we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie
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 :: Le Domaine de Sainte Catherine :: Le Jardin des Nymphes
MessageSujet: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Dim 8 Oct - 21:52
Louis avance tranquillement, ses livres de cours calés sous le bras et son étui à violon dans le dos. Aujourd'hui, il s'exercera un peu ; un petit créneau dédié à la pratique de son instrument, histoire de ne pas perdre la main. Il faut dire que Marianne et Juliette aiment beaucoup le son mélodieux de l'instrument à cordes. Et, en bon frère que Louis est, il ne peut décevoir ses sœurs. Cependant, aujourd'hui, la leçon sera certainement écourtée.

Louis doit rencontrer la Faune dont il est le tuteur ; Billie Barrett. Ses yeux se plissent et il ralentit le pas sans le réaliser immédiatement. Lorsqu'il s'en aperçoit, il est à l'arrêt, les yeux rivés vers les arbres du parc. Il revoit encore la cérémonie d'accueil des Faunes parmi lesquels, cette année, il y avait des Sorciers. Le destin a voulu que Billie soit une Sorcière. Louis reprend son chemin en soupirant longuement.

La jeune Faune sera donc la première Sorcière qu'il pourra rencontrer. Quelque part, il anticipe la rencontre, leur relation. Et ce que ses parents en penseront. Il craint des conflits, notamment en raison du difficile passé des Sorciers. Il craint une rancune vieille comme le monde qui se transmet de génération en génération. Tout comme les Magiciens haïssent les Sorciers de génération en génération eux aussi.

Et paradoxalement, Louis est impatient et satisfait d'être le tuteur d'un jeune Sorcier. Il aura autant à lui apprendre que Billie le fera ; il en est persuadé. Et c'est avec ses sentiments mitigés que le Dragon avance. Son devoir est de guider la Faune. Le désir du directeur est que l'on tende la main aux Sorciers ; Louis s'y emploierait du mieux qu'il pourra.

Après quelques minutes, il arrive sur le point de rendez-vous. Il s'arrête une nouvelle fois, regardant autour de lui pour repérer cette petite tête bleue aperçue à la cérémonie. Fort heureusement pour lui, la particularité de Billie en font une personne facile à repérer. Et, qui plus est, un point commun avec lui. Il finit par l'apercevoir, au pied d'un grand arbre. Perceval penche la tête sur le côté, les yeux rivés vers la Faune.

Louis observe son familier, perché sur son épaule. Ils communiquent un moment, Louis priant Perceval de bien vouloir se tenir un minimum. Le français ne veut pas avoir de préjugés sur les Sorciers, mais en tant que personne, il ignore qui est Billie. Il ignore quelle sera sa réaction face à un familier aussi social que Perceval. Ils reprennent leur route jusqu'à rejoindre la Faune.

Debout devant elle, il l'observe un moment. Elle porte un casque blanc et, à ses côtés, son familier. Une loutre donc. C'est assez surprenant de voir un animal si mignon en guise de familier. Celui-ci a pourtant un regard tout sauf adorable. Plutôt… hautain ? Louis détourne le regard, sans se soucier réellement du familier. Perceval, lui, a bondi de son perchoir pour venir saluer son camarade familier. Le Dragon, lui, s'installe à son tour au sol et attend que Billie retire son casque. La chose faite, il se décide à parler.

« Bonjour Billie. Je m'appelle Louis et serait ton tuteur cette année. » Il désigne Perceval d'un léger mouvement de tête. « Lui c'est Perceval, mon familier. Excuse-le d'avance, il est du genre… social. »

Pour toute réponse, le canidé vient frotter sa tête contre la main de la Sorcière, reportant ensuite toute son attention sur la loutre. Contre toute attente, Perceval ne semble pas vouloir lui sauter dessus pour jouer. Il semble le jauger ; peut-être font-ils eux aussi connaissance, qui sait ? Louis reporte son attention sur la Faune.

« Je suppose que tu dois te douter de ma nature de magicien. » Il marque une légère pause, sans détacher son regard du sien. « Si cela t'importune, ou te met mal à l'aise, dis-le moi. Je tâcherai de faire mon possible pour que tu te sentes à l'aise en ma compagnie. »

Bien qu'il ne soit pas du genre à changer pour les autres. Que pourrait-il changer, de toute façon ? C'est une Sorcière, il est Magicien, ainsi va la vie.
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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Lun 9 Oct - 11:42
ft. Louis, un renard, et une loutre
Look, anotter blue one !

Je m'étais levée aux aurores, toute excitée de la journée qui m'attendait. Et parce que mes premières nuits avec l'étrange familier que l'on m'avait attribué avaient été une horreur. Je n'avais que très peu dormi... et pourtant étais maintenant plus éveillée que jamais ! Un monde nouveau s'offrait à moi et j'allais le découvrir toute seule. Enfin presque.

Arthur dormait encore malgré les roulades que les mouvements pour m'extraire du lit lui avaient fait exécuter. La bouche ouverte, il ronflait et agitait parfois les pattes en couinant. Dans le plus grand silence, je pris sous le bras quelques vêtements et ma paire de bottes pour m'éclipser dans la salle de bain.

Je pense avoir passé toute la matinée et une grande part de mon après-midi dans ce parc. Je voulais m'en imprégner pleinement. Tout y était si beau, si pur. J'y étais lorsque les dernières étoiles disparurent et que le soleil étalait dans le ciel ses couleurs chaudes et nuancées. J'y étais alors que la rosée, au moindre pas, éclaboussait mes chaussures. J'y étais le temps qu'il fallut pour voir les lumières s'allumer dans le château, et s'éteindre lorsqu'il fit assez jour. Et tout ce temps, je contenais une excitation puérile. J'avais envie de rire aux éclats, de sauter, de courir, de danser même. Faire tournoyer les pans de ma robe courte aux couleurs pastels. De bleu et de rose qui s'entrecroisaient et se mêlaient comme deux peinture sur leur palette. Pour me couvrir du froid matinal, j'avais enfilé une veste de cuir jaune.

Ce fut une matinée incroyable. J'avais marché de longues heures, les yeux perdus dans les paysages dessinés par la forêt, dans l'eau étincelante du lac, ou simplement dans le vide d'un ciel radieux. Cela aurait pu être parfait. Mais Arthur aimait râler. Je commençais à m'habituer. Il pensait que je trouvais ça attendrissant. N'exagérons rien... Alors Arthur n'aime pas quand il fait trop sombre. Il n'aime pas quand il fait trop froid. Il n'aime pas quand il fait trop humide. De toute façon, il n'aime pas l'eau. Ce qui n'est pas vrai du tout, puisqu'il est une loutre. Mais il ne trouvait rien à redire sur le lac.

Après un rapide repas, on s'allongea sous un arbre que j'avais déjà repéré au préalable. Peu de gens s'aventurait dans ce coin. Le lac n'était pas trop éloigné, donc l'air y était rafraîchissant. Le feuillage était suffisamment épais pour masquer le soleil mais me laissait tout de même apercevoir le ciel ci et là. En m'allongeant là, je me sentis dans le plus grand confort.

- Ouaip ! V'là qu'on est bien ! Bon allez, tais-toi un peu qu'on fasse une sieste.
- Mais... c'est toi qui parles tout seul depuis ce matin. Je ne t'ai répondu que pour te dire qu'effectivement, quelques degrés de plus ne seraient pas de refus. Et c'était il y a quatre heures !
- Tu vois ! Tu ne sais pas t'arrêter.

Je soupirai et mis mon casque sur les oreilles. Un peu de musique pour parfaire l'instant. J'en profitais car il serait de courte durée. J'avais en effet rendez-vous à peine une heure plus tard. Mon parrain venait se présenter. C'est sûr que notre rencontre ne s'était pas déroulée sous les meilleures auspices. Toujours à cause du même problème.

Je m'évadai sur les notes d'une mélodie douce et aérienne. Comme si le vent chantait.

Les yeux fermés, c'est Arthur qui m'annonça l'arrivée du jeune homme. Il renifla près de mon oreille.

- Sérieux, B. ? T'abuses !
- Mais quoi ?
- T'aurais pu t'éloigner pour loufer ! Désolé de te le dire aussi franchement, mais tu daubes l'animal crevé. Ah tiens, et en plus Paul est là ! La honte...

Je me redresse sur les coudes et ôte mon casque.

- Bordel à chiotte, enlève-moi ça ! Enlève-moi ça ! s'écria Arthur dans mon esprit alors qu'un renard au pelage immaculé s'était approché. Ça devrait être puni par la loi une odeur pareille !

Je l'ignorai copieusement, bien trop satisfaite de le voir galérer. Louis – et non Paul, au passage – se présenta ainsi que son familier. Ce dernier avait l'air bien plus attachant que le mien, et j'en fus légèrement jalouse.

- Du genre social, mon cul ouais ! J'lui ai demandé s'il mangeait souvent son propre caca. Ça l'a bien calmé, héhé !

Je lui sommai avec fermeté de faire preuve d'un peu de gentillesse avant de me reporter sur le nouveau venu. Il était bien plus grand que moi et avait une maturité marquée dans ses traits que j'étais loin de posséder. Ses cheveux, aussi inhabituels que les miens, portaient un bleu bien différent.

- Je suppose que tu dois te douter de ma nature de magicien. Si cela t'importune, ou te met mal à l'aise, dis-le moi. Je tâcherai de faire mon possible pour que tu te sentes à l'aise en ma compagnie.

