Au nom de la vérité {Nozomi}
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

 :: Le Domaine de Sainte Catherine :: Le Ventre de l'Hydre :: Les Classes :: Classe des Dragons
MessageSujet: Au nom de la vérité {Nozomi} Dim 7 Jan - 21:04
dans lequel un gars tente d'aller à la pêche aux informations
première étape, on lance l’hameçon
« Pour la prochaine séance, je vous demande simplement de rechercher les propriétés et utilisations des plantes dites médicinales en dehors de leur fonction première. J'entends par là que je ne me contenterai pas d'un simple "Elles servent à soigner." Ce sera tout pour aujourd'hui. Mademoiselle Satô, avant de partir, j'aimerais m'entretenir avec vous. »

Sois gentil avec elle Fredy. Fais attention, ne manque pas de tact et vas-y doucement.

Ledit Fredy, qui n'appréciait nullement qu'on déforme ainsi son prénom au passage, ne répondit rien. La psychologie canine, merci bien, il se débrouillera sans. Enfin, normalement. Espérons.

Suite aux sollicitations itératives de sa commère quadrupède (et à une discussion musclée hier soir), Frédérik s'était enfin décidé d'aborder son sujet d'inquiétude au sujet de Nozomi avec la concernée. C'était une bonne gamine. Franchement, il l'appréciait même s'il ne montrait rien de l'estime qu'il lui portait. Sa carrière lui avait appris que dans son métier, il ne fallait pas fonctionner à l'affectif au risque de se faire bouffer. Ça tombait bien : Frédérik était le meilleur pour ne jamais exposer une quelconque affection. Toutefois, bien que son comportement soit strictement équivalent à celui qu'il témoignait aux autres, il ne parvenait pas à réprimer un certain attachement pour une élève si studieuse et talentueuse. Comme lui à l'époque, à quelques détails près. Ce constat n'était d'ailleurs pas parfaitement étranger à la raison de sa sympathie.

Depuis le début de l'année cependant, il avait l'étrange impression que quelque chose dérangeait Nozomi. Il la trouvait moins rayonnante, faute de mot plus adapté à la situation. Il ne parvenait pas à mettre le doigt précisément sur ce qui clochait chez elle. Oh, il avait bien une vague idée qui lui avait effleuré l'esprit. D'un autre côté, il n'y avait qu'une seule chose d'importance qui avait changé à Sainte-Catherine depuis l'année dernière. Très logiquement, la déduction qui s'imposait voulait que le trouble occasionné provienne du changement en question. Il s'agissait seulement d'une conjecture ; Frédérik ne se souvenait plus qu'à cet âge-là, bon nombre d'événements perturbants se produisaient, notamment au niveau relationnel. Les histoires entre copines, celles de cœur, les incertitudes sur l'avenir, les problèmes familiaux ... Tous ces motifs lui passaient complètement par-dessus la tête. Ses considérations étaient beaucoup plus terre-à-terre. Presque mathématiques.  

Intrigué, une fois, il avait eu le malheur de partager avec Derrick le motif de sa perplexité. Dès lors, le chien n'avait cessé de le harceler pour qu'il s'intéresse personnellement au cas Nozomi. Au départ, le difficile professeur avait farouchement rejeté cette éventualité. Et puis quoi encore ... Entrez Mlle Satô ! Un thé ? Allez, allongez-vous sur le canapé et racontez-moi votre vie. Parfaitement grotesque. Et puis, progressivement ... Quand il passait quelques minutes avant le cours à préparer le matériel en sa compagnie, quoiqu'il ne se montre pas des plus bavards, il ne pouvait pas s'empêcher de penser à sa propre situation des décennies auparavant. De s'inquiéter pour elle même. Aujourd'hui, il comptait bien balayer ses doutes et prouver à Derrick que tout ce cinéma ne servait à rien. Bon, il allait devoir faire preuve de tact et de stratégie ... Il avait bien compris que s'il déboulait pour lui demander si quelque chose n'allait pas, elle se contenterait de lui répondre non avant de lui mettre un énorme vent. Problème : faire preuve de tact et de stratégie, c'était pas son fort.

