, très satisfait du résultat.

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MessageSujet: Re: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Lun 5 Mar - 10:19


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La salle de potion renferme bien des choses, mais jamais Nozomi n'aurait imaginé que monsieur Bartosz sorte tout un attirail à thé de ses placards. Pendant un instant même, elle se demande s'il n'a pas tout simplement téléporté tout cela par le biais d'un sortilège mais elle doute qu'un homme comme lui gaspille ainsi sa magie. Venant de lui, au final, ce n'est pas si étonnant. Il semble être le type d'homme prévoyant tout sur tout, afin de ne jamais se retrouver démuni dans n'importe quelle situation que ce fut. Sur ce point, ils sont bien les mêmes. Nozomi se dresse constamment tout un éventail de possibilités afin de se préparer à toute éventualité … mais bien sûr, le jour où elle en aurait le plus besoin, elle s'est totalement plantée. Elle ne s'attendait pas à confronter un esprit aussi puissant de si tôt – le professeur de potion est le boss final pour lequel elle n'a clairement pas le niveau encore. Elle aurait du fuir avant que le combat en arrive à son point culminant. En vérité, il n'est pas trop tard pour bien faire – il lui suffirait de prétexter un devoir à faire, un entraînement à n pas manquer, un mal de ventre soudain pour fuir sans plus de cérémonie. Mais monsieur Bartosz prend de son temps pour la confronter à son principale souci, ce ne serait pas respectueux de sa part de ne pas le remercier en écoutant tout ce qu'il a à lui dire … qu'importe ce qu'en pense son propre esprit tourmenté.

C'est un peu cliché de le dire, mais Nozomi ne peut que saluer la précision dans les gestes du professeur lors de la préparation du thé. Ayant passé la quasi-totalité de sa vie au Japon, la demoiselle est une experte en la matière. Et elle voit bien que pour monsieur Bartosz, tout ceci est un art qu'il ne faut pas négliger. Elle en vient même à se dire qu'il apprécierait sûrement une cérémonie du thé typique de son pays. Elle a bien évidemment apprit à les mener et bien qu'elle n'ait pas pratiqué depuis longtemps, elle se souvient de tout le déroulement sans aucune once d'hésitation. Pour peu, Nozomi en oublierait la conversation qu'ils avaient et tout ce qu'elle remuait en elle. C'est le basset qui la rappelle à la réalité, s'étalant à ses pieds comme une carpette, le ventre en l'air. Attend-t-il sérieusement qu'elle s'abaisse à lui grattouiller le bidou ? Pas que l'envie lui manque, évidemment, mais devant son professeur … Jamais de la vie. Elle se contente d'une simple caresse sur le haut du crâne, histoire de ne pas faire la grosse coincée qui fait la gueule. Shirayuri lui jette d'ailleurs un petit regard courroucé – elle semble jalouse comme jamais.

La voix du professeur s'élève de nouveau dans la pièce. S'il confirme les dires de Nozomi, elle sait cependant qu'il a préparé un argumentaire derrière. Elle attend donc en le regardant verser l'eau chaude dans la théière avant d'ajouter les deux cuillères de thé dans le filtre et de refermer le tout pour une infusion idéale. Après avoir laissé la bouilloire dans un lavabo, il revient charger de la théière et des tasses. Comme Nozomi s'y attendait, elle hérite de celle aux oreilles de chat. Sûrement doit-il penser qu'un accessoire aussi mignon doit plaire aux filles. Même quelqu'un d'aussi brillant que lui a beaucoup de chose à apprendre, encore. La métis ne fait cependant aucun commentaire – ce n'est pas l'aspect de la tasse qui va changer quoi que ce soit à son contenu. En attendant que ce dernier infuse, l'adulte prend place derrière son bureau. A son regard, Nozomi sent qu'il va revenir à la charge – cette conversation est loin d'être terminée. Et, honnêtement, la métis doute d'en ressortir victorieuse. Pourtant, elle sait malheureusement que ça ne pourra pas changer grand chose, si ce n'est lui apporter bien plus de regret encore. Lorsque le moment sera venu pour elle de faire un choix, Nozomi perdra forcément quelque chose. Sa famille ou ses rêves.