A vrai dire, je n'y avais même pas réfléchi. Je me fichais pas mal de le savoir Sorcier ou Magicien. S'il avait été contre ma présence ou contre cette alliance imposée, nous nous en serions tenus au plus strict minimum, en terme de rencontres et de conversations. J'aurais peut-être du lui demander de ne pas avoir ce regard trop fixe et insistant avec moi, s'il désirait vraiment me voir à l'aise. Car il n'y a rien de plus gênant qu'un regard plongé dans le mien. Mais je n'en pipai mot. Tant pis.

Je souris néanmoins, plutôt ravie de le savoir ouvert quant à nos origines. Les rapports allaient pouvoir se construire sur des bases saines. C'était un excellent début.

- Je me fiche bien que vous soyez un magicien, un sorcier, un socialiste ou un fan de Hélène Segara, Louis !

Je m'assis en tailleur et lui tendis une main amicale. C'était, en vérité, la première fois que j'encourageais quelqu'un à me la serrer, en signe d'alliance ou d'une quelconque relation de confiance. C'était assez étrange : excitant et effrayant à la fois. J'étais tellement nulle en rapports humains ! Je m'attendais à tout gâcher d'un moment à l'autre. Mais je ne perdais pas espoir ! Le verre à moitié plein, vous savez. Alors je me laissai guider par mon enthousiasme plutôt que par mes craintes.

- Lui c'est Arthur et il... Arthur ? l'appelai-je en ne le voyant plus à mon côté. Art...
- J'me casse, j'en ai marre ! J'vais piquer une tête dans le lac !
- Tu devrais proposer à Perceval de t'accompagner ! dis-je sur un ton que seule mon familier savait provocateur, un sourire narquois sur les lèvres, et suffisamment fort pour que le concerné entende.

Il fit immédiatement demi-tour.

- Autant rester ici alors. Et supporter la vue de cet atroce mulet !

Je reportai mon attention sur Louis, mon sourire enjoué décomposé en une gêne sans précédent.

- Désolée, il est un peu... capricieux.

Je n'osais pas trop lui dire que c'est à cause d'Arthur que notre première rencontre s'était déroulée de manière si abrupte et abrégée... Je devais bien être la seule de toute l'école à être aussi subordonnée à mon familier !


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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Mar 10 Oct - 0:23
La loutre semble bien perturbée par Perceval, ce qui attire un instant l'attention de Louis. Il hausse un sourcil mais aucun mot ne franchit ses lèvres ; pauvre familier, s'il s'agite pour si peu, il n'est pas au bout de ses peines avec Perceval. Ce dernier penche la tête sur le côté avant de regarder le français, l'informant des propos étranges tenus par la loutre. Louis l'invite silencieusement à ne pas y prêter attention puis recentre son intérêt sur Billie.

Un sourire accueille le magicien qui ne parvient pas à dissimuler sa légère surprise. Louis a gardé en mémoire le sourire gêné qu'elle lui a adressé lors de la cérémonie de la rentrée ; il pensait donc avoir à faire à une jeune fille timide. Se serait-il trompé ? Oui, sans doute.

« Je me fiche bien que vous soyez un magicien, un sorcier, un socialiste ou un fan de Hélène Segara, Louis ! »

Les iris saphirs de Louis glissent sur cette main tendue vers lui. Partagé entre surprise et perplexité, il finit par répondre à l'invitation, serrant la main de sa cadette. Il libère sa main avant de l'observer, un peu troublé par la manière dont elle s'est adressée à lui. Chose qu'il tient à rectifier le plus tôt possible.

« Billie, je n'ai que trois ans de plus que toi… Me vouvoyer n'est pas nécessaire, tu sais ? »

Pour être honnête, il semblerait qu'on lui accorde assez facilement quelques années de plus du fait de son sérieux, de sa maturité. Louis n'a jamais réellement compris l'intérêt de vouloir croire qu'une personne est plus âgée ou non. C'est un concept qui lui est étranger. Quelque chose d'assez futile, finalement. Billie semble désormais vouloir lui présenter son familier, le cherchant du regard.

« Lui c'est Arthur et il... Arthur ? Art... »

Louis patiente simplement, suivant finalement le regard de sa cadette ; la loutre nommée Arthur se dirige tranquillement vers le lac. S'en suit, à ce qu'il peut en déduire, à une brève conversation entre la Sorcière et son familier.

« Tu devrais proposer à Perceval de t'accompagner ! »

Louis hausse alors un sourcil, observant Billie. Et vu la vitesse à laquelle revient Arthur, Louis se doute qu'ils ont du parler de son familier. Le français ne se sent pas vexé mais il n'apprécie pas forcément que l'on parle mal de son fidèle compagnon à quatre pattes. Perceval, justement, capte le très léger agacement de son magicien et s'empresse de venir s'installer sur ses jambes, se blottissant contre lui après avoir toisé la loutre.

Perceval communique finalement très rarement avec des mots, mais plutôt avec des sentiments, des émotions, qu'il impose à l'esprit de Louis. Ces deux-là ne semblent pas converser comme le font Billie et Arthur. Ce n'est pas que Perceval ne souhaite pas parler ; il le faisait lorsque Louis était Faune. Puis, avec le temps, sa voix s'est éteinte afin de ne pas troubler inutilement son magicien. Le renard a beau être très social avec les autres magiciens ou familiers, il voue un respect et un amour sans borne au français.

« Désolée, il est un peu... capricieux. »

La voix de la Faune sort Louis de sa petite torpeur alors que sa main se perd dans le pelage blanc de son familier. Le français jette un coup d'oeil à la loutre avant de reporter son attention sur Billie.

« Hm, ce n'est rien. »

Perceval lève son museau vers Louis, émettant un petit couinement inquiet. La main du Dragon s'affaire donc de nouveau à rassurer le familier. Louis, quant à lui, décide qu'il vaut mieux ignorer la loutre pour l'instant. Un familier capricieux ne fait pas un bon familier ; selon lui, ça a plutôt tendance à être un frein qu'un coup de pouce. Mais ça ne fait pas longtemps qu'ils se connaissent, qu'Arthur a vu le jour sous les traits d'une loutre ; c'est normal qu'il soit si… exubérant. Chaque familier est différent après tout. Celui-ci va certainement s'assagir.

Louis glisse son regard sur Perceval un court instant avant de tourner la tête vers Billie.

« Parle-moi de toi, Billie. D'où tu viens, qui tu es. Et ce dont tu es capable en tant que Sorcière. »

Louis a déjà besoin de la connaître avant de lui dispenser de conseils ou d'aide. Quoi de mieux que de la laisser se présenter de façon complète, concise. Et avant qu'elle ne puisse répondre, il poursuit, comme pour l'encourager, la rassurer. Parce que, après tout, c'est son rôle de tuteur ; être une attache, une bouée à laquelle s'amorcer pour éviter de perdre pied.

« Tu n'as aucune crainte à avoir. Tu peux t'exprimer librement. Notre proviseur a raison : je te tendrais la main. Aussi longtemps que tu en auras besoin. »

Perceval frotte sa tête contre Louis, presque jalousement. Ce qui arrache un sourire éphémère à Louis. Eh oui, à partir de cette année, le renard devrait partager son maître avec une Faune.
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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Mer 11 Oct - 17:08
ft. Louis, un renard, et une loutre
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- Hm, ce n'est rien.

Bien que mauvais menteur, Louis avait la courtoisie de faire preuve d’un peu de politesse. Un fait assez rare pour être souligné chez tous ceux qui croisent le chemin d’Arthur. La scène dégénérait plus souvent en une joute verbale grossière et des menaces de poings. Ce qui, il fallait l’admettre, était très drôle à voir. Mais mon familier n’ayant aucune connaissance des règles de bienséance ou de principes tels que la honte ou laisser couler les choses, c’était à moi de porter ces lourds fardeaux. Merci, l’ami.

Le duo, face à nous, fit une nouvelle démonstration de tendresse et de complicité. Ce qui me fit rougir de jalousie. A croire qu’ils cherchaient à nous narguer, nous les deux paumés. Dont un sociopathe. Je lançai un regard las à Arthur, qui les contemplait d’un air vaguement nauséeux.

- Même pas. En. Rêve. dramatisa-t-il sans que je n’aie eu à prononcer le moindre mot.

Je pliai les jambes et enroulai mes bras autour de mes genoux calleux. Une brise fraîche soufflait et me ramenait aux bois de mon enfance dans lesquels j’allais me perdre pour ignorer un monde bien trop fou. L’ombre de l’arbre sous lequel nous nous trouvions s’étalait dans l’herbe verte. Seule au milieu d’un vaste pré. Une tâche sinistre dans toute une lumière idyllique.  Un peu comme moi. Mais tout ceci n’avait rien à voir avec la scène en cours.

- Parle-moi de toi, Billie. D'où tu viens, qui tu es. Et ce dont tu es capable en tant que Sorcière.

Ce dont j’étais capable en tant que Sorcière… Je baissai les yeux sur mes bottes et écarquillai les yeux en tentant de réfléchir, une grimace perplexe sur le visage. Je ne m’étais jamais vraiment posée la question. Et je ne m’étais jamais comparée aux autres pour me rendre compte d’une quelconque puissance ou non. En fait, je ne m’étais jamais concentrée sur mon statut. J’avais croisé beaucoup d’humains sans pouvoir qui semblaient très heureux. Si ce n’était pas la magie qui donnait accès au bonheur, elle n’était pas si indispensable que cela. Je ne suis pas de ceux qui l’utilisent à tour de bras.