Dans un brouhaha à peine supportable pour un adorateur de calme comme Frédérik, les élèves quittèrent un à un la salle avec une rapidité surprenante. Les plus polis le gratifièrent tout de même d'un au revoir. Visiblement, ils étaient pressés de profiter de leur temps libre. Pas facile d'être le dernier cours jusque 16h. Il leur répondit par automatisme, debout devant son bureau en les regardant défiler sous ses yeux. S'ils faisaient preuve de la même vivacité pour sortir de la salle que pour travailler pendant le cours ... Le professeur serait le plus comblé des hommes. Parfois, devant son audience peu réceptive, Frédérik s'interrogeait sur son choix de quitter l'Université. A l'Université, ses étudiants assistaient à son cours par conviction ; en général, à leur niveau d'étude, il ne restait plus que des survivants passionnés par l'étude des potions, les warriors, les vrais de vrai. Ici, tout était très différent. En enlevant les imbéciles qui voulaient simplement mélanger des trucs pour le fun, si un cinquième de la classe s'intéressait à la confection de potions, ce serait déjà un score honorable. Les autres se contentaient de subir un enseignement obligatoire à l'opposé de leur projet. Et quand la motivation peinait à suivre ... Regrettable. Sur cette réflexion qu'il se faisait invariablement, il rangea ses affaires avec soin dans son cartable promptement puis le déposa sur la table. Il rangea sa chaise sans un bruit et resta debout derrière son bureau.

Petit à petit, le silence regagna la pièce jusqu'à finalement être complet lorsqu'il ne resta plus que Nozomi et lui. Derrick, couché à la gauche du bureau, ouvrit un œil en baillant. Bah bravo, un bel exemple pour la jeunesse. D'un autre côté, il préférait largement que le basset pionce pendant ses cours plutôt que de fourrer sa truffe partout quitte à renverser les préparations des élèves d'un battement de queue mal placé. Même lors des séances purement théoriques, il serait capable de provoquer une catastrophe quelconque à vrai dire. Rétrospectivement : il valait mieux qu'il dorme. Et s'il pouvait tout le temps dormir, ce serait encore mieux. Son air léthargique ne trompait pas le polonais. Il savait pertinemment que si le chien restait étalé par terre comme éteint, il laisserait trainer ses oreilles pour tout capter de la conversation. Littéralement. Non, mais vu la taille de ses oreilles tombantes, Frédérik s'était surpris une fois à se demander s'il poussait son compagnon du haut de la Tour du Sphinx, s'il n'allait pas se mettre à voler comme Dumbo. Bref. On diverge.

C'est comme une partie d'échec. Tu y vas doucement et dès qu'il y a une ouverture, pwouf, tu frappes.
Je me passerais de tes conseils.
Soit. Tu sauras malgré tout que lui envoyer un regard de la mort comme tu le fais en ce moment, c'est pas top pour entamer une conversation, monsieur le Mentaliste.


Un regard de la mort ... ? Mais, il était détendu pourtant. Pas fait exprès. Frédérik retira ses lunettes et les rangea dans la poche de sa veste, comme si ce geste lui permettrait de se départir de son air froid. Le résultat n'était pas des plus saisissant. Nozomi venait d'arriver devant lui. Donc. Oui. Il faut y aller. Commencer quelque part. Erf.

« J'aimerais m'entretenir avec vous au sujet de votre orientation si vous avez quelques minutes à m'accorder. Avez-vous déjà un projet pour l'année prochaine ? »

Derrick ferma l'œil, blasé. Une approche étrange par rapport à l'objectif de Frédérik mais parfaitement adaptée de son point de vue pour attaquer sans mettre les pieds dans le plat. On commence doucement puis on l'amène vers le sujet souhaité. Pour le moment, il gérait.
avatar

Profil


Espèce: Magicien

Familier: Derrick le basset

Situation: Célibataire
Professeur
Professeur
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 14
Points : 4
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Au nom de la vérité {Nozomi} Sam 13 Jan - 23:41


Au nom de la vérité
ft. Frédérik ♥️

Classe des Dragons

Pour la première fois depuis son entrée à Sainte Catherine, quelques années auparavant, la journée de Nozomi a démarré sur les chapeaux de roue. Pour une raison obscure – qu'elle attribue volontiers à ses camarades de chambre ou même à son propre familier – son réveil n'a pas sonné à l'heure habituelle. Si le lever général est programmé à six heure trente, Nozomi se réveille toujours un bon quart d'heure avant, afin de profiter tranquillement de la salle de bain avant l'arrivée de ses colocataires. Elle sait via des rumeurs de couloir que cette petite habitude ne plaît pas forcément, mais elle a toujours refusé de changer ses habitudes. La métis ne doute donc pas de la culpabilité de ses colocataires – à moins que Shirayuri, son propre familier, lui ait joué ce vilain tour ? Le chien viverrin a son petit caractère et si madame décide qu'il est mieux de dormir un peu plus, elle serait capable de désactiver l'alarme de sa propriétaire. Même avec des pattes, il n'est pas difficile de déverrouiller un téléphone portable et appuyer sur la petite horloge pour retirer le réveil. Cependant, Shirayuri nie toute culpabilité – Nozomi ne s'y fit pas, son familier est capable de mentir aussi bien qu'il respire.