Au lieu d'être un vétérinaire, soyez le meilleur vétérinaire. Ne soyez pas un professeur, mais un enseignant-chercheur agrégé à l'Université reconnu dans son domaine. Ne soyez pas une voltigeuse professionnelle, mais la voltigeuse courtisée par la plus grande équipe de voltige, celle qui battra les records comme la plus titrée de l'histoire.

Sur le papier, tout ceci sonne bien joli. Nozomi y a déjà pensé, évidemment. Non pas qu'elle veuille se jeter des fleurs, mais elle sait que ses connaissances sont capables de la mener très haut dans l'estime d'autrui. Mais entre une politicienne connue du monde entier et un vétérinaire reconnue par une communauté de concernés, il y a un monde. Sa famille veut faire d'elle une figure universelle et tatouer son nom sur toutes les bouches. Elle ne vise pas un groupe de personnes : elle désire le monde entier. Et pour cela, il faut se hisser au niveau des Grandes Familles. Or, dans ce but, il faut attirer leurs regards … ou se marier avec un héritier célèbre. Entre un mariage forcé et une carrière indésirable, Nozomi a vite choisi. Car une partie d'elle tente de se rassurer en se disant qu'à défaut d'être heureuse dans sa vie professionnelle, elle le sera peut-être dans sa vie personnelle. Des propositions de mariage, la famille Satô en reçoit des dizaines chaque semaine. Et si sa grand-mère refuse, c'est uniquement parce que le profil du futur mari ne lui convient pas. Or, le jour où elle recevra une demande intéressante, elle ne demandera pas son avis à Nozomi. Il lui faut donc la coiffer au poteau et atteindre ses objectifs avant que ce jour n'arrive. Pour l'heure, elle espère qu'aucune Grande Famille n'a encore jeté son dévolu sur elle pour marier l'un de ses fils.

Le choix ne vous appartient peut-être pas, mais rien ne vous empêche de tenter de le faire pencher dans une direction qui vous arrange.
Si je peux me permettre, j'ai l'impression que vous connaissez parfaitement le sujet.

Comment ça, elle dévie la route ? Pas du tout, Nozomi essaie simplement de comprendre. Malgré elle, cela lui semble bien étrange qu'il argumente autant. Certes, en tant que professeur, c'est aussi son travail de guider les élèves vers le chemin qu'il juge le meilleur. Mais malgré tout, la métis ne peut s'empêcher de ressentir de drôles de sentiment à chaque mot de son professeur. Elle baisse aussitôt les yeux vers Derrick, comme si elle attendait du chien qu'il lui fournisse les réponses que, elle le sait, son propriétaire refusera de lui communiquer. Shirayuri se permet d'ailleurs d'imiter sa propriétaire, s'avançant à la hauteur du basset pour lui faire du charme – Nozomi doute bien que ça fonctionne, mais qui ne tente rien n'a rien comme on dit. Le thé que le professeur leur sert permet de marquer une légèrement pause dans leur discussion. La métis dépose aussitôt ses doigts autour de la céramique, profitant de la chaleur qui s'en dégage pour réchauffer ses doigts gelés – elle ne l'avait même pas remarqué, mais elle commençait sérieusement à avoir froid. Pourtant, les salles sont toujours à des températures idéales … une réaction physique à son angoisse qui ne cesse de venir la chatouiller ?

Votre famille aussi a participé à la course à la renommée, n'est-ce pas … ? Comment avez-vous pu vous affranchir de ses désirs ?

Nozomi a conscience de franchir la barrière entre le professeur et l'élève, mais tant pis. Elle est prête à courir ce risque. De toute façon, elle est quasiment certaine de percuter un mur à peine la limite dépassée.