Avant que je ne puisse répondre, à Louis d’ajouter :

- Tu n'as aucune crainte à avoir. Tu peux t'exprimer librement. Notre proviseur a raison : je te tendrai la main. Aussi longtemps que tu en auras besoin.

Donnais-je l’impression de craindre quoi que ce soit ? Il tirait ses conclusions hâtivement… ou tentait de prendre d’énormes pincettes pour ne pas mettre les pieds dans un plat dont il pourrait ignorer l’existence.

Je pouffai un peu en levant les yeux vers son renard polaire – parce que c’était plus facile que de le regarder dans les yeux, lui – avant de prendre la parole.

- C’est vraiment gentil de vous inquiéter, mais croyez-moi c’est inutile. Je vis très bien avec ce que je suis et le jugement des autres me passe par-dessus la tête, dis-je en mimant le geste approprié. Si quelqu’un a un jour un problème avec ce que je peux être – et je sais que cela arrivera –, je saurai me défendre. Dans le pire des cas, Arthur me défendra.

Je fis un mouvement de tête pour désigner le concerné, mais ce dernier roupillait déjà grassement. En nous tournant ouvertement le dos. J’étais à peu près sûre qu’il suivait quand même le déroulement de la conversation, puisque la seule seconde pendant laquelle nous avions posé nos yeux sur lui fut celle pendant laquelle il souleva sa queue, pour nous montrer ce qui s’y trouvait dessous. Sûrement une réponse métaphorique à mon dernier commentaire. Je n’y prêtai guère attention et poursuivis :

- Je n’ai juste… pas grand-chose à raconter. Désolée, on vous a refourgué la moins intéressante des nouvelles têtes. Mais vous savez ce que c’est. Les parents voulaient un avenir brillant pour leur fille, mais la fille n’en fit qu’à sa tête. Puis elle fait sa crise d’ado, et là c’est l’explosion. Elle leur dit d’aller s’étouffer avec leur fric, ils la ferment dans sa chambre, elle se teint les cheveux en bleu, ils lui interdisent de voir ses amis, elle se fait tatouer le nom de son chanteur préféré au-dessus de la fesse, ils la privent d’internet…

Voilà que je partais dans mes élucubrations sans queue ni tête. D’habitude, elles se déroulaient dans ma tête. Depuis combien de temps n’avais-je pas aimablement communiqué avec un autre être humain, pour me laisser aller comme ça ?

Il ne fallait surtout pas montrer que je regrettais mes mots, sinon j’allais passer pour une véritable idiote ! En restant polie.

- Haha ! Je vous charrie hein ! Non, je n’ai pas de tatouage de mon chanteur préféré au-dessus de la fesse…

Je l’avais fait au feutre et il s’était effacé après quelques douches. Cela dit j’avais onze ans ! Comment ça, ce n’est pas une excuse ? Bien sûr que si. Comment ça, de la mauvaise foi ? Pas du tout !

- A vrai dire, je n’avais pas non plus d’amis qu’on pouvait m’interdire de voir, haha !

J’affichai un grand sourire confiant, pour bien lui faire savoir que je n’attendais pas de lui qu’il me prenne en pitié. Ma tête ressemblait à l’un de ces smileys qu’on appelle « accent circonflexe accent circonflexe » ou « chapeau chapeau » pour ceux qui ont un problème d’élocution (ou un cheveu sur la langue). S’il me parlait encore de confiance totale ou du soutien qu’il était désormais pour moi, on lui rappellerait qu’il n’est qu’un parrain, pas un psychologue.

Et mieux valait-il que je me charge de le faire plutôt que mon familier…

- Il peut venir nous bercer l’soir au lit, tant qu’il y est… me grommela une voix endormie.


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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Jeu 12 Oct - 0:47
La remarque du Dragon concernant leur différence d'âge et l'utilité inexistante pour elle de le vouvoyer semble être passée par une oreille pour en ressortir par l'autre. Un discret soupir franchit les lèvres du français ; il va naturellement tenter une nouvelle fois de lui faire comprendre l'absurdité cette politesse. Et si Billie ne se corrige pas, il n'insistera pas. A quoi bon ? Si elle souhaite elle-même creuser un peu plus le fossé entre eux, libre à elle. Il trouve simplement ça dommage.

« C’est vraiment gentil de vous inquiéter, mais croyez-moi c’est inutile. Je vis très bien avec ce que je suis et le jugement des autres me passe par-dessus la tête. Si quelqu’un a un jour un problème avec ce que je peux être – et je sais que cela arrivera –, je saurai me défendre. Dans le pire des cas, Arthur me défendra. »

Louis hausse un sourcil avant de regarder le familier. Lui, être utile ? Ça lui paraît improbable. Perceval semble partager l'avis du magicien puisqu'il secoue la tête de droite à gauche. Même pour un familier comme Perceval, c'est presque évident. Mais Louis n'a pas pour habitude de porter de jugement trop hâtif ; cela dit, la loutre ne donne, pour l'instant, pas de quoi penser le contraire.

« Je n’ai juste… pas grand-chose à raconter. Désolée, on vous a refourgué la moins intéressante des nouvelles têtes. Mais vous savez ce que c’est. Les parents voulaient un avenir brillant pour leur fille, mais la fille n’en fit qu’à sa tête. Puis elle fait sa crise d’ado, et là c’est l’explosion. Elle leur dit d’aller s’étouffer avec leur fric, ils la ferment dans sa chambre, elle se teint les cheveux en bleu, ils lui interdisent de voir ses amis, elle se fait tatouer le nom de son chanteur préféré au-dessus de la fesse, ils la privent d’internet… »

La bouche du français s'entrouvre légèrement tandis que ses iris bleutées fixent la Sorcière. Il est un peu dérouté par ce débit de paroles. Non pas par la quantité mais par les propos en eux-même. Bien qu'il doute de l'exactitude de tous les propos de la jeune fille, Louis ne peut qu'être surpris par ce qu'elle explique là. Certainement le reflet de son passé.

« Haha ! Je vous charrie hein ! Non, je n’ai pas de tatouage de mon chanteur préféré au-dessus de la fesse… »

Il se racle légèrement la gorge ; cet détail, vrai ou faux, il s'en serait bien passé. C'est quand même quelque chose de personnel. Bah, peut-être est-elle ainsi ; chacun est comme il est.

« A vrai dire, je n’avais pas non plus d’amis qu’on pouvait m’interdire de voir, haha ! »

Louis l'observe, silencieux ; elle semble faire preuve de beaucoup d'auto-dérision. Le Dragon doute que ce soit un état d'esprit sain. Mais il n'a pas son mot à dire. Lui-même a une manière de pensée qui tend vers l'excellence. Bien que cette voie dorée commence à se fissurer d'année en année. Le français finit par hausser les épaules, en écho à ses penseés.

« Billie, je ne suis pas là pour te juger ou te dicter la conduite à avoir. Je ne suis que ton tuteur. »

Il aimerait ajouter qu'elle n'est pas obligée de lui révéler sa vie, lui parler de son passé ; mais il semblerait qu'il soit le genre de personne à qui l'on aime se confier, ouvrir son coeur. Peut-être parce qu'il aime écouter ; Louis ne cherche pourtant pas à donner l'impression qu'il se nourrit du malheur des gens. Non pas qu'il se soucie de l'image qu'il renvoie, loin de là, mais il apprécierait, autant que possible, qu'on évite de lui coller une étiquette sur le front.

« Cependant, il faut bien que tu prennes conscience qu'en tant que tel, je me dois de veiller sur toi. M'assurer que les cours se passent bien, ou t'aider à réviser ou pratiquer au besoin. Mais ça ne fait pas de moi ton père, sois en rassurée. » Il plonge ses pupilles sérieuses dans celles de Billie. « Je m'inquiéterai donc si je le souhaite et prendrai les décisions nécessaires si j'estime qu'il en va de ton intégration ou de ta réussite scolaire. »

S'apercevant du sérieux et de la possible dureté de ses paroles, Louis finit par tendre la main pour tapoter amicalement l'épaule de la Faune à ses côtés. L'ombre d'un sourire étire ses lèvres tandis que Perceval, comme pour accentuer la chose, a quitté les jambes de Louis pour venir frotter sa tête contre la jambe de Billie.

« J'ai cependant la vague impression que c'est ton familier qui me causera plus de soucis que toi. Les cours de métamorphose sont un bon moyen pour calmer les familiers à fort caractère. »

Coup d'oeil à Perceval qui, lui, n'ayant jamais manifesté un caractère insupportable, a tout de même fait les frais de quelques changements de sa forme corporelle afin d'apaiser son hyperactivité. Parfois sans succès, il est vrai. Le français libère sa cadette avant de laisser son regard se perdre dans la beauté naturelle des lieux. C'est un calme à peine brisé par les bruits des feuilles que le vent fait danser, ou par les chants des oiseaux. Il finit par lever sa main, y faisant apparaître une volute de fumée aux couleurs bleutées.