Toujours est-il qu'à cause de cette alarme annulée, c'est la cloche générale qui a tiré Nozomi de son sommeil. Surprise, il lui a fallut quelques instants pour réaliser son retard. Et malgré sa précipitation pour se tirer du lit, cela n'a pas suffit : ses colocataires prenaient déjà la salle de bain d'assaut. Elle a donc du patienter, non sans agacement, que les lieux se libèrent. Pas qu'elle soit pudique, mais Nozomi ne supporte pas se sentir à l'étroit lorsqu'elle se prépare. La métis s'est donc résolue à s'habiller puis à se coiffer en se servant de la caméra frontrale de l'appareil photo sur son téléphone portable. Se contentant d'un chignon pendant un peu trop sur la droite, Nozomi a finalement pu accéder à la salle de bain pour terminer tranquillement sa toilette. L'instant d'après, elle dévalait les escaliers en direction du réfectoire pour le petit-déjeuner. En règle générale, la métis n'est pas une grande mangeuse. Pourtant, sa colère du réveil semblait avoir creusé son estomac car elle a englouti deux croissants, une biscotte tartinée de confiture de myrtille et un bol entier de thé vert. Ce qui sort vraiment de ses habitudes.

Le reste de la journée, cependant, a été bien plus calme. Nozomi a enchaîné ses heures de cours dans sa bonne volonté habituelle, participant activement et proposant son aide à la moindre occasion. Un comportement de « fayot » d'après certains de ses camarades de classe, mais la métis se fiche bien de leurs avis. Son but demeure inchangé depuis le début de l'année scolaire : proposer un dossier scolaire parfait afin de se garantir une place de choix à l'Université Magique d'Europe. Bien qu'elle ignore encore vers quelle branche se tourner – bien qu'elle se doute que sa grand-mère ait déjà son avis sur la question – l'important est avant tout d'être accepté dans cet établissement plus que prestigieux qui n'a plus sa réputation à refaire dans le monde magique. Et si pour cela, Nozomi doit donner des cours de soutien ou effacer des tableaux … elle ne s'en prive pas. D'autant plus qu'elle fournit en parallèle un travail parfait – ce qu'elle recherche, en plus des résultats, ce sont des appréciations positives. Dans un dossier scolaire, les commentaires des professeurs sont presque aussi importants que les moyennes.

Lorsque la cloche retenti à seize heure, un soupir général de soulagement l'accueille. A l'unisson, les élèves reculent leur chaise afin de fourrer leurs affaires dans leur sac. Seule une petite poignée d'entre eux – dont Nozomi, évidemment – prend le temps de finaliser leurs notes avant d'inscrire les devoirs sur leur agenda. Pour la métis, hors de question de remettre cela à plus tard. Elle n'a pas à avoir honte de sa mémoire mais un accident est bien trop vite arrivé. Ainsi, elle inscrit la demande du professeur dans un curieux mélange de français et de japonais – une habitude qu'elle combat férocement lors des examens ou des devoirs surveillés. Si ce n'est pas un souci pour ses notes personnelles, elle sait pertinemment que tout le monde ne lit pas forcément le japonais. D'ailleurs, elle est souvent dans l'incapacité de prêter ses notes à des élèves absents, ils n'y comprendraient rien ! Heureusement, souvent, les professeurs ont le nécessaire pour permettre aux manquants de rattraper leur retard.

Mademoiselle Satô, avant de partir, j'aimerais m'entretenir avec vous.

Surprise, Nozomi relève par réflexe la tête afin de croiser le regard du professeur Bartosz. Imperturbable comme à son habitude, elle est dans l'incapacité de deviner le pourquoi du comment. Mais loin de l'inquiéter, la métis a presque hâte de savoir ce qu'il a à lui dire. Son professeur de potion est loin d'être le plus bavard de tous et s'il souhaite s'entretenir avec elle, c'est sûrement pour une excellente raison. Elle termine donc d'écrire ses devoirs, sans oublier de lui adresser un léger mouvement de tête pour lui signifier qu'elle l'a bien entendu. Une fois cela fait, Nozomi attend tranquillement que tous ses camarades aient quitté la pièce – dans un brouhaha digne d'une bassecour, évidemment – avant de se lever de sa chaise, son sac sur l'épaule. Dans son dos, Shirayuri lance un regard intrigué au familier du professeur. Ce n'est pas la première fois qu'elle croise le basset mais, à la connaissance de sa propriétaire, ils ne se sont jamais échangé le moindre mot. Vont-ils profiter de la situation pour faire connaissance ? La petite diva s'abaissera-t-elle à s'adresser aux autres familiers ? Nozomi se permet d'en douter.