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Nozomi s'exprime en #262532
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MessageSujet: Re: [Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi} Mar 13 Mar - 19:24
dans lequel un gars se rend compte que la métaphore de la pêche est bancale

Derrick ne pouvait cacher son ravissement de recevoir une grattouille sur la tête. Bon, il aurait préféré qu'on lui gratte le ventre, pour une fois qu'il en avait l'occasion, mais il n'allait pas cracher sur quelques caresses gratuites. Malheureusement, on ne pouvait pas tout avoir et le basset se contenta de ce qu'on lui offrit. Toujours mieux que ce Frédérik lui proposait de toute façon ; mieux que rien, donc, littéralement parlant. Satisfait d'avoir satisfait Nozomi, il se redressa. Son maître préféra s'abstenir de tout commentaire. Cette attitude grossière ne lui inspirait que défiance. Rien n'obligeait Derrick à se conduire comme un vrai chien. Si Frédérik lui reprochait bien des choses, il ne pouvait lui dénier une certaine intelligence. Le voir s'abaisser à un tel comportement restait une énigme que son propriétaire ne parvenait pas à décrypter.

Sirotant tranquillement son thé, Frédérik appréciait son arôme avec plaisir. Le thé, comme les potions, demandait de la précision et en la matière, on trouvait difficilement mieux que le professeur. Tout était parfait à son sens. Il ne lui manquait plus que son canapé et le silence pour que le tableau soit complet. Sauf qu'il n'avait ni l'un, ni l'autre en l'occurrence. A la place de son beau canapé en cuir, une chaise austère, et, au lieu du silence, la petite voix de Nozomi. Ce deuxième élément ne le gênait pas outre mesure ; papoter avec Nozomi était reposant en un sens. Elle n'était pas comme certains de ses élèves, surexcités, où il lui fallait déployer des trésors de patience pour communiquer.

Pourtant, malgré ce cadre idyllique, il manquât de recracher sa boisson dans sa tasse.

... Pardon ? C'était quoi, cette tentative désespérée de dévier du sujet ? Il venait de se faire enfler, il n'avait rien vu venir. Derrick explosa de rire dans son esprit. Une fois n'est pas coutume, Frédérik ne parvenait pas à déceler une quelconque trace d'humour. Bien au contraire, il avait le sentiment que le retournement lui était hautement préjudiciable, d'une manière ou d'une autre. S'il garda contenance, la remarque de Nozomi le déstabilisa franchement. De quel droit se permettait-elle d'émettre une telle hypothèse devant lui ? Il n'était pas une bonne copine à laquelle elle pouvait confier ses conjectures bancales sur les professeurs à la pause. Ils n'avaient pas gardé les cochons ensemble en prime.

En bon coincé, Frédérik était outré par ce rapport amical qui, au fond, s'était contenté de devenir réciproque plutôt qu'unilatéral. Une part de lui savait qu'il sur-réagissait, comme Derrick le faisait lorsqu'il mangeait le dernier carré de chocolat le soir juste sous son nez. S'il se dissimulait derrière l'écran de la relation prof - élève comme raison de sa surprise outrancière, c'était en réalité le fait qu'on cherche à parler de lui qui le plaçait dans un profond malaise. De son point de vue, tout ceci n'avait aucun rapport avec le sujet principal ; s'il sacrifiait de son temps pour elle, c'était justement pour parler d'elle, pas pour s'offrir un nouveau monologue après ses heures de cours. Alors, il se réfugiait derrière la barrière de leur position hiérarchique pour occulter la véritable raison de son embarras. « Si je puis me permettre » . Non, il ne lui permettait pas. Il ne comptait pas répondre à sa question purement personnelle qui n'intéressait que lui-même, au contraire, il s'apprêtait à la remballer sèchement.