« Il n'y a pas de personnes plus intéressantes que d'autres, Billie. Ou alors, estime donc toi aussi ne pas être tombée sur le Dragon le plus incroyable. » Il marque une pause, faisant disparaître la volute avant d'attraper son étui à violon. « Mais je pense que tu peux apprendre de moi autant que je peux en apprendre de toi. Nos natures étant différentes, je ne te cache pas mon intérêt concernant tes facultés. »

Perceval se dresse sur ses petites pattes, s'éloignant en trottinant avant de revenir, la queue opérant presque un balai dansant.

« Y a-t-il des choses que tu souhaites aborder ? Des questions, ou des demandes éventuellement ? » Perceval jappe, comme pour rappeler Louis à l'ordre. « Ah, oui. J'ai failli oublier. » Louis plonge de nouveau son regard dans celui de Billie. « Arrête de me vouvoyer, s'il te plaît. »
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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Ven 13 Oct - 14:08
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- Billie, je ne suis pas là pour te juger ou te dicter la conduite à avoir. Je ne suis que ton tuteur.

A croire qu'il pouvait lire mes pensées ! Au moins sur ce point, nous étions parfaitement d'accord. Je n'avais pas du tout envie de supporter le regard paternaliste et accusateur d'un élève, pour le simple fait qu'il est plus vieux que moi. Après tout, c'est lui qui m'avait proposée de parler de moi. Et il avait été prévenu que je n'avais rien d'intéressant à dire... Il n'avait donc pas à me juger là-dessus. Ni à me dire quel comportement avoir ou non. Et de toutes les façons, il ne me connaissait pas encore suffisamment pour avoir un véritable avis. Ses mots, toutefois, étaient rassurants...

- Je m'inquiéterai donc si je le souhaite et prendrai les décisions nécessaires si j'estime qu'il en va de ton intégration ou de ta réussite scolaire.

Et ceux-ci furent presque émouvants. Qu'est-ce qu'il était sérieux et impliqué ! Tant et si bien qu'il m'obligea à baisser le regard. Non pas de honte ou de gêne, mais d'une sorte d'humilité. Je n'étais encore qu'une gamine, il fallait bien l'admettre. Et bien qu'il n'ait aucun droit à me juger, il avait une expérience de l'école qui lui donnait l'ascendant sur moi. J'avais presque envie de répondre un « oui, monsieur ».

Il venait de plomber l'ambiance.

Une main posée sur mon épaule et le pelage du renard contre la peau nue de mes jambes me tirèrent de ma perplexité, et je sursautai légèrement au contact. Je souris au jeune homme et caressai la tête de son familier. L'ambiance n'était pas si mauvaise, finalement. Mais elle était calme et sereine. C'était agréable. Nous n'étions pas dans les couloirs bruyants de l'école, où tout le monde parle plus fort que son voisin pour se faire entendre. Nous étions deux personnes aux caractères simples profitant d'un air vivifiant et d'un soleil égayant.

- J'ai cependant la vague impression que c'est ton familier qui me causera plus de soucis que toi. Les cours de métamorphose sont un bon moyen pour calmer les familiers à fort caractère.

J'écarquillai les yeux à ces paroles. Le fou ! Que ne venait-il pas de faire ! Je voyais déjà Arthur lui sauter au visage et le lui lacérer pour ses propos injurieux. Mais il n'en fut rien. J'osai un regard discret vers le concerné : il dormait profondément. Quel soulagement !

Le silence revint. Je calmai le coup de pression qui venait de me contracter le cœur dans la poitrine. Louis fit un mouvement élégant de la main et en fit apparaître une volute de fumée aux couleurs de sa chevelure. Puis il prit la parole. C'était un peu théâtral comme manière de faire, mais n'était pas pour me déplaire.

- Il n'y a pas de personnes plus intéressantes que d'autres, Billie. Ou alors, estime donc toi aussi ne pas être tombée sur le Dragon le plus incroyable.

Il était vrai qu'il n'avait rien d'incroyable. Personne n'avait rien d'incroyable à mes yeux. C'était bien mon problème. Ce détachement constant. Ce manque d'intérêt pour les autres. Cette faculté à trouver des ressemblances et de la banalité chez tous ceux qui m'entouraient. Alors même qu'ils n'avaient rien en commun, ou se détachaient par ceci ou cela de la masse. Quand je croisais des couples surtout, ces questions me revenaient sans cesse. Pourquoi choisir une personne plutôt qu'une autre ? Je n'ai jamais su ce que c'était, que de voir quelqu'un et oublier tous les autres. De la trouver plus fascinant que n'importe qui. De n'avoir d'yeux que pour sa beauté et sa personnalité. Je n'étais pas... contre, ces émotions, ces manières de voir la vie. J'étais simplement incapable de comprendre. J'espérais quand même qu'un jour, une telle chose puisse m'arriver. Je ne voulais pas devenir une folle solitaire vivant avec ses trois chats et une loutre sénile.

- Nos natures étant différentes, je ne te cache pas mon intérêt concernant tes facultés. 

Je ne cachai pas un léger soupir. Voilà qu'il me reparlait de mes facultés. Qu'est-ce qui était différent, après tout ? Les résultats étaient similaires. C'était tout ce qui importait. Et cette insistance pouvait finir par m'irriter.

Lorsqu'il eut fini ses questions et une nouvelle brimade contre le vouvoiement, j'eus enfin le loisir de répondre. C'est qu'il causait beaucoup, le bougre ! Mon ton était un peu sec mais pas méchant. Je souhaitais simplement faire comprendre mon point de vue.

- Soyons francs, Louis. Je n'ai pas envie d'être votre... ta bête de foire que tu pourras analyser pour découvrir les « facultés ». Ni un cobaye de laboratoire sur lequel mener des expériences pour comparer notre rapport à la magie.

J'enlevai ma main du pelage de Perceval et me mit, surprenamment, à caresser le dos d'Arthur du bout du doigt. Il eut, pour toute réaction, un frisson satisfait et s'étira de tout son long avant de se rendormir. J'espérais qu'aux yeux de Louis, le message était clair. Qu'il puisse s'agir d'Arthur ou de moi, il ne fallait pas se fier à ce que nous paraissions être.

- Et je n'ai pas envie de me plonger dans la magie pour voir de quoi je peux être réellement capable. Si tu étais Sorcier, tu le comprendrais.

Je levai légèrement la manche de ma veste pour montrer le tatouage à l'intérieur de mon poignet. Cet oiseau, prêt à s'envoler, enfermé dans un cercle. Les paroles de Louis, ou sa manière d'aborder le sujet, renforçaient cette idée que je ne pourrais jamais sortir du cercle. Quiconque pose son regard sur moi, qu'il dise le contraire ou non, me juge pour ce que je peux être. Une ado. Une fille aux cheveux bleus. Un esprit très ouvert. Un Sorcier bloqué par sa phobie. Tout est prétexte au jugement.

C'est triste.

- Mon fort caractère, c'est l'seul rempart entre elle et les autres, mon gars. C'ui qui voudra l'utiliser pour sa curiosité, l'est pas né ! lança Arthur directement au Dragon, alors qu'il était prostré devant moi, dressé sur ses pattes arrières pour paraître imposant. Alors qu'en fait, il était surtout mignon.
- Le seul, je ne dirais pas ça mais...
- Maiiiis ! C'était mon moment là, gâche pas tout !
- Ok ok, pardon !

Je regardai Louis avec insistance. Je ne voulais pas qu'il prenne tout cela mal, ce n'était pas le but. Même Arthur aurait pu se montrer bien plus agressif. Et moins poli. Je souhaitais simplement défendre mon intégrité, et ma vision de cette nouvelle relation. Il n'allait pas être possible d'entretenir un lien magicien/sorcier, c'était à l'encontre de tous mes principes.

Trop ancrée dans ma démonstration de force, je n'avais pas encore remarqué le violon qu'il tenait à la main. Dommage, il aurait apaisé mes crainte et mon jugement bien plus rapidement.


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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Sam 14 Oct - 14:55
L'ambiance se tendre subitement dès lors que la voix de Billie s'échappe d'entre ses lèvres, d'un ton sec, presque las.

« Soyons francs, Louis. Je n'ai pas envie d'être votre... ta bête de foire que tu pourras analyser pour découvrir les « facultés ». Ni un cobaye de laboratoire sur lequel mener des expériences pour comparer notre rapport à la magie. »

Le français fronce les sourcils tandis que ses iris sont braqués sur sa cadette. Donne-t-il vraiment l'impression de ne voir en elle qu'un sujet d'études ? Perceval baisse les oreilles, revenant près de Louis, particulièrement silencieux.

« Et je n'ai pas envie de me plonger dans la magie pour voir de quoi je peux être réellement capable. Si tu étais Sorcier, tu le comprendrais. »

Il hausse un sourcil avant de secouer ostensiblement la tête, un soupir franchissant la barrière de ses lèvres. Bien sûr qu'il ne peut pas comprendre ; pourquoi croit-elle qu'il cherche à en savoir plus ? Il ne veut que comprendre pour quelle raison les magiciens diffèrent tant des sorciers alors que, dans tous les cas, ils usent de la magie. Pourquoi les sorciers sont-ils frappés d'une malédiction alors que les magiciens n'ont, pour unique contrainte, qu'une limite à leur pouvoir qu'il est aisé de ne pas dépasser ?

« Mon fort caractère, c'est l'seul rempart entre elle et les autres, mon gars. C'ui qui voudra l'utiliser pour sa curiosité, l'est pas né ! »
« Le seul, je ne dirais pas ça mais... »

Louis fixe la loutre un moment pendant que Perceval, lui, fait la navette entre le duo et son magicien, inquiet de voir la tournure que prend la conversation. Le Dragon finit par fermer les yeux, se redressant pour mieux se lever.