Malgré le regard de tueur de son professeur, la jeune fille s'approche de lui la tête haute. Voilà bien longtemps qu'elle est habituée à monsieur Bartosz et ses yeux-mitraillettes. Nozomi se doute qu'il ne le fait pas méchamment – ça doit être une simple habitude … ce qui est compréhensible étant donné la jeunesse débauchée de nos jours. Sans se départir de son calme, la métis attend patiemment qu'il lui dévoile les raisons de cet entretien impromptu. Aurait-il une quelconque mission à lui confier ? Le club de voltige n'officiant pas le mardi, elle a deux heures à lui consacrer avant l'étude surveillée. Bien qu'elle doute qu'il la retienne tant de temps – après une journée de cours, les professeurs ont sans aucun doute davantage envie de se reposer que les élèves !

J'aimerais m'entretenir avec vous au sujet de votre orientation si vous avez quelques minutes à m'accorder. Avez-vous déjà un projet pour l'année prochaine ?

Sa requête étonne Nozomi : il la retient seulement pour lui demander ça ? Malgré elle, la métis ne peut s'empêcher d'y trouver anguille sous roche. Ses plans d'avenir, ce ne sont des secrets pour personne dans l'établissement. D'ailleurs, elle les a écrit noir sur blanc lors du remplissage obligatoire de paperasse en début d'année. Mais soit, si monsieur Bartosz désire qu'elle les lui rappelle, Nozomi accepte. Néanmoins, elle ne peut s'empêcher de trouver tout cela plutôt étrange. C'est bien la première fois, à sa connaissance, qu'il agit de la sorte. Aurait-il des astuces à lui fournir ? Après tout, il a enseigné là-bas pendant de nombreuses années avant de rejoindre le corps enseignant de Sainte-Catherine. Il fait parti des mieux placés pour lui en parler. Et Nozomi est prête à écouter tout ce qu'il aurait à dire sur ce sujet.

« Arrête de sourire bêtement, il va croire que tu le dragues. »
« Ne sois pas sotte Shira, c'est un professeur ! »

Le chien viverrin secoue la queue pour toute réponse. Préférant l'ignorer, Nozomi se presse de répondre à son professeur de potion.

Comme je l'ai écrit dans mes vœux de début d'année, je souhaite rejoindre l'Université Magique d'Europe. J'ignore seulement vers quelle branche m'orienter.

C'est le moment où jamais pour commencer à faire un choix. Nozomi est persuadée que monsieur Bartosz saurait lui fournir les meilleures pistes pour son cas. Pour dire les choses honnêtement, elle aimerait énormément se diriger vers les sciences afin de poursuivre ensuite sur des études vétérinaires. En grande amoureuse des Pégases, c'est auprès de ces créatures magnifiques qu'elle aimerait travailler. Néanmoins, elle sait pertinemment que sa grand-mère n'acceptera jamais. C'est déjà une chance immense de pouvoir pratiquer la voltige, Nozomi ne doit donc pas se montrer trop gourmande. Si elle se fit à ce qu'Akina a pu lui dire pendant les vacances d'été, elle compte bien lui faire suivre un cursus de droit afin que Nozomi face de la politique. Une carrière qui ne lui plaît vraiment pas mais qu'elle serait prête à embrasser pour le bien de sa famille. A l'instant même où elle a accepté de prendre le nom des Satô, la métis s'est condamnée à réaliser tous les vœux de sa grand-mère. Dusse-t-elle, pour cela, faire une croix sur ses rêves d'enfant.

Je pense faire une faculté de droit, je dois encore me renseigner sur la question.

Autant noyer le poisson avant qu'il ne se doute de quoi que ce soit. En tant que professeur, il y a de grandes chances qui lui serve le speech classique concernant l'importance de faire ce que l'on désire et tout le blabla habituel que Nozomi connaît déjà par cœur. Elle en attend bien mieux d'un professeur de la trempe de monsieur Bartosz !

A moins que vous soyez, vous, en mesure de m'en dire plus ?