Derrick, calmé, connaissait son pincé de Fredo sur le bout des pattes. A peine Nozomi eut-elle prononcé ses premiers mots qu'il sut dès l'instant que l'homme au balai profondément ancré dans son postérieur risquait de la rembarrer méchamment. Tellement prévisible. Il se devait d’intervenir avant que cet abruti ne se braque définitivement, auquel cas, il deviendrait impossible à maîtriser.

Du calme. Elle ne pense pas à mal, elle est simplement curieuse.
Je ne suis pas un objet d'étude.
Certes. Mais ce que tu lui vends, ce sont des mots. Pour la rassurer, il lui faut un exemple concret de réussite. Or, tu es un exemple pour elle. Sinon, elle ne ferait pas aussi attention à tes conseils.

Le basset se voulut instructif, comme un professeur en pleine démonstration. Frédérik n'était pas stupide, seulement un peu trop rigide. Rien ne servait de vouloir le convaincre, il suffisait de semer le doute puis laisser les engrenages dans son esprit rationnel tourner à plein régime pour tout analyser. Derrick savait pertinemment comment présenter les choses pour l'amener à réfléchir posément à une situation sous un nouvel angle avant de se refermer comme une huître. En l'occurrence, ses commentaires provoquèrent le silence du polonais, ce qui, en général, était un signe positif. On en revenait à ce qu'il lui avait expliqué tout à l'heure, mais le mauvais timing avait nuit à la force de son message.

Je vais reconsidérer la question, finit-il par trancher.

Son compagnon parut ravi de la réponse. Bien sûr, elle n'engageait à rien et Derrick préférait ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. C'était mieux que rien de toute manière ; avec Frédérik, il fallait se montrer patient et savourer ce genre de petites victoires.

« Il se trouve que j’ai eu la chance de bénéficier de l’amitié de certaines personnes qui m’ont soutenu et appris à réfléchir par moi-même. Mais ne dévions pas du sujet. »

Bon. Il avait fait de son mieux. Au moins, il ne s’était pas montré cassant, mais plutôt embarrassé. Quand Batman foirait, c’était au tour de Robin d’entrer en scène. Derrick sentit deux pairs d’yeux furtivement peser sur lui. Si, en général, il restait discret quand sur la vie privée de Frédérik, surtout auprès des élèves et de leurs familiers pour éviter toute bourde, certaines informations en sa possession lui semblaient anodines et il ne comprenait pas pourquoi son maître rechignait autant à les partager.

Il parle de son ex-compagne et de Benjamin Leroy, clarifia le basset sans broncher dans l’esprit de Nozomi et du chien viverrin, presque désinvolte. A la base, il était dans une situation similaire. Pression familiale, obnubilé par la réussite, fiançailles, dégoût pour les Sorciers, tout ça, tout ça.

Même lui ne savait pas grand-chose à vrai dire sur les détails de la vie passée de Frédérik. Bien sûr, il connaissait les grandes lignes, comme ses études et ce genre d’informations. Mais certains éléments restaient nimbés de mystère, le polonais ne se confiant que très rarement. Par exemple, la fameuse histoire des fiançailles : pourquoi n’était-il pas marié alors qu’un jour, il lui avait expliqué avoir été fiancé ? Ne parlons pas du sujet épineux de son ex-compagne. C’était elle, la fiancée ? Derrick savait qu’elle avait existé durant son doctorat, savait qu’il s’agissait d’une Sorcière et basta, rien d’autre. Trop frustrant. Il ne s’en formalisait pas ; le problème ne résidait pas dans la confiance que lui accordait le professeur, mais juste dans son tempérament discret. S’il insistait sur ces zones d’ombre, il risquait surtout de braquer son Fredo. Il faudrait du temps. Beaucoup de temps. Merde, il avait trop envie de tout savoir !

« Qu’est-ce qui vous contraint concrètement à emprunter une voie prédéterminée ? La peur de décevoir ou un impératif explicite de votre famille ? »

Frédérik, pour sa part, ne perdait pas le Nord.

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[Stand-by] Au nom de la vérité {Nozomi}
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