« Je pense que c'est toi qui ne semble pas comprendre, Billie. » Il sort son violon de son étui, attrapant ensuite l'archet. « Tu dois certainement te dire que je te juge pour ta nature, et que je souhaite exploiter cette différence. Ou encore que les apparences sont trompeuses. Laisse moi donc te retourner la remarque. » Il plonge son regard dans le sien. « N'es-tu toi-même pas en train de porter un jugement sur moi en prétendant que je te considère comme une bête de foire ? »

Louis ne se sent pas particulièrement blessé par les propos de la Faune, mais force est de reconnaître qu'il est un peu déçu de la voir réagir ainsi. Le Dragon ne pense pas avoir eu des propos insultants et, pourtant, elle semble l'être. Bah, après tout, il n'est pas très doué pour le relationnel lui-même.

« Je suis navré si mes mots ont pu te blesser, ce n'était pas mon intention. Loin de là. » Perceval s’ébroue avant de bondir sur ses petites pattes, faisant quelques pas pour s'éloigner. « Il est vrai que j'étudie énormément. Et, ce, en partie pour comprendre pour quelle raison vous êtes frappés d'une malédiction alors que nous autres, magiciens, ne le sommes pas. Mais je suppose qu'essayer de comprendre comment vous fonctionnez pour mieux trouver une solution est quelque chose qui me soit inaccessible. »

Perceval fixe Arthur un long moment avant de regarder Louis, lui transmettant ses sentiments mitigés. Le français hoche doucement la tête à l'intention de son familier tandis que ses prunelles se posent sur la loutre.

« Ta loutre semble persuadée, elle aussi, que je souhaite t'utiliser. Je vous ai donc donné une piètre allure de mes intentions. Navré que vous ayez à me supporter durant une année entière. »

Une seule année cependant, puisque le Dragon disparaîtra définitivement de leur sillage après la remise des diplômes. Louis fait quelques pas pour s'éloigner ; la discussion semble écourtée, il peut bien se reporter à ses occupations, pas vrai ? Il porte alors son violon qu'il cale entre son épaule et sa joue ; ses yeux se ferment puis l'archet entre en contact avec les cordes, libérant un son élégant.

Perceval retourne un instant auprès de Billie pour l'observer un moment, yeux dans les yeux. Le renard ne communique pas, ou très rarement et uniquement avec Louis. Il n'est pas habitué, ou ne l'est plus, à le faire. Il finit par frotter sa tête contre la jambe de la Sorcière, espérant lui faire comprendre qu'il est désolé pour Louis, et pour elle aussi. Puis il s'éloigne, rejoignant le magicien pour s'asseoir à ses côtés, tourné dans le même sens que lui.

A mesure que la mélodie embaume doucement les lieux, Louis repense à cette conversation ; il s'est certainement fourvoyé quelque part. Il sait pourtant que le social est un domaine délicat, surtout pour lui. Il aurait dû mieux choisir ses mots, mais, paradoxalement, prendre Billie avec des pincettes, ne serait-ce pas une façon de la juger ? Ah, il l'ignore. Le français finit par s'arrêter, pivotant légèrement pour adresser un regard à sa Faune.

« Tu aimes le violon, Billie ? »

Non, Louis ne peut laisser les choses ainsi. Le magicien ignore quelle malédiction frappe sa cadette. Mais il ne peut décidément pas la laisser seule. Elle a besoin de soutien. Comme le disait Arthur qui s'auto-proclame être son rempart, Louis doit l'être tout autant en tant que tuteur. La laisser là, dans un environnement potentiellement hostile envers sa nature, ce n'est pas l'aider.
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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Sam 14 Oct - 23:39
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- Je pense que c'est toi qui ne semble pas comprendre, Billie. Tu dois certainement te dire que...

Blablabla... Oui, bien sûr que je me disais tout cela ! Sans penser que c'était tout ce qui l'intéressait, on ne pouvait pas nier que ce qui semblait le plus le satisfaire, c'était la différence de nos natures. Peut-être pouvait-il essayer de me la faire à l'envers, en prétendant être celui de nous deux qui était jugé... mais non. Mon jugement, comme il l'appelait, était une conclusion basée sur des faits. Ces faits, ce sont les mots qu'il avait prononcés. Si mauvaise interprétation – et non jugement – il y avait, il en était tout aussi fautif que moi.

La situation nous échappait et je ne comprenais même pas d'où tout avait commencé à dégringoler. Chacun avait simplement exposé sa pensée, son opinion. Et boum ! Voilà un parfait exemple sur le pourquoi de mon agréable solitude : se sociabiliser était risqué... et tellement emmerdant ! Même penser devenait compliqué, parce que les divergences entraînaient le conflit. Très souvent. Presque instinctivement, ou inconsciemment. Je pensais être différente, mais peut-être me faisais-je finalement une fausse idée de moi.

En tout cas, Louis s'était levé. Bravo ma fille ! Il fallait que j'arrête de dire ce que je pensais, et que je continue à faire semblant. Les gens aiment lorsqu'on fait semblant. On se tait, on acquiesce, et le tour est joué. Pourquoi ne m'étais-je pas contentée de raconter cette histoire de tatouage ?

- Je suis navré si mes mots ont pu te blesser...

Je n'étais même pas blessée... Je m'étais laissée emporter. Un coup de panique. J'avais eu peur que la seule personne à me porter attention ne le fasse pour de sales intentions. J'aurais pu m'excuser pour cela, mais n'en avais pas envie. Pour briser la glace si, mais pas pour être sincère ou honnête. Je n'étais pas désolée de refuser à être cataloguée comme une simple sorcière. J'étais plus que cela. Chaque élève de l'établissement était plus que cela.

Je sentais son regard peser sur moi alors qu'il évoquait sa curiosité pour les individus comme moi. Mais il n'y avait aucun mystère à mes yeux. Nous avions été maudits parce que nous étions plus puissants. Parce que contrairement aux magiciens, nous n'avions pas de limite. Et les magiciens, non pas parce qu'ils étaient des magiciens, mais parce qu'ils étaient avant tout des êtres humains, ont réagi comme tout être humain face à ce qui les surpasse. Il l'emprisonne. Il l'extermine. Il le diminue. Par peur. Pour assurer sa survie. Ou juste parce qu'il en est capable. Ce ne sont pas des actes de magiciens ça. Mais des actes humains. Malheureusement, ils ont agi comme des humains.

Moi, je ne le regardais pas. Je contemplais le parc d'un œil absent. J'avais un peu honte. Honte de m'être emportée comme une banale adolescente. Ses derniers mots, avant de s'éloigner, me firent mal au cœur. Il était suffisamment agréable pour qu'on n'ait pas à le « supporter », évidemment. Avais-je un talent caché pour détruire l'estime personnelle des gens qui m'approchaient ? Certes, il donnait un peu l'impression d'exagérer sa réaction. Mais son mal-être devait être sincère. Nous nous retrouvions là, séparés de quelques mètres, chacun à culpabiliser d'avoir fait capoter cette rencontre. Nous étions comme deux couillons.

Je le regardai en coin porter son violon au cou. Car oui, au milieu de ce bordel émotionnel et cette tempête de pensées qui m'avait retourné le cerveau et ravagé une partie de ma bonne humeur, j'avais remarqué le violon que Louis avait sorti de son étui. Raison de plus pour ne pas plus l'éloigner de moi. Enfin un violoniste ! Je rêvais depuis longtemps d'en rencontrer un. Depuis que je me sais trop âgée pour sérieusement en devenir une moi-même, en fait. Si j'avais bien un regret, c'était celui-ci. Autant dire qu'il y avait pire dans la vie que de ne pas avoir appris à jouer d'un instrument. Voilà pourquoi je ne me considérais jamais comme quelqu'un de malheureux. Mes regrets, mes peines, étaient bénignes. Alors je regardais simplement Louis à quelques mètres, debout, prêt à jouer, et m'imaginais à sa place.

Les premières notes vibrèrent depuis les cordes frottées jusqu'à mon cœur. C'était un peu naïf à dire, mais c'était aussi la seule manière que j'avais de décrire ce que je ressentis à ce moment-là. Immédiatement, j'oubliai les dernières paroles glaciales échangées avec le jeune homme. J'avais une jolie vie. Mon familier n'était pas si horrible. Tout allait bien. j'étais heureuse.

Quelques vexations n'avaient guère d'importance.

Je fermai les yeux et me laissai porter par la musique. Elle était comme un vaisseau qui pouvait m'entraîner où bon me semblait.

- Tu aimes le violon, Billie ?

Lui, devait s'être dit la même chose. Et j'en étais satisfaite. Nous n'étions pas de simples adolescents en dispute.

Doucement, et aussi élégamment que possible – ce qui restait parfaitement subjectif pour qui voyait la scène – je me relevai et approchai du musicien, un sourire discret aux lèvres. Puis je grimaçai, faisant mine de réfléchir.

- Hmmm... Je préfère l'alto, mais le violon c'est pas si mal, plaisantai-je avec un clin d’œil pour le lui faire comprendre.

Au son de l'instrument, des curieux s'approchaient. J'ôtai ma veste et la jetai dans l'herbe.

- Oh non... J'veux pas voir ça... nous lança Arthur en arrivant à son tour.