________________________________


Nozomi s'exprime en #262532
avatar

Profil


Espèce: Magicienne

Familier: Shirayuri, un chien viverrin albinos

Situation: Célibataire
Dragon
Dragon
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 27
Points : 137
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Au nom de la vérité {Nozomi} Dim 14 Jan - 20:28
dans lequel un gars tente d'aller à la pêche aux informations
deuxième étape, on attend
Nozomi avait l'air ... Contente. Elle souriait même. Et vlan, dans les dents le cabot. Frédérik avait presque envie de se retourner vers Derrick en levant le poing de la victoire. Vraiment, il ne comprenait pas pourquoi le chien ne cessait d'affirmer qu'il ne donnait pas envie d'entamer une conversation. Preuve en était, alors même qu'il était censé avoir un air de tueur selon les dires du familier, Nozomi arrivait près de lui avec un sourire. S'il était si terrifiant, elle n'afficherait pas cet air-là. En soi, cet événement ne changeait pas grand chose sur le fond. Frédérik était simplement content de prouver à ce chien qu'il se plantait lourdement. Une petite victoire dans sa vie qui le rendait infiniment heureux. Toutefois, ce triomphe insignifiant n'avait pas grand intérêt par rapport au sujet principal. En l'occurrence, Nozomi ne fit pas dans le superflus en allant droit au but.

Évidemment, le professeur connaissait l'ambition de la demoiselle. Il se souvenait effectivement avoir lu dans ses vœux son souhait d'intégrer l'Université. En prime, sachant que le domaine l'intéressait particulièrement, il retenait assez bien l'identité de ceux qui prétendait l'incorporer. En souvenir du bon vieux temps. Ou du vieux temps tout court dans la mesure où Frédérik ne parvenait pas spécialement à le qualifier de bon. Marrant, le mimétisme du parcours de cette fille vis à vis du sien allait jusqu'à son orientation future. Sans aucun doute sur ce sujet, elle parviendrait à y entrer, tout comme lui. Par contre, la question de la filière qu'elle comptait choisir l'intéressait tout particulièrement. C'était là l'information qu'il voulait obtenir. La pièce du puzzle qu'il espérait exploiter par la suite. Mais, comme elle l'avait déjà spécifié dans ses choix, Nozomi ne savait pas encore vers quelle branche se diriger. Pour le coup, Frédérik pensa qu'il venait de s'enfermer dans un cul-de-sac avant de se raviser. L'interprétation de cet indice n'était pas anodine. Quel intérêt d'aller à l'Université si on n'a aucune idée de ce qu'on allait y faire ? On choisit une école par rapport à un projet professionnel, pas l'inverse. Il croisa les bras en hochant légèrement la tête.

La suite confirma son impression. A l'évocation du droit, Derrick explosa de rire dans son esprit. Le polonais se retint de lui adresser un regard noir, agacé par cette soudaine irruption. Au lieu de se marrer pour une obscure raison, il ferait mieux de contribuer à l'effort en discutant avec le familier de Nozomi. Mais non, c'était trop demander à ce brave basset qui préférait très largement resté étalé sur le sol comme une chiure d'oiseau sur un pare-brise en regardant son maître pédaler dans la semoule lamentablement. Beaucoup plus amusant comme spectacle. Dieu, qu'est-ce qu'il pouvait se prendre la tête avec cette créature ... Voilà à quoi il en était réduit : se disputer avec un vulgaire chien. Un bon indicateur de l'étendue de sa vie sociale et sentimentale.

L'humour de la situation m'échappe.
S'il n'y avait que l'humour de cette situation qui t'échappait ... Sérieux, elle veut faire du droit. Qui voudrait spontanément faire du droit ? Il faut être maso.


Frédérik, qui préféra ignorer la première remarque de son compagnon concernant son sens de l'humour avant que sa tension ne fasse un bond astronomique, fronça les sourcils. L'avouer lui faisait du mal, mais Derrick n'avait pas parfaitement tord. Pourquoi diable Nozomi envisageait-elle de se lancer dans des études de droit ? Elle n'avait pas spécialement l'air attiré par le domaine et n'avait pas non plus exprimé l'envie d'entamer une carrière juridique quelconque à la fin de ses études. Cet élément fit tiquer le détective du dimanche. A creuser donc. Et elle lui en offrit la magnifique opportunité en lui demandant s'il en savait plus. Pour avoir travaillé durant des années à l'Université, il était assez bien informé. Il connaissait la plupart des filières, leurs débouchés et avait même encore quelques contacts avec certains de ses anciens collègues. Bien entendu, la variété des formations proposées et, d'une manière générale, la grandeur du complexe, l'empêchait de prétendre au rang d'expert du lieu.

« Tout dépend des indications que vous désirez. Sur la filière droit, je crains malheureusement de ne pas être la meilleure source d'informations existante. Je pourrais cependant me renseigner. Mais, pourquoi vous destinez-vous au droit ? Il ne me semble pas que vous ayez formulé l'envie d'entreprendre une carrière juridique à la fin de vos études. »

Hmm, tu vas dans un mur là. Ils changent vite de projet à cet âge-là. Si elle a décidé de devenir avocate, juge administratif ou autre, c'est fini, tu sauras rien de plus.
Tu crois qu'elle en a vraiment envie ?
Elle n'a pas l'air très réjouie en tout cas.