Je lançai mes chaussures d'un coup de jambes pour les faire atterrir près de mon cuir jaune et me retrouver nus pieds.

- Arrêtez-la ! Bordel... C'est trop tard... Bon. Bah si on m'cherche, j'suis dans la piaule pour mater Game of Thrones. Ça m'donnera moins la gerbe.

Et je me mis à danser devant Louis. Telle une nymphe des bois, je sautillais dans l'herbe et faisais tournoyer les pans de ma robe dans le vent. Je riais, me laissais prendre au jeu et porter par la mélodie. Il m'en fallait peu, pour être heureuse.


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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Dim 15 Oct - 16:11
Billie s'approche ; son visage et son regard semblent plus détendu, ce qui arrache un sourire rassuré à Louis, bien que éphémère. Une petite grimace déforme finalement la mine de la Faune. Louis penche la tête sur le côté, se demandant s'il n'avait pas, encore une fois, poser une question indiscrète ou maladroite.

« Hmmm... Je préfère l'alto, mais le violon c'est pas si mal. »

Le français cligne des yeux, un peu désarçonné. Mais, rapidement, le clin d'oeil de Billie lui arrache un sourire, qui dure cette fois. Un léger rire s'échappe brusquement de ses lèvres avant qu'il ne secoue la tête. Décidément, cette petite est pleine de surprises. Puis, soudain, sans raison apparente aux yeux du français, la Faune retire sa veste. Ses chaussures rejoignent rapidement le tissu. Les commentaires d'Arthur ne semblent pas être pris en compte, ni par Billie, ni par Louis.

Et elle danse devant lui, bercée par la mélodie du Dragon. Louis ne s'y attendait pas et la fixe un instant sans pour autant cesser de jouer. Elle a l'air heureuse, libre, Billie. Elle tourne, sautille ; elle semble y trouver beaucoup de plaisir. Et, étrangement, Louis aussi. Jamais il n'avait eu pareille réaction face à sa musique. Même ses sœurs restent sages, se laissant transporter silencieusement par les notes successives. Billie, elle, se laisse transporter physiquement. Et, quelque part, ça a un côté gratifiant pour Louis.

Perceval semble hésiter entre retenir Arthur, dans le but de le faire enrager, ou se joindre à la Sorcière. Finalement, le choix est vite fait et il s'élance vers Billie, crapahutant autour d'elle tout en prenant soin de ne pas la gêner. Il jappe, tout aussi heureux que peut l'être la Faune. Lui non plus n'a jamais eu l'occasion de se dépenser ainsi sous la musique de son magicien. Billie a réussi à lui transmettre sa joie et le renard en profite pleinement.

Et ils tournent, tournent encore et encore. Et Louis joue toujours plus, comme jamais il ne s'était laissé aller, sortant un peu de son registre sage pour offrir une mélodie plus entraînante, joyeuse. Quelque chose de festif. Pour célébrer leur rencontre, quelque part. Le Dragon ne s'arrête que lorsque, lui-même est épuisé, bien qu'il ne se soit pas dépensé comme les deux autres. Perceval halète, allongé près de lui, épuisé. Le violon quitte la joue du français qui observe sa cadette avec un demi sourire mêlant sa surprise et son amusement.

« Eh bien… ! Pour un simple violon, tu as visiblement apprécié. Je n'ose imaginer ce que tu es capable de faire en entendant un alto. » Il jette un coup d'oeil à Perceval. « Tu as même réussi à épuiser Perceval, je ne peux que t'en féliciter. »

Le familier est un hyperactif, malgré les apparences. Autant dire que, ce soir, il dormira à poing fermé. Louis reporte son attention sur Billie.

« Plus sérieusement, je suis ravi de voir que tu as apprécié ce moment. C'est un présent que je ne suis pas sûr de mériter, mais ça m'a fait plaisir de te voir danser de la sorte. Ça ne m'était jamais arrivé. »

Il est un peu gêné, Louis. Il sait que Billie n'a pas fait ça pour lui, elle l'a fait parce qu'elle en avait tout bêtement envie. Mais, aux yeux du Dragon, c'est une sorte de reconnaissance, de cadeau. Elle va certainement trouver ça présomptueux de la part du français de croire que c'était un cadeau qu'elle lui faisait, mais Louis ne peut que le voir ainsi.

« Ainsi tu es amatrice de danse. Un hobby, ou juste une manière d'exprimer ta joie ? »
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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Lun 16 Oct - 9:46
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Je n'avais pas la moindre idée du temps qui s'était écoulé. Une minute ? Dix ? Cela n'avait eu aucune importance. J'avais ouvert les bras pour mieux accueillir la musique. Pour mieux enlacer le monde qui m'accueillait. Et la chaleur de son soleil, caressant ma peau d'un souffle tendre. Et son vent dans mes cheveux, me murmurant tout bas, imprégnant mes joues roses de la beauté de ses doux baisers. Et mes pieds glissaient dans l'herbe. Et mes mains glissaient dans l'air. Je dansais avec mes jambes. J'écoutais avec mes oreilles.

La vie. Qui se dessinait dans mon sourire.

Puis la fin. Le silence reprit et je m'arrêtai. Impossible de décrisper mon visage. D'une oreille à l'autre, ma bouche se fendit d'une allégresse presque enfantine. Et j'étais épuisée. Je respirais très vite et sentais mon cœur battre très fort. Le renard qui m'avait accompagné et avec lequel j'avais ri, lui tendant les bras comme une danse à deux, s'écroula au sol. Je me pliai en deux pour poser les mains sur mes genoux. Il était temps de se calmer un peu.

- Eh bien… ! Pour un simple violon, tu as visiblement apprécié. Je n'ose imaginer ce que tu es capable de faire en entendant un alto.
- T'as encore rien vu ! rétorquai-je en mêlant rire et halètement, ce qui donna un résultat sans doute inaudible et incompréhensible pour le jeune homme.
- Tu as même réussi à épuiser Perceval, je ne peux que t'en féliciter.

Il était vraiment sympa, mais il parlait vraiment trop. Laisse-moi profiter du moment, quoi ! Peut-être que les autres gens ne pouvaient pas comprendre. Mais un moment comme celui-ci se dégustait comme je l'avais dégusté. Puis il se savourait. Une minute. Ou deux, pas plus ! Pendant lesquelles il n'y avait rien. Pas un bruit, pas un geste, pas le moindre échange. Juste savourer.

Bof ! Tant pis pour cette fois. Ca m'avait donné une pêche d'enfer et je ne comptais pas la laisser quoi que ce soit me zapper le moral.

- Plus sérieusement, je suis ravi de voir que tu as apprécié ce moment. C'est un présent que je ne suis pas sûr de mériter, mais ça m'a fait plaisir de te voir danser de la sorte. Ça ne m'était jamais arrivé.

Un présent, carrément ? Je n'étais pas sûre que me voir danser relevait du privilège. Je ne connaissais rien de la danse. Je me contentais de laisser la musique... dicter ce que je devais faire. Comme ces gens qui prennent un pinceau et te font un n'importe quoi qui a du sens pour eux. Ou les musiciens. Enfin surtout les contemporains. Eux ils aiment faire n'importe quoi. Eh ! Si ça se trouvait, ça voulait dire que j'étais une artiste ! Ou juste une folle qui sautillait partout. C'était sans aucun doute ce que les gens autour se racontaient. En tout cas, rien de ce que j'avais fait n'avait été fait pour offrir quoi que ce soit à qui que ce soit. A part moi, m'offrir quelques minutes de déconnexion et de voyage.

Enfin, si ma démonstration lui avait fait plaisir, tant mieux. Mais attention à ne pas prendre la grosse tête, à croire que je fais des choses pour lui plus que pour moi. Je voulais surtout lui montrer combien je me fichais du regard des autres. Et que ça importait. Que ça, c'était moi. C'était celle que j'étais. Une fille aux cheveux bleus et à la robe tout aussi colorée, qui danse pieds nus dans l'herbe en riant comme une enfant. Et qui, même après cela, ne ressent ni honte ni embarras. Au contraire, elle se sent vivifiée. Elle, sait ce qu'est la beauté du monde. La douceur de la vie.

Je ne répondis pas, parce que je n'avais rien à répondre. Et parce que je continuais à reprendre mon souffle.

- Ainsi tu es amatrice de danse. Un hobby, ou juste une manière d'exprimer ta joie ?

Qui ferait d'un hobby le fait de sautiller partout, franchement ? Je levai les yeux au ciel et fronçai les sourcils le temps d'y réfléchir. Moi ! Bon, ok. Mais ce n'en était pas un... même si j'avais l'habitude de danser et chantonner presque tout ce que je faisais. Ça restait de l'ordre de... la manière d'exprimer ma joie. Enfin, j'osais l'espérer. Ou alors, je perdais complètement la boule.

- C'est... Non... Je sais pas. J'ai eu envie de le faire, alors je l'ai fait. Les choses ne devraient pas être plus compliquées, non ? Enfin, dans certaines limites. Mais là, ces gens qui nous regardent. Ils se demandent pourquoi j'ai fait ça. Est-ce que j'ai honte ? Est-ce que je suis folle ? Est-ce que j'aime me ridiculiser comme ça ? Est-ce que tous les Sorciers sont aussi stupides ? Alors que je me suis contentée, moi, de ne regarder que moi.

Je m'approchai et m'accroupis devant Perceval.