« En fait, vous n'avez pas l'air très ... Enjouée devant ce projet. » se hasarda Frédérik.

Ce choix était si impersonnel que Frédérik commençait à douter qu'il provienne de la jeune fille. Et puis, pourquoi vouloir intégrer absolument l'Université Magique, sans regarder la filière ? Avec sa carrière, il en avait vu défiler des élèves et étudiants aux projets professionnels variés. Si l'indécision en tant que telle ne lui posait pas de problème, comprenant aisément que certains éprouvent des difficultés à trouver leurs voies, se borner à vouloir à tout prix un établissement et, en prime, intégrer une filière qui se voulait d'excellence tendait à démontrer que le choix n'était pas parfaitement personnel. Face à cette éventualité, Frédérik songea à son propre parcours. Il avait eu beaucoup de chance que le choix parental de sa filière coïncide avec ses goûts. Chance accentuée lorsque ses parents avaient accepté avec entrain son projet de devenir enseignant-chercheur. La fonction disposait d'un certain prestige qui avait ravi le clan familial. Sa chance avait rapidement tourné quand on lui avait annoncé ses fiançailles et avait complètement fondu avec le fiasco amoureux qui avait suivi, mais bon, il fallait bien un équilibre. Au moins, il avait de la veine dans le domaine professionnel. Haut les cœurs.

« Les Magiciens n'aiment pas vraiment le changement, soupira-t-il. Les mariages arrangés, le choix des études de leurs enfants, la pression pour la réussite dans l'espoir de parfaire la descendance et redorer le blason ... Nous sommes presque tous passer par là. »

Il braqua sur elle un regard inquisiteur à la recherche de la moindre réaction.

Pourquoi tu craques Fred ?! T'avais pas trop mal démarré et là, tu pars en steak en tentant la confrontation !
Non, je voulais simplement insinuer que--
Tu sais pas insinuer ! Pourquoi tu essayes de faire quelque chose que tu ne maîtrises pas ?! C'est pas comme ça qu'on installe une relation de confiance pour pousser les gens à s'exprimer librement.
Et qu'est-ce que tu en sais ? A l'époque, Benjamin m'a parlé sans détour.
Ah, oui, j'oubliais, ton amant. Au fait, flash info : elle n'est pas toi.


Amant ?! Ce chien était d'un vulgaire ! Surtout, ne pas renchérir. Surtout, garder son calme et ne pas l'écouter. Malgré l'engueulade, Derrick n'avait pas bougé d'un pouce, toujours aussi calme en apparence. Le professeur ne comprit pas sa réaction alarmiste. Pourquoi continuer à jouer au chat et à la souris alors qu'il disposait des éléments nécessaires pour tenter une attaque ? En fait, il avait tellement l'impression que la route empruntée par son élève était similaire à la sienne qu'il n'avait pas pu s'empêcher de formuler cette hypothèse déguisée. Puisque lui faire part de son expérience personnelle le dérangeait, Frédérik n'appréciant pas particulièrement parler de lui, il était convaincu que Nozomi était assez intelligente pour saisir le sous-entendu et la perche au passage. A la condition cependant que son interprétation n'ait pas été trop hâtive face à la ressemblance troublante avec sa situation antérieure.
avatar

Profil


Espèce: Magicien

Familier: Derrick le basset

Situation: Célibataire
Professeur
Professeur
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 14
Points : 4
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Au nom de la vérité {Nozomi} Hier à 20:38


Au nom de la vérité
ft. Frédérik ♥️

Classe des Dragons

Evidemment que le droit n'intéresse pas Nozomi. La politique et tous ses à-côtés, ça ne l'a jamais passionné. D'ailleurs, si le professeur Bartosz se prend l'envie de lui poser quelques questions sur la situation politique dans la communauté magique au jour d'aujourd'hui, elle ne saurait même pas lui répondre. Ce n'est pas faute d'avoir ce qu'il faut à disposition à la bibliothèque, mais ce sujet ne l'intéresse tellement pas qu'elle n'y a jamais accordé la moindre petite attention. Ce qu'il faudrait corriger si, en effet, elle intègre une faculté de droit à la rentrée prochaine – bien qu'elle compte sur sa grand-mère pour la mettre à la page sur ce sujet-là. Bien que les Satô ne soient pas spécialistes de la politique, la vieille dame s'y intéresse de très près. Ce n'est pas pour rien qu'elle souhaite que Nozomi y mette les pieds : si elle parvient à grimper en échelon, leur nom brillera de nouveau. C'est là l'unique objectif de la doyenne et sa petite fille en a bien conscience. Mais plus qu'en être triste, la métis est davantage ravie de représenter autant pour sa famille. Il lui suffit de ne jamais échouer pour s'assurer leur reconnaissance éternelle. Et à ses yeux, ça vaut tout l'or du monde.

Car ce que Nozomi recherche avant tout, c'est bien l'affection de sa famille maternelle. Rendue orpheline a l'âge de trois ans, elle a perdu les quatre personnes qu'elle aimait le plus au monde – soit ses parents et ses grands-parents paternels. Ils l'ont toujours couvé d'un amour pur et véritable, contrairement à Akina qui ne voit en elle qu'un pion puissant sur son échiquier. Bien évidemment, depuis le temps, la jeune fille a compris qu'elle n'obtiendrait jamais d'affection de la part de la vieille femme. Cependant, sa reconnaissance représente déjà énormément. C'est encore tout ce qu'elle peut espérer venant d'elle. Alors Nozomi refuse de la décevoir : elle portera ses rêves et ses espoirs aussi loin qu'elle le peut. Si Akina veut qu'elle fasse une carrière dans la politique, alors Nozomi deviendra avocate, juge, politicienne ou n'importe quel métier que la doyenne désire. Ses rêves et ses objectifs personnels, la jeune métis les a mit à la poubelle il y a bien longtemps. Il est hors de question de faire passer ses propres intérêts avant ceux de sa famille.

Mais malgré sa tentative de paraître convaincante, monsieur Bartosz ne semble pas vraiment y croire. Ce qui n'est pas étonnant venant de lui : son regard d'aigle est capable de voir au delà de la simple apparence physique. Ce n'est pas lui qu'elle dupera si facilement – et plus que l'agacer, cela lui plaît. Il n'y a bien qu'avec cet homme qu'elle se sent capable de défaillir. Et le challenge est vraiment plaisant. Il est son test ultime pour vérifier ses compétences en comédie et en manipulation. Cette petite discussion inattendue est vraiment de plus en plus intéressante. Même Shirayuri sembl apprécier la situation, elle qui déteste ce genre de chose en temps normal. Les oreilles droites, attentives, elle ne rate pas une miette de l'échange entre les deux Magiciens. Son intérêt pour le basset affalé par terre a finalement fondu comme neige au soleil : elle a trouvé bien plus intéressant ! De toute façon, l'autre familier ne semble pas vraiment enclin au conciliabule, alors autant focaliser son attention sur Nozomi et Frédérik. Ils ont bien plus de conversation.

Comme Nozomi s'y attendait, le professeur Bartosz n'est pas vraiment en mesure de la conseiller sur la faculté de droit – cependant, il propose de se renseigner. Elle se contente de hocher la tête, certaine qu'il ne faillira pas à sa tâche. Néanmoins, il remet aussitôt en doute son « envie » de carrière. En effet, dans ses vœux et ou que ce soit d'autre, jamais encore Nozomi n'a émit le souhait de partir sur de la politique. Et il tape dans le mille quand il avance son manque total d'engouement concernant ce sujet. Décidément, il est au delà des espérances de la métis. Arrivé à la percer à jour si facilement, voilà quelque chose qui n'arrive vraiment pas souvent. Cependant, elle ne doit pas lui laisser penser qu'il a vu juste. Elle sait que son orientation est quelque chose d'important en dernière année et que la guider du mieux possible est une mission pour les professeurs. Néanmoins elle ne doit pas se laisser influencer par leurs avis, car ils tenteront toujours de lui faire suivre la voie qu'elle désire. Or, ce n'est pas comme ça que Nozomi voit les choses. Alors autant leur faire croire que ce choix est volontaire et personnel. Même si la tâche s'annonce ardue.

Nozomi ne se départie donc pas de son sourire. Surtout, ne pas laisser le moindre indice risquant de faire éclater la vérité. Elle remet plutôt une mèche ayant glissé de son chignon derrière son oreille, dans un geste naturel et presque maniaque. Mentalement, elle collecte les arguments nécessaires afin que son plaidoyer soit assez convaincant pour berner son professeur de potion. Cependant, elle n'a pas le temps d'ouvrir le bouche que l'adulte prend de nouveau la parole :

Les Magiciens n'aiment pas vraiment le changement. Les mariages arrangés, le choix des études de leurs enfants, la pression pour la réussite dans l'espoir de parfaire la descendance et redorer le blason ... Nous sommes presque tous passés par là.