- Et tu sais quoi, Louis ? De tous, je suis sûre d'être la plus heureuse, soufflai-je en grattouillant la tête du renard. Eh ! T'as été génial, mon pote ! Et si tu nous ramenais Arthur ? Et toi, Louis, quelles histoires racontes-tu avec ce violon ?

Je levai la tête vers lui pour lui sourire. J'étais certaine que son rapport à cet instrument et à la musique qu'il en tire, est plus profonde que celle d'un simple gars jouant d'un instrument. Tout du moins, l'espérais-je. Peut-être n'avait-il rien de profond du tout, en fait ?


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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Mer 18 Oct - 23:55
Courbée en deux, elle semble reprendre son souffle pendant que Louis, lui, l'observe simplement, jetant de temps à autre un regard vers Perceval. Le français est maladroit puisqu'il s'exprime finalement de manière assez gauche pour présenter ce qu'il ressent. Le Dragon n'aurait jamais pu se défouler, se libérer comme Billie l'a fait. Il ne se soucie pas du regard des autres, et pourtant, il aurait été bien incapable de se donner en spectacle de la sorte.

Et si certains ont pu trouver ça ridicule, Louis, lui, a ressenti comme une grande bouffée d'air frais. Il est admiratif, amusé aussi. Ce sont des sentiments qui ne lui sont pas étrangers puisqu'il les ressent souvent en présence de ses sœurs. Mais jamais il n'a eu cette étrange sensation de liberté. Louis s'est enfermé dans son petit moule depuis des années et, peu à peu, la carapace semble se fragiliser au contact de certaines personnes.

Et Billie semble tout à fait disposer à faire parti de ces gens-là. Involontairement.

« C'est... Non... Je sais pas. J'ai eu envie de le faire, alors je l'ai fait. Les choses ne devraient pas être plus compliquées, non ? Enfin, dans certaines limites. Mais là, ces gens qui nous regardent. Ils se demandent pourquoi j'ai fait ça. Est-ce que j'ai honte ? Est-ce que je suis folle ? Est-ce que j'aime me ridiculiser comme ça ? Est-ce que tous les Sorciers sont aussi stupides ? Alors que je me suis contentée, moi, de ne regarder que moi. »

Louis écoute attentivement les propos de sa cadette, essaie de les assimiler, de leur donner un sens. Il hoche mécaniquement la tête en écho à ses réflexions. Billie semble avoir une assez bonne confiance en elle, en témoigne son accoutrement et sa façon de s'exprimer. Elle est libre, c'est un terme qui lui colle assez bien à la peau. Pour un peu, Louis serait presque jaloux de cette aisance avec laquelle elle poursuit son chemin. Le français aussi suit sa route. Une route déjà tracée, Billie elle, elle écrit son histoire.

La Faune finit par s'accroupir près de Perceval qui se redresse, déjà tout heureux de la présence de la jeune fille. La sociabilité de ce familier étonnera toujours Louis.

« Et tu sais quoi, Louis ? De tous, je suis sûre d'être la plus heureuse. » Louis penche la tête sur le côté tandis qu'elle caresse Perceval. « Eh ! T'as été génial, mon pote ! Et si tu nous ramenais Arthur ? Et toi, Louis, quelles histoires racontes-tu avec ce violon ? »

Perceval jappe joyeusement avant de bondir sur ses petites pattes, s'élançant donc pour aller chercher la loutre. Louis le suit du regard avant de reporter son attention sur Billie. Quelles histoires racontent-ils ? Rien, assurément. Ses yeux glissent sur le violon dans sa main ; il hausse les épaules.

« Je crains n'avoir rien à conter à travers ma musique. »

Que dire de lui si ce n'est que c'est un héritier, parfait petit étudiant modèle ? Rien. Louis est finalement très vide ; il n'a rien de bien intéressant. Et pourtant, ce n'est pas les notes qui manquent pour mettre une mélodie sur ce qu'il ressent. Il secoue la tête, comme pour s'empêcher de trop y réfléchir. Il n'est pas aussi naturel que l'est sa cadette.

« Je ne sais pas vraiment jouer autre chose que ce que d'autres ont composé. J'avoue ne pas éprouver le besoin de vouloir raconter quelque chose de plus que ce qu'ils ont voulu faire passer dans leurs partitions. » Il lui adresse un regard. « Désolé de te décevoir. »

Il l'a prévenue ; il n'est pas le plus intéressant des Dragons. On pourrait même le qualifier d'ennuyeux.
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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Ven 20 Oct - 10:01
ft. Louis, un renard, et une loutre
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- Je crains n'avoir rien à conter à travers ma musique.

Étonnant. Je pensais que tous les musiciens, comme le reste des artistes, puisaient justement dans leur art pour s'exprimer, pour remodeler le monde à leur façon ou pour pleurer celui dans lequel ils vivaient. J'aimais l'image de l'oiseau libre, d'une bohème marginale, du vivre pour la musique. Ne connaître de la fortune que le bonheur de sa passion. Être riche, sans avoir un sou. Être pauvre, mais plus comblé qu'un enfant de bonne famille.

Louis n'était pas pauvre. Peu le sont, dans cette école. Il n'était pas du tout bohème. Malgré sa chevelure, il était très conventionnel. Il faisait de la musique. C'est tout. Il apprenait la magie. C'est tout. Il s'asseyait dans l'herbe. C'est tout. Sans profondeur ? Peut-être... mais je n'osais y croire. Je savais que quelque chose se cachait là. Quelque chose que même lui n'arrivait pas à dégager, peut-être trop bloqué par ce qu'il se veut être en société. Un monstre en cage, gardé par un autre monstre qui ne s'autorisait rien.

- Je ne sais pas vraiment jouer autre chose que ce que d'autres ont composé. J'avoue ne pas éprouver le besoin de vouloir raconter quelque chose de plus que ce qu'ils ont voulu faire passer dans leurs partitions.

Une manière de voir les choses qui différaient de la mienne. J'étais convaincue que, même si une musique avait été écrite plusieurs centaines d'années auparavant, rejouée des milliers de fois dans des salles prestigieuses, des bars lugubres ou des chambres qui sentaient le renfermé, chaque reprise était une nouvelle manière d'écrire. Une mélodie, des milliers d'histoires. Comme un arbre dont le tronc se ramifie encore et encore. Et aux extrémités, des bourgeons prêts à éclore.

- Désolé de te décevoir.

Je souris doucement, en caressant l'herbe du bout du pied. Cette humilité dont il faisait preuve depuis le début de notre rencontre avait la force de me rassurer, et de m'attendrir aussi. Étais-je vraiment la plus enfant des deux ? L'âge n'avait plus d'importance, dans ces cas-là. Se dénigrer soi-même, ne pas considérer son travail, ne manifester de l'estime que pour autrui, voilà qui était tout à fait le comportement d'un enfant. Ou d'un adolescent. Car il y avait dans tout cela le mal-être. Peut-être ce monstre en cage qui voulait hurler, mais que l'on avait bâillonné ?

- Je ne suis pas déçue, Louis. Tu sembles l'être plus que moi.

Je penchai la tête en le regardant fixement. C'est étrange, mais c'était presque un soulagement que de le savoir plus réservé que moi. Ça me transmettait une certaine confiance en moi-même. Ça me donnait la force, par exemple, de le regarder sans vouloir baisser les yeux, sans me sentir amoindrie. Parce que j'avais quelque chose de plus que lui. Ce qui était horrible, je vous l'accorde parfaitement. Je m'asseyais un peu sur une forme de domination. Ou une prétention. Je ne savais pas trop qualifier cela. Mais son malheur faisait mon bonheur, en gros. En très gros, hein. Je n'étais pas Arthur, non plus, qui se ferait un plaisir à l'enfoncer et à piétiner son estime personnelle.

C'était comme si j'essayais de lire dans son visage, dans ses yeux. Je voulais lui faire comprendre qu'il fallait fouiller un peu, parfois, pour comprendre ce que l'on avait à raconter. Puis de sourire encore plus en haussant les épaules.

- Bon, tant pis ! Si tu ne veux rien me raconter...

Je voulais lui demander depuis qu'il l'avait sorti de son étui, mais je n'osais pas... Je connaissais le lien puissant qui pouvait unir un musicien à son instrument.

- Moi, j'aimerais pouvoir raconter plein d'histoires...

En lui demandant, j'avais peur de lui demander de me donner une part de son intimité. Même s'il semblait avoir un rapport très académique avec la musique, j'étais certaine que ce n'était pas tout à fait le cas.

- Mais je n'ai jamais eu la chance d'apprendre...

Dans son combat entre son ouverture d'esprit et sa réserve, quelle force allait-il employer avec moi ?

- Apprends-moi...

Mon sourire était un peu plus gêné et mes yeux tombèrent sur mon pied qui jouait dans l'herbe. J'aurais été moins mal à l'aise en lui demandant de se mettre nu.

- JE VIENDRAI CHIER SUR VOS LITS, A TOUS ! JE PISSERAI SUR VOS FRINGUES ! JE VOMIRAI DANS VOS SACS ! JE VAIS DEVENIR VOTRE PIRE CAUCHEMAR ! JE VOUS MONTRERAI QU'ON NE SE MOQUE PAS IMPUNÉMENT D'ARTHUR !

Perceval avait réussi sa mission, et mon familier semblait légèrement contrarié d'être ramené de force – ou du moins le prétendrait-il – à moi. Il avait l'orgueil sensible. Je me cachai le visage derrière les mains. S'il y avait bien quelque chose qui pouvait me mettre mal face aux regards d'autrui, c'était lui. Car j'étais certaine que toutes les personnes qui passaient près de nos deux compères pouvaient entendre ce beau discours. Mais finalement, derrière mon masque de honte, je riais à gorge déployée.


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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Mer 25 Oct - 15:36
« Je ne suis pas déçue, Louis. Tu sembles l'être plus que moi. »

Louis l'observe non sans une pointe de surprise ; il ignore s'il est plus étonné d'entendre Billie lui dire qu'il est plus déçu qu'elle, ou par le fait qu'il soit effectivement plus déçu qu'elle puisse l'être. Ce qui le fait finalement réfléchir un moment. Peut-être est-il déçu, oui, quelque part, de ne pas réussir à insuffler son âme à sa musique. Trop de réserve. Il joue du violon pour se vider l'esprit, mais c'est finalement cet esprit qui le contraint à rester sur le sentier.

Mais saurait-il seulement le faire malgré tout ? Parviendrait-il à laisser son coeur dicter les notes ? C'est un exercice à tenter, un jour peut-être. Car est-il possible de mettre en musique le vide ? Sans doute pas. Ou, tout du moins, lui ne le sait pas. La voix de Billie finit par le sortir de sa torpeur et, visiblement, il a dû réfléchir un bon moment vu la teneur des propos de sa cadette.

« Bon, tant pis ! Si tu ne veux rien me raconter... »
« Ah, mais je... »
« Moi, j'aimerais pouvoir raconter plein d'histoires... Mais je n'ai jamais eu la chance d'apprendre... »

Louis la regarde, surpris, tandis qu'un petit pincement lui serre le coeur. Un demi sourire ourle ses lèvres de manière éphémère ; serait-ce un peu de jalousie ? Certainement. Car quelque chose lui dit que Billie, elle, peut réussir là où, lui, échoue sans même essayer.

« Apprends-moi... »

Ah, nous y voilà. Louis aurait pu le parier. Il s'apprête à répondre lorsque la voix caractérielle et presque théâtrale d'Arthur le coupe dans son élan. Décidément, ce familier possède un vocabulaire bien fleuri. Et pas dans le bon sens du terme. Louis hausse un sourcil, adressant un regard à Perceval qui semble se réjouir des misères qu'il inflige à la loutre.

« Eh bien. C'est un programme chargé que tu nous présentes là, Arthur. Cela dit… pour devenir un cauchemar autre que pour les oreilles, il va falloir travailler ton apparence. »

Louis capte alors le rire de Billie, bien qu'elle essaie de le dissimuler, cachée derrière ses mains. L'avenir leur réserve à tous les deux une bien belle aventure. Et mouvementée de surcroît. Louis finit par se redresser, faisant un pas vers sa cadette pour finalement poser sa main sur sa tête.

« Je t'apprendrai, Billie. »
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MessageSujet: Re: we are all stories in the end. just make it a good one. • pv billie Sam 28 Oct - 10:31
ft. Louis, un renard, et une loutre
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- Je t'apprendrai, Billie.

Je souriais avec entrain. Si je pouvais apprendre deux ou trois trucs au violon, j'allais pouvoir m'exprimer d'une nouvelle façon ! Enfin, à supposer qu'on puisse facilement jouer du violon simplement en connaissant deux ou trois trucs. Ce qui n'était pas garanti... tout paraissait compliqué avec cet instrument. Mais le défaitisme ne faisait pas partie de ma ligne de conduite !

Je souriais, et ce malgré la main presque condescendante qu'il m'avait posée sur la tête. J'avais déjà du mal avec ces personnes qui me touchaient les cheveux sans vergogne, mais quand c'était pour jouer le modèle paternel et protecteur, ça avait même le don de m'irriter. Les signes hiérarchiques tels que celui-ci étaient tout ce que je bannissais de mon quotidien. Je n'étais pas une enfant. Je n'étais surtout pas une idiote. Et lui n'était ni mon supérieur, ni mon père, ni mon professeur. Les caresses sur la tête c'était bon pour les chiens, mon cher Louis ! Mais je préférais me taire et laisser couler. J'avais causé suffisamment de distensions entre nous. Je savais que ça n'avait rien de hautain de sa part... c'était plutôt une question culturelle.

- Tiens donc ! A c'que je vois, je suis pas l'seul à être pris pour un minable, me lança Arthur dont la pensée devait s'apparenter à la mienne.

Il avait complètement ignoré la réflexion du Dragon au sujet de son apparence. Je l'en aurais bien félicité car il avait ainsi évité de faire un plus gros scandale encore. Mais quelque chose me laissait penser que tout ce qu'il n'exprimait pas maintenant, j'allais y avoir droit dès que nous serions seuls. Pour l'heure, il se contentait de leur tourner le dos et de ne s'adresser qu'à moi. Il était adorable avec sa mine renfrognée et boudeuse. Je crois qu'il avait un peu de bave du renard polaire sur le pelage, mais je ne lui en fis pas part. Sa colère serait alors sans limite, et je commençais déjà à fatiguer de ses caprices.

Le futur employé par Louis laissait présageait que l'apprentissage n'était pas pour aujourd'hui. Peut-être devait-il partir ? C'était drôle, mais cette rencontre ne ressemblait pas du tout à ce que j'attendais. Pour attribuer des tuteurs aux nouveaux venus, j'aurais imaginé une sélection parmi des élèves motivés et enthousiastes, ceux qui ont le sens de l'échange et de la communication. A la place, j'avais ce jeune homme réservé et sérieux, dont les mots semblaient me renvoyer tout droit dans une cour royale. Honnêtement, j'espérais presque pouvoir devenir une sorte de tutrice pour lui. Si l'on parvenait à le sortir un peu de sa coquille, il pouvait devenir un type très intéressant. J'étais persuadée d'avoir affaire à un excellent élève, et sans doute était-ce la raison de sa nomination. Mais moi... j'attendais simplement la preuve qu'il pourrait m'aider à progresser en tant qu'élève. Et rien d'autre.

Pas qu'il n'était pas intéressant... mais après ce moment en sa compagnie, je n'avais rien appris de lui, si ce n'était son talent musical. Et c'était un peu triste de constater son manque d'implication dans la découverte de l'autre. Bien que ce moment échangé, lui au violon et moi... moi libre, avait été formidable. Là, nous avions échangé. Là, nous avions communiqué. Là, nous nous sommes ouverts. Peut-être allait-ce être notre relation ? La communication sans parole.

- Merci Louis, soufflai-je tout de même, pleine de sincérité. Pour avoir pris le temps avec moi. C'était très agréable !

Arthur soupira dans mon esprit de manière parfaitement exagérée, pour manifester sans doute le non partage de ce sentiment. Je n'y prêtai pas attention, et tendis la main vers mon tuteur.

- Je te laisse retourner à tes occupations. Et je dois m'occuper de... calmer la bête... ajoutai-je entre les dents, un signe de tête discret en direction de la loutre.

Puis finalement, avant qu'il ait eu le temps de saisir ma main, je m'approchai et me dressai sur la pointe des pieds pour lui coller un bisou sur la joue. Je ne savais pas ce qui m'avait pris. Peut-être était-ce la seule manière que j'avais trouvé pour m'excuser de mon comportement un peu trop réactif et pour lui traduire l'estime et l'intérêt que je souhaitais porter à notre relation.

Et puis, j'espérais le mettre un peu mal à l'aise aussi. Il me fallait être honnête.

Puis de lui tourner le dos pour retourner sous mon arbre où m'attendaient ma veste, mon sac, mon casque audio et mes bottes. Un petit squat plus qu'agréable ! Mais à peine assise dans l'herbe qu'Arthur se jeta sur moi :

- Non mais pour qui ils se prennent ces deux-là ? Le roi et son bouffon ! C'est les cheveux bleus le symbole des bouffons, c'est ça ?
- Arthur, j'ai les ch...
- Ils se croient tout permis ! Il m'a pris dans sa gueule pour me faire faire demi-tour comme si j'étais un chaton ! UN CHATON, TU M'ENTENDS ? J'aime autant te dire qu'on va pas les voir souvent, ces deux-là !
- C'est pas à toi de...
- A partir d'aujourd'hui, on va préparer notre vengeance ! NOTRE VENGEANCE, TE DIS-JE ! hurla-t-il dans ma tête en levant son adorable petit poing vindicatif dans ma direction. Je serai sans pitié et ils s'agenouilleront pour me supplier de ne plus les humilier comme j'ai l'intention de les humilier ! Je serai leur...
- Tu en fais trop, Arthur.
- IL A SOUS-ENTENDU QUE J'ETAIS MIGNON !
- Mais tu es...
- Si tu finis cette phrase, j'enfonce ma patte dans ton nez si loin que j'irai faire du punching-ball avec ta glotte.
- Tu exagères, ils sont très gentils. On ne vient pas du même monde, c'est tout.
- Il a les cheveux BLEUS ! Il ne vient pas de cette planète, c'est sûr !
- Mais Arthur ! J'ai...
- C'est marrant quand j'y pense... j'ai vu un manga dans lequel un type lui ressemblait... Mais c'était un type qui avait un peu d'honneur, lui au moins. Je t'ai coupé la parole ? Désolé, tu disais ?
- Laisse tomber, Arthur, conclus-je en m'allongeant dans un grand soupir.


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