Déboussolée, Nozomi en reste muette de stupeur. Dites-lui qu'elle rêve, par pitié. Le professeur Bartosz ne vient pas réellement de lui faire le speech de base qu'elle déteste tant ? Elle en attend tellement plus de sa part ! La métis en est presque déçue. Cependant, le fait qu'il frappe de nouveau là où ça fait mal commence à sérieusement l'agacer. Il fait mine de rien alors qu'en réalité, il semble avoir parfaitement comprit la situation de Nozomi. Et cela n'arrange vraiment pas ses affaires. Il lui rend la tâche vraiment plus ardue : elle n'aurait pas cru devoir faire face à cela. Shirayuri lui lance même un regard inquiet, auquel la métis répond d'une œillade sévère. Il ne faut surtout pas que son familier vende la mèche. Honteuse, la créature se glisse derrière les jambes de la Magicienne afin que le professeur ne puisse plus la voir : elle ne veut pas risquer de faire une autre boulette du même genre. Ne se laissant pas déstabiliser, Nozomi braque sur Frédérik un regard assuré. Elle ne peut pas le laisser s'aventurer davantage sur ce terrain, au risque qu'il y découvre des secrets que la métis tient à garder pour elle. Malgré toute l'admiration qu'elle a pour cet homme, il reste un obstacle à ses objectifs qu'il est important d'écarter.

Malgré tout le respect que je vous dois, vous vous méprenez. La carrière politique m'intéresse car elle lie mon désir de justice à ma volonté d'apporter mon concours à la communauté magique. Rien de plus, rien de moins.

Sa voix est cassante mais sûre. Même son regard ne faillit pas. Nozomi met toutes les chances de son côté pour être convaincante, assurée. Elle plonge alors une main dans son sac de cours et en sort un livre de droit qu'elle a emprunté à la bibliothèque – en vérité, il s'est glissé à sa pile d'emprunt sans qu'elle ne s'en rende compte, sûrement à cause d'un petit malin refusant de le ranger et trouvant plus intelligent de le déposer sur sa sélection. La métis comptait le rendre juste après les cours mais il faut croire qu'il aura au moins servi à quelque chose. Elle a quand même eu la curiosité de lire quelques pages mais le contenu l'a tellement ennuyé qu'elle n'est pas allée bien loin. Voilà qui remet vraiment en question ses envies de carrière mais que voulez-vous, quand ses lectures ne l'intéresse pas, Nozomi a vraiment du mal à s'y forcer. Elle aura assez de tout l'été pour se mettre à la page, alors elle repousse bêtement l'échéance. Ce qui n'est vraiment pas dans ses habitudes mais il lui faut bien une faiblesse. Dommage qu'elle concerne les études que Nozomi est presque certaine de suivre dès la rentrée prochaine, car ça ne l'aide pas à se motiver. Elle préfère de loin ces traités de médecine vétérinaire sur les maladies chroniques chez les Pégases – même si un tel titre peut donner la migraine à la plupart des adolescents normalement constitués.

Pour être honnête, cet intérêt est tout récent. Je commence à peine à me documenter sur le sujet. Ma famille n'a rien à voir là-dedans.

Nozomi lui tend le livre en gage de sa bonne foi – heureusement, un morceau de papier s'est glissé entre deux pages, en guise de repère. La chance semble être de son côté pour le moment – en espérant qu'elle décide d'y rester. Car quelque chose lui dit que monsieur Bartosz ne se laissera pas si facilement duper : il a plus d'un tour dans son sac. En tant que professeur, ce n'est sûrement pas la première fois qu'il doit faire face à un cas comme elle. Aucun doute qu'il sait les mater avec professionnalisme. Nozomi aurait presque hâte de le voir à l'oeuvre, bien que d'un autre côté elle aimerait mettre un terme à la discussion et s'enfuir d'ici avant qu'il ne creuse plus en profondeur. Jamais elle ne s'est sentie s'y menacer auparavant. Et l'expérience est plutôt déplaisante.

Et même si ce choix de carrière ne vient pas uniquement de moi … cela n'a pas d'importance.

La métis réalise trop tard qu'elle a dit tout haut ce qu'elle pense tout bas. Shirayuri lui mordille même le mollet en guise de punition. En effet, sur ce coup, Nozomi n'a vraiment pas géré !




________________________________


Nozomi s'exprime en #262532
avatar

Profil


Espèce: Magicienne

Familier: Shirayuri, un chien viverrin albinos

Situation: Célibataire
Dragon
Dragon
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 27
Points : 137
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Au nom de la vérité {Nozomi}
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Au nom de la vérité {Nozomi}
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Perte des points en dextérité après Up
» Comment avouer une vérité pareille?
» Dextérité main gauche-main droite
» Une punition méritée, vraiment? [Jane]
» Célérité

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sainte Catherine's School  :: Le Domaine de Sainte Catherine :: Le Ventre de l'Hydre :: Les Classes :: Classe des Dragons-
Sauter vers: